Irmgard Keun

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Plaque en la mémoire de Irmgard à Berlin.

Irmgard Keun, née le et morte le , est une écrivaine allemande.

Biographie[modifier | modifier le code]

Irmgard Keun est née dans le quartier de Charlottenburg à Berlin en 1905 de Eduard et Elsa-Charlotte Keun. Elle et sa famille dont son frère, Gerd, (né en 1910) vivaient à Berlin avant de déménager en 1913 à Cologne. Après une école protestante de jeunes filles, en 1921, Keun fréquenta une école de commerce dans le Harz, puis elle prit des leçons de sténographie et de dactylographie à l’École Berlitz. Elle travailla ensuite comme sténodactylo. De 1925 à 1927 Irmgard Keun fréquenta l’École de théâtre de Cologne. Quelques engagements s’ensuivirent à Greifswald et Hambourg, mais avec un succès modéré. Pour cette raison elle mit fin en 1929 à sa carrière théâtrale et commença à écrire, encouragé par Alfred Döblin. En 1932 elle épousa l’auteur et metteur en scène Johannes Tralow mais le couple divorça dès 1937.

En 1931, son premier roman, Gilgi – eine von uns (Gilgi, l’une de nous) rendit Irmgard Keun célèbre d’un jour à l'autre. De même, Das kunstseidene Mädchen (La fille de soie artificielle, 1932) fut immédiatement un succès commercial. Elle fut encouragée par Döblin et Kurt Tucholsky avec qui, cependant, une controverse se développa après qu’elle eut été accusée de plagiat pour son roman La jeune-fille en soie artificielle pour avoir soi-disant copié le roman de Robert Neumann Karriere, qui avait paru en 1931. Neumann réfutait – mais seulement en 1966 – cette accusation dans la postface de la nouvelle édition de Karriere et en rejetait la faute aux critiques : «Je n’ai jamais affirmé une telle chose, je ne l’affirme pas aujourd'hui – j'espère que Madame Keun lira cette assurance qui vient seulement avec quelques décennies de retard. Madame Keun n’a pas eu besoin de moi.»

En 1933-1934 ses livres furent confisqués et interdits. Sa demande d'adhésion à la Reichsschrifttumskammer fut définitivement refusée en 1936. Keun s’exila (1936 jusqu'à 1940), d’abord à Ostende en Belgique puis en Hollande. C’est pendant cette période que parurent les romans Das Mädchen, mit dem die Kinder nicht verkehren durften (La fille que les enfants ne pouvaient pas fréquenter, 1936), Nach Mitternacht (Après minuit, 1937, cité par Arthur Koestler dans "la lie de la terre" comme l'un des rares romans allemands d'avant guerre ayant traité du climat politique de l'allemagne nazi), D-zug drifter Klasse (L’express de troisième classe, 1938), Kind aller Länder (Enfants de tous les pays, 1938) dans les maisons d’édition qui publiaient la “littérature d’exil” germanophone en Hollande (Allert de Lange Verlag et Querido Verlag à Amsterdam).

Au cours de ces années son cercle d’amis se compose entre autres d’Egon Erwin Kisch, Hermann Kesten, Stefan Zweig, Ernst Toller, Ernst Weiss et Heinrich Mann. De 1936 jusqu'à 1938 elle eut une relation amoureuse avec Joseph Roth qui retentit avant tout positivement sur leur activité littéraire. Elle travaillait en commun avec Roth et entreprit avec celui-ci de nombreux voyages (à Paris, Wilna, Lemberg, Varsovie, Vienne, Salzbourg, Bruxelles…). En 1938 Irmgard Keun se sépara de Roth. Après l'entrée des forces armées allemandes aux Pays-Bas, elle retourna en 1940 en Allemagne et y vécut jusqu'à 1945 dans l'illégalité et la clandestinité. Il semblerait qu’un SS l’ait aidé en Hollande en lui procurant de faux papiers et qu’une annonce de sa mort l’ait aussi protégée. Après la guerre Irmgard Keun tenta de renouer les contacts perdus, rencontra Döblin et commença une correspondance de plusieurs années avec Hermann Kesten. Elle travailla comme journaliste et écrivant de petits textes pour la radio, le cabaret et des feuilletons, mais ne reprit pas vraiment pied dans son activité littéraire. Son roman Ferdinand, der Mann mit dem freundlichen Herzen (Ferdinand, l’homme au cœur tendre, 1950) ne retint que peu l’attention, cependant que les livres du temps de l’émigration se révélaient peu vendables.

En 1951 naquit sa fille Martina dont elle tint le nom du père secret. Dès le milieu des années 1950, elle se lia d’amitié avec Heinrich Böll avec qui elle voulait publier une “correspondance fictive pour la postérité”. Le projet échoua, faute d’éditeur. À partir des années 1960 les publications firent défaut et Irmgard Keun souffrant d’alcoolisme et appauvrie, elle fut mise sous tutelle, en 1966, et soignée dans le service psychiatrique de l’hôpital de Bonn, où elle resta jusqu’à 1972. Ensuite elle vécut retirée à Bonn puis, à partir de 1977, dans un petit appartement de la Trajanstraße de Cologne. Une lecture à Cologne et un portrait dans Stern éveillèrent alors un nouvel intérêt pour Irmgard Keun et ses livres. De nouvelles éditions améliorèrent sa situation financière à partir de 1979.

En 1982 elle mourut d’un cancer du poumon et fut inhumée au cimetière de Melaten à Cologne.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gilgi - eine von uns (1931), roman. Traduit sous le titre Gilgi découvre la vie, éditions Rieder (1933), puis sous le titre Gilgi, Balland (1980).
  • Das kunstseidene Mädchen (1932), roman. La jeune fille en soie artificielle, Balland (1982), puis coll. "J'ai lu" n° 1607.
  • Das Mädchen, mit dem die Kinder nicht verkehren durften (1936), roman.
  • Nach Mitternacht (1937), roman. Après minuit, Stock (1939), puis Coll. "J'ai lu" n° 1290.
  • D-Zug dritter Klasse (1938), roman.
  • Kind aller Länder (1938), roman. Traduit sous le titre Une drôle de petite fille, Balland (1984).
  • Bilder und Gedichte aus der Emigration (1947)
  • Nur noch Frauen... (1949)
  • Ich lebe in einem wilden Wirbel, 1933-1947 (1988)
  • Ferdinand, der Mann mit dem freundlichen Herzen (1950), roman. Traduit sous le titre Retour à l'anormale, éditions du Seuil (1950), puis sous le titre Tendre Ferdinand, Balland (1983).
  • Scherzartikel (1951)
  • Wenn wir alle gut wären (1954), histoires courtes
  • Blühende Neurosen (1962)
  • Als ich Bazillenträger war (1985)