Château de Pymont (Jura)

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Château de Pymont
Période ou style Médiéval
Type Château fort
Début construction vers 1250
Propriétaire initial Vienne
Destination actuelle Ruines
Protection  Inscrit MH (1994)
Coordonnées 46° 41′ 19″ N 5° 32′ 39″ E / 46.6886, 5.5442 ()46° 41′ 19″ Nord 5° 32′ 39″ Est / 46.6886, 5.5442 ()  [1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Comté de Bourgogne
Région Franche-Comté
Département Jura
Commune Villeneuve-sous-Pymont

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Pymont

Le château de Pymont est un château médiéval situé sur la commune de Villeneuve-sous-Pymont dans le Département du Jura, à 2-3 km au nord de Lons-le-Saunier. Il n'en reste plus que des ruines peu visibles et non accessibles au public. Il fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le [2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Construction[modifier | modifier le code]

Le château de Pymont a été construit au milieu du XIIIe siècle par la famille des Vienne, sa première mention date de 1237 mais apparemment elle serait de 1256.

Le château est implanté sur une butte en avant du premier plateau jurassien ; il couvre une superficie de 5 000 m², dont 2 800 protégés par un rempart. Il est l'un des trois châteaux protégeant la cuvette de Lons-le-Saunier avec ceux de Montmorot et de Montaigu et la domine d'une bonne centaine de mètres.

La construction nécessita beaucoup de main-d'œuvre, composée de tailleurs de pierres, carriers, maçons, maîtres-d'œuvre, charpentiers, tuiliers, forgerons... tous venant de la population avoisinante. Il fallut des manouvriers pour transporter le bois, le couper... Un tel déploiement d'énergie donna des sorties pécuniaires difficilement chiffrables que seule une grande famille comme les Vienne pouvait permettre. Un tel château coûta cher ce qui expliqua l'accord passé entre les Vienne et les Chalon en octobre 1253, pour s'interdire de construire un nouveau château dans le val de Lons.

XIVe-XVe siècles[modifier | modifier le code]

Le château de Pymont fut gouverné par les Vienne jusqu'en 1369 où Marguerite de Vienne le cède à Hugues de Chalon.

En 1295, les barons comtois se révoltent contre Philippe le Bel et se soumettent en 1301. En 1340, Philippe de Vienne est excommunié pour fausse monnaie. La peste noire touche le château de Pymont en 1349. Lors du passage des grandes compagnie en Franche-Comté, l'une d'elles prend le château en 1369 sous le commandement de Jacques Huet en attaquant la garnison par surprise ; le château est repris peu de temps après. En 1400, il est vendu à Jacques de Vienne. Claude du Pin est seigneur de Pymont en 1464, c'est le dernier connu.

Architecture[modifier | modifier le code]

Château[modifier | modifier le code]

Au sud du château se trouvait une enceinte grossièrement rectangulaire qui abritait la basse-cour où se trouvaient la garnison et la population qui se réfugiait dans le castel en cas d'attaque. Cette muraille est flanquée d'une tour circulaire et est protégé par un fossé sec, appelé "fossé à dos-d'âne". Au nord se trouvait le donjon, défendu par une seconde enceinte, la chemise qui ferme l'espace réservé au seigneur et à ses proches par un pont-levis. On pouvait accéder à la cour seigneuriale par une poterne à deux arbalètes. Une citerne située au pied du donjon permettait de régler les problèmes d'eau potable. Au nord et à l'est du donjon se trouvaient un verger et un jardin accolé au système fortifié.

L'enceinte de la basse-cour épouse le premier escarpement rocheux. Le donjon est sur le point le plus élevé, il était construit sur le rocher pour en assurer la solidité.

Pour la chemise et le mur d'enceinte, on s'est souvent contenté d'une simple remise à niveau par un calage sommaire. Ce manque de soin apporté à l'édification de l'enceinte s'explique par la hauteur imposante du rocher qui empêchait tout travail de sape, les attaquants ne pouvaient ni abattre, ni dérochier. Le donjon et la tour d'angle étaient distants d'une portée de flèche et étaient disposés sur le versant est, le plus vulnérable en cas d'attaque.

