Lecture labiale
La lecture labiale est l’action d’identifier les sons prononcés par les individus de façon visuelle. En effet, pour prononcer un son précis, la bouche doit avoir une forme particulière (ouverture de la bouche, position de la langue, provenance du son, etc.) Les voyelles sont directement identifiables sur les lèvres. L’identification des consonnes est plus complexe (position de la langue, émission du souffle).
Les personnes sourdes ou malentendantes font appel à cette méthode pour comprendre ce qui est dit, notamment dans une ambiance bruyante. D'ailleurs dans les ambiances très bruyantes, presque inaudible, l'entendant est très gêné par le bruit et au final le malentendant s'en sort presque aussi bien.
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Comment faire en pratique ? [modifier]
Un malentendant a un besoin impératif de fixer le visage de son interlocuteur pour l'aider à comprendre les mots, ça ne concerne pas seulement la bouche, mais le visage tout entier (maxillofaciale) et même le corps. En absence de lecture labiale un malentendant doit faire appel à la suppléance mentale, ce qui est infiniment plus fatiguant.
lecture labiale ou lecture maxillofaciale [modifier]
On devrait donc plutôt dire lecture maxillo-faciale ou labio-faciale plutôt que labiale (mais ce mot est peu connu), j'en ai pour preuve à titre personnel[réf. à confirmer] que regarder le visage d'une personne même portant un masque respiratoire (donc cachant la bouche) le reste du visage apporte une aide précieuse à la compréhension, c'est également valable quand un malentendant ne voit que le profil de la personne.
Le langage du corps [modifier]
Pour aller encore plus loin dans la suite logique, car tout est lié, le langage du corps, ce que les psychologues appellent la communication non verbale, qui souvent en dit plus que les mots. car on peut mentir avec les mots, mais il est plus difficile de contrôler son corps.
En effet ce sont aussi le corps et les mains qui appuient les mots, car tout ce qui bouge ou change dans le visage et le corps est immédiatement interprété et permet de confirmer les peu de sons entendus.
Les malentendantes sont aussi instinctivement attentif à la respiration, qui rythme la parole, généralement il n'y a pas de mot de prononcé durant l'inspiration, mais principalement voir presque exclusivement lors de l'expiration, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de mot à entendre d'une personne, lorsqu'elle gonfle ses poumons
Ainsi un malentendant a toujours besoin regarder celui qui parle, une petite partie du visage ou même de dos, car une personne qui parle en faisant des geste, comme nos amis italien qui font de grand geste avec les mains, apporte une aide très précieuse à la compréhension des mots et phrases.
En absence de lecture labiale [modifier]
L'absence de lecture maxillofaciale, comme au téléphone par exemple, demande au malentendant une attention énorme à chaque son entendu (phonème), afin que le cerveau les mette en mémoire et qu'instantanément en sorte des mots et des phrases qui ont un sens logique: c'est la suppléance mentale. Cela devient bien plus délicat quand on aborde des sujets complexes, qui à eux seuls demandent déjà une attention totale et là ça coince ou au moins complique, car le cerveau ne peut être à 100 % à la compréhension du sujet complexe et en même temps à 100 % de l'écoute des mots.
Pas de solution miracle [modifier]
La lecture labiale, à elle seule ne permet pas de tout comprendre : on estime que seuls 30 % du message oral émis sont perçus par ce biais. Cela dépend de la prononciation de l’interlocuteur, mais aussi de sa physionomie labiale (bouche lippue, forte barbe, paralysie faciale, etc.) Et aussi de la position du locuteur (parler en montrant toujours son visage, pas à contre jour etc.) Des règles pour bien communiquer existent. Le reste est compris grâce à la suppléance mentale.
Quand il s'agit de lecture labiale seul, sans le moindre son de voix, sans indice et sans savoir le sujet parlé (soit absence de suppléance mentale), on tombe presque à zéro. Par contre on peut ressentir dans quelle état psychologique elle est, joie, tristesse par exemple.
