Cuauhtémoc

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Cuauhtémoc
Buste de Cuauhtémoc au Zocalo de Mexico.
Buste de Cuauhtémoc au Zocalo de Mexico.
Titre
Tlatoani de Tenochtitlan
fin 1520août 1521
Prédécesseur Cuitláhuac
Successeur Fin de l'Empire aztèque
Biographie
Lieu de naissance v. 1497
Date de décès 28 février 1525 (à 29 ans)
Père Ahuitzotl
La Torture de Cuauhtémoc, tableau de Leandro Izaguirre.

Cuauhtémoc (vers 1497 - Acalán 1525) fut le dernier empereur aztèque et constitue un mythe de la conception indigéniste de la nation mexicaine. Son nom signifie littéralement « aigle descendant », du nahuatl cuāuhtli (aigle) et temōc (descente) ; par extension, ce nom peut être interprété comme la métaphore de « Celui qui fond tel un aigle (sur l'ennemi) »[1], ou du soleil couchant, car l'aigle symbolise le soleil dans la culture mexica.

Cuauhtémoc est aussi appelé Cuāuhtemōctzin, « tzin » étant une marque de noblesse en nahuatl, l’équivalent du «Don» espagnol. Le nom de Cuauhtémoc a plusieurs transcriptions différentes dans les chroniques des conquistadors: Guamatzin, Guatemuz, Guatimuza, Guatimozin... Il est considéré avec Miguel Hidalgo comme Héros National Mexicain.

Résistance contre les Espagnols[modifier | modifier le code]

Cuauhtémoc était le fils de Ahuitzotl et le neveu de Moctezuma II. Il occupe le trône de l’Empire aztèque de Mexico-Tenochtitlan à la mort de Cuitlahuac, lequel avait lui-même succédé à Moctezuma. Cuauhtémoc prit pour épouse Tecuichpoch, la fille de Moctezuma et de Teotlacho.

Cuauhtémoc incarne la résistance contre les Espagnols et leurs grands alliés les Tlaxcaltèques durant le siège de Tenochtitlan. Il se lance dans la guerre après que Pedro de Alvarado eut fait massacrer, dans le Templo Mayor, la noblesse mexica. Il se prépare au siège de la capitale en coupant les ponts et en réunissant des vivres. Le siège espagnol durera soixante quinze jours, du 30 mai au 13 août 1521.

Défaite et capture[modifier | modifier le code]

Cuauhtémoc garde le contrôle de la ville jusqu’en août 1521, où une nouvelle offensive espagnole l'oblige à s'enfuir avec sa famille et ses amis. Alors qu'il tentait de quitter la ville en canoë par le lac Texcoco, il fut capturé par le capitaine d'un des brigantins espagnols, García de Holguín. Amené devant Cortés, il aurait dit à celui-ci : « Seigneur Malinche, j'ai fait ce que je devais pour la défense de ma ville et de mes sujets ; faire davantage m'est impossible, et puisqu'enfin la force m'amène prisonnier devant toi, prends ce poignard que tu portes à ta ceinture et frappe-moi mortellement[2]. »

Dernières années[modifier | modifier le code]

Après sa capture, il fut torturé par les Espagnols avec Tetlepanquetzal (tlatoani de Tlacopán) et Tlacotzin (« cihuacóatl ») car les conquistadores voulaient savoir où les Aztèques avaient caché leurs trésors. Alors que les pieds des deux hommes avaient été trempés dans de l'huile à laquelle on mit le feu, Cuauhtémoc aurait refusé de répondre, et dit à Tetlepanquetzal qui poussait des gémissements une phrase qui resterait célèbre : « Et moi, suis-je dans les délices d'un bain ? ». Selon Rousseau cette phrase serait plutôt : « Et moi, suis-je sur des roses ? »[3] et selon Marmontel : « Et moi, suis-je sur un lit de roses? »[4].

Cuauhtémoc ne parlera jamais. Les sévices qu'il avait subis le laissèrent infirme. Lorsque Cortés entreprit une expédition au Honduras en 1524, il emmena avec lui Cuauhtémoc et plusieurs autres seigneurs aztèques, de manière à prévenir une révolte en son absence. Au cours du voyage, il fut accusé par Cortés de tramer un complot pour tuer les Espagnols. Cortés évoque l'épisode dans sa cinquième lettre à Charles Quint : un indien l'ayant averti du complot, il fit arrêter et interroger tous les seigneurs aztèques, qui avouèrent que «Guatimozin (c'est-à-dire Cuauhtémoc) et Tetepanquezal avaient organisé la conspiration; qu'ils avaient reçu la confidence mais qu'ils n'avaient jamais consenti à en faire partie.»[5]. L'ancien tlatoani fut pendu le , à l’aube, à l’âge de 29 ans, laissant un fils nommé Diego Mendoza de Austria Moctezuma. La dynastie fondée en 1376 par Acamapichtli s’éteignait, et avec lui l’empire aztèque.

En 1949, des archéologies exhumèrent des restes humains sous l'autel de l'église d'Ixcateopan, dans l'État du Guerrero (à environ 45 km à l'ouest de Taxco, au Mexique). Considérés d'abord comme ceux de Cuauhtémoc, ils firent l'objet d'une controverse passionnée. Au terme d'une étude scientifique, il s'avéra que les ossements n'étaient pas ceux du dernier empereur aztèque. Ils sont néanmoins toujours visibles dans l'église et la population locale demeure convaincue qu'il s'agit de la tombe de Cuauhtémoc[6].

Cuauhtémoc dans l'art contemporain[modifier | modifier le code]

Siqueiros : «La torture de Cuauhtemoc»

Le muraliste David Alfaro Siqueiros a réalisé en 1951 une œuvre saisissante, «La torture de Cuauhtemoc», qui orne un des murs du Palacio de Bellas Artes à Mexico. Cuauhtémoc et Tetlepanquetzal sont représentés au moment où on leur brûle les pieds. L'attitude stoïque de Cuauhtémoc contraste avec celle de Tetlepanquetzal implorant l'empereur d'indiquer aux Espagnols où de l'or serait caché ou encore de l'autoriser à le révéler lui-même.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Andrews, J. Richard, Introduction to Classical Nahuatl, University of Oklahoma Press,‎ 2003 (ISBN 978-0-8061-3452-9), p. 594
  2. Bernal Díaz del Castillo, La conquête du Mexique, Babel, 1996, p. 742
  3. Jean-Jacques Rousseau, la Pléiade, tome III, 1752, p. 91
  4. Jean-François Marmontel, Les Incas, 1778, p. 69
  5. Hernan Cortés, La conquête du Mexique, Éditions La Découverte, 1996, p. 375
  6. Manuel Aguilar-Moreno, Handbook to Life in the Aztec World, Oxford University Press, 2007, p. 49

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Souverain aztèque
15201521
Fin de dynastie