Alexis Strategopoulos

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La porte de la source, par laquelle Alexis est entré à Constantinople le 25 juillet 1261

Alexis Strategopoulos (en grec : Ἀλέξιος Στρατηγόπουλος) est un général byzantin durant le règne de Michel VIII Paléologue. Il atteint le rang de Grand Domestique et de César. Son fait le plus connu est la reprise de Constantinople en 1261.

Premières années[modifier | modifier le code]

Rien n'est connu des premières années de la vie d'Alexis. Un sceau daté des environs de 1255 a été trouvé portant l'inscription « Alexis Strategopoulos de la famille Comnène » mais ses liens exacts avec les Comnènes restent flous. Il apparaît pour la première fois dans les chroniques en 1252-1253 durant le règne de Jean III Doukas Vatatzès quand il dirige un détachement de l'armée envoyée piller le despotat d'Épire autour du lac Ostrovo[1]. En 1254, il est à Serrès et l'année suivante, il participe aux côtés du pinkernes Constantin Tornikios à une campagne infructueuse contre la forteresse de Tzepaina dans l'ouest des Rhodopes. De ce fait, et en raison de ses relations proches avec la faction de l'aristocratie autour de Michel Paléologue, il est congédié. Peu de temps après, son fils Constantin est aveuglé pour trahison et en 1258, Alexis est emprisonné[1].

Il ne reste pas en prison très longtemps. En effet, il est libéré peu après la mort de Théodore II Lascaris et devient un fervent partisan de Michel Paléologue et de son coup d'État contre George Muzalon pour assumer la régence du jeune héritier Jean IV Lascaris. La même année, il est élevé par Michel au rang de Grand Domestique de l'Empire de Nicée et accompagne l'armée dirigée par le sébastokrator Jean Paléologue en Macédoine. Alexis participe à la campagne contre le despotat d'Epire qui conduit à la victoire décisive de Pélagonia. Après ce succès, Jean Paléologue envahit la Thessalie tandis qu'Alexis et Jean Raoul ont pour mission de soumettre l'Épire. Alexis y parvient en s'emparant d'Arta, la capitale du despotat. Il libère alors de nombreux prisonniers nicéens et contraint le despotat Michel II Doukas à fuir sur l'île de Céphalonie. Ce succès lui permet d'accéder à la dignité de césar. Toutefois, l'année suivante, les succès nicéens sont largement annulés. Le despote Michel, son fils et une armée de mercenaires italiens débarquent à Arta et la population épirote se rallie à leur cause[2]. L'armée épirote affronte ensuite celle d'Alexis dans la passe de Trikorfon près de Naupacte. L'armée nicéenne est mise en déroute et Alexis est capturé[1].

Reprise de Constantinople[modifier | modifier le code]

Malgré ces revers, l'empereur Michel VIII l'envoie reconnaître la ville de Constantinople en 1260. La cité, capitale de l'Empire latin d'Orient, est le principal objectif des empereurs de Nicée depuis de longues années. Sa reprise permettrait de refonder l'Empire byzantin disloqué depuis 1204. Après un premier échec en 1260, Michel VIII n'abandonne pas. Il conclut une alliance avec Gênes et en juillet 1261, Strategopoulos qui a été libéré par les Épirotes est envoyé avec une petite troupe de reconnaissance de 800 soldats (la plupart sont des Coumans[3]) pour garder un œil sur les Bulgares et espionner les défenses des Latins[4]. Quand cette petite force atteint Selymbria, ils apprennent de la part de fermiers locaux que toute la garnison latine et la flotte vénitienne sont absentes car elles conduisent un raid contre l'île nicéenne de Daphnousie[5]. D'abord hésitant du fait de la faiblesse numérique de son armée qui pourrait être détruite en cas de retour de l'armée latine mais aussi du fait des ordres qu'il a reçus, Alexis décide finalement de ne pas gâcher une telle occasion de reprendre la cité[6].

La nuit du 25 juillet 1261, Alexis et ses hommes s'approchent des murs de la cité et se cachent dans un monastère près de la porte du printemps[6]. Alexis envoie un petit détachement dirigé par quelques-uns des fermes de Selymbria pénétrer dans la cité par un passage secret. Ils attaquent ensuite les murs de l'intérieur et surprennent les gardes. Ils ouvrent alors la porte, permettant à la force byzantine de rentrer dans la ville. Les Latins sont totalement pris au dépourvu et après quelques combats, les Byzantins prennent le contrôle des murs terrestres. Craignant la revanche des Byzantins, les habitants latins se ruent précipitamment vers le port, espérant s'échapper sur les navires. Grâce à l'arrivée de la flotte vénitienne, ils sont évacués mais la cité est bien tombée aux mains d'Alexis[4]. La reprise de Constantinople permet la renaissance de l'Empire byzantin. Le 15 août, le jour de la Dormition de Théotokos, l'empereur Michel entre triomphalement dans la ville et est couronné dans la basilique de Sainte-Sophie.

Cet exploit garantit à Alexis la gloire et la célébrité. En 1262, il est de nouveau nommé à tête d'une armée contre l'Épire. Toutefois, il est vaincu par Nicéphore Doukas et capturé[7]. En 1265, il est échangé contre Constance de Hohenstaufen et retrouve sa liberté. Il meurt entre 1271 et 1275[1]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Pinelopi Vougiouklaki, « Alexios Strategopoulos », Encyclopedia of the Hellenic World,‎ 2003 (consulté le 23 septembre 2012)
  2. Nicol 2008, p. 32
  3. Bartusis 1997, p. 27
  4. a et b Nicol 2008, p. 35
  5. Bartusis 1997, p. 40
  6. a et b Bartusis 1997, p. 41
  7. Bartusis 1997, p. 48

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) Mark C. Bartusis, The Late Byzantine Army : Arms and Society, 1204-1453, Voir en ligne, Philadelphie, Pennsylvania : Université of Pennsylvania Press,‎ 1997 (ISBN 0812216202) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • (en) Deno John Geanakoplos, Emperor Michael Palaeologus and the West, 1258-1282 - A Study in Byzantine-Latin Relations, Voir en ligne, Harvard University Press,‎ 1959 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • Donald MacGillivray Nicol (trad. Hugues Defrance), Les derniers siècles de Byzance, 1261-1453, Texto,‎ 2008 (ISBN 978-2-84734-527-8) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • (en) Ruth Macrides, George Akropolites: The History - Introduction, translation and commentary, Oxford University Press,‎ 2007 (ISBN 978-0-19-921067-1)