Lento

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Lento
Lentu (co)
Vue de Lento
Vue de Lento
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Corse
Département Haute-Corse
Arrondissement Corte
Canton Alto-di-Casacconi
Intercommunalité Communauté de communes de Marana-Golo
Maire
Mandat
Adam Orsini
2008-2014
Code postal 20252
Code commune 2B140
Démographie
Gentilé Lentois
Lentinchi (co)
Population
municipale
116 hab. (2011)
Densité 4,9 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 31′ 22″ N 9° 16′ 57″ E / 42.5227777778, 9.2825 ()42° 31′ 22″ Nord 9° 16′ 57″ Est / 42.5227777778, 9.2825 ()  
Altitude 550 m (min. : 131 m) (max. : 1 469 m)
Superficie 23,72 km2
Localisation

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Lento (en corse Lentu, prononcé [ˈlɛ̃ːŋ.tu]) est une commune française située dans le département de la Haute-Corse et la collectivité territoriale de Corse. Le village appartient à la microrégion de la Custera.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Lento se situe dans un territoire appelé jadis les Costiere devenus ensuite la piève de Bigornu. Celle-ci qui couvre la rive gauche de la basse vallée du Golo, comprenait les habitats de Bigorno, Lento, Campitello, Volpajola et Scolca.

Depuis 1976, Lento appartient au canton de l'Alto-di-Casacconi qui regroupe 13 communes : Bigorno, Campile, Campitello le chef-lieu, Canavaggia, Crocicchia, Lento, Monte, Olmo, Ortiporio, Penta Acquatella, Prunelli di Casacconi, Scolca et Volpajola.

Vue panoramique de Lento

Relief[modifier | modifier le code]

Lento fait partie de l'en « deçà des monts » (Cismonte en langue corse) ou Corse schisteuse au nord-est de l'île par opposition au « delà des monts » (Pumonte) ou Corse granitique au sud-ouest. La commune se trouve dans le prolongement de l'arête schisteuse du Cap Corse qui se poursuit au delà du Golo, avec le massif du San Petrone et se termine au sud de la Castagniccia.

Son territoire s'étend au sud du massif de Tenda, sur la rive gauche du Golo jusqu'à une crête dont les plus hauts sommets sur la commune sont le Monte Reghja di Pozzo (1 469 m) et le Monte Sant'Anghjulu (1 389 m).

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Au sud-est, le Golo traverse le territoire communal qu'il sépare de celui de Bisinchi. L'extrémité méridionale de la commune est longée par le ruisseau de Navetta[Note 1], affluent du Golo.

Le principal ruisseau de la commune est le ruisseau de Pidocchiosa qui alimente le ruisseau de Sanguinelli[1], affluent du Golo.

Climat et végétation[modifier | modifier le code]

Le tapis végétal est composé majoritairement de chênes verts et d'un haut maquis dense, depuis le fleuve jusqu'à l'étage des 600 m. Au delà de cette limite, la végétation arborescente, qui se résume en quelques châtaigniers et bosquets de chêne, laisse place à des prairies rases et sèches dès l'été venu. Sur les hauteurs, la pierre schisteuse lustrée est à nu.

Voies de communication et transport[modifier | modifier le code]

Accès routiers[modifier | modifier le code]

Le village est desservi par la D5, partie de la route corniche des Costiere qui traverse tous les villages en surplomb du Golo sur sa rive gauche.

Reliant les deux métropoles de Corse que sont Ajaccio et Bastia, la RN 193 longe le Golo durant la traversée de la commune.

Transports[modifier | modifier le code]

La voie ferrée de la CFC longe également le Golo durant la traversée de la commune. Toutefois il n'y a pas d'arrêts, les gares les plus proches étant à Barchetta (Volpajola et à Ponte Novu (Castello-di-Rostino).

