Fédération française de la couture

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Fédération française de la couture, du prêt-à-porter des couturiers et des créateurs de mode

Cadre
Forme juridique Regroupement de syndicats accrédité en vertu de la Loi sur les syndicats professionnels
But L'étude, la défense, l'éducation et le promotion des droits et intérêts des Créateurs de la mode du France
Zone d’influence Drapeau de la France France
Fondation
Fondation 1863
Identité
Siège Paris
Président Ralph Toledano
Affiliation Ministère de la Culture et la Communication
Membres 3 syndicats nationaux ou internationaux
Site web www.modeaparis.com/fr

La Fédération française de la couture, du prêt-à-porter des couturiers et des créateurs de mode est un regroupement de trois chambres syndicales d'industriels de la mode française.

Historique[modifier | modifier le code]

La Fédération de la couture, du prêt-à-porter des couturiers et des créateurs de mode regroupe trois entités[1],[2] :

  • la Chambre syndicale de la haute couture, créée en 1868,
  • la Chambre syndicale de la mode masculine, créée en 1973, et dirigée par Sydney Toledano[3].
  • la Chambre syndicale du prêt-à-porter des couturiers et des créateurs de mode, créée en 1973.

Fondements[modifier | modifier le code]

Après la Seconde Guerre mondiale, le marché de l’habillement est occupé par trois intervenants[4] : la couture, qu'elle soit réalisée chez soi ou auprès de couturières de quartier, qui détient la majeure partie, la haute couture, et la confection, ancêtre du prêt-à-porter. La Fédération nationale de la couture est fondée le 25 février 1945. Elle associe les grands couturiers parisiens issus de la Chambre syndicale de la couture parisienne[n 1] ainsi que les couturiers de province autorisés à reproduire leurs modèles et faire usage du nom des prestigieuses maisons[6]. Dès l'année suivante, les choses évoluent : l'ancienne « confection pour dames » est rebaptisée « industrie du vêtement féminin » ; la Fédération du vêtement féminin est fondée[n 2]. Les divergences sont nombreuses avec les couturiers[8]. La séparation est claire entre une haute couture manuelle et une production industrielle.

À la fin des années 1950, la haute couture régresse et ne peut survivre avec son modèle économique désuet. Jacques Heim, alors président de la Chambre syndicale de la couture parisienne, encourage les membres de la haute couture dans leur volonté de créer le « prêt-à-porter des couturiers »[9]. De très nombreuses expériences avaient été réalisées les décennies passées, mélange de confection et de couture, avec plus ou moins de succès[10]. Au cours des années suivantes, le prêt-à-porter des couturiers connait la même croissance que les créations des autres stylistes[11] et au début des années 1970, la notoriété de nombreux jeunes créateurs atteint celle des grands couturiers[12]. Plusieurs de ces derniers souhaitent ne plus différencier haute couture et prêt-à-porter, jusqu'à vouloir les regrouper au sein d'un même défilé[13].

La Fédération française de la couture, du prêt-à-porter des couturiers et des créateurs de mode est fondée en octobre 1973, en même temps que la Chambre syndicale de la mode masculine (présidée au départ par Pierre Cardin[14]) et la Chambre syndicale du prêt-à-porter des couturiers et des créateurs de mode[15]. Cette dernière est créée sur l'impulsion de Jacques Mouclier alors président délégué de la Chambre syndicale de la couture et de Pierre Bergé[16] qui en prendra la présidence. La Chambre syndicale de la couture est rattachée à la Fédération : de cette façon, les couturiers et stylistes perpétuent la séparation entre le prêt-à-porter de marque et la confection en gros[17] rattachée à une autre fédération. Madame Grès, alors présidente de la haute couture, prend la direction de la Fédération lors de sa création[14].

