Audioprothèse
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L'audioprothèse, appelée familièrement « appareil auditif », a remplacé le sonotone à entonnoir, elle a pour objectif de compenser une perte auditive par un appareillage adéquat.
L'appareillage comprend : le choix, l'adaptation, la délivrance, le contrôle d'efficacité immédiate et permanente de la prothèse auditive et l'éducation prothétique du déficient de l'ouïe appareillé. En France, la délivrance de chaque appareil est soumise à la prescription médicale obligatoire.
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Apprentissage [modifier]
Pour les surdités sévères et brutales, notamment pour les personnes, déjà totalement sourdes d'une oreille, comme après la pose d'un implant cochléaire, un apprentissage et un suivi sont nécessaires, le cerveau demande une période d'adaptation pour réapprendre les sons, les progrès peuvent être importants durant plusieurs années.
Il faut optimiser les réglages avec l'audioprothésiste, faire travailler au maximum la suppléance mentale avec l'aide d'un orthophoniste qui vous enseignera aussi la lecture labiale, si on est motivé, les progrès peuvent être très importants, ainsi pour les cas les plus critiques, l'implant cochléaire peut être évité .
Tous ces efforts de concentration et de suppléance mentale, pour les cas les plus lourds, peuvent engendrer une grosse dépense d'énergie et beaucoup de fatigue. Tous n'ont pas cette volonté et ont tendance à moins communiquer, à se replier sur eux-mêmes et aller jusqu'à la dépression.
Il peut falloir de longs mois pour pouvoir à nouveau téléphoner, mais les progrès, notamment grâce à la suppléance mentale, peuvent être extraordinaires.
Modèles [modifier]
On distingue quatre modèles types : l'intra-auriculaire (CIC), l'intra-conque (ITC), le mini-contour (open-BTE) et le contour d'oreille (BTE). L'aspect, la taille et les fonctionnalités de ces types d'appareils peuvent varier selon plusieurs facteurs (fabricants, modèles, taille du conduit auditif pour les sur-mesures).
- L'intra-auriculaire (CIC - Completely-In-The-Canal - Complètement dans le conduit) est la prothèse auditive la plus discrète, toute l'électronique est contenue dans une coque moulée pour se loger entièrement dans le conduit auditif. En contrepartie, ce modèle est reconnu comme étant le moins efficace et le moins fiable. De plus, il est contre-indiqué dans le cas de surdité supérieure à 50 dB de perte, ou dans le cas de conduits trop étroits. Cependant, aujourd'hui la technologie évolue et ce type d'audioprothèse est plus fiable.
- L’intra-conque (ITC - In-The-Canal - Dans le conduit) est un peu plus grand que les CIC et déborde largement dans le pavillon de l’oreille en remplissant la conque (la fosse profonde de l'oreille externe, appelée ainsi car ressemblant au coquillage du même nom). Sa plus grande taille facilite sa manipulation et permet d’avoir un sélecteur de programme, un contrôle de volume et une pile plus grande. Cependant il reste moins esthétique que l’intra-auriculaire.
- Le contour d'oreille (BTE - Behind-The-Ear - Derrière le pavillon de l'oreille) est la forme la plus connue, et la plus vendue (de 7 à 8 aides auditives sur 10). On peut distinguer deux parties : le contour et l'embout auriculaire. Le contour est la partie électronique de l'appareil acoustique, elle se place derrière le pavillon. L'embout auriculaire, est un moulage en acryl ou en silicone adapté à la morphologie du conduit auditif. Il permet le maintien pour le contour et la transmission du son dans le conduit. Les deux parties sont reliées grâce à un tube acoustique. À l'heure actuelle, ce modèle reste le plus efficace et le plus fiable.
