Affaire Leprince

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L'affaire Leprince ou le massacre de Thorigné est une affaire criminelle française qui a défrayé la chronique dans les années 1990. Le 5 septembre 1994, la police découvre à leur domicile de Thorigné-sur-Dué Christian Leprince, sa femme Brigitte et deux de leurs filles, âgées de 10 et 6 ans, sauvagement assassinés. La plus jeune, âgée de 2 ans, est cependant retrouvée vivante dans sa chambre.

Dany Leprince, le frère de Christian, habitant la maison voisine, est accusé par sa femme Martine et leur fille aînée Célia, dans des déclarations contradictoires et qui ont varié.
Dany avoue seulement le meurtre de son frère, après 46 heures de garde à vue, confirme par devant la juge d'Instruction puis se rétracte ensuite et nie en bloc. Il accusera plus tard sa femme de faux témoignage (lors de ses dépositions, celle-ci changera quatre fois de version au moment de l'instruction) et affirme qu'elle est l'auteur des faits, avec un complice.

Reconnu coupable des quatre meurtres, et condamné à perpétuité avec vingt-deux ans de sûreté, Dany Leprince, après être revenu sur ses aveux, n'a cessé de clamer sa totale innocence. En 2006, la justice a ordonné un supplément d'information pour une éventuelle révision de son procès. En 2010, la cour de révision est saisie de l'affaire et ordonne une suspension de peine — et donc une libération provisoire — pour Dany Leprince à compter du 8 juillet 2010[1]. Le rejet de la demande de révision le 6 avril 2011 le renvoie en prison[2], il est libéré sous caution en octobre 2012[3].

Sommaire

Les faits[modifier | modifier le code]

La découverte du crime[modifier | modifier le code]

Le lundi 5 septembre 1994, à Thorigné-sur-Dué, dans la Sarthe, à 9h du matin, Brigitte et Christian Leprince ne sont toujours pas arrivés sur leurs lieux de travail respectifs ; les employés de l’entreprise de carrosserie de Christian Leprince s’en inquiètent, se rendent à son domicile, et y découvrent Christian, sa femme Brigitte, leurs filles Audrey (10 ans) et Sandra (6 ans) assassinés.

La nourrice de la troisième petite fille du couple, Solène (2 ans), est accourue aussi, s’étonnant qu’on ne lui ait pas amené la petite. Les ouvriers aperçoivent alors la belle-sœur de Christian, Martine Leprince, qui travaille non loin de là. Ils la préviennent, mais l’empêchent d’entrer dans la maison, pour lui épargner le spectacle. Martine garde son sang-froid et, s’inquiétant du sort de Solène, se met à la chercher dans les alentours avec la nounou[4].

Nelly Hatton, nourrice de Solène, avait d'abord essayé de téléphoner aux parents de l'enfant, à 8h45, mais la ligne était alors occupée. Après son quatrième appel, la ligne était à nouveau libre, mais personne ne répondait plus. Arrivée la première sur les lieux elle avait découvert le carnage, et s’était aussitôt précipitée à la mairie pour donner l’alerte. À son retour, quelques minutes plus tard, elle avait constaté que quelqu’un avait refermé la fenêtre de l’annexe, qui était grande ouverte lors de son premier passage. D’après son témoignage, il y avait donc quelqu’un dans la maison ce matin-là, qui téléphonait et qui a refermé la fenêtre juste avant l’arrivée des employés de Christian [5].

Martine est mariée au frère aîné de Christian, Dany, agriculteur, parti travailler à 15 km de là, dès 3 h du matin, à l’emballage de la viande à l’entreprise Socopa. Il mène de front ce travail nocturne et son activité d’agriculteur, dans la journée. Ils habitent la maison voisine, distante de 20 mètres de celle des victimes ; eux aussi ont trois filles, âgées de 15, 10 et 6 ans. Les parents Leprince, Robert et Renée, qui habitent à 500 m dans la ferme de la Goualtière, et leur troisième fils Alain crient leur souffrance et leur désespoir. Les pompiers, la police et le médecin arrivent.

On retrouve alors la petite Solène dans sa chambre. Elle semble être en forme ; il n’y a aucune trace de sang dans sa chambre, ni dans son lit, ni sur elle [6]. Elle est aussitôt remise à sa nourrice qui indique le jour-même aux gendarmes que sa couche est sale, « probablement sa couche de la nuit ». Par la suite, elle indiquera le contraire pour la couche, et précisera que la petite était propre comme si on venait de la changer, et « sentait le bain » [7].

Martine appelle son mari à son travail et lui annonce le décès de Christian sans autre précision [8]. Avec Alain, elle lui annonce à son arrivée : « Je vais t’expliquer … tout le monde est mort ». D'après un pompier, il ne serait manifestement pas au courant[9]. Tous les témoins le voient en proie au plus profond chagrin. Ce soir-là, les quatre grands-parents et Alain dînent chez Dany et Martine. Dany, effondré, répugne à passer la nuit dans sa maison, si près du lieu du carnage [10].

Premières constatations et relevé des empreintes[modifier | modifier le code]

La section de recherche de la gendarmerie d'Angers, dirigée par le capitaine Roger Lambert, est chargée de l'enquête. L'heure du crime a été évaluée entre 20 h 00 et 23 h 00 initialement [11], puis entre 21 h 30 et 23 h 30[12]. Le ou les agresseurs se sont acharné(s) sur leurs victimes. Il y a du sang partout, au sol, sur les murs et jusqu’au plafond. On en trouve aussi près de la boîte aux lettres de Dany et Martine, au passage entre les deux jardins. Les autopsies révèlent des plaies aussi larges que profondes, pouvant avoir été données par une hache ou équivalent, et aussi des coups de couteau. Les victimes ont reçu des coups multiples, par dizaines, au crâne, au visage, aux cervicales, ainsi qu’aux mains et aux bras (blessures de défense).

Christian a été assassiné dehors, à l’entrée du jardin de son frère, près de la boîte aux lettres, puis traîné jusque dans sa maison. Il gît dans l’entrée, les jambes jetées sur le corps de Sandra. Brigitte s’est défendue avec un tisonnier avant de succomber. Au moment de l’agression, elle commençait à consommer un yaourt que l’on retrouve renversé par terre. Elle gît dans la cuisine. Audrey a été tuée dans la salle de bain et traînée dans la chambre de ses parents tout le long d’un couloir. Les petites filles étaient en train de se déshabiller pour aller au lit[13].

On trouve dans la maison les indices suivants[14] :

  • des empreintes de chaussures à semelles striées taille 40/41 « dont le nombre évoque un piétinement » [15].
  • une empreinte de chaussure Doc Martens, dont on n’arrivera jamais à identifier le propriétaire, taille 41 [16].
  • un couteau denté en inox dont la lame est cassée, dans le salon, portant l’ADN de Brigitte et celui d’une autre personne qui n’a pas été identifiée [17].
  • un bouton qui sera perdu par la suite [18].
  • des mèches de cheveux dans la main de chacune des petites filles, mais sans bulbe, ce qui ne permettait pas de les identifier à l’époque [19].
  • sur le bureau de Christian, une reconnaissance de dette de 10 000 F, somme qu’il avait prêtée à son frère Dany huit ans auparavant [20].
  • un détail qui intrigue les enquêteurs : les portes du garage, celle à double battant, et celle donnant sur la cuisine, sont toutes deux verrouillées de l’intérieur. Les gendarmes ont dû entrer dans le garage par effraction, mais on n’y trouve personne [21]

Dans la maison de Martine et Dany, dans le tiroir à couteaux de leur garage :

  • un couteau à manche jaune portant soit le mélange de deux ADN dont l’un est compatible avec celui d’Audrey, soit un seul ADN [22].

Pendant la première matinée d’investigations, les journalistes, accourus nombreux sur place, observent le travail des gendarmes et photographient Martine Leprince qui fait des lessives et étend son linge dehors[23].

Détail poignant : le 4 septembre était la date de l’anniversaire de mariage de Christian et Brigitte [24].

L'enquête[modifier | modifier le code]

Le 5 septembre : première version des événements[modifier | modifier le code]

Les premiers témoignages de Dany et Martine Leprince et leur fille aînée Célia (15 ans) s’accordent à quelques détails près sur cette première version des événements.