L'une des premières actions de la Fédération est de regrouper les défilés éparses en un lieu commun[18]. D'abord au récent Palais des Congrés pour quelques mois, puis dans la Cour Carrée du Louvre pour de nombreuses années[19]. Les autres missions concernent la médiatisation des adhérents de la Fédération, la formation, ou l'ouverture de Paris capitale de la mode aux stylistes étrangers[20], ce qui ne se fait pas sans crainte de la part des créateurs français en place[21].

Mais dans les années 1980, la cohabitation entre la « couture » et les « créateurs de mode » ne se fait pas sans heurt[22]. Les relations vont s'améliorer dans les années qui suivent. Le mélange des genres, entre les maisons de haute couture qui produisent du prêt-à-porter et les créateurs de mode qui font du sur mesure, fait que les barrières s'estompent[23] : coordonnant les Chambres entre elles, « la Fédération française de la couture est devenue plus homogène »[24]. Durant cette décennie, Jack Lang remet en question l'occupation — qui devait être temporaire — de la Cour Carrée, souhaitant une solution définitive pour la Fédération[21]. Dans le cadre du projet du Grand Louvre, un bâtiment est construit qui permettra finalement à la mode de défiler au Carrousel du Louvre[25]. Les « Oscars de la Mode », éphémère événement médiatique, sont organisés par la Fédération en 1985[26].

De nos jours[modifier | modifier le code]

À l'exception de la Chambre syndicale de la couture[n 3] uniquement parisienne, les deux autres composantes de la Fédération sont également internationales et accueillent des membres étrangers depuis 1998[27].

Cette Fédération regroupe actuellement une centaine de groupes industriels de la mode. La Fédération a aussi une école de mode par l'intermédiaire de la Chambre syndicale de la haute couture, l'École de la chambre syndicale de la couture parisienne créée en 1927[1].

Objectifs[modifier | modifier le code]

Cette fédération a été créée pour mieux défendre les intérêts et pour coordonner les trois chambres syndicales qui la composent, pour promouvoir la profession des entrepreneurs et industriels de la mode et pour donner de la cohérence à la communication de cette profession : « une politique d'ensemble [peut] être menée »[28]. Elle encourage les nouveaux créateurs et représente les intérêts des marques en protégeant les droits de propriété intellectuelle[29]. Elle négocie la convention collective et autres négociations paritaires[30]. Elle a également des liens étroits avec l'Union nationale artisanale de la couture et des activités connexes, un syndicat de couturiers, retoucheurs, modistes, brodeurs[31]. Les entreprises de la Fédération ont un effet d'entraînement sur l'activité des façonniers et sous-traitants[32].

La Fédération fixe aussi les dates et le lieu des semaines des défilés à Paris[33], que ce soit pour la haute couture ou pour le prêt-à-porter féminin et masculin, en coordination avec Londres, New York et Milan. .

Son ancien président, Didier Grumbach, met en exergue les synergies entre la haute couture et le prêt-à-porter. « Quand la haute couture était organisée et structurée comme elle l‘était en 1944, le prêt-à-porter créatif n‘existait pas. Aujourd'hui, Chanel et Dior, les plus mythiques maisons de couture, sont aussi les plus gros exportateurs français de prêt-à-porter et sans celui-ci, leur ligne couture n'existerait pas. La haute couture est devenue la partie supérieure du prêt-à-porter, un service pour les adeptes de la marque[29]» explique-t-il en 2009.

