Ignazio Gardella

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Ignazio Gardella (né le 30 mars 1905 à Milan et mort le 16 mars 1999 à Oleggio) est un architecte, ingénieur et designer italien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ignazio Gardella naît dans une famille d’ingénieurs et d’architectes, en effet son père Arnaldo Gardella était un ingénieur.

Il suit des études d’ingénierie au Politenico di Milano, et obtient son diplôme en 1928. Il est diplômé architecte en 1949 à l’IUAV (Institut universitaire d'architecture de Venise). Lors de ses études, il entre en contact avec d’autres jeunes protagonistes milanais, ensemble ils vont prendre une part active à la création du mouvement moderne italien.

Ignazio Gardella est un rationaliste italien, le courant rationaliste au cours de la décennie 30-40 est le courant dominant de l’architecture italienne moderne, Gardella conserve son style, sa signature architecturale, cependant il va collaborer activement à ce courant.
Gardella va travailler avec son père, subitement après son diplôme à la fin des années 1920. Ils vont produire une quantité importante de projet et de réalisation dans le cadre de l’ingénierie. Avant la guerre, ils ont participé à quelques concours d’architecture en collaboration avec Luigi Vietti, pour la construction « della casa del fascio » (Maison du fascisme, à Oleggio).

Après la guerre, Gardella réalise de nombreux bâtiments importants, tel que la Casa Barbieri à Castana (1945-1946) c’est une maison de campagne toute simple et parfaite qui marque le retour de l’architecture de Gardella. Ses maisons répondent principalement à la question d’économie d’espace. On retrouve parmi ses projets également, les maisons« Borsalino » à Alessandria en 1952.

D’autre part, Gardella est au sommet du Made in Italy de l’architecture dans la décennie 60-70. Il apparaît sur de nombreuses revues internationales, il devient un architecte de renommée grâce à une activité professionnelle intense.
Après la Seconde Guerre mondiale, il fut un des acteurs importants dans le débat culturel sur la reconstruction du pays.
D’autre part, par la suite il sera enseignant à l’IUAV de 1962 à 1975.

L’architecture moderne en Italie[modifier | modifier le code]

Lors de la seconde moitié du XIXe siècle, l’architecture italienne n’a pas bénéficié des impulsions économiques et sociales au même titre que la France par exemple. La vie moderne se confond dans la recherche de la légèreté, du pratique, de l’éphémère et du rapide. En 1930, Giuseppe Pagano prend la direction du mouvement moderne. Ignazio Gardella entre avec Giuseppe Pagano et Edoardo Persico dans un combat contre le monumental. Ces trois architectes feront partie des meilleurs de la décennie 30-40. Ils vont mener une bataille, non révolutionnaire, contre le XXe siècle architectural qui se veut de détruire les anciennes cités italiennes, pleines de beauté à leurs égards.

Ce combat va influencer l’architecture de Gardella tout au long de sa carrière. Il va vouloir s’éloigner du monumentalisme et de la tendance à s’étendre. Il va au contraire, prôner un rapprochement avec la nature environnante. En effet, pour lui, le projet construit devra nécessairement être en relation avec le contexte environnant (pentes, arbres et constructions). Dans Projet et Destin, Giulio Carlo Argan disait « le bâtiment n’est rien d’autre que la définition formelle d’une situation environnementale », cela signifie que la forme, les lignes et la couleur du projet dépendent entièrement de l’environnement, elle doit être déduite de la situation environnante. L’environnement fait partie du processus méthodique de Gardella. L’habitation en plus d’avoir une fonction urbaine ou rurale, c’est aussi « une complicité antique et complexe de la relation de l’homme avec la nature ». Pour lui, il faut s’adapter au site, il faut faire croire que le bâtiment a toujours existé à cet endroit. Si un bâtiment existait avant d’insérer son projet sur le site, il va choisir d’intégrer un souvenir dans son bâtiment, afin d’obtenir une relation de passé/présent/futur.

