Globe terrestre

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La Terre vue de l'espace

Le globe terrestre fait référence à l'espace géométrique défini par la planète Terre. Par extension, un globe terrestre désigne communément un globe planétaire figurant la Terre, en d'autres termes une maquette de notre planète à une échelle très réduite.

Histoire[modifier | modifier le code]

La nature sphérique de la terre est clairement connue des Grecs et des Romains comme le montre Pline l'Ancien qui écrivait :

« Parmi les crimes de notre ingratitude je compterai aussi notre ignorance de la nature de la terre. (2) D'abord, quant à sa figure, le consentement unanime en décide : nous disons le globe de la terre, et nous convenons que la circonférence en est limitée par les pôles. Ce n'est pas, il est vrai, une sphère parfaite; il y a trop de montagnes élevées et de plaines étendues; mais si l'on fait passer une courbe par les extrémités des lignes, on décrira de cette façon une surface sphérique régulière. Les lois naturelles veulent qu'elle soit ronde, mais non en vertu des mêmes causes que celles que nous avons rapportées par le ciel (II, 2). (3) En effet, le ciel est une sphère creuse qui pèse de toutes parts sur son pivot, c'est-à-dire sur la terre ; celle-ci, solide et condensée, s'arrondit comme par un mouvement de soulèvement, et se développe. Le monde tend vers le centre, la terre tend hors du centre, et le globe immense qu'elle constitue prend la forme d'une sphère, par l'effet de la révolution perpétuelle du monde autour d'elle»[1].

Premiers globes[modifier | modifier le code]

Globe ancien avec son mobilier (hélas céleste ; en attente de modif.)

Le plus ancien globe terrestre parvenu jusqu'à nous est le globe de Martin Behaim, réalisé à Nuremberg en 1492 et appelé Erdapfel. L'Amérique et l'Australie ne figurent logiquement pas sur ce globe de 51 cm de diamètre.

Le cartographe Martin Waldseemüller adapte en 1507 l'imprimerie aux besoins des fabricants de globes en créant les fuseaux. Jusque-là, les globes étaient toujours peints et uniques. De plus, les cartes de Waldseemüller publiées à Saint-Dié des Vosges furent les premières à porter l'inscription « America ». Selon Monique Pelletier, il serait l'auteur en 1506 ou 1507 d'un globe manuscrit passé à la postérité sous le nom de Globe vert.

L'Allemand Johann Schöner publie en 1515 une carte du globe sur douze fuseaux avec un manuel de mode d'emploi pour monter son globe terrestre de 27 cm de diamètre. La demande fut telle que les fabricants de globes avaient du mal à fournir. Malgré le nombre important de globes commercialisés à cette période, surtout aux Pays-Bas, il n'en reste aucun exemplaire aujourd'hui. Les plus anciens globes terrestres imprimés parvenus jusqu'à nous sont les productions du néerlandais Gemma Frisius (vers 1536). Gerardus Mercator travailla notamment à la gravure des globes en 1536 et 1537. Ce dernier se mettra ensuite à son compte en produisant notamment un globe de 41 cm de diamètre.

Globes du XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

Globe terrestre de Coronelli sans son mobilier (1683), Bibliothèque nationale de France

Au début du XVIIe siècle, Amsterdam s'impose comme la capitale des globes où travaille notamment Jodocus Hondius. Il ne reste aujourd'hui aucun globe signé Hondius. Seul subsiste de nos jours une copie d'un globe de 21 cm du maître néerlandais réalisé en 1615 par l'Italien Giuseppe de Rossi à partir d'un modèle datant de 1601. Parmi les autres fabricants amsterdamois, citons également Willem Blaeu, qui réalisa des globes de 68 cm de diamètre en 1616. Ils étaient alors les plus volumineux jamais construits.

L'école d'Amsterdam essaime en Europe lors de la seconde partie du XVIIe siècle. En Angleterre, c'est Joseph Moxon, formé à Amsterdam chez Blaeuw, qui produit au milieu du siècle des globes de cinq dimensions. En Allemagne, citons Georg Christoph Eimmart (1638-1705).

C'est toutefois l'Italie qui abrite le plus prestigieux fabricant de globes du siècle : Vincenzo Coronelli. Coronelli produit les plus spectaculaires globes de l'histoire : les Globes de Marly. Offerte à Louis XIV en 1683, cette paire de globes terrestre et céleste mesurent 3,87 mètres de diamètre sans le mobilier. En ajoutant ce dernier, l'ensemble culmine à huit mètres de hauteur pour près de 5 mètres de diamètre. Les Globes de Marly, parfois également nommés Globes de Coronelli, ne sont pas les seuls produits par le cartographe italien. On citera ainsi pour l'exemple le globe terrestre de 108 cm de diamètre ornant la bibliothèque Sainte-Geneviève à Paris. Il existe plusieurs exemplaires de ce type de globes, surnommés les « 110 de Coronelli ».