En 2014 après le départ de Didier Grumbach, la présidence de la Fédération est assurée par Ralph Toledano[34].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La Chambre syndicale de la couture parisienne est alors composée des grands couturiers pratiquant la haute couture, ainsi que des couturiers de Paris pratiquant la confection. Au total, c'est 1 100 membres[5].
  2. Cette fédération regroupe les entreprises de couture en gros et les sociétés de confection[7].
  3. la Chambre syndicale de la couture parisienne change de nom en 2001 pour Chambre syndicale de la haute couture.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Bye 2010, p. 1.
  2. Godart 2010, p. 30.
  3. « Sidney Toledano à la tête de la chambre syndicale de la mode masculine », sur m-mmm.fr, Maison Méditerranéenne des Métiers de la Mode,‎ 24 mars 2014 (consulté le 25 mars 2014)
  4. Grumbach 2008, p. 185
  5. Grumbach 2008, p. 94
  6. Grumbach 2008, p. 93
  7. Grumbach 2008, p. 186
  8. Grumbach 2008, p. 187 et 190
  9. Grumbach 2008, p. 225
  10. Grumbach 2008, p. 226 et suiv.
  11. Grumbach 2008, p. 287
  12. Grumbach 2008, p. 304
  13. Grumbach 2008, p. 306 et 307
  14. a et b Mouclier 2004, p. 54
  15. Grumbach 2008, p. 376
  16. Mouclier 2004, p. 49 à 53
  17. Grumbach 2008, p. 308
  18. Mouclier 2004, p. 55
  19. Mouclier 2004, p. 55 à 58
  20. Mouclier 2004, p. 77
  21. a et b Mouclier 2004, p. 79
  22. Grumbach 2008, p. 320 et 321
  23. Grumbach 2008, p. 338 et 339
  24. Grumbach 2008, p. 338
  25. Mouclier 2004, p. 82
  26. Mouclier 2004, p. 113 à 116
  27. Grumbach 2008, p. 339
  28. Mouclier 2004, p. 83
  29. a et b Shu 2009.
  30. Mouclier 2004, p. 104
  31. Waddell 2013, p. 178.
  32. AFP 2013.
  33. Le Monde 2009.
  34. « Didier Grumbach quitte la présidence de la Fédération de la couture », Mode, sur lemonde.fr, Le Monde,‎ 1er juillet 2014 (consulté le 11 septembre 2014)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Didier Grumbach, Histoires de la mode, Paris, Éditions du Regard,‎ 2008 (1re éd. 1993 Éditions du Seuil), 452 p. (ISBN 978-2-84105-223-3), p. 93 et suiv. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jacques Mouclier, Haute couture, Jacques-Marie Laffont,‎ juin 2004, 270 p. (ISBN 2-84928-052-6) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Gavin Waddell, How Fashion Works: Couture, Ready-to-Wear and Mass Production, John Wiley & Sons,‎ 2013 (lire en ligne), p. 178-179.
  • (en) Elizabeth Bye, Fashion Design, Berg,‎ 2010 (lire en ligne), p. 1.
  • Frédéric Godart, Sociologie de la mode, Éditions La Découverte,‎ 2010 (lire en ligne), p. 30.

Articles de journaux[modifier | modifier le code]

  • Rédaction Le Monde, « Les nouveaux venus de la haute couture », Le Monde,‎ 31 janvier 2014 (lire en ligne).
  • AFP, « La création de mode pèse 15 milliards d'euros en France », Le Point,‎ 28 juin 2013 (lire en ligne).
  • Rédaction Le Monde, « A Paris, le noir n'est pas austère dans les défilés hommes », Le Monde,‎ 24 janvier 2009 (lire en ligne).
  • (en) Catherine Shu, « The economy is on the outs, but fashion is always in », Taipei Times,‎ 14 janvier 2009 (lire en ligne).
  • Florence Evin, « Entretien avec Didier Grumbach, président de la Fédération Française de la Couture : « La haute couture devient un observatoire » », Le Monde,‎ 6 juillet 2006 (lire en ligne).
  • Véronique Lorelle, « Le monde de la haute couture entend démontrer sa vigueur en dépit du retrait d'Yves Saint Laurent », Le Monde,‎ 23 janvier 2002 (lire en ligne).
  • J.–C. M., « Les couturiers et leurs façonniers », Le Monde,‎ 12 octobre 1983 (lire en ligne).
  • « Une lettre de la Fédération française de la couture », Le Monde,‎ 25 novembre 1975 (lire en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]