Claude Martin (aventurier)

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Claude Martin

Claude Martin (Lyon, 4 janvier 1735 - Lucknow, 13 septembre 1800) est un soldat français de la Compagnie française des Indes orientales, puis de la Compagnie anglaise des Indes orientales (CAIO).

Biographie[modifier | modifier le code]

Claude Martin Antoine-Louis Polier Johann Zoffany
Antoine-Louis Polier, Johann Zoffany, Claude Martin et John Wombwell.

Claude Martin naît dans une famille d'artisans lyonnais. Il commence son apprentissage de tisserand, mais désireux de faire fortune, il s'enrôle, en 1751, dans la Compagnie française des Indes orientales et s'embarque le 9 décembre, à Lorient, à destination de Pondichéry où il arrive le 20 juillet de l'année suivante.

Il sert dans la compagnie à Pondichéry et Porto Novo, et se retrouve sous les ordres de Lally-Tollendal en 1758. Cependant, jugeant que la France n'a plus guère d'avenir en Inde il décide de poursuivre son oeuvre de bâtisseur seul en 1760 et propose ses services à Eyre Coote, le commandant des forces britanniques, rejoignant la Compagnie Française Libre.

À partir de cette année, il restera quasiment toujours au service de la CAIO, gravissant les échelons, enseigne en 1763, lieutenant l'année suivante, capitaine en 1766, major en 1779, colonel honoraire en 1793, pour terminer major général en 1795. Cependant sa nationalité -il choisira de garder sa nationalité française jusqu'à sa mort- lui interdit de toucher les mêmes émoluments que les Britanniques de même grade.

En 1765, il est nommé percepteur en Awadh et est cantonné à Lucknow. Il découvre ainsi la région et la ville où il passera l'essentiel du reste de sa vie. Renvoyé de l'armée de la CAIO en 1767, il reste en Inde employé comme géomètre pour faire des relevés cartographiques dans le nord de l'Inde. Il est réengagé en 1769 et continue son travail de géomètre au service de la CAIO dans le nord-est. Tandis qu'il relève les plans du Cooch Behar, en 1773, ll tombe malade, ayant des calculs dans la vessie qui le feront souffrir tout le reste de sa vie et qui seront probablement à l'origine de sa mort, un quart de siècle plus tard.

Il adopte son premier enfant indien, Boulone (appelée aussi Lise) âgée de neuf ans, en 1775. L'année suivante, il est nommé directeur de l'arsenal de Lucknow. Il s'opère lui-même, avec succès, de ses calculs de la vessie, par les voies naturelles ; il écrit un mémoire décrivant son mode opératoire et l'envoie au Royal College of Surgeon de Londres, où il n'est pas pris au sérieux car on doute qu'il ait pu faire cette opération lui-même.

Martin est un homme du siècle des Lumières et il se tient au courant des inventions qui sont produites en Europe. Il fait par exemple la première démonstration d'une montgolfière à Lucknow en 1785, moins de deux ans après le premier vol en France, ce qui est remarquable compte tenu du temps que mettent les informations pour circuler de l'Europe vers l'Inde.

Il reprend du service actif en 1791 et accompagne Lord Cornwallis comme aide de camp lors de la Troisième guerre du Mysore puis retourne à Lucknow après la chute de Seringapatam. C'est pendant cette campagne, informé des évènements qui se déroulent en France, qu'il prend la décision de ne pas rentrer en Europe et de terminer sa vie en Inde, contrairement à ses amis Antoine-Louis Polier, qui sera assassiné à Avignon par des brigands en 1795, et Benoît de Boigne, qui se réfugie en Angleterre pendant la Révolution. En 1794, il se porte volontaire pour conduire la cavalerie du Nabab de l'Awadh contre les Rohillas révoltés, ce qui lui vaut sa dernière promotion de Major Général.

Suite à sa décision de ne pas rentrer en Europe, plutôt en Angleterre d'ailleurs où il avait décidé de passer sa retraite qu'en France, il utilise une partie de la fortune colossale, peut-être la plus importante amassée par un Européen en Inde, pour faire bâtir un palais, Constantia, d'après sa devise Labore et Constantia ; le palais, bien que largement achevé en 1795, ne sera pas complètement terminé à son décès.

Sentant sa santé se dégrader, il présente, le 1er janvier 1800, un testament à la signature où il prévoit l'utilisation de sa fortune après sa mort, en particulier la création de cinq écoles[1] (écoles La Martinière), deux à Lucknow et deux à Calcutta, une pour les garçons et une pour les filles, et enfin une dans sa ville natale de Lyon, écoles qui existent toujours, celle de Lucknow étant dans les murs de Constantia.

L'école La Martinière de Lyon sera très novatrice du point de vue pédagogique, inventant par exemple l'utilisation de l'ardoise, technique portant d'ailleurs le nom de méthode ou procédé La Martinière.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rosie Llewellyn-Jones, L'aventure d'un Lyonnais aux Indes, Claude Martin, Éditions LUDG, Lyon
  • Michel Faucheux, Auguste et Louis Lumière, Éditions Gallimard, collection Folio biographies.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. voir la rubrique sur le général-major Martin dans le dictionnaire Ferdinand Buisson : notice

Liens externes[modifier | modifier le code]