Dominique Baudier

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Dominique Baudier, dit Baudius, né le 8 avril 1561 à Lille, fils de Dominique Baudier et de Marie Heems, mort le 22 août 1613 d'une fièvre délirante à Leyde, était un professeur, théologien, diplomate, avocat et poète français néolatin.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sa famille protestante dut fuir à Aix-la-Chapelle pour échapper aux persécutions du duc d'Albe contre les Huguenots en Flandre. Il y reçut sa première instruction sous la direction de Lievin Massys de Tournai et d'un Français appelé Ludovicus Transaquanus.

En 1576, il gagna la jeune Université de Leyde, puis celle de Genève où il étudia deux ans et demi la théologie avec Théodore de Bèze, Lambert Daneau et Antoine de La Faye. Il revint à Leyde pour y suivre un enseignement en droit de quinze mois et en sortit docteur le 4 juin 1585.

Il suivit les ambassadeurs que les Etats généraux des Provinces-Unies envoyèrent en Angleterre, y séjourna chez un des favoris de la reine Élisabeth, Philip Sidney qui y devint son protecteur.

De retour en Hollande, il s'inscrivit le 5 janvier 1587 au Barreau de La Haye pour y exercer peu de temps la profession d'avocat.

Il partit pour Tours où il fut reçu avocat en 1592[1] au Parlement de Paris (qui siégeait dans la ville de Tours depuis 1589), recommandé par le président Achille de Harlay. Il semble y avoir peu exercé mais il resta dix années en France avec l'espoir d'être nommé résident (agent diplomatique) auprès d'Henri IV par les Etats généraux, ce qui ne se fit pas. Pendant cette période, Scipion Sardini lui confia la riche bibliothèque[2] qu'il s'était constitué à Chaumont-sur-Loire. Lié avec Joseph Juste Scaliger, duquel il espérait gagner la protection, il s'intéressa en sa faveur contre le mathématicien François Viète, chez qui il dîna afin de l'espionner.

Après un nouveau séjour en Angleterre où il accompagnait, comme secrétaire et conseiller, Christophe de Harlay, ambassadeur d'Henri IV auprès de la reine Élisabeth, il retourna définitivement en 1602 à Leyde où il obtint une chaire d'éloquence puis, en 1607, un poste de professeur d'histoire pour finir par occuper une chaire de droit romain. Il parvint en 1611, après maintes sollicitations, à la charge d'historiographe des États de Hollande.

Menant une vie de débauche où le vin et les femmes tenaient une part excessive,il eut d'ailleurs un enfant illégitime avec une prostitué. Il souffrit le 9 août 1613 de fièvre, de délire et d'insomnies dont il mourut le 22, âgé de 52 ans.

Souvent considéré comme un bel esprit de son temps, il maîtrisait le grec et le latin, langue dans laquelle il excellait dans ses poésies. Il laisse une œuvre en latin d'une grande richesse.

Lié avec Sully, Mornay, De Thou, Sillery, Molé, il leur adressa, pendant les guerres de religion, des satires contre les ligueurs ; il excellait surtout dans le vers ïambique, vif et serré.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. ou 1591, la date est imprécise
  2. Baudius connaissait une situation financière peu reluisante, Scipion Sardini lui offrit la table et 800 livres par an

Publications[modifier | modifier le code]

  • Moralis et civilis sapientiae monita Libris IV comprehensa (1611)
  • Dominici Baudii Amores edente Petro Scriverio Inscripti Th. Graswinckelia equiti (1638). Poésies.
  • Deux pièces inédites de Dominique Baudier, 1603-1605 (s.d.). Lettre à Christophe de Harlay, 1er mai 1603, et poème, publiés par V. L. Saulnier.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Dictionnaire historique et critique, Pierre Bayle
  • Mémoires pour servir à l’histoire littéraire des dix-sept provinces des Pays-Bas, de la Principauté de Liège, etc, Tome 8, Louvain, 1766
  • La France protestante, MM. Haag, volume 2, Paris, 1847

Liens internes[modifier | modifier le code]