Culture de la canne à sucre à La Réunion

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Un champ de cannes à sucre de nos jours dans le cirque naturel de Salazie.

La culture de la canne à sucre est une activité agricole traditionnelle de l'île de La Réunion, département d'outre-mer français dans l'océan Indien. Elle fournit à l'agriculture locale et, plus généralement même, à l'économie réunionnaise, le premier produit d'exportation, le sucre de canne. Mais n'apporte que le tiers de la valeur ajoutée agricole à côté de l'élevage et des cultures vivrières.

Les planteurs disent souvent: "Li Lé sucré et li lé bon."(La canne à sucre est sucré et elle est bonne.).

Histoire[modifier | modifier le code]

Des coupeurs de cannes à La Réunion dans la seconde moitié du XIXe siècle.
Des champs de cannes mités par des habitations à Petite-Île de nos jours.

Supplantant notamment la culture du café qui avait fait un temps la richesse de l'île, la filière s'est développée à compter du début du XIXe siècle, en particulier des Grandes avalasses et de la prise de La Réunion par les Britanniques. Elle s'organise alors autour de nombreuses usines comme l'usine de Beaufonds ou l'usine de Grands-Bois. Elle fait face aujourd'hui à une nouvelle donne économique ; renforcée jusqu'en 2014 par l'organisation commune du marché du sucre au sein de l'union européenne. Elle bénéficie d'atouts importants et généralement d'une bonne productivité même si le coût de la main d'œuvre et les contraintes du relief peuvent représenter des points faibles. Dans son équilibre, elle est aujourd'hui menacée localement par l'extension peu maîtrisée du tissu urbain. La filière sucrière a dû faire face régulièrement à des crises qui ont marqué son histoire. Dans les dernière décennies, les terres de canne à sucre, détenues jusqu'alors par les sociétés sucrières ont été redistribuées à des agriculteurs à travers une réforme foncière de première importance ayant fait référence. Petit à petit, les terres à canne exploitées en direct par les sociétés ou exploitées par des colons (en bail à colonat partiaire)sont devenues propriétés pour une exploitations en faire-valoir direct ou en bail à ferme. Les exploitations issues de cette réforme ont une taille moyenne à petite, de l'ordre de 5 ha. Cette réforme, vivant désormais une nouvelle phase de redistribution des terres, régie par les lois d'orientations agricoles nationales, tend à augmenter la taille des exploitations et, par conséquent, à diminuer le nombre de planteurs, dont le nombre aujourd'hui n'atteint plus les 4000. La concentration des exploitations a eu pour corollaire la concentration des industries. Des 13 usines encore en place à la fin de la dernière crise, il ne reste plus que deux unités, celle de Bois-Rouge dans le Nord et celle du Gol dans le Sud, toujours en quête de rentabilité, elles triturent chaque année environ 1 million de tonnes (1.9 Mt en 2009).

Dans les années 1980, la filière a été mise en danger par le ver blanc Hoplochelus marginalis, observé pour la première fois à La Réunion en 1981. Ce dernier provoque d'importantes pertes pour la production cannière durant les deux décennies suivantes jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée pour lutter contre l'insecte. Celle-ci est élaborée à partir du champignon entomopathogène Beauveria brongniartti découvert à Madagascar par le chercheur du Cirad Bernard Vercambre en 1987 : d'abord produit de manière artisanale afin de tester son efficacité, le Betel obtient une première autorisation de vente en 1994 et ses effets bénéfiques se font ensuite sentir rapidement[1].

La filière canne s'appuie sur la production de sucre qui reste la principale source de valeur, mais s'ouvre de plus en plus à des valorisations des coproduits : 15 % de l'électricité produite dans l'île est issue de la combustion des résidus de la canne (la bagasse) représentant une énergie renouvelable se substituant à 100 000 tonnes équivalent charbon. Les mélasses sont orientées vers les rhumeries et la complémentation des fourrages animaux. Les pailles restées au champ sont désormais valorisées dans les filières animales. Les écumes et boues d'usines sont intégralement valorisées en fertilisation organique des productions agricoles locales. Et même les vinasses portent désormais un intérêt quant aux composés qui peuvent en être extraits, notamment l'acide aconitique, aux applications industrielles.

La canne à sucre est l'une des plantes les plus prometteuses pour la chimie verte qui fait l'objet de nombreux travaux du centre de recherche : le CERF[1].

La production de sucre de la Réunion est favorisée par les soutiens européens, au même titre que les productions agricoles de l'Europe continentale. Elle aura, pour son avenir à conforter ces appuis pour continuer à subsister, mais devra également mettre à profit des atouts encore peu exploités. Elle génère encore plus de 15 000 emplois directs et indirects sur l'île ce qui en fait un employeur de tout premier rang.

Équipements et infrastructures[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie complémentaire[modifier | modifier le code]

  • Guide de la fertilisation de la canne à sucre à La Réunion, E. Fillols et P. Chabadier, Cirad, 2007.