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Piève Piève Piève
Bigorno
Rose des vents
Pietralba N Bigorno
O    Lento    E
S
Canavaggia Canavaggia, Castello-di-Rostino Bisinchi

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Les gens vivent groupés au village bâti à plus de 600 m autour de son église Sainte-Marie-Madeleine restaurée, au pied du Monte Maggiore (Monte Maiò - 1 101 m) et du Monte Tasso (Monte Tassu - 1 372 m). De nos jours, les maisons pour la plupart crépies, ont presque toutes perdu leur toit en lauze pour des couvertures de tuiles rouges.

Histoire[modifier | modifier le code]

Lento est surtout connu pour avoir été le site du campement de l'armée française lors de la bataille de Ponte Novu (1769) qui a marqué le début de l'entrée de la Corse dans le royaume de France.

Antiquité[modifier | modifier le code]

  • -271 - Après s'être emparé de la Sicile, Carthage occupe la Sardaigne et la Corse.
  • -259 - Alalia est libérée par Rome. Carthage l'avait annexée en -280 contrairement aux accords de -508 (la Corse ouverte à tous). Mais très vite, Rome fait comprendre qu'il lui faut du blé, des esclaves et des mercenaires… Les Corses traités en vaincus et non en "libérés" s'insurgent et malgré quelques aides puniques ne peuvent que se faire massacrer : les deux tiers des Corses sont tués en un siècle !
  • -111, Rome pacifie la Corse exsangue et usurpe maints domaines, chassant les Vanacini de la plaine d'Orto, au sud de Mantinum (Bastia). À cette époque Rome crée de nombreuses localités : Mariana, Mercuri (Luri), Vicus Aureglianus (Rogliano), Tamarone, Minervio, Conchiglio, Nuntia (Nonza)… et organise l'île en environ 200 pièves. Vignes et blés remplacent maintes forêts[2].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Au IXe siècle une lente et anarchique reconquête sur les Maures et leur roi Ferrandino est entreprise par Ugo Colonna, patricien romain nommé comte de Corse par le Pape. La féodalité apparaît vers 860. Amondo Nasica l'un des compagnons "mayençais" surnommés "les Français" car venus du royaume franc d'Austrasie, aide Ugo Colonna dans sa tâche. Il fonde la souche des Amondaschi seigneurs de Supietra-Omessa, puis Serravalle, Ferlaggia. Les Amondaschi dominaient un vaste territoire de l'île comprenant Casacconi, Rustinu, Giovellina, Niolu, Talcini, Venaco, Casinca, Marana et Costiere.

Les Costere, qui comprenait la communauté de Lento, étaient une pieve s'étalant entre une ligne de crête partant de Monte Reghia di Pozzo (1 469 m) jusqu'à Pointe d'Evoli (1 151 m), et le lit du Golo, depuis la basse vallée de l'Asco à l'ouest jusqu'à Vignale à l'est.

Au XIIe siècle, les Costiere ainsi que l'Orto et la Marana, sont administrées avec l'aide de Pise par les de Bagnaria, une puissante famille enrichie dans le commerce (vins, bois, poissons de Chiurlino) qui les avaient promus seigneurs en 1130.

Entre le 28 juillet et le 5 août 1289 sont désignés les gonfaloniers de plusieurs pièves. Brunum de Casseta est celui de la piève de Bigorno et de Biguglia.

« Ces magistrats, désignés par l'autorité génoise, devaient donc être des responsables politiques de la communauté, voire des responsables militaires. Néanmoins, à notre connaissance, en Corse, la piève n'est famais appelée iudicaria. »

— Daniel Istria - Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse : du XIe siècle au XIVe siècle

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Extrait de la carte militaire concernant le secteur du Tenda en 1768

Lento faisait partie de la pieve de Bigornu qui, vers 1520, avait pour lieux habités : Lento, lo Pogio, la Ficagiola, San Marcello, le Tegie, Campitello, lo Panicale, lo Bagnolo, la Volpajola, lo Carcheto, l’Erbagio, la Scolca.