Intérieur[modifier | modifier le code]

À Pymont, les sols de certaines salles sont composées de carreaux de terre cuite vernissées ou non. Ils reposent généralement sur un sol constitué de couches alternées de terre, de sable ou de chaux. Les carreaux en terre cuite non vernis sont disposés parallèlement aux murs de la pièce. Les pavements ornés ont leur éléments disposés diagonalement. Les carreaux à décor végétal sont groupés par 4, ou multiple de 4, et forment de splendides rosaces bicolores. Les carreaux simples courent le long des murs ou encadrent les rosaces.

La toiture du donjon a dû être d'abord réalisée en bois, puis en tuiles. Ici, l'utilisation des tuiles vernissées remontrerait au deuxième quart du XIVe siècle.

Vie quotidienne[modifier | modifier le code]

Artisanat[modifier | modifier le code]

On effectuait à Pymont plusieurs types d'artisanats : la métallurgie et la tabletterie.

On utilisait souvent pour la tabletterie du bois de cerf, présentant une qualité de résistance exceptionnelle. Les hommes affectés à la garde du château travaillaient les ramures de mues et trophées de chasse pour tromper leur ennuie. Les ratés de fabrication étaient utilisés comme pièces de jeux (dés à jouer et jetons de jeu de tables), manches de couteaux ou d'outils, noix d'arbalètes... On a découvert que cet artisanat de l'os persista au XIVe siècle.

À l'ouest du donjon, un atelier de métallurgie travaillait à la fois le fer, le cuivre et le plomb. On a retrouvé dans ce secteur divers objets destinés à travailler le bois, le fer, l'os ou le cuir. Cela montre que le forgeron de Pymont est un mécanicien de château prêt à répondre aux besoins immédiats, agissant aussi bien réparateur que façonneur.

Le bronzier recycle les fragments et objets en alliages cuivreux. Ce bronzier s'est-il livré à des actes de faux-monnayage ? Les deux excommunications de 1340 et de 1363 ont frappé Philippe de Vienne pour fausse-monnaie.

Garde du château[modifier | modifier le code]

Comme les autres châteaux, le château de Pymont avait une garde permanente de jour comme de nuit. L'utilisation de cornes permettait aux châteaux du bassin lédonien de donner l'alarme en cas d'attaque et permettre à la population de se réfugier dans les châteaux, mais également de communiquer entre les châteaux du Revermont.

Nourriture[modifier | modifier le code]

On utilisait pour la chasse des billes en terre cuite glaçurée ou en plomb, on traquait le cerf, le chevreuil et le sanglier. Mais le produit de la chasse ne représente que 5 % de la nourriture de Pymont. La pêche avait aussi une part importante dans l'alimentation, on pêchait des carpes, des perches et d'autres poissons.

On a trouvé des céramiques, du verre et des restes d'animaux qui ont permis de déterminer l'alimentation des habitants de Pymont. On consommait principalement des animaux domestiques comme le bœuf ou le porc, d'après les restes retrouvés, les seigneurs de Pymont préfèraient la viande tendre des porcelets et des agneaux. Il y avait aussi le coq, l'oie et le paon. Ce sont les lièvres et les cerfs qui étaient le plus consommés pour le gibier. La chasse aux nuisibles a été pratiquée : renards, pies, putois, fouines...

Une activité viticole était pratiquée aux abords de Pymont.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Pierre Dubois et Philippe Aubert, La Forteresse oubliée, livre édité par le Centre Jurassien du Patrimoine, 1993.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Clavel, Pratiques alimentaires dans deux demeures seigneuriales (Pymont et l'Aigle) de la région de Lons-le-Saunier, mémoires de maîtrise présentés à Paris I, 1990.
  • Jean-Claude Jeanjacquot, Pymont, la forteresse oubliée (XIII-XIVe siècle). Entre les Vienne et les Chalon, Catalogue d'exposition du Musée d'archéologie de Lons-le-Saunier, 1993.
  • Redon, Sabban, Serventi, La gastronomie au Moyen Âge. 150 recettes de France et d'Italie, 1991.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]