Assur-uballit Ier

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Roi d'Assyrie (1366-1330). Son nom, Aššur uballiṭ, signifie « Assur fait vivre ». Son règne constitue un tournant dans l'histoire d'Assur, qui devient sous son règne un acteur politique majeur, alors qu'auparavant elle n'avait qu'une importance très faible. Il peut donc être considéré comme le fondateur de la puissance assyrienne.

L'émancipation d'Assur[modifier | modifier le code]

Depuis au moins le milieu du XVe siècle, Assur était soumise au royaume du Mitanni. Vers 1370-65, le roi de ce pays, Tushratta, subit plusieurs défaites face aux Hittites de Suppiluliuma Ier, et à la suite de cela une révolution de palais conduit à son assassinat et à des troubles dynastiques affaiblissant encore plus le Mitanni. Profitant de cela, Assur-uballit rend son indépendance à Assur.

De la cité-état au royaume[modifier | modifier le code]

Simple cité-état auparavant, Assur devient sous le règne d'Assur-uballit un véritable royaume. Abandonnant le titre traditionnel des rois d'Assur, « prince » (rubū), il se nomme désormais « roi » (šarru). Les premières conquêtes ont pour cadre la riche région agricole située au nord d'Assur, autour de la ville hourrite de Ninive. Les Assyriens mettent alors la main sur d'importantes routes commerciales. Loin de s'arrêter là, Assur-uballit jette son dévolu sur le Mitanni, qui est alors divisé entre deux prétendants, Shattiwazza, soutenu par les Hittites, et Shaushtatar, qu'Assur-uballit soutient. À la suite de plusieurs combats, qui durent tout le long du règne d'Assur-uballit, le Mitanni est finalement divisé en deux ensembles : un sous contrôle des Hittites, l'autre sous celui des Assyriens. Dans cette affaire, le roi assyrien a montré que son royaume était une puissance sur laquelle il fallait compter.

L'Assyrie dans le concert international[modifier | modifier le code]

Dès ses premiers succès, Assur-uballit entend se faire considérer comme un des « Grands rois » dominants la scène politique du Proche-Orient, au même titre que ceux des Hittites, de Babylone et d'Égypte, à la place du Mitanni qui a perdu son rang de grande puissance. Deux lettres qu'il a envoyées au pharaon Akhénaton ont été retrouvées à el-Amarna. Le roi assyrien prend l'initiative d'établir un contact avec ce grand roi, s'affirmant comme son égal. Ceci déplaît au roi babylonien Burna-Buriash II, qui se considère comme le suzerain de l'Assyrie, avant de se rendre à l'évidence (tout comme Akhenaton) et de traiter sur un pied d'égalité avec Assur-uballit, dont il épouse la fille.

Les affaires de Babylonie[modifier | modifier le code]

De l'union de Burna-Buriash avec la fille d'Assur-uballit naît un fils, Karahardash, qui succède à son père en 1347. Cet évènement est visiblement perçu comme un moyen permettant à Assur-uballit d'étendre son influence à Babylone par le biais de son petit-fils, et une partie de la noblesse kassite se révolte et assassine le nouveau roi. C'est le premier acte du conflit pluriséculaire qui oppose l'Assyrie à Babylone. En représailles, Assur-uballit envahit la Babylonie, dépose le nouveau roi Nazi-Bugash, et le remplace par un nouveau souverain qui lui est favorable, Kurigalzu II.

Après un long règne au cours desquels il aura su aussi bien usé des moyens militaires comme diplomatiques pour faire d'Assur une des grandes puissances politiques de son temps, Assur-uballit s'éteint en 1330, et son fils Enlil-nerari lui succède.