La technique de Gardella se veut une technique d’architecture, c'est-à-dire qu’elle ne trouve pas ses origines scientifiquement, ce qui est paradoxal provenant d’un ingénieur de formation, avant même d’être architecte. Il est contre ces techniques qui se veulent libératrices de n’importe quel problème. Il raisonne son projet de manière très méthodologique, grâce à elle le projet évolue avec le bâtiment, ce qui lui permet une vérification de son projet.

Pour lui, la « valeur » ne se réalise que lorsque la forme n’est plus identifiable, ainsi que la surface ou la couleur. Le tout étant assemblé dans un ajustement parfait, c’est alors un concept sur de projet.

D’autre part, sa clientèle se révèle être une élite restreinte de cette bourgeoisie technique qui estime qu’une ouverture vers une architecture qui ne serait pas dans les mouvements du moment, est essentielle à son propre prestige. En effet, ces personnes en choisissant Gardella pour architecte, font le choix d’ignorer la technique et une architecture destructrice du XXe siècle, c’est alors une position réfléchie.

Avec la Casa alle Zattere, construite à Venise en 1957, il mélange le souvenir de l’ancien et les exigences du goût moderne.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Avant guerre[modifier | modifier le code]

Participation à plusieurs concours d’architecture tels que :

Le dispensaire Antituberculeux d’Alessandrie : 1933-1938

Le dispensaire antituberculeux est reconnu comme l’une des expressions les plus significatives de l’architecture italienne des années 1930. C’est un volume pur, caractérisé par une façade qui rend lisible tout l’édifice. Il possède des éléments de diverses couleurs et de diverses matérialités. Avec ce bâtiment, on passe par diverses ambiances, de l’opacité absolue du béton armé à la transparence maximale du verre, et à la semi-transparence de la grille des briques et des panneaux verre-béton.
Sur la façade principale, on retrouve un sens assez fort de l’horizontalité. On peut remarquer que le rez-de-chaussée est surélevé du sol, comme s'il était posé sur quelques points, ainsi se distingue la structure porteuse des éléments portés. Les choix de projet d’Ignazio Gardella sont reconnaissables à l’influence que le mouvement moderne à exercer sur lui.
Dans ce bâtiment, il va utiliser le module ordonné (25x35cm) pour définir l’entraxe des poteaux, l’ampleur et la position des fenêtres, la hauteur des façades, les parois en verre-béton, ce qui confère à la façade un dessin ordonné et en même temps le libère des exigences fonctionnelles.
Le bâtiment est articulé sur trois niveaux, un semi-enterré pour les services techniques, un rez-de-chaussée pour les fonctions d’accueil et de soins, puis un niveau supérieur dans lequel se trouve une petite salle de réveil, les bureaux administratifs et l’appartement du gardien, les deux derniers ont des accès séparés des façades latérales. À chaque niveau sont présents deux espaces importants intérieurs, la salle d’attente au rez-de-chaussée et le solarium au premier. Tous les deux sont signalés en façade. En faisant des recherches sur la tuberculose, avant de créer ce bâtiment, il a créé deux parties distinctes : une technique et une sanitaire. Dans un bâti occupant ce type d’usage, il s’agit de favoriser la circulation de l’air. Aujourd’hui, le bâtiment fonctionne comme un centre hospitalier.

Après guerre[modifier | modifier le code]

  • 1944-1947: Casa del Viticultore
  • 1947-1954: Pavillon d’art contemporain, Milan
  • 1952: Case “Borsalino”, Alessandria
  • 1953-1958: Casa alle Zattere, Venise
  • 1958: Mensa Olivetti, Ivrea
  • 1969: Bureaux Alfa Romeo, Arese
  • 1969: Projet pour le théâtre de Vicence, (pas réalisé)
  • 1969-1975 : Plan détaillé pour San Donato et Saint Sylvestre, Gênes
  • 1975-1989 : Faculté d’Architecture, Gênes
  • 1981-1990 : Théâtre communal Carlo Felice, Gênes.