En 1564, dans une bataille contre les troupes françaises du général général De Thermes ayant sous ses ordres des officiers corses dont le colonel général du régiment royal corse Sampiero d'Ornano dit Sampiero Corso, le général génois Negri fut blessé. Réfugié dans l'église de l'Annonciation à Volpajola, il y fut achevé d'une balle par un volontaire corse.

En 1565 s'ensuivit une expédition punitive, dirigée par Étienne Doria le nouveau gouverneur nommé par Gênes. Celui-ci saccagea et brûla une partie de la piève de Bigornu dont les villages de Volpajola et de Lento.

Au XVIIIe siècle la pieve qui a pour nom Bigornu, sera renommée pieve des Costere (Custera ou Costiere) lorsque la Corse passe sous administration française en 1769.

Le 7 mai 1769, au lendemain de la reddition de la piève de Bigornu, le Comte de Vaux qui commandait le corps expéditionnaire français envoyé par Choiseul pour mater la rébellion et soumettre la Nation corse à l'obéissance, investit le village et y établit son quartier général. Ses troupes s'installent sur la commune, à la chapelle San Cipriano et à la chapelle San Cervone, avant de livrer combat et remporter la bataille de Ponte Novu le 8 mai 1769.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Au XXe siècle, Lento a fourni plusieurs officiers à l'armée coloniale.

En 1954, le canton de Campitello était composé avec les communes de Bigorno, Campitello, Canavaggia, Lento, Scolca et Volpajola. Lento comptait alors 512 habitants.

Depuis 1976, Lento appartient au canton de l'Alto-di-Casacconi qui regroupe 13 communes : Bigorno, Campile, Campitello le chef-lieu, Canavaggia, Crocicchia, Lento, Monte, Olmo, Ortiporio, Penta Acquatella, Prunelli di Casacconi, Scolca et Volpajola.

Administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 2008 Adam Orsini . .
mars 2008 . Adam Orsini . .
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 116 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1800. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 2],[Note 3].

           Évolution de la population  [modifier]
1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
475 519 417 424 550 552 540 560 565
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
540 538 521 573 472 565 531 557 544
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
529 557 534 539 528 508 503 512 207
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 - -
156 143 162 76 91 116 116 - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4])
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • L'église Sainte-Marie-Madeleine, récemment restaurée.
  • Chapelle San Cipriano
  • Chapelle San Cervone
  • Le Monument aux Morts

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • François-Antoine Gaffori, dit Gafforiu, fils de Jean-Pierre (Corte 1744-1796). Capitaine des milices de Pascal Paoli (1744), il fit partie du Conseil suprême de la Nation corse (1767) et participa à la bataille de Borgo (1768). En 1769, chargé de la défense de Lentu, il laissa passer les Français. Il en fut récompensé avec les galons de major dans la Légion corse du marquis d’Arcambal (1773) puis ceux de colonel à la tête du Régiment provincial (1777). En 1774 il avait participé à la fameuse répression du Niolu. En 1778, il était général de brigade. Opposé à la Révolution française, il émigre en Italie sous la Convention, et, rappelé par Sir Gilbert Elliot, rentre en Corse à l’époque du gouvernement anglo-corse pour mourir l’année suivante[5].
  • Paul-Mathieu Novellini (Lentu 1831 - Aiacciu 1921). Peintre.
  • Marie Ferranti (née en 1959 à Lento, sous le nom de Marie-Dominique Mariotti). Écrivain français, elle vit et écrit à Saint-Florent.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le ruisseau de Navetta prend sa source sur Canavaggia où il porte le nom de ruisseau de Canavaggia
  2. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  3. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau de Sanguinelli (Y7200620) » (consulté le 13 mai 2012)
  2. Alerius Tardy in Fascinant Cap Corse Bastia-Toga 1994
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  5. Éléments pour un dictionnaire des noms propres Corse A-D. Monti ADECEC