Ashraf al-Hadjudj

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Ashraf Ahmad Al-Hadjudj (également orthographié Ashraf Jumaa El Hagoug[1]) (bulgare : Ашраф Ахмад ал-Хаджудж) (né le 25 octobre 1969 à Alexandrie en Égypte[2]) est un médecin palestinien-bulgare, principal accusé dans l'affaire des infirmières bulgares. Né en 1969, il quitte l'Égypte avec ses parents pour la Libye en 1972, où son père travaillait en tant que professeur de mathématiques dans le supérieur. Al-Hadjudj a grandi et étudié en Libye. Il était dans le dernier mois de son internat quand il fut enlevé et accusé d'avoir infecté plus de 400 enfants avec le VIH. Les coaccusés étaient cinq infirmières bulgares (Kristiana Valcheva, Nasya Nenova, Valya Chervenyashka, Valentina Siropulo et Snezhana Dimitrova).

En février 2000 commence le premier procès. Ils sont accusés d'avoir délibérément inoculé à des enfants le VIH, de complot et d'adultère. Les infirmières et Al-Hadjudj avaient reconnu que les aveux avaient été soutirés sous la torture qu'ils ont subie au cours de la première année de détention[3].

En mai 2004, ils sont condamnés à mort par fusillade. La défense déclara au Tribunal que le VIH était présent à l'hôpital de Benghazi, avant que les infirmières n'aient commencé à y travailler en 1998[4].

En décembre 2005, le Tribunal libyen a commué la condamnation et ordonné un nouveau procès. Le 19 décembre 2006, les accusés sont de nouveau condamnés à mort.

Le 11 juillet 2007, la Cour suprême libyenne confirme les condamnations à mort. La Cour suprême changea plus tard son verdict en emprisonnement à perpétuité. Le 24 juillet 2007 après négociation avec le Président français Nicolas Sarkozy, les infirmières bulgares et Al-Hadjudj, qui a reçu la nationalité bulgare en juin 2007 du Président bulgare Gueorgui Parvanov afin qu'ils puissent être expulsés vers la Bulgarie, ont été libérés par Mouammar Kadhafi selon le protocole d'échange de prisonniers[5]. Par décret du président Parvanov, convaincu de leur innocence, ils ont été graciés[6]. Abdel Rahman Shalgham, le ministre des affaires étrangères libyen, a déclaré que Parvanov avait le droit de les gracier[7].

Après avoir été libéré en 2007, Al-Hadjudj tenta de s'établir en Bulgarie et il se maria avec une femme bulgare[8]. Ils eurent un fils nommé Rayan né en Bulgarie[9]. Le mariage fut bref et peu de temps après, Ashraf Al-Hadjudj s'installa aux Pays-Bas, où ses parents avaient trouvé l'asile politique en 2005[10]. Al-Hadjudj vit actuellement, aux Pays-Bas avec son épouse ukrainienne[11]

En 2010, il publie, aux Pays-Bas, un livre sur les souffrances endurées dans la prison libyenne, dont le titre néerlandais est : « Khaddafi's zondebok”).

Après sa libération de la prison libyenne, Al-Hadjudj a annoncé son intention de poursuivre la Libye pour détention illégale, tortures sadiques et conditions de détention inhumaines lors de sa visite aux Pays-Bas, où sa famille avait trouvé l'asile politique en 2005[12]. Depuis lors, il participe activement aux campagnes des droits de l'homme, contribuant à la protection et à la promotion des droits de l'homme, de la primauté du droit et de la justice pour tous. En avril 2009 à Genève, il se confronte à la présidente libyenne du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies Najjat Al-Hajjaji, lors du Comité préparatoire de la Conférence mondiale sur le racisme[13]. Par la suite Ashraf Al-Hadjudj aborde le faible niveau des droits de l'homme et de liberté d'expression en Libye, réclamant la justice pour tous lors du sommet de Genève pour les droits de l'homme et la démocratie[14]. En septembre 2010, il participe de nouveau à la campagne visant à écarter la Libye de la présidence du Conseil des droits de l'homme lancé par un UN Watch. À Genève, il a livré son témoignage sur les crimes de Kadhafi devant le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies[15].

En mars 2012, le Tribunal néerlandais a statué en sa faveur lors de son procès contre douze responsables libyens pour torture et lui a accordé 1 million d'euros pour préjudices matériel et immatériel qui sont le résultat de traitements inhumains et de tortures[16]. Quelques semaines après la décision du Tribunal des Pays-Bas, le Comité des droits de l'homme des Nations Unies a également statué en faveur du docteur Al-Hadjudj trouvant que la Libye avait violé ses droits (articles 7, 9 et 14 du pacte international relatif aux droits civils et politiques). Selon la résolution de l'ONU, la Libye devrait l'indemniser à la suite de sa détention tenue secrète, des traitements inhumains et des tortures, et initier des poursuites pénales contre les auteurs de ces violations. [17]

En juillet 2012, à Varna en Bulgarie, Al-Hadjudj se maria avec sa partenaire ukrainienne après quatre années de relations[17].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. [2]
  3. [3]
  4. [4]
  5. [5]
  6. [6]
  7. [7]
  8. Palestinian Doctor Ashraf Marries Bulgarian Wife for 2nd Time "Novinite", 2 décembre , 2007
  9. Ашраф стана баща, кръсти сина си Раян, Vesti.bg, 6 mai 2008
  10. Doctor in Libyan HIV trial now languishes in Dutch town, NRC, 27 mars 2012
  11. [8] Палестинският лекар Ашраф ал-Хаджудж, "Vseki Den", August 6, 2012
  12. Palestinian Doctor Calls For Libyan Investigation, Reuters, 5 août 2007
  13. Le médecin palestinien et l’infirmière bulgare accusent la Libye de racisme, «Le Temps» 20 Avril 2009
  14. [9]
  15. [10]
  16. Palestinian doctor gets compensation after eight years in Libyan jail, "Al Arabiya News", March 27, 2012
  17. [11], "Vseki Den", août 6, 2012