  • L’après-midi et le soir du dimanche 4 septembre

Dans l’après-midi, les petites cousines ont joué ensemble chez Martine. Brigitte a réclamé ses filles vers 18 h. Dany a semé du colza dans les champs et s’est rendu dans la soirée chez des amis, les Malherbe, habitant tout près, pour les aider à installer une vieille cuisinière. Il a pris un apéritif avec eux, et d’après leur témoignage, serait reparti vers 22h, «  n’ayant plus que quatre heures à dormir » puisqu’il devait se lever à 2h30 pour se rendre à son travail. Les Malherbe se seraient étonnés que Martine ne soit pas venue chercher Dany, comme elle le fait habituellement quand il s’attarde chez eux[25]. Renée, sa mère, dit avoir entendu passer la voiture de Dany vers 21h40, et avoir songé que c’était bien tard pour lui vu ses horaires de travail.

Le retour de Dany est situé à des horaires variables selon les témoins : vers 21h ou 21h30 pour Martine Leprince, vers 21h30 pour Dany, et vers 22h pour les Malherbe[26]. Dans tous les cas, sa famille avait fini de dîner. Martine témoigne qu’à son retour Dany a mangé seul, s’est douché et s’est aussitôt couché. Célia, leur fille aînée, dit être allée se coucher vers 22h avant la fin du film car elle était fatiguée[27]. Martine dit être restée devant la télévision et s’être couchée vers 23h.

Quant à Christian, Brigitte et leurs filles, ils ont dîné ce soir-là chez les parents de Brigitte. Après leur retour, celle-ci a appelé son père au téléphone à 20 h 50. Elle était donc encore en vie à cette heure-là[28].

  • Le lundi 5 au matin

Dany s’est levé comme prévu à 2h30 du matin. Martine a alors programmé son réveil sur 6h30 et s’est rendormie. Elle raconte avoir quitté la maison un peu en retard, vers 7h45, et que tout lui paraissait calme chez Christian et Brigitte. Elle aurait même pensé qu’ils étaient peut-être encore en vacances. Elle a vaqué à ses occupations ordinaires, et précise que rien d’anormal n’a attiré son attention ce matin-là, jusqu’à ce que les ouvriers de Christian viennent la chercher[29].

Une voisine, Mme Froger, habitant à 200 m, qui était dehors la veille entre 21h15 environ et 22h15 avec son fils de quatorze ans, témoigne qu'ils n'ont rien entendu, et que son chien n'a pas aboyé pendant cette heure qu'ils ont passée dehors. Elle le confirmera quinze jours plus tard, précisant que quand les enfants Leprince jouaient dehors, elle les entendait [30].

Le 7 septembre : une feuille de boucher aurait disparu[modifier | modifier le code]

Le 7 septembre, aux actualités régionales, on parle d’une feuille de boucher comme arme possible du crime. Il s’agit d’un couteau-hache, très large, que les bouchers utilisent pour séparer les côtelettes. Martine se souvient alors que sa feuille de boucher n’était pas dans son tiroir habituel, dans le garage, le 2 septembre. Elle n’y était pas non plus le 5, quand un gendarme a examiné le contenu du tiroir, en sa présence[31]. Elle se souvient alors qu’il y a une feuille de boucher chez ses beaux-parents, s’emporte, appelle les gendarmes, ainsi qu’un ami de la famille qui sera chargé d’aller la chercher. Elle la donne aussitôt aux gendarmes[32]. La feuille provenant de chez les beaux-parents porte le nom d’un employé de la Socopa, où Martine a travaillé au désossage et découpage des animaux, quelques années auparavant, avant d’y renoncer pour se consacrer entièrement à son exploitation de céréales, et à son élevage de porcs en plein air. Cet employé ne se souvient pas avoir donné son outil à qui que ce soit[33].

Dany ne s’occupe que de l’emballage de la viande à l’usine, et n'a pas de formation pour découper un animal. Il n’a, semble-t-il, jamais non plus appris à utiliser une feuille de boucher dans sa vie privée. Chez eux, à la ferme, c’est toujours Martine qui abat et découpe le cochon, Dany évitant d’y assister, car, comme le précise Célia : « Papa n’aime pas trop ça »[34]. Cette feuille présente un méplat, qui pourrait être compatible avec la trace d’un coup violent retrouvé sur la machine à laver de la salle de bains de Christian et Brigitte. L’instrument devient une pièce à conviction. À partir de ce moment, dès le 7 septembre au soir, toute la famille Leprince est mise en garde à vue[35].

Du 7 au 9 septembre : gardes à vue de la famille Leprince[modifier | modifier le code]

Garde à vue des parents Leprince[modifier | modifier le code]

Renée Leprince, la grand-mère des petites filles, témoigne avoir passé, du mercredi 7 au soir jusqu’au vendredi 9 « Deux nuits atroces. On nous a traités de tous les noms, on nous a insultés… ». Robert, son mari, dit avoir été giflé : « Ils voulaient me faire avouer que c’était Dany »[36]. Dans l’état de choc où ils se trouvent, ils sont psychiquement affaiblis, et Renée finit par reconnaître que Dany lui aurait rapporté la feuille de boucher le lundi matin, toute sanglante, en lui ordonnant de la laver, ce qu’elle admet avoir fait « puisqu’on lui affirme que le manche était humide ». Elle se rétracte très vite ensuite, affirmant qu’on lui a fait dire n’importe quoi sous la pression[37],[38].

Garde à vue de Martine Leprince, et deuxième version des événements[modifier | modifier le code]

Les gendarmes constatent que Martine a le nez tuméfié par une ecchymose, datant de plusieurs jours, d’après le médecin qui l’examine ; elle explique qu’en voulant frapper un cochon avec un tuyau semi-rigide, elle se serait donné ce coup par maladresse, mais ne parviendra pas à reproduire son geste[39].

Elle confirme d’abord sa première version des événements des 4 et 5 septembre[40]. Puis, pendant une période de repos au cours de laquelle elle dort, le 9 septembre à 2h du matin, elle fait un rêve agité, semble vouloir se protéger le visage, et s’écrie : « Arrête, arrête ». Lors d’un autre somme, elle s’écrie : « Non-Non-Non ! » et à un autre moment : « Pourquoi Dany ! ». Elle a une crise d’angoisse le lendemain, et « entend » son mari hurler, mais ne sait pas où. Un médecin lui administre un calmant[41].

Après ces deux sommes, elle donne une version différente des événements[42] : elle raconte alors que 2 ou 3 minutes après que son mari a terminé son repas, le dimanche soir, elle se lève de devant la télévision et apporte les restes aux chiens. Elle entend alors hurler, et voit Dany frapper son frère à côté de la boîte aux lettres. Elle s’approche des deux hommes en criant : « Arrête, arrête », passe juste à côté d’eux sans que Dany ait l’air de la remarquer, et se précipite vers la maison de sa belle-sœur pour la prévenir. Mais en entrant, elle la voit gisant au sol avec Audrey et Sandra. Elle n’aurait fait que quelques pas dans la maison, et n’aurait pas touché aux corps « pour éventuellement regarder si elles étaient toujours vivantes » précise-t-elle. Elle explique : « Je n’ai pas cherché Solène, la dernière, parce que je me disais que j’allais la trouver dans le même état que les autres ». Elle retourne aussitôt chez elle en enjambant le grillage par derrière pour éviter Dany, et se remet alors devant la télévision, avec ses filles. Elle ne se serait absentée que 7 à 8 minutes en tout, et aurait agi ainsi par peur, pour que son mari ne se rende pas compte qu’elle avait tout vu. Ensuite, ses filles se couchent, sans qu’elle leur ait rien dit, et elle continue à regarder la télévision et s’y endort. Selon cette version toujours, elle se réveille à 23 h et va se coucher auprès de son mari. À 2h 30, le réveil sonne pour Dany, qui part à son travail. Ils ne se disent rien. Elle règle alors l’alarme sur 6h30 pour elle, et se rendort. Elle se réveillera en retard. En partant à la ferme avec sa fille Célia, « j’ai bien vu qu’il n’y avait pas le corps de Christian près de la boîte aux lettres mais c’est tout, je n’ai pas regardé davantage ».

