Don Quichotte (film, 1992)

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Don Quichotte est un film inachevé réalisé par Orson Welles.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Les aventures du Chevalier à la triste figure perdu entre la Terre et la Lune, confrontant le monde ancien à la modernité, dans une Espagne rêvée et reconstituée qui le conduit de la Manche à Pampelune en passant par l’Estrémadure… accompagné de son fidèle serviteur.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

  • Réalisation : Orson Welles
  • Scénario : Orson Welles, d'après Cervantes
  • Photographie : Orson Welles
  • Noir et blanc
  • Durée totale : plus de 10 heures de rush
  • Production : Orson Welles, Oscar Dancigers
  • Langue : espagnol
  • Date :1955 - 1973 (?)

Distribution[modifier | modifier le code]

Analyse de l’œuvre[modifier | modifier le code]

Don Quichotte est un film mythique d’Orson Welles, tourné par morceaux sur une très longue période et resté inachevé. Pour des raisons économiques et de liberté créatrice, le film muet, en noir et blanc, sans script, sans scénario, avec une caméra portable, a été tourné de Paris au Mexique, et d'Italie en Espagne, au gré de l’inspiration. Welles débute le tournage en 1955 à Paris, puis le reprend en 1957 avant de l’interrompre à nouveau en 1959 et de le reprendre en 1961. En 1964 le film est « terminé » une première fois. Mais Welles le garde par devers lui ; il en est le producteur et ne semble pas en être satisfait. Il continue à tourner des séquences, toujours en muet. L’acteur Francisco Reiguera (Don Quichotte) est un acteur espagnol républicain interdit d’entrée en Espagne, il a 80 ans pendant le tournage. Il promène la silhouette de Don Quichotte du Mexique en Italie. Welles prolonge ainsi l’iconographie romantique définie par Honoré Daumier et Gustave Doré tout en lui attribuant de nouvelles aventures.

Welles remonte une deuxième fois le film dans les années 1970, puis semble à nouveau abandonner le projet, insatisfait, cherchant de nouvelles solutions. Don Quichotte est un « Work in Progress », un travail en cours, un rêve éveillé sur Don Quichotte et l’Espagne… Au total il existe plus de dix heures de rush conservés entre Paris (Cinémathèque), l’Italie, le Mexique ou l’Espagne (Filmoteca). La Filmoteca Española (es) conserverait ainsi quarante minutes de film monté et doublé par Orson Welles.

En 1991, les ayants-droit d’Orson Welles proposent à Jess Franco de terminer le film de manière à pouvoir le sortir en salle en 1992.

Le Don Quichotte d'O.W. dans la version de Jess Franco[modifier | modifier le code]

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Analyse de l’œuvre[modifier | modifier le code]

Jess Franco est un réalisateur de films fantastiques qui avait été l’assistant-réalisateur de Welles sur Falstaff. Il s’approprie le matériel de Welles pour donner une lecture « possible » des rushes en moins de deux heures. Don Quichotte et son fidèle compagnon Sancho errent dans une Espagne de rêves éveillés. Confronté à la modernité, le chevalier à la triste figure continue de poursuivre sa quête de morales absolues. En plus de ses aventures classiques, les moulins, les moutons, Orson Welles lui donne de nouvelles aventures sauver une jeune femme d'un monstre mécanique (la Vespa qu'elle conduit!), préserver le monde de l'invasion des caméras, rencontrer Welles, etc., un des plans les saisissants étant l’arrivée du chevalier en pleine ville, devant un café nommé « Don Quichotte »  !

La critique a reproché à Jess Franco l’introduction d’effets spéciaux et une certaine facilité dans la reconstitution des dialogues post-synchronisés. Mais il ne faut pas oublier que la langue originale du film est l’espagnol, la voix du narrateur (censé être Orson Welles) est imitée dans la version anglaise. Il n’empêche que le film ainsi monté est un succès dans la mesure où il permet à chacun de rêver à ce qu’aurait été le film de Welles, de l’imaginer à partir de ces images ainsi montées… ce qui est le propre du Quichotte : être toujours dans l’irréalité et se fracasser dans la réalité mais ne jamais céder…