Chrysanthemum

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le genre Chrysanthemum. Pour les plantes à fleurs couramment appelées chrysanthèmes, voir Chrysanthème.

Chrysanthemum est un genre de plantes annuelles ou vivaces appartenant à la famille des Asteraceae, dont certaines espèces sont très cultivées comme plantes d'ornement. Ce genre, avec d'autres proches de lui, a subi plusieurs révisions taxinomiques.

Le terme de la langue commune « chrysanthème » recouvre comme terme générique, certaines espèces communes de l'ancienne classification qui rassemblait de nombreux genres, actuellement distingués. Cependant les chrysanthèmes cultivés, fleurissant les tombes à l'automne, restent du genre Chrysanthemum.

Étymologie :
Le terme chrysanthème est un emprunt[1] au latin impérial chrysanthemon, transcription du grec χρυσαν θεμον « id. », littéralement « fleur d'or ». Pitton de Tournefort créé le genre Chrysanthemum rassemblant des "plantes à fleurs radiées" (Éléments de botanique, 1694). Ce terme de Chrysanthemum a été repris par Linné pour désigner un genre[2] de plante, classé postérieurement dans la famille des Astéracées (Species Plantarum, 1753).

Histoire[modifier | modifier le code]

Les chrysanthèmes ont d'abord été cultivés en Chine vers le XVe siècle av. J.-C.[3]. Utilisé selon la légende à des fins médicinales (infusions à partir de racines bouillies contre les maux de tête) et alimentaires (jeunes pousses et pétales en salade), cete fleur alors jaune est un des Quatre gentilshommes dans l'art chinois. Le vin de chrysanthème y est absorbé rituellement lors de la Fête du double neuf. Au Japon où il est cultivé à partir du VIIIe siècle, le chrysanthème est l'emblème de l'empereur (« trône du chrysanthème » des Mikados)[4].

En France, les premiers chrysanthèmes sont introduits aux alentours de 1770. En 1789, le capitaine de vaisseau Pierre-Louis Blanquart, de Marseille, ramène d’un voyage en Chine trois variétés (blanche, violette et pourpre) d'un cultivar résistant aux froidures de l’hiver. Ce Chrysanthemum indicum s’acclimate vite et orne les jardins privés au XIXe siècle. Mais ce chrysanthème chinois ne possède que de petites fleurs. Le botaniste Robert Fortune introduit en Europe en 1862 et 1863 des variétés à grandes fleurs du Japon (C. striatum, rosea, alba, punctata). Les hybrides nés des variétés chinoises rayonnantes et des japonaises hirsutes donnent naissance aux chrysanthèmes des fleuristes qui connaissent alors un grand succès, notamment avec les chrysanthèmes d'automne consacrés au fleurissement des tombes, pour le jour des défunts[5].

Histoire de la nomenclature[modifier | modifier le code]

Le genre Chrysanthemum tel que Linné l'avait établi en 1735 contenait 14 espèces[6]. Dans la classification maintenant désuète de Linné, il était rattaché à la Syngénésie Polygamie superflue (Syngenesa Polygamia superflua). Dans la classification naturelle de Michel Adanson et des frères Jussieu, il est rattaché à la famille des Composées, créée par Giseke en 1792 (maintenant Asteraceae). Le genre Chrysanthemum avec pour espèce type Chrysanthemum coronarum, a beaucoup grossi au fur-et-à-mesure des découvertes et dans les années soixante, il contenait environ 200 espèces[7].

En 1961, le botaniste Russe Nikolai Tzvelev fit un reclassement devenu nécessaire du genre Chrysanthemum. En appliquant strictement les règles du Code international de nomenclature botanique, il aboutit à l'exclusion du genre Chrysanthemum de toutes les espèces sauf deux. Ceci eut pour conséquence, de classer les chrysanthèmes des fleuristes dans le genre Dendranthema.

La réponse des horticulteurs qui utilisent communément les termes vernaculaires se fera attendre pendant un quart de siècle. En 1995, un horticulteur travaillant en Angleterre, Piers Trehane réussit à faire restaurer l'ancien nom[7] (Taxon 44:439 1995). Il propose que l'espèce type de Chrysanthemum soit Chrysanthemum indicum L. plutôt que le choix malheureux de C. coronarum L. Ce qui permettra aux chrysanthèmes de la Toussaint de revenir dans le genre des Chrysanthemum mais en exclura C. coronarium et C. segetum qui prennent le genre Glebionis. Il est arrivé plusieurs fois que, sous la pression des fleuristes, le conservatisme naturel de la langue commune l'emporte sur les fluctuations de la terminologie scientifique[N 1], au gré des travaux et des colloques. Toutefois la satisfaction des marchands de fleurs, ne sera pas partagée par les amateurs de botanique, qui devront se résigner à désigner les superbes fleurs des montagnes corses « Chrysanthèmes couronnés » les Glebionis coronaria (ex Chrysanthemum coronarium), à défaut d'une francisation de Glebionis.

La taxonomie actuelle s'appuie sur les caractéristiques du développement du sac embryonnaire, l'anatomie de l'akène, le port de la plante, des marqueurs moléculaires et les caractéristiques phytochimiques[7].

Le chrysanthème des fleuristes qui fleurit en automne est formé par un énorme complexe d'hybrides développés depuis plusieurs siècles, d'abord en Chine et au Japon puis à partir du XVIIIe siècle en Europe, avant le reste du monde tempéré. L'espèce parente principale est le Chrysanthemum indicum avec d'autres ancêtres à la généalogie obscure[8]. Ce complexe est connu sous le nom de Chrysanthemum grandiflorum décrit par Broussonet en 1805.