Elle précise qu’elle avait pensé à appeler la gendarmerie le lundi matin, « mais j’avais tellement peur et puis tout cela me semblait irréel, comme un cauchemar. J’avais dans la tête des flashs… ». Le soir du 9 septembre, Martine Leprince est présentée à la juge d’instruction qui l’entend comme témoin et accepte sa version des faits. Martine Leprince ne sera jamais mise en examen. Pour Maître Cornut, avocat de Dany Leprince, dès ce premier témoignage, « on va considérer qu’il est le coupable et l’entendre comme un coupable »[38].

Garde à vue de Célia Leprince[modifier | modifier le code]

Lors de sa garde à vue, Célia présente aussi une nouvelle version des faits, mais différente de celle de sa mère. Le 4 septembre au soir, sa mère serait partie pendant la première partie du film. Pendant la coupure de publicité, Célia ouvre à ses chiens qui se précipitent dehors en aboyant. Elle entend alors « des bruits et des cris » dans la maison de ses cousines. Elle voit « un homme » poursuivre son oncle Christian jusqu’à la boîte aux lettres, et le frapper. Elle dit avoir ensuite reconnu son père. Elle précise qu'il a un long couteau, qu'elle le voit frapper son oncle puis le tirer dans la maison[38]. Son oncle hurle sous les coups, et au même moment, elle entend des hurlements stridents et des cris d’enfants dans la maison de ses cousines. Elle ne voit pas sa mère, ne sait pas où elle est et s’inquiète « de ne pas avoir vu ni entendu sa mère pendant une heure, puis jusqu’au lendemain matin ». Elle va se coucher, terrorisée[43].

Garde à vue et aveux de Dany Leprince[modifier | modifier le code]

Pendant deux jours et deux nuits, Dany Leprince maintient sa première version des faits. Mais le 12 septembre, à la 46e heure de sa garde à vue, il craque et raconte qu’après avoir pris l'apéritif, le 4 septembre au soir, il est rentré très énervé car il avait des problèmes d'argent. Il décide alors de demander à son frère Christian de lui prêter 20 000 F, alors qu'il lui en devait déjà 15 000. Selon cette version des faits, Dany « s'engueule » avec son frère, à la porte de sa maison, en présence de Brigitte qui se trouvait derrière son mari. Tous deux refusent de l'aider. Le ton monte, Christian veut aller en parler à sa belle-sœur Martine et part vers la maison de son frère. Alors que Christian passe à côté de la boîte aux lettres et du passage, Dany dit l'avoir rattrapé et frappé « avec la feuille de boucher que je tenais dans le dos ». Il dit avoir pris cette feuille dans le tiroir de Martine où sont les couteaux, dans son garage. Il dit se rappeler avoir vu Martine sa femme lui crier « Arrête, arrête » et lui avoir répondu : « Mêle-toi de ce qui te regarde ». Il précise alors « Martine est au courant de ce qui s'est passé, mais elle n'a rien pu faire »[38].

Après, tout est flou, il se souvient être rentré, avoir dîné et s'être couché. Le lendemain, il se lève à 2h30 pour aller travailler, et dit avoir déposé la feuille de boucher chez sa mère « plus tard dans la journée »[44].

Bien qu'il reste encore deux heures aux enquêteurs pour l'interroger (la garde à vue ne pouvant excéder 48 h), les gendarmes arrêtent la garde à vue à ce moment-là, sans avoir obtenu d'information sur les meurtres de Brigitte et de ses filles, ni sur l'existence d'éventuels complices. Détail étrange : Dany Leprince aurait pris la feuille de boucher dans le tiroir-même où Martine aurait constaté, dès le 2 septembre, qu'elle n'y était plus. En pleine nuit, Dany Leprince est présenté à la juge d'instruction Céline Brunetière et se dit prêt à s'expliquer par lui-même, sans l'assistance d'un avocat. Elle recueille donc sa déclaration, telle quelle, mais ne peut lui poser de questions en l’absence de l'avocat ; puis elle le fait incarcérer.

Dany Leprince va ensuite se rétracter avec véhémence et clamer son innocence : il explique que, traumatisé par le massacre des siens, ayant subi des pressions intenses pendant 46 heures, on lui aurait fait croire qu'une fille qu'il entendait crier dans la pièce voisine était la sienne ; il dit qu'il était « à bout » et qu'il n'a fait que reconnaître tout ce que la police lui suggérait, lui martelait, depuis des heures. « C'est ce qu'ils voulaient entendre pour que ça s'arrête. Alors j'ai dit ça, certain que l'enquête trouverait la vérité[45].».

Le Gendarme R. Lembert, qui a effectué l'enquête de flagrance durant les cinq premiers jours, admet que les conditions sont dures, en garde à vue ; mais il fait valoir que les enquêteurs sont eux-mêmes sous pression devant l'opinion, les journalistes, et « nécessairement passionnés » par l'horreur des crimes[36].

Le bruit se répand que « Dany le boucher » aurait avoué les quatre meurtres[modifier | modifier le code]

Après les aveux de Dany Leprince, le Procureur de la République annonce aux journalistes qu'« il y a des aveux », sans préciser qu'il n'a avoué que le meurtre de son frère, et « d'autres éléments permettant de les conforter ». La presse en conclut aussitôt que Dany Leprince a avoué les quatre meurtres, et les journalistes n’hésitent pas à l’écrire et à en faire leurs gros titres : on parle de lui comme de « Dany le boucher ».

Dans son arrêt de renvoi devant la Cour d’assises, la chambre d’accusation elle-même écrira : « En tous cas, il est constant que Dany Leprince a reconnu les meurtres de son frère, sa belle-sœur et ses deux nièces »[46].

Dany Leprince donne sa version de la soirée du 4 septembre[modifier | modifier le code]

Fin septembre, Dany Leprince accuse sa femme : elle aurait menti, ce serait elle l’assassin. Il l'accuse de faux témoignage, et se dit convaincu que les crimes ont eu lieu avant son retour, ce soir-là[38]. Il affirme qu’à son retour, le 4 septembre au soir, il y avait un « silence de mort dans la maison ». D’après lui, les enfants étaient couchées. Sa femme lui tournait le dos, assise dans un autre fauteuil que celui qui lui était habituel. Elle avait les cheveux mouillés, portait des chaussures et une tenue de ville - alors qu’elle porte habituellement un peignoir après sa douche du soir – et ne répondait pas quand il lui parlait. Contrairement à son habitude, elle n’avait pas fait réchauffer le dîner de son mari. Il a entendu la machine à laver tourner alors qu’il prenait sa douche, vers 21h40, ce qui n’était pas normal non plus, d’après lui. Il dit avoir regardé la télévision dans sa chambre pendant 10 minutes avant de dormir. Il y avait sur la une un film avec Charles Bronson dont il décrit une scène précise. Ce détail donnera lieu à investigation, plus tard, par la Commission de révision des condamnations pénales [47]. Beaucoup plus tard, après la procédure, il affirmera aussi être certain qu’elle serait sortie après qu’il se soit couché, car il avait du reculer le siège en reprenant sa voiture, cette nuit-là, à 3h du matin. Il pense qu’elle a du partir après qu’il se soit endormi, vers 22 h, car il n’a pas entendu le moteur [48].

Pendant la garde à vue, il dit n’avoir pas cru ce que les gendarmes lui disaient, et avoir avoué et même « inventé » des choses fausses, parce qu’il croyait entendre sa fille crier. Il essayait alors de protéger sa femme. C’est seulement par son avocat qu’il aurait compris, bien plus tard, que sa femme l’avait vraiment accusé de meurtre. Il aurait trouvé son comportement très bizarre, en y réfléchissant après coup : qu’elle dorme à ses côtés sans rien dire ce soir-là, qu’elle n’appelle pas les secours, qu’elle ne veuille pas de sa présence quand elle répondait aux gendarmes [49]. En ce qui concerne le témoignage de sa fille Célia, qui l’accablait en pleurant lors d’une confrontation, il affirma qu’elle était «  très courageuse de [l]’accuser pour protéger sa mère » [50].