- Le mini-contour (open-BTE - Behind-The-Ear - Derrière le pavillon de l'oreille) est un modèle apparu en 2004. Le principe est similaire au contour d'oreille. La partie électronique se situe toujours derrière le pavillon, mais sa taille est beaucoup plus réduite, et par conséquent plus discrète. De même, l'embout auriculaire est remplacé soit par une corolle (un dôme en plastique très aéré), soit par un Flexvent (des embouts en acryl très discrets), qui permettent une plus grande aération du conduit auditif. Cette forme convient particulièrement aux surdités légères. Ce modèle a tendance à remplacer de plus en plus les formes intra-auriculaires. Enfin, une nouvelle évolution du mini-contour est apparue, l'écouteur-déporté (RITE - Receiver In The Ear - Écouteur dans l'oreille). Comme son nom l'indique, l'écouteur est positionné directement dans le conduit auditif du patient. Ceci permet d'obtenir un appareil plus discret que les contours mais qui corrige des pertes auditives de plus de 80 dB.
Pour les surdités neurosensorielles importantes, l'implant cochléaire envoie directement l'impulsion dans le nerf auditif (ou nerf vestibulocochléaire) en court-circuitant la partie mécanique de l'oreille.
Les progrès récents sont importants, notamment grâce à la miniaturisation de l'électronique, qui permet plus d'esthétisme et à la numérisation du son permettant de sélectionner les fréquences vocales, pour détacher la parole du bruit ambiant.
Cependant, l'appareillage sera peu ou pas efficace si le malentendant a beaucoup de difficultés pour la compréhension de la parole. C'est ce qu'on appelle un manque d'intelligibilité. Les personnes qui portent les audioprothèses n'entendent pas les sons naturels, mais artificiels, c'est-à-dire un son électronique.
Nouvelle génération d’appareil auditif [modifier]
L'un des principaux fabricants d'appareil auditif, Phonak, a lancé au printemps dernier[Quand ?] en Suisse le Lyric, marque rachetée récemment par le groupe Sonova. Ce nouvel appareil commercialisé depuis déjà quelques années aux États-Unis, a pour qualité principale sa discrétion puisqu'il se place entièrement dans le conduit auditif. De plus, il se garde 24h/24 7j/7 et la longévité de sa batterie zinc-air assure une autonomie jusqu'à 3 mois. L'appareil est non seulement discret, mais jetable. Puisque vendu sous forme d'abonnement, il nécessite les gestes d'un audioprothésiste pour son remplacement.
Par contre, il ne convient pas à toutes les morphologies. Les personnes ayant un conduit auditif trop étroit ou avec une forme inadaptée ne peuvent pas pour l'instant bénéficier de cette technologie.
Chiffres français [modifier]
Selon une enquête de l'Union nationale des syndicats d'audioprothésistes français (UNSAF) de 2006, 10 % des Français de plus de 15 ans déclarent souffrir de mal-audition, soit 5,1 millions de malentendants. Seulement 17 % des malentendants déclarent porter un appareil sur une ou deux oreilles. 80 % des personnes appareillées sont satisfaites de leur appareil et communiquent mieux.
Avec le vieillissement de la population, les besoins augmentent rapidement.[réf. nécessaire]
Financement [modifier]
Le principal problème de l'appareillage auditif est lié au coût et à la faible prise en charge par la sécurité sociale : il faut compter entre 1 400 € et 4 000 € pour un appareillage numérique des deux oreilles, comprenant le suivi prothétique effectué par l'audioprothésiste pendant toute la durée de vie de l'appareil (5-6 ans). Cependant, une partie du coût de l'appareillage est prise en charge par la Sécurité sociale et les mutuelles. Le Tarif interministériel des prestations sanitaires (TIPS) pour des assurés adultes adultes (> 20 ans) est de 199,71 € par oreille, indépendamment du type d'appareil choisi. Le TIPS enfants (< 20 ans) est de 1 400 € par oreille pour les appareils les plus performants.
Un bulletin officiel de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes paru en mars 2000 démontrait qu'en France, les prix des appareils sont plus faibles que dans la plupart des pays industrialisés, mais que leur prise en charge par les organismes sociaux n’est pas à la hauteur des besoins.
Par rapport[1] et avis[2] publié en 2000, le Conseil national de la consommation (CNC) préconise un découplage du coût des prestations des audioprothésistes du coût de l'appareil.