Les globes du XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Globe de poche de Charles Price (1716)

Dès les toutes premières années du XVIIIe siècle, le marché anglais des globes se scinde en deux branches : les globes de poche et les globes classiques. Parmi les plus fameux fabricants de globes de poche, citons Charles Price, qui opère au début du siècle, et Nathaniel Hill, actif de 1746 à 1768. La grande mode des globes miniatures culmine toutefois entre la fin du XVIIIe siècle et le XIXe siècle.

Les Pays-Bas retrouvent en partie leur dynamisme au début du siècle sous l'impulsion de Gerard et Leonard Valk qui produisent entre 1701 et 1726 sept paires de globes terrestres et célestes de 7,75 cm à 62 cm de diamètre.

L'Allemagne produit un globe étonnant et qui fera date : le globe muet. Signé par Franz Ludwig Güssefeld, ce globe de 10,3 cm de diamètre ne comporte aucune légende. Il avait un usage pédagogique, notamment pour interroger les élèves.

En France, Guillaume Delisle (1675-1726), ancien élève de Jean-Dominique Cassini, signa un globe terrestre de 31 cm de diamètre vers 1700. Didier Robert de Vaugondy (1723-1786) réalise son premier globe terrestre en 1745. Il reçoit en 1751 une commande royale à destination de la marine avec des globes de 45,5 cm. Ces globes connurent plusieurs rééditions (1764 et 1773). Concernant les mises à jour liées aux nouvelles découvertes, les fabricants de globes assurent depuis l'origine une forme de service après-vente en fournissant à leurs clients des éléments de cartes à coller sur le globe.

Les globes du XIXe siècle à nos jours[modifier | modifier le code]

Unisphere à New York (1964)

Les Anglais conservent toujours une solide école de fabricants de globes. La société Newton, Son & Berry produit ainsi de 1831 à 1841 des globes de poche tandis que James Wyld (1812-1887) fait sensation à l'occasion de l'exposition universelle de Londres en 1851 en construisant un globe unique de 12 mètres de diamètre. Les visiteurs pouvaient même pénétrer à l'intérieur du globe géant. Il s'agit évidemment d'une opération publicitaire pour présenter les produits de la maison Wyld.

Aussi en Angleterre, John Mowlem, un constructeur, produit en 1887 un grand globe de pierre de Portland en Londres et il le transporta par bateau à sa ville natale de Swanage. Mowlem érigea le globe au sud de la ville, à Durlston Head, sur le Jurassic Coast, où il peut être vu aujourd'hui. Son diamètre est 3 mètres.

Outre-Manche, le Français Charles François Delamarche (1740-1817) domine le marché, notamment avec ses globes de 32,5 cm de diamètre. Delamarche avait acheté le fonds documentaire de Robert de Vaugondy et exploita cette documentation. Ce fut le point de départ d'une dynastie de fabricants de globes de trois générations.

Parmi les fabricants de globes français du début du XXe siècle, citons Girard & Barrère et J. Forest. Ce dernier a notamment fourni les écoles françaises mais a également proposé à son catalogue un globe briquet. Ce type de globe fantaisie se déclina également dans des versions globe-bar par exemple.

Fabricants de globes[modifier | modifier le code]

Les fabricants de globes sont de deux types : les cartographes qui éditent leurs travaux, et des éditeurs qui exploitent des travaux parfois anciens plus ou moins bien mis à jour. La fabrication de globes donna lieu à la mise en place de dynasties familiales sur plusieurs générations. On citera les Hondius, les Blaeuw ou les Delamarche notamment.

Globes remarquables[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, livre II, Chapitre 64-66 [2,64] LXIV Lire le texte en latin et français

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Catalogue de l’exposition Cartes et figures de la Terre, Paris, Centre Georges-Pompidou, 1980
  • Edward H. Dahl et Jean-François Gouvin (préf. Peter Van Der Krogt), Sphaerae Mundi : la collection de globes anciens du Musée Stewart, Sillery (Québec), Septentrion,‎ 2000, 206 p. (ISBN 2-89448-157-8 et 978-2-89448-157-8, OCLC 757915444)
    réédité en octobre 2001 par Privat à Toulouse sous le titre La Découverte du monde : la collection de globes anciens du Musée Stewart de Montréal (ISBN 2-7089-8164-1 et 978-2-7089-8164-5)
  • Peter van der Krogt, Old globes in the Netherlands, Utrecht, H&S, 1984