Lento

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42° 31′ 22″ N 9° 16′ 57″ E / 42.5227777778, 9.2825

Lento
Vue de Lento
Vue de Lento
Administration
Pays France
Région Corse
Département Haute-Corse
Arrondissement Bastia
Canton Alto-di-Casacconi
Code commune 2B140
Code postal 20252
Maire
Mandat en cours
Adam Orsini
2008-2014
Intercommunalité sans
Démographie
Population 116 hab. (2009)
Densité 4,9 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 31′ 22″ Nord
       9° 16′ 57″ Est
/ 42.5227777778, 9.2825
Altitudes mini. 131 m — maxi. 1469 m
Superficie 23,72 km2

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Lento (Lentu en langue corse) est une commune française située dans le département de la Haute-Corse et la collectivité territoriale de Corse.

Sommaire

[modifier] Géographie

Lento se situe dans un territoire appelé jadis les Costere devenus ensuite la piève de Bigornu. Celle-ci comprenait les villages de Bigorno, Lento, Campitello, Volpajola et Scolca.

Depuis 1976, Lento appartient au canton de l'Alto-di-Casacconi qui regroupe 13 communes : Bigorno, Campile, Campitello le chef-lieu, Canavaggia, Crocicchia, Lento, Monte, Olmo, Ortiporio, Penta Acquatella, Prunelli di Casacconi, Scolca et Volpajola.

Vue panoramique de Lento

[modifier] Relief

Lento fait partie de l'en « deça des monts » (Cismonte en langue corse) ou Corse schisteuse au nord-est de l'île par opposition au « delà des monts » (Pumonte) ou Corse granitique au sud-ouest. La commune se trouve dans le prolongement de l'arête schisteuse du Cap Corse qui se poursuit au delà du Golo, avec le massif du San Petrone et se termine au sud de la Castagniccia.
Son territoire s'étend au sud du massif de Tenda, sur la rive gauche du Golo jusqu'à une crête dont les plus hauts sommets sur la commune sont le Monte Reghja di Pozzo (1 469 m) et le Monte Sant'Anghjulu (1 389 m).

Au sud-est, le Golo traverse le territoire communal qu'il sépare de celui de Bisinchi. L'extrémité méridionale de la commune est longée par le ruisseau de Navetta[Note 1], affluent du Golo.

Le principal ruisseau de la commune est le ruisseau de Pidocchiosa qui alimente le ruisseau de Sanguinelli[1], affluent du Golo.

Le tapis végétal est composé majoritairement de chênes verts et d'un haut maquis dense, depuis le fleuve jusqu'à l'étage des 600 m. Au delà de cette limite, la végétation arborescente, qui se résume en quelques châtaigniers et bosquets de chêne, laisse place à des prairies rases et sèches dès l'été venu. Sur les hauteurs, la pierre schisteuse lustrée, est à nu.

[modifier] Habitat

Les gens vivent groupés au village bâti à plus de 600 m autour de son église Sainte Marie Madeleine restaurée, au pied du Monte Maggiore (Monte Maiò - 1 101 m) et du Monte Tasso (Monte Tassu - 1 372 m). De nos jours, les maisons pour la plupart crépies, ont presque toutes perdu leur toit en lauze pour des couvertures de tuiles rouges.

[modifier] Accès

Le village est desservi par la D5, partie de la route corniche des Costiere qui traverse tous les villages en surplomb du Golo sur sa rive gauche.
Reliant les deux métropoles de Corse que sont Ajaccio et Bastia, la RN 193 longe le Golo durant la traversée de la commune.

Il en est de même pour la voie ferrée de la CFC. Toutefois il n'y a pas d'arrêts, les gares les plus proches étant à Barchetta (Volpajola et à Ponte Novu (Castello-di-Rostino).

[modifier] Communes limitrophes

Rose des vents Piève Piève Piève
Bigorno
Rose des vents
Pietralba N Bigorno
O    Lento    E
S
Canavaggia Canavaggia, Castello-di-Rostino Bisinchi

[modifier] Histoire

Lento est surtout connu pour avoir été le site du campement de l'armée française lors de la bataille de Ponte Novu (1769) qui a marqué le début de l'entrée de la Corse dans le royaume de France.

[modifier] Antiquité

  • -271 - Après s'être emparé de la Sicile, Carthage occupe la Sardaigne et la Corse.
  • -259 - Alalia est libérée par Rome. Carthage l'avait annexée en -280 contrairement aux accords de -508 (la Corse ouverte à tous). Mais très vite, Rome fait comprendre qu'il lui faut du blé, des esclaves et des mercenaires… Les Corses traités en vaincus et non en "libérés" s'insurgent et malgré quelques aides puniques ne peuvent que se faire massacrer : les deux tiers des Corses sont tués en un siècle !
  • -111, Rome pacidie la Corse exsangue et usurpe maints domaines, chassant les Vanacini de la plaine d'Orto, au sud de Mantinum (Bastia). A cette époque Rome crée de nombreuses localités : Mariana, Mercuri (Luri), Vicus Aureglianus (Rogliano), Tamarone, Minervio, Conchiglio, Nuntia (Nonza)… et organise l'île en environ 200 pièves. Vignes et blés remplacent maintes forêts[2].