Description[modifier | modifier le code]

Chrysanthemum indicum, 野菊 yeju, forme sauvage

Les Chrysanthemum sont des arbrisseaux ou des plantes herbacées. Les feuilles sont alternes, à marge dentée en scie ou parfois entière.

Les capitules radiés sont hétérogames (avec des fleurs de plusieurs formes sexuelles). Ils comportent des fleurs (ou fleurons) de deux types :
- les fleurs périphériques femelles sur une rangée (ou plusieurs pour les cultivars) dont le limbe de la corolle est en forme de languette (ligule ou lamelle). Cette ligule est jaune, blanche ou rouge.
- les fleurs du disque central, nombreuses, bisexuées, fertiles, avec une corolle tubulaire jaune, à 5 lobes.
À la base du capitule, l'involucre en forme de coupe est formé de 4 à 5 rangées de bractées (ou phyllaries) au bord scarieux (membraneux, translucide).

Le fruit est un akène, ne portant pas de pappus (aigrette, écailles)

Taxonomie[modifier | modifier le code]

Pour circonscrire le genre Chrysanthemum, il faut se placer au niveau taxonomique supérieur de la tribu des Anthemidae[9]. Elle comporte actuellement 111 genres et environ 1800 espèces. Cette tribu fut d'abord décrite en 1819 par Alexandre Cassini (1781-1832). Il la divisait en deux sous-tribus en fonction de la présence de paleae(bractée à la base d'un fleuron). La circonscription des Anthemideae resta relativement inchangée jusqu'à ce que J. Briquet montre (en 1916) l’intérêt d'utiliser l'anatomie de l'akène. Les dernières analyses phylogénétiques de Oberprieler et als[9]. (2009) sont basées sur l'étude des séquences ADN (gène chloroplastique ndhF, et marqueur ITS). En s'appuyant sur la distribution biogéographique, la reconstruction phylogénétique distingue : 1) un grade de l'hémisphère sud 2) un grade Asie - Afrique du sud 3) un grade Eurasien 4) un clade méditerranéen. Les Chrysanthemum se retrouvent dans le clade autour des Artemisia (sous-tribu des Artemisiinae) du deuxième grade Asie - Afrique du sud. Les Glebionis Cass. et Argyranthemum Webb font partie de la sous-tribu des Glebionidinae du clade méditerranéen. Depuis que Chrysanthemum a pris pour type C. indicum, les deux espèces méditerranéennes C. coronarium (le chrysanthème couronné) et C. segetum (le chrysanthème des moissons) sont maintenant traités comme des membres de Glebionis Spach.

Clé d'orientation[10] :
1a pappus écailleux présent

2a capitules groupés en panicules, involucres de 2-7 mm diam.......Achillea
2b capitules solitaires, longuement pédonculés; involucres de 7-15 mm diam.; princip. cultivé comme ornementales .....Anthemis

1b pappus écailleux absent

4a. akène ailé, fleurons périphériques jaunes .............Glebionis
4b. akène non ailé, fleurons périphériques blancs ou roses, parfois jaunes
5a. akène avec des côtes projetées à l'apex .........Leucanthemum
5b. akène avec des côtes non projetées à l'apex
6a. herbacée pérenne ou sous-arbrisseau, akène térète, 5-8 côtes...Chrysanthemum
6b. annuelle, akène compressé, 3-5 côtes....................................Matricaria

Liste des espèces d'après GRIN[modifier | modifier le code]

Toutes les espèces acceptées par GRIN[11] sont originaires d'Asie Orientale sauf C. mawii venant de l'Atlas marocain.

Liste d'espèces retirées du genre après révision taxinomique[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. autre exemple, les pétunias horticoles anciennement du genre Petunia devinrent des Stimoryne en 1985, puis par changement d'espèce type retournèrent au genre Petunia en 1994

Références[modifier | modifier le code]

  1. CNRTL
  2. BHL
  3. History of the Chrysanthemum., National Chrysanthemum Society, USA
  4. Léon Anlen, Roger Padiou, Les Miroirs de bronze anciens : Symbolisme & tradition, G. Trédaniel,‎ 1989, p. 90
  5. Michel Cointat, Histoires de fleurs. Les jolies fleurs du jardin, Editions L'Harmattan,‎ 2002 (lire en ligne), p. 30-32
  6. BHL
  7. a, b et c (en) Neil O. Anderson, Flower Breeding and Genetics: Issues, Challenges and Opportunities for the 21st Century, Springer-Verlag New York Inc.,‎ 2007-10-04, illustrated edition éd. (ISBN 1402065698)
  8. Référence Flora of China : Chrysanthemum L. (en)
  9. a et b chap. 38 de (en) Funk et al (ed.), Systematics, Evolution, and Biogeography of Compositae, IAPT,‎ 2009 (ISBN 3950175431)
  10. Lin Yourun dans (en) Flora of China Editorial Committee et Peter H. Raven, Wu Zhengyi(éditeur), Hong Deyuan (éditeur), Flora of China, Text Volume 20-21, Asteraceae, Science Press (Beijing) and MBG Press,‎ 2011-12-09 (ISBN 1935641077)
  11. GRIN

Liens externes[modifier | modifier le code]

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