Flann O'Brien

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Flann O'Brien est le pseudonyme le plus courant de Brian O'Nolan, écrivain et chroniqueur irlandais de langue anglaise et irlandaise né à Strabane, dans le Comté de Tyrone, le , décédé à Dublin le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Né le au n° 17 de « The Bowling Green », une petite place de Strabane, Brian O'Nolan est le troisième fils d'Agnes Gormley et de Michael O'Nolan, deux catholiques du comté de Tyrone promoteurs de la Gaelic League. Employé des douanes, son père est muté en Écosse en 1913, puis à Inchicore, près de Dublin. En 1917, du fait des nombreux déplacements professionnels de son époux, Agnes Gormley va s'installer avec ses enfants chez ses parents, qui ne parlent que l'anglais. En 1920, la famille s'installe à Cappincur, près de Tullamore, dans le comté d'Offaly. En 1923, Michael O'Nolan est muté à l'administration centrale de Dublin et s'installe avec les siens au n° 25 d'Herbert Place[1].

Cinquième de douze enfants, Brian s'avère dès son plus jeune âge un brillant et redoutable débatteur. Son père commence son instruction, ainsi que de celle de ses frères, avant de la confier à des précepteurs[2].

A l'University College de Dublin où il fait ses études, le jeune Brian O'Nolan participe à des journaux d'étudiants. En 1939 il publie sous le nom de Flann O'Brien At Swim-two-birds, un roman puzzle très avant-gardiste, recommandé par Graham Greene qui lui vaudra un certain succès d'estime, notamment auprès de Samuel Beckett et de James Joyce. Parallèlement il trouve un emploi de fonctionnaire qu'il gardera jusqu'en 1954 quand, à la suite d'une polémique politique, il sera contraint de démissionner de ses fonctions de secrétaire de nombreux ministères.

Il rédige l'année suivante Le troisième policier, un roman fantastique parodique que O'Brien concevait comme son chef-d'œuvre. Malheureusement le roman ne trouvera pas d'éditeur. O'Brien réutilisera certains passages de ce roman dans les suivants, notamment la célèbre théorie atomique de la bicyclette qui postule le mélange inéluctable, au cours du temps, des atomes du cycliste avec ceux de sa bicyclette.

Enfin, en 1940, il écrit Le pleure-misère, un roman en irlandais qui parodie les chroniques villageoises alors à la mode. Ce roman hilarant provoqua le scandale attendu et s'imposa paradoxalement, au fil du temps, comme l'un des chefs-d'œuvre de la littérature irlandisante. Malgré tout O'Nolan resta déçu de l'accueil de ses romans et ne revint à ce genre que vingt ans plus tard, avec les romans courts que sont The Hard Life en 1962 et The Dalkey Archive en 1964.

C'est dans sa carrière de chroniqueur dans l'Irish Times que Brian O'Nolan connut le plus grand succès de son vivant. Sous le pseudonyme de Myles na Gopaleen (les fonctionnaires n'étant pas autorisés à s'exprimer publiquement en leur nom propre), Brian signe des petits articles humoristiques qui peuvent rappeler au lecteur français ceux d'Alphonse Allais ou d'Alfred Jarry. Le personnage de Myles devint rapidement mythique pour les Dublinois.

Doté d'une santé fragile, Brian O'Nolan mourut, comble de l'ironie, le 1er avril 1966.

Romancier et chroniqueur à l'imagination débordante et dont l'humour souvent très noir est servi par une écriture raffinée, Flann O'Brien est aujourd'hui encore une référence pour nombre d'auteurs anglo-saxons, de John Fowles à Gilbert Sorrentino.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Monique Gallagher, Flann O'Brien, Myles na Gopaleen et les autres: masques et humeurs de Brian O'Nolan, fou littéraire irlandais, Presses universitaires du Septentrion, 1998, p. 15 (ISBN 2-85939-535-0)
  2. Monique Gallagher, op. cit., p. 16.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]