Accident de l'USS Forrestal

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19° 09′ 05″ N 107° 23′ 05″ E / 19.15139, 107.38472

Le Forrestal en feu après les explosions le 29 juillet 1967.

L’accident de l'USS Forrestal est un important incendie et une série d'explosions en chaîne qui, le 29 juillet 1967 a tué 134 marins et blessé 161 sur le porte-avions USS Forrestal de l'United States Navy. L'origine du drame est une anomalie électrique qui déclencha le tir d'une roquette Zuni depuis un avion situé sur le pont d'envol. L'incendie, le plus grand sur un porte-avions américains depuis la Seconde Guerre mondiale, faillit entraîner la perte du navire.

Le Forrestal était à l'époque engagé dans des opérations militaires dans le golfe du Tonkin dans le cadre de la guerre du Viêt Nam. Les dégâts ont dépassé les 72 millions de dollars (hors dommages causés aux aéronefs).

Déroulement de l'accident[modifier | modifier le code]

Disposition des avions sur le pont au moment de l'accident. La roquette est partie du F-4B immatriculé 110, à l'arrière du navire, cerclé en rouge qui a frappé les A-4 en face de lui.
Lutte contre les incendies sur le pont d'envol.

À 10 h 50, une roquette air-sol Zuni, accrochée sous un avion McDonnell Douglas F-4 Phantom II s’alluma suite à une surtension qui s'est accidentellement propagée à la roquette au moment du passage à l'alimentation interne de l'avion après le démarrage de son réacteur.

La roquette alla percuter le Douglas A-4 Skyhawk 405 piloté par le lieutenant Fred D. White en attente de catapultage. Le pont d'envol fut soufflé par les explosions en chaîne des avions de combat bourrés de carburant et d’armement qui faisaient partie de la deuxième vague d’attaque lors de l'opération Rolling Thunder de bombardement lors de la guerre du Viêt Nam, douze bombes de 225 et 1 000 kg détonèrent sur le pont d'envol blindé[1]. Ce dernier fut percé et le feu se répandit aux étages inférieurs, provoquant de nombreux morts. La première explosion, très rapide, tua le groupe de pompiers, les seuls ayant reçu une formation de lutte anti-incendie. Dans son Douglas A-4 Skyhawk 416 entouré par les flammes, le Lieutenant John McCain, futur candidat à la présidence des États-Unis, réussit à s'échapper en sautant du nez de son avion.

Sans l’aide des navires du groupe aéronaval de la Septième flotte américaine arrivés rapidement à la rescousse, le grand bâtiment aurait été probablement perdu, jamais un porte-avions n'avait survécu à de tels dommages. Après dix-sept heures de lutte contre les incendies, l’équipage reprit difficilement le contrôle du navire qui rentra à sa base de Pearl Harbor avec une forte gîte et à moitié calciné.

L'utilisation d'anciennes bombes de composition B au lieu de celles de composition H6 capable de mieux tenir sous une température élevée, fut une cause aggravante.

Bilan[modifier | modifier le code]

Photographie de l'incendie.

Le bilan de cette catastrophe fut de 134 morts, 62 blessés, 21 avions du Carrier Air Wing 17 (CVW-17) détruits (sept F-4 Phantom II (BuNos 153046, 153054, 153060, 153061, 153066, 153069 et 153912) ; onze A-4E Skyhawks (149996, 150064, 150068, 150084, 150115, 150118, 150129, 152018, 152024, 152036, 152040) ; trois RA-5 Vigilante (148932, 149282 et 149305) ; et 43 endommagés, et 72 millions de dollars de réparations pour sept mois de travaux[2].

La Farrier Fire Fighting School Learning Site, un site d'apprentissage de lutte incendie de la marine, fut ouvert et nommé d'après le pompier en chef Gerald W. Farrier, marin mort dans l'explosion initiale dans une tentative de refroidir les bombes n'ayant pas encore explosé de l'avion touché par la roquette avec un extincteur. Depuis, les marins américains reçoivent systématiquement une formation de lutte incendie.

Accidents similaires[modifier | modifier le code]

Cérémonie de commémoration du 40e anniversaire de la catastrophe.
  • L'USS Oriskany eut un accident similaire qui fit 44 morts le 26 octobre 1966 dû à un incendie provoqué par un leurre thermique.
  • L'accident de l'USS Enterprise le 14 janvier 1969 était dû à une roquette Zuni accrochée aussi sous un F-4 qui détona à bord du navire alors au large d'Hawaï. Cela déclencha une série de huit explosions qui ont fait de 24 à 27 morts et 85 à 120 blessés selon les sources, 15 avions furent détruits ou endommagés.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alexandre Sheldon-Duplaix, « La survivabilité des bâtiments de surface », Défense et Sécurité internationale, no 64,‎ novembre 2010, p. 96 (ISSN 1772-788X)
  2. (en)[PDF] Stewart, Henry P. LCDR USN, « The Impact of the USS Forrestal’s 1967 Fire on United States Navy Shipboard Damage Control », sur Army Command and General Staff College, Fort Leavenworth,‎ 2004 (consulté le 20 février 2009)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Gregory A. Freeman, Sailors to the End: The Deadly Fire on the USS Forrestal and the Heroes Who Fought It, New York City, William Morrow,‎ 2002 (ISBN 978-0-06-621267-8)