La recherche des preuves et le débat sur les éventuels mobiles[modifier | modifier le code]

Pas de preuves matérielles[modifier | modifier le code]

Les enquêteurs ne disposent d’aucun élément de preuve matérielle de l’éventuelle culpabilité de Dany Leprince[51].

  • On ne retrouve aucune empreinte de Dany Leprince sur les lieux du crime
  • Les ADN masculins trouvés sur les lieux ne correspondent pas au sien. On ne testera aucune autre empreinte ADN que celles des victimes, la sienne et celle de sa femme[52].
  • Sur le pantalon jean qu’il portait la veille, et qui n’a pas été lavé, on ne trouve qu’une tache de rouille, provenant sans doute du transport de la vieille machine à laver, le dimanche soir, et du sang d’animal. Pas une seule goutte de sang humain sur aucun de ses jeans [53].
  • Dany Leprince chausse du 46[54] et n’a jamais possédé de chaussures Doc Martens [55].

Reconstitution des événements[modifier | modifier le code]

Le déroulement des événements est difficile à reconstituer car les témoignages recueillis en garde à vue sont contradictoires. Tous semblent s’accorder sur ce seul point : Dany Leprince aurait tué son frère près de sa boîte aux lettres, environ 3 minutes après être sorti de table. Mais puisqu’on impute les quatre meurtres à Dany Leprince, à quel moment Brigitte et ses filles auraient-elles été massacrées dans leur maison ? Avant ou après le meurtre de Christian ?

Une reconstitution des événements est organisée le 12 avril 1995[56]. Dany Leprince refuse d’y participer. Il continue à clamer son innocence. La reconstitution reprend la version de Martine Leprince, en supposant que Christian n’était pas présent lors du massacre de sa famille, et qu’il aurait été tué à son retour. Cette reconstitution n’a pas permis de répondre à un certain nombre de questions :

  • Christian, Brigitte et leurs filles étaient rentrés tous ensemble, ce soir-là, d’avoir dîné chez les grands parents, et se préparaient à se coucher. Quelle preuve a-t-on que Christian se serait absenté ?
  • La reconstitution ne mentionne pas les hurlements stridents, et les cris d’enfants, que Célia, lors de sa garde à vue, disait avoir entendus dans la maison en même temps qu’on assassinait Christian à l’extérieur.
  • On n’explique pas comment, au même endroit que sa mère (devant leur garage) et au même moment (assassinat de Christian), Célia n’a ni vu ni entendu sa mère qui courait d’une maison à l’autre en criant « arrête, arrête ». Martine indique dans la reconstitution qu’elle ne se souvient plus si elle est passée à côté des deux hommes, ou directement à travers la haie.
  • Il n’est fait nulle part mention de l’existence possible de complices, alors qu’on a trouvé des empreintes non identifiées sur les lieux.
  • Martine Leprince dit être revenue presque tout de suite après la macabre découverte. Pourtant, Célia ne l’aurait pas vue « pendant une heure et jusqu’au lendemain ».
  • On ne met pas en scène la version présentée par Dany Leprince, alors que ses aveux lui seront portés à charge.

Pour le mobile, on envisage deux hypothèses : l’argent et la jalousie[modifier | modifier le code]

On suppose que l’exploitation de Dany et Martine Leprince perdait de l’argent, ce qui obligeait Dany à travailler 18 heures par jour, dès 3 h du matin à la Socopa, avant de reprendre le travail à la ferme dans la journée. Ils étaient dans le rouge, avec une grosse échéance de 20 000 F à régler. De plus, on a retrouvé sur un bureau, chez Christian, la reconnaissance de dette de 10 000 F qu’il avait consentie plusieurs années auparavant à son frère Dany[38]. La défense affirme que la situation financière de Dany Leprince n’était pas aussi mauvaise qu’on l’a prétendu, qu'il était « plutôt bien payé » à la Socopa[57], et les parents témoignent qu’ils sont toujours prêts à aider leurs enfants, y compris pour leur prêter de l’argent ou se porter caution, en cas de nécessité[58]. La défense plaide aussi qu’à supposer que des ennuis d’argent puissent conduire à un « coup de folie », pourraient-ils expliquer une telle furie sanguinaire, même contre des enfants ? Elle suggère aussi que la présence, bien en évidence, de la reconnaissance de dette pourrait bien être une mise en scène destinée à faire accuser Dany Leprince. En outre, les enquêteurs ont trouvé dans la maison d’importantes sommes d’argent liquide, pouvant donner à penser que l’argent n’était pas le mobile du crime [59].

Reste le mobile de la jalousie[38]. L’entreprise de carrosserie de Christian est prospère, et Brigitte travaille à la Poste. Le couple peut partir en vacances – ils reviennent d’ailleurs de vacances en Ardèche – et s’offrent des grasses matinées pendant le week-end, alors que Martine et Dany travaillent tous les jours à leur exploitation. Mais selon leurs proches et plusieurs employés de la carrosserie, Dany était fier de son frère et de sa réussite. Un témoin affirme : « Les deux frères s’entendaient à merveille. Par contre, les deux belles-sœurs, c’était pas pareil »[38].

À propos des belles-sœurs, Robert Leprince signale que sa belle-fille Martine est « une grosse jalouse », et Renée Leprince reconnaît qu’on l’entendait marmonner sur « l’argent d’en face ». La nounou parle même d’une « certaine forme de jalousie maladive » de Martine à l’égard de sa belle-sœur. Brigitte et Christian ont fait agrandir leur maison, et installer des Velux sur leur toit, prélude à un aménagement du grenier. Mme N. Hatton, la nounou, témoigne que ces agrandissements insupportaient Martine, qui se plaignait de la réflexion du soleil dans leurs vitres « avec un ton d’agressivité pas possible ». En mai 1994, soit trois mois avant le drame, Christian offre en plus à sa femme une superbe Triumph décapotable qui semble narguer les envieux[60]. Pourtant, on convient que Martine n’hésite pas à rendre service à sa belle-sœur, à lui garder ses enfants, ou nourrir son chat quand elle s’absente.

Le témoignage de Solène[modifier | modifier le code]

La petite Solène avait été confiée à sa nourrice après le drame. La nounou avait d’abord jugé que Solène n’avait apparemment pas assisté au carnage, puisqu’on l’avait retrouvée dans sa chambre, en forme, et sans une trace de sang nulle part. Très sollicitée par la presse, la nounou avait expliqué, le 13 octobre suivant le drame, que la petite fille se portait très bien, commençait à parler, ne mentionnait jamais les événements sanglants, ne faisait pas de cauchemars.

Mais en 1996, son témoignage change : Solène reconnait son oncle Dany sur une photo qu’elle frappe en criant « Dany méchant, frapper maman, Yaya, Yéyé » (surnoms de ses sœurs). Elle dit aussi : « […] moi cachée dans grenier ». Elle se met à gribouiller des petits bonshommes barbouillés de rouge, et à « laver frénétiquement les pieds de sa poupée ». Elle raconte aussi que sa tante Martine est « mignonne, elle a dormi avec moi, elle a fait le bain »[61],[38]. On pose alors l’hypothèse qu’elle aurait pu assister au carnage, et, sortant de sa chambre, aurait marché dans le sang.

La juge Brunetière cherche à vérifier ces témoignages : elle vérifie que l’enfant reconnaît les membres de sa famille sur des photos, y compris ses parents et ses sœurs. Ayant pris l’enfant sur ses genoux, elle constate que la petite frappe avec une grande colère la photo de son oncle quand on la lui présente[36]. La Juge demande aussi une expertise à une pédopsychiatre, le Dr Liliane Daligand, qui estime que les propos de l’enfant sont crédibles, qu’elle parle avec « ses mots à elle, ses sensations à elle […]. En particulier, le fait qu’elle dise : « Ils[62] criaient et Maman essayait de les calmer », il n’y a qu’elle qui a pu assister à ça[38] ».