Il peut aussi y avoir un accord entre l'audioprothésiste et son client pour un règlement par chèque en 10 ou 12 mensualités qui permet une acquisition indispensable pour ces patients qui pourront enfin retrouver une vie normale.
En France, le prix comprend toujours le coût de l'appareil, l'adaptation et les prestations pour le suivi de l'entretien pendant toute la durée de vie de la prothèse. Certains audioprothésistes ajoutant même une année de garantie à celle du fabricant.
Depuis 2008, un devis normalisé s'impose a minima, indiquant le prix de vente hors taxes et toutes taxes comprises de l’appareil électronique correcteur de surdité proposé incluant les accessoires et les éléments renouvelables nécessaires à son fonctionnement, le cas échéant pour chaque oreille en cas d’appareillage bilatéral (article D. 165-2 du Code de la sécurité sociale, créé par le décret n° 2008-1122 du 31 octobre 2008). Un modèle de devis indiquant les éléments à y faire figurer est édicté par arrêté ministériel [3].
En Suisse, le prix des appareillages est fixé par l'OFAS (Office Fédéral des Assurances Sociales). Le prix comprend le coût de la prothèse acoustique et un forfait d'adaptation qui correspond aux diverses prestations dont le patient bénéficiera durant la durée de vie de ses aides auditives (réglages, nettoyages, conseils, etc.).
Les implants d'oreille [modifier]
Dans certains cas de surdité, il est conseillé de passer par un dispositif implantable au lieu de la prothèse auditive :
- prothèse auditive à ancrage osseux ( en anglais : Bone Anchored Hearing Aid, BAHA) pour des cas de surdités dites de transmission ou pour des patients souffrant d'otites chroniques. Cette prothèse correspond en fait en un pilier en titane fixé chirurgicalement (sous anesthésie locale le plus souvent) à la corticale externe de la voûte crânienne et sur lequel se fixe un boîtier externe comprenant le microprocesseur et le micro. Les sons captés par le microphone sont transmis, via le pilier en titane ostéo-intégré, par voie osseuse directement aux oreilles internes, shuntant ainsi l'oreille moyenne pathologique[4] ;
- implants d'oreille moyenne indiqués principalement en cas d'insuffisance de résultats ou d'intolérance aux audioprothèses classiques, ces prothèses permettent de réhabiliter des surdités neurosensorielles ou mixtes. La différence fondamentale avec les audioprothèses conventionnelles est la nécessité d'un geste chirurgical permettant de connecter la prothèse directement dans l'oreille moyenne sur les osselets (enclume ou étrier) voire sur les fenêtres ovales ou rondes. Ces prothèses sont soit semi-implantables (micro omnidirectionnel externe) soit totalement implantables ;
- implant cochléaire dans des surdités dites de perception et lorsque l'oreille interne est trop altérée (par exemple suite à une méningite) ;
- prothèse.
Notes et références [modifier]
- [PDF]Rapport du CNC, Bulletin de la concurrence, consommation et répression des fraudes consacré au sujet du coût de l'audioprothèse, 7 mars 2000.
- Avis du CNC, Bulletin de la concurrence, consommation et répression des fraudes consacré au sujet du coût de l'audioprothèse, 7 mars 2000.
- Arrêté du 31 octobre 2008 fixant le modèle du devis normalisé d'appareillage auditif
- www.infobaha.fr, site consacré à l'aide auditive à ancrage osseux : Baha, Ponto, Alpha 1
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
- Audio infos, la revue française de la profession
- Audioprothésiste
- Cornet acoustique
Fabricants de prothèses auditives :
Distributeur de prothèses auditives :
Lien externe [modifier]
- Site internet du Bureau International d'Audiophonologie
- Site internet du Collège National d'Audioprothèse,
- Réseau social de professionnels, diffuseur de connaissances en audiologie et en particulier en audioprothèse
- Site internet du Syndicat National des Audioprothésistes, organisme professionnel représentatif des audioprothésiste
