John White (colon)

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Dessin de John White représentant une danse rituelle des indiens Powhatan dans l'île de Roanoke, sur les Outer Banks.

John White (vers 1540 - après 1593), dessinateur et géomètre anglais, prit part aux toutes premières tentatives de colonisation anglaise en Amérique du Nord[1]. Ses dessins de la faune et des hommes peuplant les côtes de Caroline du Nord comptent au nombre des plus anciennes sources iconographiques relatives à l'Amérique du Nord.

Biographie[modifier | modifier le code]

L'exploration de 1585-1586[modifier | modifier le code]

John White, géomètre et « portraitiste », fit partie de l'expédition financée en 1585 par Walter Raleigh et menée par Richard Grenville vers les côtes d'Amérique du Nord. Grenville et ses hommes établirent leurs quartiers dans une île des Outer Banks, Roanoke. Ils explorèrent les estuaires continentaux sur quelques dizaines de kilomètres, et Grenville prit possession des terres au nom de la reine d'Angleterre, baptisant le pays « Virginie ». Après une année de survie dans l'île de Roanoke au milieu des indiens Algonquins, John White fut rapatrié en Angleterre grâce au détour que Francis Drake fit faire à ses navires au retour du sac d'Hispaniola dans les Antilles en 1586. Au cours de son séjour dans l'île de Roanoke, White avait exécuté ses célèbres aquarelles du paysage et des peuples indigènes. Ces dessins, réimprimés plus tard par Théodore de Bry, annoncent les planches naturalistes des explorateurs de la fin du XVIIIe siècle qui accompagneront les Bougainville et les La Pérouse.

La « colonie perdue » (1587)[modifier | modifier le code]

En 1587, Sir Walter Raleigh organisa une seconde campagne de colonisation vers les côtes de Virginie, cette fois avec un effectif de cent douze hommes et femmes, dont de nombreux artisans spécialisés. White, « Gentleman of London » , fut choisi comme gouverneur de cette colonie de Roanoke nouvellement créée. White, avec treize autres notables, forma un conseil nommé “The Governor and Assistants of the Citie of Raleigh of Virginia”[2]. Sa fille Eleanor Dare (née White), donna naissance au premier enfant anglais au Nouveau Monde, une fille nommée Virginia Dare. Par suite de dissensions avec les indiens, la colonie commença à souffrir de disette au bout de quelques mois et le conseil décida que White devait retourner en Angleterre réclamer des ravitaillements. Toutefois, une fois revenu en Angleterre, le gouverneur ne put accomplir sa mission car l'Angleterre était à présent sur le pied de guerre, dans l'attente d'un débarquement espagnol. Après la défaite de l'Invincible Armada (1588), White et Raleigh mirent deux années à ré-armer une flotte et à rassembler des provisions. Lorsqu'enfin White refit voile vers Roanoke en août 1590, il découvrit l'île désertée. Contraint par les tempêtes d'abandonner la recherche de survivants sur les autres îles de l'archipel, il repartit pour Plymouth, qu'il atteignit le . Il ramenait un indien de Virginie, qu'on installa à Bideford.

Carte de la côte de Caroline du Nord, par John White

Retour en Angleterre[modifier | modifier le code]

On sait peu de choses de la vie de White après l'échec de la colonie de Roanoke. Il vécut à Plymouth[3],[4], et possédait également une maison à Newtowne, dans la province de Kylmore (Kilmore, Comté de Cork), en Irlande. Il semble avoir été employé en Irlande à dresser le détail des parcelles affermées par Walter Raleigh aux colons anglais. Le dernier manuscrit connu de White est une lettre qu'il écrivit d'Irlande en 1593 à l'imprimeur publiant ses gravures.

Sa famille[modifier | modifier le code]

Un acte notarié daté de mai 1606, attestant qu'une certaine Bridgit White est nommée curatrice au nom de son frère « John White » peut se référer au premier gouverneur de Roanoke. Bridgett White est également le patronyme de la seconde épouse[5] de Robert Wight (1578–1617), résidant à Hareby, dans le Lincolnshire. Comme ce même Robert Wight était également le fils d'un obscur John Wight (né vers 1552) et le père d'Elizabeth Wighte (1606-1671), que l'on présume avoir été l'ex-femme de Nathaniel Eaton (1610-1674), le premier professeur de Harvard College, au Massachusetts, il est possible que Bridgit White, la sœur du gouverneur de la colonie de Roanoke, ne soit autre que Bridgett White, l'épouse en secondes noces de Robert Wight.