On évoque le fait que Solène aurait « assisté » au carnage, à cause de la photo, mais on ne semble pas envisager qu’elle a très bien pu, sans sortir de sa chambre, entendre les hurlements stridents, derrière sa porte, sans pour autant avoir rien vu. Martine Leprince y a pensé, puisqu’elle a téléphoné à la nounou le 7 septembre pour lui demander si Solène « a vu ou entendu quelque chose[63] ». Lors du procès, l’avocat de Dany Leprince, Me Jean-Louis Pelletier, posera la question de savoir, dans tous ces souvenirs « lesquels proviennent effectivement de ce qu’elle a vécu, et lesquels lui ont été éventuellement suggérés[38]».

Roland Agret, de l’association Action Justice, qui défend Dany Leprince, fait remarquer que Dany Leprince, avec les horaires de travail qu’il s’imposait, n’avait que très peu de temps pour s’occuper de ses propres enfants. Quel souvenir d’un oncle toujours au travail peut bien avoir conservé un bébé de deux ans, habitant dans la maison voisine, et ceci deux ans après les faits[64]? Roland Agret estime aussi que si la petite avait été là, « les monstres ne l’auraient pas épargnée[36].

Les troisième et quatrième versions de Martine Leprince[modifier | modifier le code]

En mars 1996, Claudette Froger, voisine des Leprince, témoigne que le soir du crime, vers 22h, elle aurait entendu et vu « passer à vive allure » la voiture de Dany et Martine Leprince, sans voir qui conduisait[65],[30]. La nounou, elle, suggère que Renée Leprince, mère de Dany et Christian, était peut-être déjà au courant du massacre quand elle est arrivée le 5 au matin[66].

Martine Leprince est convoquée chez la Juge qui l'informe de ces témoignages, ainsi que des propos de la petite Solène sur le bain que lui aurait donné « Gentille mamy » (surnom de sa tante Martine). Martine Leprince a alors un « flash » de mémoire : elle dit se souvenir que lorsqu'elle s'est précipitée dans la maison de Christian et Brigitte, le soir du drame, elle aurait trouvé Solène dans sa chambre, avec du sang sur elle. Elle l'aurait alors emmenée, l'aurait lavée dans sa salle de bains, puis serait allée en voiture chez sa belle-mère, lui expliquant que « Dany est devenu fou », qu'il a tué tout le monde, et lui demandant de prendre en charge la petite. Renée Leprince aurait alors refusé de recueillir Solène, au prétexte qu'il fallait « sauver Dany », et lui aurait demandé de ramener la petite dans sa chambre, dans la maison de ses parents, pour faire comme si de rien n'était[67],[38]. Martine Leprince aurait alors ramené la petite Solène dans sa chambre - n'osant pas la garder chez elle de peur que son mari-assassin la voie - serait restée auprès d'elle jusqu'à ce qu'elle s'endorme, puis serait rentrée chez elle. Quant aux parents Leprince, ils vont nier catégoriquement avoir jamais vu arriver leur belle-fille avec Solène ce soir-là[68].

Quelques jours après, le 14 mai 1996, Martine Leprince réitère son récit, en précisant cette fois que dès le retour de Dany, il s’est disputé avec elle dans le garage et n’est « à aucun moment entré dans la cuisine ». « Il est donc sorti sans manger » dit-elle, et par la suite, elle ne se souvient plus l’avoir vu dîner chez eux [69].

Le procès[modifier | modifier le code]

Le secret de l’instruction a été bien gardé, et mises à part les premières indications données en 1994 par le Procureur, plus rien n’a filtré de l’enquête et de l’instruction jusqu’au procès, qui s’ouvre le 11 décembre 1997[70].

L’arrêt de renvoi, lu ce matin-là devant la cour, énonce qu’ « En tout cas, il est constant que Dany Leprince a reconnu les meurtres de son frère Christian, de sa belle-sœur Brigitte, et de ses deux nièces Sandra et Audrey » et reprend les versions de Martine Leprince, y compris son intervention pour sauver sa nièce. Dany Leprince ne cesse de réaffirmer son innocence, et met en cause sa femme. Les psychiatres viennent à la barre, et leur témoignage lui est défavorable. Martine Leprince apparaît « fragile [… ] très apeurée[…] pas sûre d’elle du tout »[70], « elle a énormément de mal à s’exprimer, elle sanglote » fait un malaise[71]. Elle confirme ses accusations, ainsi que sa fille Célia. Dany Leprince crie : « Elle ment ! Depuis trois ans, elle calque ses dépositions sur mes aveux extorqués ». Il pense qu’elle a commis ce crime avec un amant. Mais il ne peut rien démontrer[38].

Le Procureur Général reconnaît que « Le procès n’a pas permis de comprendre ce qui s’est réellement passé ce dimanche soir du 4 septembre » mais « reste ferme »[38] et demande quand même la peine maximale. L’avocat de la défense, Me Jean-Louis Pelletier expliquera qu’il a essayé de semer le doute, notamment à propos de l’empreinte de la mystérieuse chaussure Doc Martens, mais que c’était insuffisant pour contrebalancer le désir de « vengeance sociale ».

Dany Leprince est condamné à la prison à perpétuité avec une période de sûreté de 22 ans, sans possibilité de faire appel.

Contre-enquête et demande de révision du procès[modifier | modifier le code]

Un Comité de soutien est créé sous l'impulsion de Corinne Justice pour tenter d’obtenir la révision du procès de Dany Leprince. En 1997, il n’était en effet pas encore possible de faire appel d’une condamnation prononcée par une Cour d'Assises. Les parents Leprince engagent le détective Roger-Marc Moreau et Roland Agret, alors Consultant. L'un était chargé d'enquête, l'autre des démarches auprès des autorités judiciaires. Roger-Marc Moreau était à l'époque le directeur des enquêtes de l'association présidée par Roland Agret, qui va se mobiliser à leurs côtés[72] et mettre en place de nouvelles investigations pour recueillir de nouvelles informations.

En octobre 2005, une requête en révision s'appuyant sur le travail de Roger-Marc Moreau et de Corinne Justice a été déposée par Maîtres Chambon et Cornut qui voulaient signaler l'affaire. Il faut souligner que l'élément écarté par le détective (l'homme dans le grenier) avait été incorporé dans la requête par Roland Agret. Selon ce dernier, il aurait été l'élément déclencheur de l'ouverture d'une information (alors que pour Roger-Marc Moreau cet élément, qu’il considérait comme étant fantaisiste, ne pouvait que desservir les intérêts de Dany Leprince), puis d'autres mémoires, mentionnés et datés dans l'arrêt ont été adressés par Roland Agret à la Commission. Le 1er novembre 2005, Roger-Marc Moreau quitte Action-Justice à la suite de quoi il recevra de la part de sa mandante, Madame Renée Leprince (aujourd’hui décédée), une lettre de dessaisissement ne faisant état d’aucun grief et contenant des remerciements pour son action.

Cependant, cette version est très contestée par Roland Agret et une partie de la famille constituant le comité Leprince (actuellement en conflit ouvert avec Dany Leprince et son épouse Béatrice). Selon eux, il aurait été écarté d'Action Justice de la même façon qu'il l'a été de l'affaire Leprince. Un climat délétère s'installe.

Roland Agret, soutenu par son épouse Marie-Jo et par Elise et Gérard Hemonnet, très investis dans le soutien à leur cousin Dany, vont reprendre toute l'enquête à zéro pour ne pas abandonner Dany Leprince et sa famille Leprince bien éprouvée. Juste après la condamnation de Dany Leprince, en décembre 1997, une dentiste, Madame Rouxel, raconte avoir été appelée au téléphone par un homme qui croyait avoir fait le numéro de la gendarmerie, ne différent du sien que par un chiffre. L'homme aurait voulu lui parler quand même, et la conversation soigneusement notée par cette dame, pendant une heure vingt[36]. Cet homme prétendait que le soir du drame, il faisait des travaux d'électricité « au noir » dans les combles situés au-dessus du garage, chez Christian et Brigitte. Il aurait alors entendu une violente dispute entre deux femmes dont il dit avoir reconnu les voix. Puis, plus tard, des cris et des hurlements horribles. « Pendant une accalmie », il serait descendu et aurait découvert Brigitte, ainsi que ses filles « hachées », selon ses propres termes. Le corps de Christian n’avait pas encore été traîné dans la maison. Il indique que Brigitte n’était pas encore décédée et qu’on est venu l’achever par derrière plus tard[73]. Il aurait alors trouvé Solène, "cachée sous son lit"[73], aurait pris du rechange pour l'enfant et l'aurait emportée dans les combles. Il aurait entendu de nouveau des cris, plusieurs voix d’hommes. Il aurait passé la nuit avec « la puce » dans ce grenier, sur un matelas, et, le lendemain, l'aurait changée et l'aurait remise dans sa chambre « aux premiers bruits » de la découverte du carnage. Il se serait alors enfui par le toit[74].

