Jean Ribault

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Jean Ribault
Jean Ribault prenant possession de la Floride française
Jean Ribault prenant possession de la Floride française

Naissance 1520
Dieppe, France
Décès 1565
Fort Caroline
Nationalité Français

Découvertes principales Floride française
Pays employeur(s) Royaume de France
Autres activités Capitaine

Jean Ribault, ou Ribaut, né à Dieppe en 1520 et assassiné à Fort Caroline en Floride française en 1565, est un capitaine de la marine et un explorateur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fondation de la colonie française de Floride[modifier | modifier le code]

Carte de la Floride française (XVIIe siècle)
Carte côtière de la Floride française au XVIIe siècle.
Exploration des côtes de la Floride française par l'expédition de Ribault et Laudonniere,
(illustration de Jacques Le Moyne de Morgues).
Monument à la mémoire de Jean Ribault.

Ce capitaine huguenot fut choisi en 1562 par l’amiral Gaspard II de Coligny, chef des Protestants français, qui voulait y établir une colonie pour les Protestants avec deux vaisseaux et 150 de ses coreligionnaires. Parti avec René de Goulaine de Laudonnière et l’illustrateur et cartographe Le Moyne de Morgues, il accoste en Terra Florida en avril à l'embouchure d'une rivière, sous le 30°. degré de latitude, et constata la prise de possession de la Floride française par l'érection d'une colonne en pierre sur laquelle il grava les armes de la France. Après quelques courses sur la côte, pendant lesquelles il établit des relations d'amitié avec les natifs du pays, il arriva à l'embouchure de la rivière d'Albemarles, près de la ville actuelle de Jacksonville, ou il forma son premier établissement et fait construire un fort en terre qu’il baptise Charlesfort en l’honneur du roi Charles IX, dont il confia la défense à une quarantaine d'hommes qu'il laissa sous le commandement d'un de ses officiers, nommé Albert. Ribault retourna en France chercher renforts et vivres, il débarque à Dieppe en pleine guerre civile. Obligé de s’exiler en Angleterre, il est arrêté un moment tandis que périclite l’établissement huguenot de la Floride française. Albert gouverna très sévèrement la petite colonie et se fit massacrer par ses soldats. Ceux-ci, désirant revoir leur patrie, s'embarquèrent aussitôt et firent voile pour la France; mais à peine avaient-ils perdu de vue les côtes, qu'un calme plat les retint en mer, que leurs provisions étaient épuisées depuis longtemps, et que déjà ils avaient commencé à se dévorer les uns les autres, lorsqu'ils furent rencontrés et secouru par un vaisseau anglais qui les emmena en Angleterre, où la reine Elisabeth voulut entendre de leur bouche même le récit. Deux ans après, une nouvelle expédition partit sous les ordres de René de Goulaine de Laudonnière, pour rétablir et protéger la colonie; mais l'expédition n'eut que triste résultats. Les plaintes des colons contre Laudonnière parvinrent en France et déterminèrent le gouvernement à envoyer Ribault la direction des affaires.

Le retour de Ribault et la fin de la colonie de Floride[modifier | modifier le code]

En France, Gaspard II de Coligny envoie Jean Ribault pour remplacer Laudonnière en Floride. Il embarque dans six navires plus de six cents marins, soldats, artisans et paysans (Dieppe, 22 mai 1565). Il touche l’Amérique le 14 août, mais Jean Ribault est surpris, à l'embouchure de la rivière May, par une escadre espagnole de six vaisseaux de Pedro Menéndez de Avilés, envoyé par Philippe II d'Espagne pour chasser les huguenots français, qui l'attaqua vivement, et à laquelle il n'échappa qu'en entrant dans la rivière. Ribault mit ses hommes à terre, les retrancha avec soin, alla chercher les meilleurs troupes de Laudonnière qu'il laissa dans le fort Caroline avec tous les hommes hors d'état de porter les armes, et se rembarqua pour aller à la rencontre de l'ennemi. Le 4 septembre, les vaisseaux espagnols s’infiltrent entre les vaisseaux français, qui dégarnis de leurs hommes, lèvent l’ancre et s’éclipsent dans la nuit. Les Espagnols tentent de les poursuivre, puis vont édifier un fort à l’embouchure du rio San Augustin. L’escadre française regagne La Caroline (6 septembre), informe Ribault qui décide d’attaquer le fort espagnol. Le 10 septembre, pris dans la tempête, il fait naufrage. Menéndez ignore les 500 survivants désarmés, marche par voie de terre sur La Caroline, la prend et en massacre la garnison, malades, femmes et enfants qui étaient restés dans le fort connurent le même sort (12 septembre). Laudonnière, le peintre Jacques Le Moyne de Morgues, le charpentier Nicolas Le Chailleux et quelques civils réussissent à s’échapper par mer. Jean Ribaut et ses compagnons sont faits prisonniers (24 septembre) puis massacrés « non comme Français, mais comme Luthériens. »

Il n'y eut que Laudonnière et quelques-uns des siens qui s'échappèrent, et trouvèrent les moyens de retourner en France. Avec la capitulation sans condition de la garnison huguenote – passée également au fil de l’épée dans sa totalité sur ordre de l’Espagnol Pedro Menéndez de Avilés – qui s’ensuit, la tentative de colonisation huguenote de l’Amérique s’achève dans un bain de sang.

Rentré en France probablement en décembre 1565 par Bristol et Londres, Laudonnière s'installe à La Rochelle comme négociant. Il échappe à la Saint Barthélemy et meurt à Saint-Germain-en-Laye en 1574. Ses mémoires L'histoire notable de la Floride, contenant les trois voyages faits en icelles par des capitaines et pilotes français, sont publiées en 1586.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Mickaël Augeron, Didier Poton et Bertrand Van Ruymbeke, dir., Les Huguenots et l'Atlantique, vol. 1 : Pour Dieu, la Cause ou les Affaires, préface de Jean-Pierre Poussou, Paris, Presses de l'Université Paris-Sorbonne (PUPS), Les Indes savantes, 2009.
  • Mickaël Augeron, Didier Poton et Bertrand Van Vuymbeke, dir., Les Huguenots et l'Atlantique, vol. 2 : Fidélités, racines et mémoires, Paris, Les Indes savantes, 2012.
  • Mickaël Augeron, John de Bry, Annick Notter, dir., Floride, un rêve français (1562-1565), Paris, Illustria, 2012.
  • Parias l.-H., Histoire universelle des explorations, en 4 volumes, éditions Nouvelle Librairie de France, Paris, 1959, tome 2.
  • Jean Mabire, Grands marins normands, éditions L'Ancre de marine, Saint-Malo, 1993 (ISBN 9782905970664)
  • Lafayette en Amérique par Levasseur éditions La librairie Baudouin 1829. T.2 p.116,117.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]