Bagne de Poulo Condor

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Localisation du bagne

Le bagne de Poulo Condor était un bagne installé sur l'île de Poulo Condor (désormais Côn Sơn), faisant partie de l'archipel de Côn Đảo, situé à 230 km au sud de Hô-Chi-Minh-Ville dans la mer de Chine méridionale. Son nom dérive du malais Pu Lao Kundur qui signifie « l'île aux courges »[1].

Le bagne était un lieu de bannissement utilisé par le pouvoir annamite avant la colonisation française. Il fut réutilisé par les Français dès 1862, après le traité de Saïgon et est resté en activité jusqu’en 1975[2]. Certains prisonniers y étaient enfermés dans des « cages à tigre », ce qui les a rendu paraplégiques, ayant perdu l'usage des membres inférieurs après des années en position accroupie, sans pouvoir se lever et utiliser leurs jambes[3].

De nombreux opposant à la colonisation y furent emprisonnés, et notamment des membres du Việt Minh, comme Pham Van Dong, Le Duc Tho et l'épouse de Võ Nguyên Giáp qui rend le régime colonial responsable du décès de sa première épouse morte en prison en 1941 et du décès de sa belle-sœur guillotinée pour nationalisme à Saïgon par l’administration coloniale française.

Comme nombre de futurs dirigeants vietnamiens, Pham Van Dong connut les prisons coloniales françaises d'Indochine, où il passa sept ans de 1929 à 1936, avec l'arrivée du Front populaire en France. À sa libération, il reprit ses activités révolutionnaires. Ces prisons et ce bagne ont transformé des nationalistes en communistes. Sous le régime colonial français, les forçats ont servi de main d'œuvre d'esclaves "annamites" répartis dans d'autres colonies françaises, comme la Nouvelle-Calédonie[4]. Le film Indochine mentionne cet aspect ainsi que le roman Un barrage contre le Pacifique de Marguerite Duras. Cette main d'œuvre d'esclaves « annamites » constitue une partie du « Procès de la colonisation française » publié par le proscrit Nguyễn Ái Quốc (futur président Hồ Chí Minh) dans le journal Le Paria en 1925.

Ce bagne est resté opérationnel pendant toute la durée de la guerre d'Indochine. En 1955, il a été transformé en "centre de rééducation" par la République du Viêt Nam (1955-1975) pour enfermer les opposants du Front national de libération du Sud Viêt Nam (Viet Cong), pendant la guerre du Viêt Nam.

Aujourd'hui, il est prévu d'ouvrir un lieu à la mémoire de l'indépendance et de l'unité du Viêtnam dans les anciens bâtiments du bagne[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Poulo Condor : Sous ces grilles, des hommes en cage »
  2. Vietnam : Retour à Poulo Condore, l'île du bagne
  3. L'ASEAN de A à Z:Histoire, Géopolitique, Concepts, Personnages par Kham Vorapheth (2012) aperçu disponible sur Google Livres
  4. Les Forçats de Nouméa.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Riz noir, un roman d'Anna Moï consacré à deux jeunes femmes internées à Poulo Condor.
  • Jean-Claude Demariaux, Les Secrets des îles Poulo-Condore : Le grand bagne indochinois, J. Peyronnet, 1956, 287 p.
  • Maurice Demariaux (fils du précédent), Poulo Condore, archipel du Vietnam, L'Harmattan, 1999.

Article connexe[modifier | modifier le code]