Pourtant, interrogé par la Commission de révision des condamnations pénales, cet homme dira ne se souvenir de rien. Précédemment interrogé, en août 2005, par le détective Roger-Marc Moreau, en présence de Corine Justice, il dira « avoir tout inventé en lisant les journaux et justifiera son comportement par une pathologie liée à une consommation excessive d'alcool lui ayant déjà, par le passé, fait commettre des actes similaires et notamment un faux attentat à la bombe », ce dernier décidera alors d'écarter ce témoignage. Cependant, Roland Agret ayant visité la maison en 2005 pour vérifier l'information, va découvrir l'existence d'un escalier escamotable qui mène aux combles au-dessus du garage [75]. Selon lui, à l’époque, les gendarmes n’avait pas compris pourquoi et comment le garage était fermé de l’intérieur, et avait été obligée d’y entrer par effraction. Elle n’avait pas remarqué l’escalier encastré dans le plafond. La position des corps indiquée par cet homme correspondrait à ce qu’on a découvert[73]. Le surnom de la petite Solène était effectivement « la puce ». On se souvient qu’elle avait dit : « moi cachée dans grenier » après le drame [76]. Ce témoignage est toutefois controversé : il semble cadrer avec les faits, mais les horaires qu’il donne sont faux car il situe l'action dans l'après-midi. En outre, les travaux d’électricité avaient été achevés en juillet, il ne restait plus qu’à poser la tapisserie. Enfin l’homme souffrait d’alcoolisme et, d'après son entourage, avait tendance à s’inventer des histoires [77]. En définitive, cet élément sera écarté par la Cour de révision qui indiquera dans son arrêt : Attendu qu’il est établi à présent que les invraisemblances du récit initial de M. Laurent Rousseau lui ôtent tout crédit, que l’heure des faits qu’il avait indiquée ne peut, notamment, correspondre à la réalité des événements, puisqu’il est constant que M. Christian Leprince et sa famille étaient encore en vie le dimanche soir à 20 heures 50.

En 2006, Un dénommé Jouanet contacte Roland Agret, lui indiquant qu'un gros couteau de boucher, marqué « Leprince », aurait été retrouvé par hasard lors de travaux de terrassement par Maurice Lebarbier, conducteur d’engins, alors qu’il enlevait un tas de terre en bordure de route. Ce dernier confirme le fait; il aurait montré ce couteau à ses employeurs, lesquels ont confirmé, et aurait fait deux dépositions, dans deux gendarmeries. Les journalistes de l’émission « Special investigation » font des recherches, découvrent que des gendarmes ont enquêté sur un couteau, mais à la gendarmerie du Mans, on ne se souvient de rien. Les pièces concernant cette affaire auraient dû être transmises au Parquet du Mans : mais là encore, on n’en retrouve aucune trace. À la Socopa, on confirme que Dany Leprince n’a jamais eu de couteau à son nom, mais que sa femme Martine était à une époque employée au désossage des animaux dans les abattoirs, et possédait des couteaux gravés à son nom[78].

Les actions menées pour obtenir la révision du procès[modifier | modifier le code]

Le Comité de soutien, mené par Corinne Justice, Roger-Marc Moreau et l’association Action-Justice de Roland Agret mènent des actions de sensibilisation de l’opinion, via les journaux et la télévision. Un numéro de l'émission Sept à huit sur TF1, réalisé par Nicolas Poincaré, un Secrets d'actualité par Anne-Sophie Martin, sur M6, entre autres émissions, de nombreux articles dans les journaux commencent à toucher l’opinion. En janvier 2008, Roland Agret et Nicolas Poincaré publient un livre : Condamné à tort L’affaire Leprince.

La Cour de cassation demande un complément d’enquête en 2006[modifier | modifier le code]

Un nouveau rapport bien étayé est déposé à la Commission de révision des condamnations pénales, pour appuyer une demande de révision du procès. Il est soutenu par Maîtres Samuel Cornut et Dominque Chambon, alors avocats de Dany Leprince qui seront remplacés ensuite par Maîtres Yves Baudelot et Jean-Denis Bredin. Le 20 mars 2006, une décision de la Commission admet que des éléments introduisent un doute sérieux quant à la culpabilité de Dany Leprince. Un complément d’enquête est demandé contre l’avis du Parquet[79]. Malheureusement, les scellés en garde au greffe du Mans ont été détruits en 2001 ; ils mentionnaient notamment le bouton violet retrouvé près du corps de la petite Sandra[80]. Comme on est également sans trace du couteau de boucher portant l’inscription « Leprince » retrouvé par hasard au bord d’une route, et disparu depuis, on a donc détruit ou égaré au moins deux objets qui auraient pu constituer des pièces à conviction. En 2008, deux scellés sont toutefois retrouvés au CHU de Nantes, où ils avaient été envoyés pour analyse : il s’agit du couteau cassé ensanglanté retrouvé dans la maison du drame, et des cheveux retrouvés dans les mains des fillettes. L’empreinte ADN retrouvée sur ce couteau n’appartient pas à Dany Leprince. Quant aux cheveux, qu’on ne pouvait exploiter à l’époque car ils n’avaient plus leurs bulbes, ils seraient désormais exploitables, les techniques ayant évolué depuis 1994. En 2008 également, de nouvelles expertises ont montré que les ADN mêlés retrouvés sur un couteau à manche jaune, retrouvé chez Martine Leprince, seraient compatibles avec le sien et celui de l’une des petites filles assassinées[81].

Nu dans sa cellule[modifier | modifier le code]

Dany Leprince a choisi de rester « nu à perpète devant la justice » pour protester contre son incarcération. Il a renoncé à ses vêtements, en mars 2007, restant désormais confiné dans sa cellule, ce qui le privait aussi de visites[82]. Cette action est la seule intentée par Dany Leprince, sur instigation de Roland Agret, lui ayant demandé de se manifester de sa prison. Le Président d'Action Justice, pour soutenir Dany Leprince, tiendra une conférence de presse dans un hôtel du Mans, complètement dénudé.

Renée Leprince se suicide[modifier | modifier le code]

Renée Leprince, après 10 années de combat pour obtenir la révision du procès de son fils, se suicide en 2007. La semaine suivante, le 24 juin 2007, un Sept à huit sur TF1 retrace les principaux éléments de l’affaire[83]: « Quelques heures avant l’enterrement, Dany Leprince a été amené discrètement au funérarium où reposait sa mère. Deux brigadiers en civil et un chauffeur [l’accompagnent], pas de gendarmes, un geste exceptionnel de la part de l’administration pénitentiaire ». Dans le livre "Condamné à tort" coécrit avec Nicolas Poincaré, Roland Agret raconte comment, avec le soutien des cousins de Dany Leprince, la famille Hemonnet, il est parvenu à obtenir cette permission de sortie, extraordinaire dans un tel contexte.

Dany Leprince s’est remarié en prison en février 2008 avec Béatrice, médecin dans la région bordelaise, qui lui avait écrit après la mort de sa mère, et qui s'est engagée auprès de lui dans son combat pour obtenir la révision de son procès. Il était défendu désormais par Maîtres Yves Baudelot et Jean-Denis Bredin, qui avaient travaillé avec Denis Seznec à la réhabilitation de son grand-père, Guillaume Seznec.

