Floride française

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
La Floride française en 1562, par Jacques-Nicolas Bellin.

La Floride française est un territoire colonial éphémère créé par des Huguenots français au XVIe siècle. Après trois expéditions (1562, 1564 et 1565), la France renonça à coloniser la Floride.

Contexte politique[modifier | modifier le code]

Pour fuir l'intolérance religieuse dont sont victimes les protestants, Gaspard II de Coligny projette de créer en Amérique une colonie française pouvant accueillir des Huguenots. Cette colonie sera désignée également sous le nom de « Nouvelle-France floridienne ».

Une première tentative d'implantation avait été effectuée au Brésil avec la France antarctique, ce fut l'éphémère colonie française qui occupa la baie de Rio de Janeiro, de 1555 à 1560.

Première tentative en Floride[modifier | modifier le code]

Carte des établissements de la Nouvelle-France floridienne
La Floride française, par Pierre du Val.
Jean Ribault prenant possession de la Floride française au nom du Roi de France en présence des Amérindiens Saturiwas
Exploration des côtes de la Floride française par l'expédition de Ribault et Laudonniere (illustration de Jacques Le Moyne de Morgues)
Les Espagnols attaquent le Fort Caroline (1565)

En 1562, Gaspard de Coligny relance le projet de colonisation vers l'Amérique du Nord. Partis du Havre le 18 février 1562, Jean Ribault, secondé par René de Goulaine de Laudonnière et accompagné du cartographe Jacques Le Moyne de Morgues atteignent le nouveau continent en mai. Ils y fondent un premier fort nommé Charlesfort en l'honneur de Charles IX. Les vestiges de ce fort sont situés sur l'île de Parris Island.

René de Goulaine de Laudonnière arpente la région qui allait s'appeler la Floride française et découvre lors de son exploration à l'intérieur des terres un vaste lac, le lac Okeechobee, qu'il nomme Surruque du nom d'une tribu locale de la Nation Mayacas.

Après quelques semaines, Ribault s'en retourne en France chercher des renforts, des biens et du matériel. Toutefois, à son arrivée à Dieppe, Ribault trouve la ville plongée dans une guerre civile. Il choisit l'exil vers l'Angleterre, alors en bons termes avec les Huguenots. Refusant de mener une nouvelle expédition au nom de la reine d'Angleterre, Ribault est emprisonné[1]. Ses plans sont donc contrariés et il ne peut retourner immédiatement en Floride française.

En 1563, la petite garnison de 28 hommes[2] restée sur place, ne voit point revenir son chef. Les Soldats se querellent et des bâtiments sont incendiés. Malgré les relations amicales avec les tribus des Saturiwas et des Tacatacurus, l'hostilité d'une autre tribu amérindienne environnante (Utina) n'arrange pas la situation qui se dégrade au point que les colons rescapés partent sur plusieurs frêles esquifs. Certains d'entre eux seront recueillis par les marins britanniques des colonies anglaises voisines, alors que d'autres se perdront en mer en voulant rejoindre la France.

Seconde tentative en Floride[modifier | modifier le code]

René de Goulaine de Laudonnière fonde le 22 juin 1564 un nouveau bastion en Floride française, le Fort Caroline qui doit défendre la petite colonie française de menaces espagnoles qui n'acceptent pas l'arrivée des Français au nord de leur territoire colonial.

En 1565, Pedro Menéndez de Avilés arrive d'Espagne au même moment que Jean Ribault, muni de l'ordre de son roi de chasser tout intrus de Floride. Sa flotte aperçoit les navires français et les engage, mais est contrainte à battre en retraite plus au sud, où ils établissent un camp qui deviendra Saint Augustine. Ribault se lance à la poursuite des Espagnols avec quelques-uns de ses navires et la plupart de ses troupes, mais ils sont surpris en mer par une violente tempête qui dure plusieurs jours et fait sombrer les bateaux. Les naufragés atteindront l'îlots de Matanza sur lesquels les Espagnols viendront les surprendre et les achever jusqu'aux derniers. Pendant ce temps, Pedro Menéndez de Avilés, lui, choisit d'attaquer Fort Caroline par voie terrestre. Il conduit ses troupes et attaque le fort le 20 septembre qui n'est plus défendu que par 200 à 250 colons. Les seuls survivants sont 50 femmes et enfants qui sont faits prisonniers, tous les autres sont exécutés, dont Jean Ribault.

La Floride française n'aura pas survécu à ces deux épisodes désastreux.

En 1567, Dominique de Gourgues s'embarque dans une expédition punitive pour venger les Français massacrés par les Espagnols deux ans plus tôt. Arrivée en 1568 vers les côtes de Floride, les troupes françaises, avec l'aide des Amérindiens Saturiwas, Potanos et Mayacas, massacrent la garnison espagnole du fort Matéo qui a succédé au fort Caroline. Fort de ce succès, Dominique de Gourgues détruira deux autres forts espagnols.

Il faudra attendre le XVIIIe siècle pour revoir les troupes françaises en Floride, avec la prise de Pensacola de 1719 en Floride espagnole et jusqu'à l'abandon de Pensacola par les Français en 1726.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Trudel 1965, p. ??
  2. Ivan Cloulas, Catherine de Medicis, Fayard, 1979, p. 216

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mickaël Augeron, Didier Poton et Bertrand Van Ruymbeke, dir., Les Huguenots et l'Atlantique, vol. 1 : Pour Dieu, la Cause ou les Affaires, préface de Jean-Pierre Poussou, Paris, Presses de l'Université Paris-Sorbonne (PUPS), Les Indes savantes, 2009
  • Mickaël Augeron, Didier Poton et Bertrand Van Vuymbeke, dir., Les Huguenots et l'Atlantique, vol. 2 : Fidélités, racines et mémoires, Paris, Les Indes savantes, 2012.
  • Mickaël Augeron, John de Bry, Annick Notter, dir., Floride, un rêve français (1562-1565), Paris, Illustria, 2012.
  • Paul Gaffarel, Histoire de la Floride française, éditions Firmin-Didot, Paris, 1875.
  • Parias l.-H., Histoire universelle des explorations, en 4 volumes, éditions Nouvelle Librairie de France, Paris, 1959, tome 2, p. 372.
  • Marcel Trudel, Histoire de la Nouvelle-France, t. 1 : Les vaines tentatives (1524-1603), Montréal, Fides,‎ 1965

Liens externes[modifier | modifier le code]