Par contre dès que l'on a 10 % de voix, 10 % de lecture labiale, que l'on a compris le sujet de discussion, à ce moment la suppléance mentale se met en marche et avec une attention totale, c'est-à-dire ne pas penser à 2 choses en même temps, car le sourd a acquis la capacité d'une attention totale, il lui suffit de quelques secondes pour être totalement concentré. Bien sur pour un sujet pas trop complexe, ce n'est pas 10 % + 10 % de communication, mais en faisant répéter un peu et en reformulant ce que l'on a compris, on a engagé une communication dont la compréhension est exponentielle, pour devenir presque correcte, soit au moins 80 % des mots compris, par contre si ont pert le son ou la lecture labiale, on retombe surement vers 10 à 30 % de compréhension, grâce à la suppléance mentale en secours, si la personne fait beaucoup de geste pour appuyer les mots (comme nos amis Italiens) ça peux aider énormément.
D’après mon expérience, surement chaque est différent, surtout au téléphone, même si on ne comprend que 3/4 des mots, avec une bonne reformulation, on atteint une communication raisonnable.
Dans un couple ou des personnes souvent ensemble comme des collègues de travail etc.. et qui ont envie de communiquer intensément, la personne entendante sans s'en rendre compte, articule et parle lentement, fait de plus en plus de gestes, un peu comme la langue des signes, ce petit plus est également une aide énorme pour le sourd.
Pour résumer ce n'est la solution miracle pour discuter ou comprendre une personne qui parle derrière une vitre ou très loin en l'observant à la jumelle, traduire en directe la discussion, ça ne marche que dans les films d’espionnage, ou bien quand Astérix dans un célèbre film via lecture labiale dit « Obélux par Toutatis redeviens Obélix ».
Toutefois, avec énormément d'attention et d'entraînement, dans un film sans le son en revisualisant des dizaines ou sûrement des centaine de fois, en y passant des heures voir des jours, un mot à la fois, il n'est pas totalement impossible de reconstruire une phrase.
Pour imager par l'anecdote vécue par exemple, je comprend très bien que mon épouse me dit de rentrer la poubelle qui se trouve dans la rue lorsqu'elle est dans sa voiture, moteur en marche et que je ne peux pas entendre le son de sa voix à cause de celui-ci.
Apprentissage [modifier]
La lecture labiale n’est pas trop un « jeu de devinettes » : « lire sur les lèvres » est une méthode qui s’apprend avec un orthophoniste et qui fait appel à la suppléance mentale (vocabulaire).
Elle s’apprend surtout spontanément chaque jour sans s’en rendre compte. Un malentendant maîtrise naturellement la lecture labiale, surtout s'il est devenu sourd progressivement ou seulement malentendant depuis longtemps. Il la maîtrise inconsciemment. A titre d'exemple, il suffit de lui demander de fermer les yeux et lui demander si il est plus compliqué de comprendre la discussion dans cet état d'esprit.
Pour apprendre vite lors d’une surdité brutale, l’aide d’un orthophoniste spécialisé est utile, en France elle est remboursée sur prescription médicale justifiée.
Difficultés [modifier]
La difficulté provient des sosies labiaux (chapeau-jambon, par exemple) : il est important de préciser au « lecteur » de quel sujet on parle.
Pour les enfants, elle est souvent associée avec le LPC (Langue française parlée complétée). Le LPC est un codage manuel des sons de la langue française (huit formes manuelles et leurs cinq emplacements près du visage). Le LPC offre à l’enfant une perception complète et sans ambiguïté du français oral.
Lorsque les personnes connaissent les signes de la langue des signes, les locuteurs complètent leur articulation avec les signes des mots prononcés : c’est le français signé.
D’autres personnes sourdes rejettent la communication orale et font plus appel à la langue des signes, pour diverses raisons : parce que la communication orale leur demande trop d’efforts, mais aussi par choix personnel.
Voir aussi [modifier]
- Oralisme
- Langage parlé complété
- Langue des signes
- communication non verbale ou le langage du corps
- Français signé