Juillet 2010 : saisine de la Cour de révision et mise en liberté[modifier | modifier le code]

Le 1er juillet 2010, après cinq années d'investigations, en s'appuyant sur la contre-enquête menée par Roland Agret et cité en page 10 de son arrêt, la Commission de révision de la Cour de cassation a finalement saisi la Cour de révision, ce qui laissait augurer une éventuelle annulation de sa condamnation. Elle a également ordonné une suspension de peine alors que la décision d'annulation de la condamnation n'avait pas encore été prise, ce qui est rarissime en termes de justice. Dany Leprince a été libéré de la centrale de Poissy, où il était détenu, le jeudi 8 juillet 2010 à 9h50 après la suspension de sa peine par la Commission de révision des condamnations pénales [1]. Parmi les éléments retenus par la Commission de révision en faveur de la révision, et qui seront repris par l’avocat général, Claude Mathon, s'appuie sur la Loi n° 2011-267 du 14 mars, Châp III, section 1 : " on peut citer les faits suivants [84] :

- On a identifié, sur le couteau à manche jaune un ADN pouvant correspondre à celui d’Audrey, ou à celui de Martine Compain (ex-épouse Leprince).

- Martine semblait avoir très fréquemment d’importants trous de mémoire. L’expertise psychiatrique a « fait état de l’absence d’amnésie lacunaire d’ordre psychologique et évoque la possibilité d’une simulation »

- Elle a lâché à un expert la phrase suivante: « Je me demande si je n'ai pas fait quelque chose ; j'ai peut-être tué quelqu'un, je l’ai dit à mon avocate  »[12].

- La précision donnée par Dany Leprince sur l’horaire de la séquence de son film, à la télévision, avec Bronson (Le flingueur) s'est révélée exacte, et rend invraisemblable qu’il ait pu accomplir un tel carnage dans l’horaire qui a été indiqué par ses accusatrices.

- Le couteau gravé « Leprince » est un élément nouveau indiscutable.

- On a découvert la présence auprès de la juge d’instruction chargée de l’enquête d’un auditeur de justice dont les parents ont employé Martine Compain pendant cinq ans.

- Le major qui commandait la brigade de gendarmerie du Mans, à l’époque de l’enquête, « a entretenu avec les familles respectives de Martine Compain et de Nelly Hatton des rapports incompatibles avec la procédure en cours ».

  • Quelque temps avant cette libération extraordinaire, Corinne Justice qui s'était beaucoup investie dans le comité Leprince a déclaré forfait, Action Justice, Marie-Jo et Roland Agret vont complètement s'éloigner de l'affaire, ne suportant plus des injures proférées sur un blog ouvert par Béatrice Leprince, dédié en soutien à son mari et des actions isolées qu'elle commettait sans concertation, qu'ils considéraient comme des trahisons de sa part. Le Groupe Renée Leprince qui soutenait le condamné et animé par sa famille, va jeter l'éponge en invoquant les mêmes raisons. Plus tard, c'est l'association "des amis de Dany", présidée par Christine Fournier (qui a créé ensuite une association de soutien à la mémoire des victimes en réclamant une révision de procès) va se dissoudre, faisant état dans la presse de "manipulations".

À sa sortie de Poissy, ormis son avocat, seule Béatrice Leprince était présente. Même ces amis n'avaient pas été conviés. Robert et Alain, père et frère, n'avaient pas été prévenu, donc pas invité à cet heureux événement.

Mars 2011 : La Cour de Cassation renvoie Dany Leprince en prison[modifier | modifier le code]

Le 14 mars 2011, l'avocat général de la Cour de cassation, siégeant en sa qualité de cour de révision, a demandé la tenue d'un nouveau procès. Il a également demandé la réouverture des poursuites dans l'affaire, visant probablement l'ancienne épouse de Dany, Martine Compain. Dans l'histoire du droit français, c'est la 9e fois qu'une telle procédure de révision aboutit. La décision a été mise en délibéré jusqu'au 6 avril 2011.

Le 6 avril 2011, en l’espace de quelques instants, la requête a été rejetée par la Cour de révision et Dany Leprince est retourné en prison[85].

Martine Anzani, présidente de la Commission qui avait travaillé pendant cinq ans sur ce dossier, s’est confiée au Nouvel Observateur le 6 octobre 2011 : « Aujourd’hui ce qui me heurte, ce n’est pas le fait que j’ai été désavouée. Je considère que la justice n’est pas passée. Dany Leprince devait être rejugé ».

29 juin 2011 : Le parquet général d'Angers refuse de rouvrir l'enquête[modifier | modifier le code]

L’avocat général Claude Mathon avait demandé une reprise de l’enquête dans cette affaire et transmis le dossier à la Chancellerie qui l’avait fait suivre au parquet général d’Angers en avril 2011[86]. Le 29 juin 2011, le procureur général d’Angers Jean-Paul Simonnot rejette cette requête, expliquant que rien dans cette affaire n’indique qu’une autre personne ait participé au quadruple meurtre, et qu’il n’y a donc pas lieu de rouvrir une enquête [87].

Octobre 2011 : Refus de la grâce présidentielle[modifier | modifier le code]

La grâce demandée en 2008, par les défenseurs de Dany Leprince, a été refusée le 5 octobre 2011 par le Président de la République Nicolas Sarkozy.

Avril 2012 : Levée de la peine de sûreté[modifier | modifier le code]

La peine de sûreté qui devait normalement se prolonger jusqu'en 2017 a été levée le 19 avril 2012 par le tribunal d'application des peines de Melun[88].

Octobre 2012 : Liberté conditionnelle acceptée[modifier | modifier le code]

Le 10 octobre 2012, Dany Leprince se voit accorder une libération conditionnelle. Il sera transféré à la prison d'Agen (Lot-et-Garonne) avant d'être libéré le 19 octobre. Il devra cependant porter un bracelet électronique pendant un an[89].

Octobre 2013 : Son bracelet électronique lui est retiré[modifier | modifier le code]