[modifier] Moyen Âge

Au IXe siècle une lente et anarchique reconquête sur les Maures et leur roi Ferrandino est entreprise par Ugo Colonna, patricien romain nommé comte de Corse par le Pape. La féodalité apparaît vers 860. Amondo Nasica l'un des compagnons "mayençais" surnommés "les français" car venus du royaume franc d'Austrasie, aide Ugo Colonna dans sa tâche. Il fonde la souche des Amondaschi seigneurs de Supietra-Omessa, puis Serravalle, Ferlaggia. Les Amondaschi dominaient un vaste territoire de l'île comprenant Casacconi, Rustinu, Giovellina, Niolu, Talcini, Venaco, Casinca, Marana et Costiere.

Les Costiere, qui comprenait la communauté de Lento, étaient une pieve s'étalant entre une ligne de crête partant de Monte Reghia di Pozzo (1 469 m) jusqu'à Pointe d'Evoli (1 151 m), et le lit du Golo, depuis la basse vallée de l'Asco à l'ouest jusqu'à Vignale à l'est.

Au XIIe siècle, les Costiere ainsi que l'Orto et la Marana, sont administrées avec l'aide de Pise par les de Bagnaria, une puissante famille enrichie dans le commerce (vins, bois, poissons de Chiurlino) qui avaient promus seigneurs en 1130.

[modifier] Temps modernes

Extrait de la carte militaire concernant le secteur du Tenda en 1768

Lento faisait partie de la pieve de Bigornu qui, vers 1520, avait pour lieux habités : Lento, lo Pogio, la Ficagiola, San Marcello, le Tegie, Campitello, lo Panicale, lo Bagnolo, la Volpajola, lo Carcheto, l’Erbagio, la Scolca.

En 1564, dans une bataille contre les troupes françaises du général général De Thermes ayant sous ses ordres des officiers corses dont le colonel général du régiment royal corse Sampiero d'Ornano dit Sampiero Corso, le général génois Negri fut blessé. Réfugié dans l'église de l'Annonciation à Volpajola, il y fut achevé d'une balle par un volontaire corse.

En 1565 s'en suivit une expédition punitive, dirigée par Étienne Doria le nouveau gouverneur nommé par Gênes. Celui-ci saccagea et brûla une partie de la piève de Bigornu dont les villages de Volpajola et de Lento.

Au XVIIIe siècle la pieve qui a pour nom Bigornu, sera renommée pieve des Costere (Custera ou Costiere) lorsque la Corse passe sous administration française en 1769.

Le 7 mai 1769, au lendemain de la reddition de la piève de Bigornu, le Comte de Vaux qui commandait le corps expéditionnaire français envoyé par Choiseul pour mater la rébellion et soumettre la Nation corse à l'obéissance, investit le village et y établit son quartier général. Ses troupes s'installent sur la commune, à la chapelle San Cipriano et à la chapelle San Cervone, avant de livrer combat et remporter la bataille de Ponte Novu le 8 mai 1769.

[modifier] Époque contemporaine

Au XXe siècle, Lento a fourni plusieurs officiers à l'armée coloniale.

En 1954, le canton de Campitello était composé avec les communes de Bigorno, Campitello, Canavaggia, Lento, Scolca et Volpajola. Lento comptait alors 512 habitants.

Depuis 1976, Lento appartient au canton de l'Alto-di-Casacconi qui regroupe 13 communes : Bigorno, Campile, Campitello le chef-lieu, Canavaggia, Crocicchia, Lento, Monte, Olmo, Ortiporio, Penta Acquatella, Prunelli di Casacconi, Scolca et Volpajola.

[modifier] Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 2008 Adam Orsini . .
mars 2008 . Adam Orsini . .
Toutes les données ne sont pas encore connues.

[modifier] Démographie

Évolution démographique
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2009
105 156 143 162 76 91 116 116
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes

[modifier] Lieux et monuments

  • L'église Sainte Marie Madeleine, récemment restaurée.
  • Chapelle San Cipriano
  • Chapelle San Cervone
  • Le Monument-aux-Morts

[modifier] Personnalités liées à la commune

  • François-Antoine Gaffori, dit Gafforiu, fils de Jean-Pierre (Corte 1744-1796). Capitaine des milices de Pascal Paoli (1744), il fit partie du Conseil suprême de la Nation corse (1767) et participa à la bataille de Borgo (1768). En 1769, chargé de la défense de Lentu, il laissa passer les Français. Il en fut récompensé avec les galons de major dans la Légion corse du marquis d’Arcambal (1773) puis ceux de colonel à la tête du Régiment provincial (1777). En 1774 il avait participé à la fameuse répression du Niolu. En 1778, il était général de brigade. Opposé à la Révolution française, il émigre en Italie sous la Convention, et, rappelé par Sir Gilbert Elliot, rentre en Corse à l’époque du gouvernement anglo-corse pour mourir l’année suivante[3].
  • Paul-Mathieu Novellini (Lentu 1831 - Aiacciu 1921). Peintre.

[modifier] Voir aussi

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[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

[modifier] Notes et références

[modifier] Notes

  1. Le ruisseau de Navetta prend sa source sur Canavaggia où il porte le nom de ruisseau de Canavaggia

[modifier] Références

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