Frédéric Boilet

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Frédéric Boilet

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Frédéric Boilet en octobre 2007.

Naissance 16 janvier 1960
Épinal Drapeau de la France France
Nationalité Drapeau de la France France
Profession Dessinateur et scénariste de bande dessinée

Frédéric Boilet est un auteur de bandes dessinées français né le 16 janvier 1960 à Épinal, vivant et travaillant au Japon.

Parcours[modifier | modifier le code]

En 1978, il entre à l'École des beaux-arts de Nancy dont il sortira en 1983. Cette même année, il publie son premier album, La Nuit des Archées (Bayard Presse), avec Guy Deffeyes. Il publiera ensuite deux albums de bande dessinée historique chez Glénat (Les Veines de l'Occident, avec René Durand).

En 1987 il sort son premier album en tant que scénariste et dessinateur, ce sera le Rayon vert (Magic Strip), très remarqué par la critique mais auquel le public aura difficilement accès car l'éditeur fait faillite peu après la parution ; il faut attendre 2009 pour que l'album soit enfin réédité aux Impressions Nouvelles.

En 1990, il sort 36 15 Alexia, un album qui évoque de manière très intéressante le sujet des rencontres par minitel.

La même année, grâce à l'entreprise Shoei et au Centre national des lettres, qui lui octroient une bourse, Frédéric Boilet part au Japon. De ce voyage naitra Love Hotel qui raconte l'odyssée tragi-comique d'un Français au Japon. Benoît Peeters coécrit le scénario, l'album sort en 1993.

L'année suivante, boursier de la villa Kujoyama de Kyōto (la villa Médicis japonaise) d'avril à septembre, ce qui est une première pour un auteur de bandes dessinées, Boilet entame Tōkyō est mon jardin, une suite à Love Hotel. Ici le regard de l'auteur, tout comme celui de son héros, a changé : moins perdu, il s'accommode des - relatives - bizarreries du Japon.

En 1995, il fonde l'Atelier des Vosges (place des Vosges à Paris), avec ses amis Christophe Blain, David B., Émile Bravo, Joann Sfar, Emmanuel Guibert, Fabrice Tarrin et Tronchet. À cette époque sortira le curieux album Demi-tour, coscénarisé par Benoît Peeters.

En 1997, il retourne au Japon dans l'intention de s'y établir. Là-bas, il publie une adaptation japonaise de Tōkyō est mon jardin, ainsi que des œuvres destinées au seul public japonais comme le récit Une belle manga d'amour ou la série de textes illustrés Prisonnier des Japonaises (sorte de Lettres persanes modernes). Les tirages de ces œuvres sont souvent extraordinaires et Boilet en obtient une grande notoriété. À distance, il participe à l'aventure de la revue de critique et théorie de la bande dessinée L'Indispensable.

En 2009, il se réinstalle en France avec la dessinatrice à succès Aurélia Aurita, dans les Vosges[1].

À côté de sa carrière d'auteur, Boilet prend volontiers le rôle de « passeur culturel », poussant les auteurs et éditeurs japonais et français à coopérer sur divers projets, et faisant notamment découvrir en France Jirō Taniguchi. Poussant cette logique au bout, il est l'initiateur du mouvement transculturel Nouvelle Manga, intitulé faisant directement référence à la Nouvelle Vague, et dirige de 2004 à 2008 la collection de mangas d'auteur Sakka de Casterman. Il dirige d'ailleurs en 2005 l'ouvrage collectif Japon, paru en France (Casterman, collection Écritures) et au Japon, avec Moyoko Anno, Aurélia Aurita, Frédéric Boilet, Nicolas de Crécy, Étienne Davodeau, Little Fish, Emmanuel Guibert, Kazuichi Hanawa, Daisuke Igarashi, Taiyō Matsumoto, Fabrice Neaud, Benoît Peeters, David Prudhomme, François Schuiten, Joann Sfar et Kan Takahama.

Une œuvre en mouvement[modifier | modifier le code]

Si on peut trouver un trait commun aux albums de Boilet, c'est bien qu'ils ne se ressemblent pas. Certains tics de dessin ou de narration se retrouvent, mais chaque nouveau projet est une expérience pour l'auteur comme pour le lecteur. Depuis 36 15 Alexia, Boilet fait surtout des fictions à partir de son propre quotidien, qu'il réécrit, réinvente : il est son propre matériau mais ses livres ne constituent en aucun cas une forme d'autobiographie.

Le graphisme de Boilet a lui aussi évolué : tout d'abord dessinateur virtuose, Boilet a peu à peu pris goût à l'utilisation de clichés photographiques qu'il redessine d'une manière très à lui. La photographie est ici utilisée pour ses points de vue subjectifs et ses déformations optiques. Il s'agit ici de provoquer une impression de vision subjective, d'intimité voire de voyeurisme, chez le lecteur.

Albums édités en France[modifier | modifier le code]

Albums édités au Japon[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Aurélia Aurita, BUZZ-MOI, Les Impressions nouvelles, juillet 2009, chapitre Épilogue

Documentation[modifier | modifier le code]

  • Franck Aveline, « Tôkyô est mon jardin », dans L'Indispensable n°1, juin 1998, p. 30-33.
  • Frédéric Boilet (int. Kirby), « Entretien avec Frédéric Boilet », dans L'Indispensable n°0, février 1998, p. 4-13.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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