Le Pavillon d’Art Contemporain de Milan :

Il est conçu dans les années 1950.Il prend place sur les anciennes écuries de la Villa Reale. La volonté de Gardella est de conserver une partie historique, ici le mur des écuries, et il décide de maintenir l’entrée à sa position initiale. Cependant il possède de nombreux aspects innovants, principalement la fluidité des espaces, à cela s’ajoute une certaine rigueur dans le parcours : les dénivelés dans lesquels sont divisés les espaces internes ne sont pas aléatoires, mais répondent à l’exigence précise d’enrichir au mieux l’espace sans altérer la hauteur du bâtiment existant. L’objectif principal du dénivelé est de pouvoir voir le jardin à travers les vitres. Il y a une continuité, et cela crée un espace privilégié entre nature et architecture, on retrouve particulièrement la signature de Gardella, à travers ce projet. D’autre part on retrouve un contrôle de la lumière, afin de mettre en valeur le bâtiment.
Le concept du projet : il fallait que les espaces puissent être divisés et réorganisés sans perdre l’unité de base à l’intérieur. C’est en concevant un plan trapézoïdal qu’il a résolu le problème. Le tout s’organise sur 3 plans superposés. Le rez-de-chaussée est conçu pour abriter les sculptures, il est situé au même niveau que les jardins de la Villa Reale, afin d’avoir une continuité. À l’étage, on retrouve l’espace pour les peintures qui peut être partitionné par des parois amovibles afin de délimiter différents espaces, si besoin est. Il reçoit une lumière zénithale. La troisième est au niveau supérieur, elle surplombe le deuxième espace par un système de balcon. Dans cet espace on y retrouve les dessins, photographies… c’est une galerie de forme rectangulaire ne bénéficiant pas d’apport de lumière naturelle.
Le projet dispose d’une structure métallique très légère mais qui conserve le plan trapézoïdal original de l’extension du précédent édifice. Il conserve aussi la cour rectangulaire de service par laquelle les écuries étaient liées à la villa. Cette cour est ouverte au Nord. Comme à son origine, l’entrée du musée, au même titre que l’entrée aux écuries, passe par cette cour et sous les arcades (ailes latérales de la villa). Le pavillon est ouvert sur trois côtés : Nord, Sud et Est, en revanche le côté Ouest est adossé à un autre bâtiment. La toiture est faite de petits chevrons disposés parallèlement et recouverts de cuivre sur lesquels s’ouvrent des lucarnes, ce qui lui donne une allure de bâtiment industriel. La façade nord, est orienté vers la rue, la façade est, elle, vers la cour de service, elles ont toutes deux conservées leur façade du XVIIe siècle. L’entrée côté Est est de forme étroite et allongée, elle a survécu aux bombardements.
En ce qui concerne la galerie des sculptures, elle est naturellement éclairée. C’est un éclairage naturel provenant directement des jardins de la Villa Reale.
Par la suite, en 1993, une bombe a sérieusement endommagée la structure et le bâtiment, c’est Ignazio Gardella accompagné de son fils, Jacoppo, qui va reprendre la conception du projet. Cependant, avec les améliorations techniques du moment, ce qui en fait le pavillon le plus avancé de son temps.

Sa carrière de designer[modifier | modifier le code]

Outre sa réussite, sa passion dans le domaine de l’architecture, c’est un designer. Il va fondé en collaboration avec Luigi Caccia Dominioni, l’entreprise Azucena en 1947, la première qui assure la production italienne du design de qualité. Au cours de sa carrière, Gardella a dessiné principalement du mobilier d’intérieur.Son fauteuil Digamma aura un franc succès, avec un tarif augmentant d’année en année.

Principales participations aux mouvements[modifier | modifier le code]

  • Movimenti Studi per l’Architettura ( MSA), Mouvement des études pour l’architecture
  • Istituto Nazionale di Urbanistica ( INU), Institut National d’Urbanisme
  • Impliqué dans les activités de la CIAM ( Congrès Internationaux d’Architecture Moderne)

Prix[modifier | modifier le code]

  • 1955 : le premier Olivetti national pour l’architecture.
  • 1977 : Médaille d’Or du président de la république aux mérites de l’école, de la culture et de l’art.
  • 1996 : Lion d’Or à la biennale de Venise

Liens externes[modifier | modifier le code]

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