Le 19 octobre 2013, Dany Leprince se voit retirer le bracelet électronique qu'il a été contraint de porter durant l'année écoulée. Mais il doit continuer à observer un contrôle judiciaire strict[90].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (fr) « La Cour de révision est saisie du cas de Dany Leprince, qui va être libéré », sur www.lemonde.fr (consulté le 1er juillet 2010)
  2. (fr) « Dany Leprince va retourner en prison », sur www.lemonde.fr (consulté le 6 avril 2011)
  3. Dany Leprince libéré sous conditions sur Le Parisien, 19 octobre 2012
  4. Franck Johannès, op. cit., p.183 et 189, les commentaires de Nelly Hatton sur l'attitude de Martine Leprince
  5. Franck Johannès, Le couteau jaune Calmann-Lévy février 2012 p.17-19
  6. Franck Johannès, Le couteau jaune Calmann-Lévy février 2012 p.19
  7. Franck Johannès,op.cit. p.19 et 182-183
  8. Roland Agret, Condamné à tort L'affaire Leprince, Michel Lafon 2008, 262 pages, p.86 et Franck Johannès, op.cit.p.66-67
  9. Roland Agret, Condamné à tort L'affaire Leprince op. cit. p. 42 et Franck Johannès op.cit. p.20
  10. Roland Agret, op.cit.p.59-60
  11. Roland Agret, op.cit.p.110-111 et Franck Johannès, op.cit.p.32-35
  12. a et b « Affaire Leprince : le doute était presque parfait », Libération du 6 avril 2011 et Franck Johannès,op.cit.p.376-382
  13. Franck Johannès, op.cit.p.21-23 avec le plan des lieux
  14. Roland Agret, Condamné à tort L'affaire Leprince op. cit. p. 45-47
  15. Franck Johannès, op.cit. p.159
  16. Franck Johannès, op.cit. p.157
  17. Roland Agret, op.cit. p.48 Franck Johannès, op.cit. p. 22 et153
  18. L’histoire de ce bouton est confuse. Le constat indique un « bouton de chemise », sans autre précision, retrouvé près de Christian et Sandra. Un « bouton violet » figurait dans la liste des scellés. S’agissait-il du même bouton et à qui appartenait-il ? Roland Agret p. 47 Franck Johannès p.35
  19. Franck Johannès p.23
  20. Roland Agret, op.cit. p.48, Franck Johannnès, op.cit. p.23
  21. Roland Agret, op.cit. p.46
  22. Franck Johannès, op.cit. p.151-154
  23. Roland Agret, Condamné à tort L'affaire Leprince op. cit. p.42 et FR2 "Fait divers le Mag" 2 mai 2009 L'enquête : Dany Leprince, vers la révision? Pierre Vergely
  24. Roland Agret, op.cit. p.43
  25. Roland Agret,op.cit.p.62 et Franck Johannès, op.cit.p.40-46
  26. Roland Agret,op.cit.p.61 et Franck Johannès,op.cit.p.26
  27. Franck Johannès op.cit.p.83
  28. Roland Agret, Condamné à tort L'affaire Leprince op. cit. p. 33-36 et 61-62
  29. Roland Agret, Condamné à tort L'affaire Leprince op. cit. p.49
  30. a et b Franck Johannès, op.cit. p.95-99. Par contre, le 3 octobre 1994, après avoir lu dans les journaux que Martine aurait crié "arrête, arrête", elle dira se souvenir l'avoir entendue "prononcer ces deux mots-là" sans "intention alarmante". Il lui aurait semblé que Martine aidait son mari à manœuvrer la voiture. Elle aurait entendu ces mots, mais pas les hurlements ?
  31. Roland Agret, Condamné à tort L'affaire Leprince op. cit. p. 64
  32. Roland Agret, Condamné à tort L'affaire Leprince op. cit. p.87-88 : Procès-verbal de garde à vue et Franck Johannès, op.cit.p.49-50
  33. Canal+ « Spécial Investigation » L'affaire Leprince : contre-enquête sur un quadruple meurtre, Bernard Nicolas 10 avril 2009 et Roland Agret op. cit. p. 97-106
  34. Roland Agret, op.cit.p.56-57 et Franck Johannès, op.cit.p.70 et 75
  35. Roland Agret, Condamné à tort L'affaire Leprince op. cit. p. 56-57 et 64-66
  36. a, b, c, d et e Canal+ « Special Investigation » L'affaire Leprince : contre-enquête sur un quadruple meurtre Bernard Nicolas, 10 avril 2009
  37. Roland Agret, Condamné à tort L'affaire Leprince op. cit. p. 67-68 et Franck Johannès, op.cit.p.50 et 62-63
  38. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n France 2 « Faites entrer l'accusé », « Dany Leprince, la feuille de boucher », Christophe Hondelatte, 1er avril 2007
  39. Roland Agret, Condamné à tort L'affaire Leprince op. cit. p. 69-70 et p 167-168 : Procès-verbal d'audition de témoin du 9 mai 1996 et Franck Johannès, op.cit.p.119-123
  40. Roland Agret, Condamné à tort L'affaire Leprince op. cit. p 82-87 : Procès-verbal de garde à vue de Martine Leprince
  41. Roland Agret, Condamné à tort L'affaire Leprince op. cit. p 70 et p 94-95 : Procès-verbal de constatations 9 septembre 1994 et Franck Johannès, op.cit.p.72 à 80 avec le croquis fait par Martine Leprince
  42. Roland Agret, Condamné à tort L'affaire Leprince op. cit. p 88-93 : Procès-verbal de garde à vue de Martine C. et p.75-78 Procès-verbal de déposition de témoin
  43. Canal+ "Spécial Investigation" L'affaire Leprince : contre-enquête sur un quadruple meurtre Bernard Nicolas 10 avril 2009 et Roland Agret op. cit. p 69 et Franck Johannès op.cit. p.84-87
  44. Canal+ "Spécial Investigation" L'affaire Leprince : contre-enquête sur un quadruple meurtre, Bernard Nicolas 10 avril 2009, et Roland Agret op. cit. p. 97-106
  45. Propos recueillis par Roland Agret op. cit. p 186
  46. Canal + «Spécial Investigation» 10 avril 2009
  47. Franck Johannès, op.cit. p.142 et 240 et L’affaire Leprince : contre-enquête sur un quadruple meurtre « Special investigation » 10 avril 2009
  48. Franck Johannès, op.cit. p.220
  49. Franck Johannès, op.cit.p.141-145
  50. Franck Johannès, op.cit. p.178-180
  51. Roland Agret op. cit.p 107-115
  52. Franck Johannès, op.cit.Chapitre 18 p.146-156 : Typage de l'ADN de Dany en septembre 1994, et analyse de l'ADN de Martine en janvier 1996. Chapitre 47 p.367-375 : La comparaison des ADN sur le couteau jaune est effectuée en 2008 à la demande de la Commission de révision
  53. Roland Agret, op.cit. p.107 et Franck Johannès, op.cit p.141-142 et 153-154
  54. Nicolas Poincaré, qui est allé voir Dany Leprince en prison dans l'émission de Canal+ "Spécial Investigation" 10 avril 2009
  55. Franck Johannès, op.cit. p 157-158
  56. Roland Agret op. cit. p. 117-125 avec le Procès-verbal de reconstitution.
  57. Témoignage d'Alain Leprince, Canal+, "Special Investigation", Bernard Nicolas, le 10 avril 2009
  58. Témoignage de Robert Leprince sur Canal+, "Spécial Investigation", Bernard Nicolas, le 10 avril 2009
  59. Franck Johannès, op.cit. p 25 - Voir aussi ce qu’en disait Martine Leprince p.181
  60. Roland Agret op. cit. Procès-verbal de Nelly Hatton, la nourrice, p. 155-157
  61. Roland Agret op.cit. p.140-146
  62. Sur la bande sonore de l'émission, on entend mal quels pronoms doivent être notés dans cette phrase : ils ou elles, le, la ou les ?
  63. Roland Agret Procès-verbal d'audition de Nelly Hatton 23 septembre 1994 op. cit. p. 153
  64. Roland Agret op. cit. p.142
  65. Roland Agret op. cit. Procès-verbal de Mme Froger 27 mars 1996 p 136-139
  66. Roland Agret op. cit. p.165
  67. Roland Agret op. cit. p. 165-173
  68. Roland Agret op. cit. Procès-verbal de Martine Leprince du 14 mai 1996 p.171-173
  69. Roland Agret, op.cit. p.173 Photocopie du procès-verbal du 14 mai et Franck Johannès, op.cit. p. 209
  70. a et b Christine Corre, Ouest France, sur Canal+ « Spécial Investigation » 10 avril 2009
  71. Philippe Lavergne, Le Maine Libre, sur Canal+ « Spécial Investigation » 10 avril 2009
  72. Roland Agret op. cit. p. 205-207
  73. a, b et c FR2 «Fait divers Le Mag » 2 mai 2009
  74. Franck Johannès, op.cit.p.293-298 À noter : cet homme n'a pas mentionné d'escalier escamotable lors de sa conversation avec Mme Rouxel
  75. Franck Johannès, op.cit. p.297-301
  76. Roland Agret op. cit. p.212-217
  77. Franck Johannès p.306 et 316
  78. Canal+ « Special Investigation » Bernard Nicolas 10 avril 2009 et Roland Agret op. cit. p.226
  79. Franck Johannès, Le Monde 15 janvier 2008
  80. Isabelle Horlans, Actualités au quotidien France Soir 18 mars 2009
  81. « FR2 Fait divers Le Mag » Pierre Vergely 2 mai 2009 et Isabelle Horlans,Actualités au quotidien France Soir 18 mars 2009
  82. Christine Corre, Ouest France, Actualités Sarthe, 23 juin 2007 et Franck Johannès, Le Monde, 15 janvier 2008
  83. Présenté par Robert Namias, avec Anne-Sophie Lapix et Harry Roselmack
  84. Voir le dossier très détaillé de l’enquête de la Commission de révision in Franck Johannès p.319-410
  85. Franck Johannès,op.cit.p.402 à 419
  86. Franck Johannès, op.cit. p.420-422
  87. Nouvel Observateur 29 juin 2011
  88. Affaire Dany Leprince : La peine de sûreté a été levée sur www.lemonde.fr. Consulté le 12 avril 2012.
  89. Dany Leprince en liberté conditionnelle le 19 octobre sur www.lefigaro.fr. Consulté le 10 octobre 2012.
  90. Benoist Pasteau, « Dany Leprince n'a plus de bracelet électronique », sur Europe 1,‎ 19 octobre 2013

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Documentaires télévisés[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]