Dave Van Ronk

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Dave Van Ronk (30 juin 1936-10 février 2002) est un guitariste, arrangeur et chanteur de blues et de folk américain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Brooklyn à New York, il déménage en 1951 dans le Queens et fait ses études à la Richmond Hill High School. Il commence à jouer dans un « barbershop quartet » (« quatuor de salon de coiffure ») en 1949, mais il quitte l'école prématurément, et passe les années suivantes à arpenter Manhattan, avec deux escapades dans la marine marchande. Il donne ses premiers concerts professionnels dans des groupes de jazz traditionnel dans la région de New York. Plus tard il écrira « Nous voulions jouer du jazz traditionnel de la plus mauvaise manière possible, et nous y sommes arrivés ! ». Le « jazz revival » n'ayant pas tellement marché, Dave se lance dans le blues traditionnel qu'il avait quelque peu délaissé à l'époque où il écoutait des artistes comme Furry Lewis ou Mississippi John Hurt. Ce n'est pas le premier musicien blanc à s'intéresser au blues afro-américain, mais il est remarqué par ses interprétations remises dans le contexte original.

On le remarque par sa stature imposante et son charisme dénotant un gentilhomme cultivé aux talents multiples. Il s'intéresse à tout : la cuisine, la science-fiction, l'histoire mondiale et la politique. Dans les années 1960, il soutient les causes de l'extrême-gauche, et a été un des membres de la Libertarian League. Il prend part, plutôt par hasard, aux célèbres émeutes de Stonewall (en juin 1969) où il est arrêté, violenté et brièvement incarcéré. En 1974, il se produit, avec son vieil ami Bob Dylan dans un concert au profit des réfugiés chiliens.

En 2000, il joue au Blind Willie's à Atlanta, en parlant de son retour au Greenwich Village. Il donne son dernier concert quelques mois avant sa mort.

Il meurt avant d'avoir fini d'écrire ses mémoires, qui ont été terminées par son collaborateur Elijah Wald, et publiées en 2005 sous le titre de The Mayor Of MacDougal Street (Le maire de MacDougal Street). En 2004, un morceau du Sheridan Square à l'angle de Barrow Street et Washington Place à New York a été renommé Dave Van Ronk Street en son honneur.

Influence[modifier | modifier le code]

Héritier du révérend Gary Davis, il a été l'ami de Bob Dylan à qui il a enseigné la guitare à ses débuts. Il arrange The House of the Rising Sun (Le pénitencier) qui est une vieille chanson traditionnelle du répertoire de la folk music américaine dont la ligne mélodique et les accords sont différents ; il en existe une version par Woody Guthrie. Lors de son premier album, en 1961, Bob Dylan lui demande d'y inclure son adaptation ; il refuse mais Dylan passe outre les désirs de Van Ronk. (À ce sujet voir le film de Martin Scorsese, No Direction Home).

Le personnage[modifier | modifier le code]

Dave Van Ronk n'a jamais appris à conduire une automobile. Il utilisait le train, les bus, ainsi que, quand il en avait l'occasion, les services de sa petite amie du moment ou d'un jeune musicien. Il a longtemps refusé de prendre l'avion, voire de sortir du Greenwich Village ; il a néanmoins fait une tournée en Europe dans les années 1980. Son compagnon favori était une cruche en grès de Tullamore Dew (whisky irlandais).

Sur le moment propice où il est temps pour un guitariste de changer ses cordes de guitare il disait : « God has his ways of telling you when it's time to change your guitar strings. » (« Dieu a sa façon de vous faire sentir qu'il est temps de changer vos cordes de guitare. »).

Discographie[modifier | modifier le code]

  • The Orange Blossom Jug Five: Skiffle in Stereo (1958)
  • Dave Van Ronk Sings Ballads, Blues And A Spiritual (1959)
  • Van Ronk Sings (Vol. 2) (1961)
  • Dave Van Ronk, Folksinger (1963)
  • Dave Van Ronk And The Red Onion Jazz Band: In The Tradition (1964)
  • Inside Dave Van Ronk (1964)
  • Just Dave Van Ronk (1964)
  • Dave Van Ronk And The Ragtime Jug Stompers (1964)
  • No Dirty Names (1966)
  • Dave Van Ronk And The Hudson Dusters (1968)
  • Van Ronk (1971)
  • Van Ronk (1972)
  • Songs For Ageing Children (1973)
  • Sunday Street (1976)
  • Somebody Else, Not Me (1980)
  • Your Basic Dave Van Ronk (1982)
  • St. James Infirmary (1983)
  • Dave Van Ronk In Rome (1983)
  • Going Back To Brooklyn (1985)
  • Hesitation Blues (1988)
  • Frankie Armstrong & Dave Van Ronk: Let No One Deceive You: Songs of Bertolt Brecht (1990)
  • Hummin' To Myself - Dave Van Ronk Sings An American Songbook (1990)
  • The Folkways Years, 1959 - 1961 (1991)
  • A Chrestomathy (1992)
  • To All My Friends In Far-Flung Places (1994)
  • from ... another time & place (1995)
  • Dave Van Ronk Live at Sir George Williams University (1997)
  • Dave Van Ronk: Sweet & Lowdown (2001)
  • The Two Sides Of Dave Van Ronk (2002)
  • 'Dave Van Ronk: ...and the tin pan bended and the story ended... (2004)
  • 'Dave Van Ronk: The Mayor of MacDougal Street, Rarities 1957-1969 (2005)

Film[modifier | modifier le code]

Joel et Ethan Coen s'inspirent de sa biographie pour leur film Inside Llewyn Davis.

Publication[modifier | modifier le code]

  • Dave Van Ronk et Elijah Wald, Manhattan folk story, (The Mayor of MacDougal Street : A Memoir), traduction de Claire Debru, Paris, Éditions Robert Laffont, 2013 (ISBN 978-2-221-13873-1)

Liens externes[modifier | modifier le code]