On sait également par un acte notarié qu'Ann Barlow (†1665) de Petersfield (Hampshire), épousa en secondes noces un dénommé Josias White (1573–1622) de Hornchurch dans le comté d'Essex. Cet homme était le fils de John White (1540, † avant le 30 septembre 1618), résidant à Stanton St John, comté d'Oxford. Or, Ann Barlow épousa par la suite Francis Drake (1573–1634) de Walton, dans le comté de Surrey, qui était un neveu[6] du célèbre Sir Francis Drake (1540–1596). Josias White était d'ailleurs le petit-fils d'un autre John White (†1580), dont les parents étaient proche de la cour, comme le Dr Thomas White (1514–1588), « Lord Warden » du New College d'Oxford qui conserva sa charge sous le règne d'Élisabeth Ire, bien qu'il fût un catholique déclaré.

On a pu conjecturer enfin qu'Ann Barlow était une parente du capitaine Arthur Barlowe (1550–1620), l'un des deux marins chargés par Raleigh de reconnaître les côtes d'Amérique du Nord en 1583-84, et qui commandait le navire emmenant John White en 1585 vers la Virginie.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources primaires[modifier | modifier le code]

  • Charles Edward Banks, The Planters of the Commonwealth (1930, 1st ed. no. 668 of 758) p. 87 [ship's list of the Mary & John, sponsored by the Rev *John White (1575–1648) of Dorchester and departed Plymouth on March 20 , 1630 ]
  • Thomas Harriot, Voyages en Virginie et en Floride... (édition de 1927)

Sources secondaires[modifier | modifier le code]

  • Giles Milton, Big Chief Elizabeth : The Adventures and Fate of the First English Colonists in America, ((ISBN 0-374-26501-1))
  • Frances Rose-Troup, John White, the Patriarch of Dorchester and the Founder of Massachusetts 1575 - 1648 (1930)
  • Paul Hope Hulton, America 1585: The Complete Drawings of John White (1984)
  • Arthur Wilmot Ackerman, Reverend John White of Dorchester... (1929)
  • Thomas Perrin Harrison, The First Water Colors of North American Birds (John White and Edward Topsell) (1964)
  • Thomas Hariot, A Briefe and True Report of the New Found Land of Virginia (1590) [édition intégrale de Théodore de Bry en 15 vol. ]
  • John Hill Wheeler, Historical Sketches of North Carolina, from 1584 to 1851, vols I et II (1851)
  • Kim Sloan and Joyce E. Chaplin (éd.), A New World: England’s first view of America (2007 (ISBN 0714126500) , British Museum Press, London), catalogue de l'exposition du British Museum (mars-juin 2007) consacrée aux dessins de John White

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. On ne sait que très peu de choses de la vie de John White. Un acte de baptême, daté du 22 février 1539 dans l'église St Margaret à Londres mentionne un certain "John Whyte" mais il n'y a aucune preuve qu'il s'agit de la même personne.
  2. Cf. [Queen’s College, Oxford, MSS 137](a). Pour l'occasion, White se vit octroyer le droit de porter blason avec huit quartiers ; le 1er portait ses nouvelles armes : hermine sur un canton Gueules, un fusil d'argent. ; le second arborait les anciennes armes de White de Truro. Les six derniers quartiers figuraient les armes de certains de ses adjoints. Ce blasonnement, outre son caractère hétérodoxe, était trop détaillé pour pouvoir être reproduit sur les tapisseries grossières de la colonie. C'est pourquoi seul les armes de White l'ancien de Truro furent représentées (sur le blason 3 de 1585 et le blason 5 de 1587). Par conséquent White (ancien) de Truro est représenté (le Groupe 3 de 1585 et le Groupe 5 de 1587).
  3. Le testament de son frère jumeau Robert White, qui lui lègue des terres à Plymouth, le nomme « John White de Plymouth ».
  4. Il existe deux retranscriptions du testament de Robert White : l'une dans le manuscrit cité précédemment, à savoir les MSS [Queen’s College, Oxford, MSS 137]; l'autre à la New World Tapestry Library, annexe du British Empire & Commonwealth Museum, à Bristol, en Angleterre.
  5. Mariage enregistré le 25 novembre 1613 à Alford.
  6. Le lien de parenté est toutefois controversé : Sir Francis Drake, le célèbre corsaire anglais, était le fils d'Edmund Drake et de Mary Mylwaye [sans doute apparentée à Sir Anthony Mildmay (1549–1617)] et le petit-fils de John Drake et Margaret Cole. Francis Drake, qui épousa Ann Barlow, était le fils de Richard Drake et d'Ursula Stafford, le petit-fils de John Drake et d'Amy Grenville (1510–1577), enfin l'arrière-petit-fils de John Drake et Margaret Cole, cités plus haut. Richard Grenville était le petit neveu d'Amy Grenville, et le petit-fils de Richard Grenville, le frère aîné d'Amy.

Source de traduction[modifier | modifier le code]