Abbaye de Saint-Rambert-en-Bugey

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Abbaye de Saint-Rambert-en-Bugey
Entrée de la crypte de l'Abbaye de Saint-Rambert
Entrée de la crypte de l'Abbaye de Saint-Rambert
Présentation
Date de construction XIe siècle au XIIIe siècle
Protection Logo monument historique Classé MH (1945, Crypte et fragments d'écu)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Ain
Localité Saint-Rambert-en-Bugey
Localisation
Coordonnées 45° 57′ 06″ N 5° 26′ 06″ E / 45.951754, 5.434873 ()45° 57′ 06″ Nord 5° 26′ 06″ Est / 45.951754, 5.434873 ()  

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Abbaye de Saint-Rambert-en-Bugey

L'abbaye de Saint-Rambert-en-Bugey est une abbaye située à Saint-Rambert-en-Bugey, dans le département de l'Ain en France.

Présentation[modifier | modifier le code]

L'abbaye de Saint-Rambert-en-Bugey s'étendait sur un plateau, à une centaine de mètres de la rive droite du torrent de Brevon.

Les particuliers devenus acquéreurs à la suite de la Révolution ont démoli le couvent. L'église en particulier fut détruite en 1793. Un éboulement survenu en 1838, au milieu d'un parterre, sur l'ancien emplacement du chœur, permit de redécouvrir la crypte que l'on croyait détruite[1]. Cette redécouverte fut sans doute à l'origine de la « Notice historique et descriptive sur la ville et l'abbaye de Saint-Rambert-de-Joux » écrite en 1842 par Hippolyte Leymarie.

De l'abbaye ne subsiste plus aujourd'hui que quelques parties de bâtiment dont la maison du prieur, relativement moderne, et la crypte romane Saint-Domitien. La crypte Saint-Domitien qui daterait des IXe siècle et Xe siècle[2] inclut une abside et deux absidioles.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'intérieur de la crypte

Selon la légende, le monastère aurait été fondé au Ve siècle, vers 440, par Saint Domitien et un de ses compagnons nommé Modeste. Rejoint par des disciples sur le plateau dominant la fontaine de "Bébron"( Le Brevon ), en moins de deux ans, Domitien y aurait construit deux oratoires dédicacés en 432 par Eucher, l'un en honneur de la Vierge Marie et l'autre à l'intention de saint Christophe[3].

Au VIIe siècle, "Ragnebert", futur Saint Rambert, un noble franc, est exilé dans le Bugey par le maire du palais Ébroïn, sous la garde d'un seigneur local nommé Théodefroi. Sur les ordres d'Ébroïn, Rambert est assassiné par deux sicaires sur le chemin de l'Abbaye. Son corps, recueilli par les religieux du monastère, est enterré dans leur cloître. D'après la légende, les prodiges se multiplièrent sur le tombeau de Rambert et le lieu devint rapidement un important lieu de pèlerinage, entrainant la création de la ville de Saint-Rambert-en-Bugey[3].

Le monastère fut restauré et érigé en abbaye de Bénédictins vers 807 par Leidrade. En 910, l'abbaye relevait de la juridiction de Lyon. L'abbaye adhéra pour peu de temps à l'ordre de Cluny vers 1138[4] mais, jusqu'à sa sécularisation, l’abbaye fut toujours considérée comme relevant directement du Saint-Siège

L’Abbaye de Saint-Rambert se trouve au XIIe siècle à l'apogée de sa puissance. Indépendante de toute suprématie temporelle, elle ne relève que du pape pour la question canonique. Elle possède des domaines jusqu'en Savoie, et se trouve un des petits états les plus riches du Bugey[5]. En 1191, une bulle du pape Célestin III confirmant les privilèges de l’abbaye énumère les bénéfices de l'Abbaye[6] et montre que son étendue était plus considérable que celle du canton actuel.

En 1191, les lieux sous sa juridiction étaient :

Statue de Rambert, ancien porche de l'abside abbatiale
  • le bourg de Saint-Rambert
  • l’église de Chamoux
  • l’église Saint-Michel de Montendry
  • l’église Saint-Pierre de Villard-Léger
  • I’église de Villarsalé
  • l’église Saint-Julien de Montmajeur
  • l’église Sainte Marie de Granière
  • l’église Saint-Pierre de Sanciac
  • l’église Saint-Pierre d’Apremont
  • l’église de Saint Bardeau
  • l’église de Musiac
  • l’église Sainte-Marie de Lucs
  • l’église Sainte-Marie de la Porte
  • l’église de Lhuis
  • l’église de Saint-Didier
  • l’église de Campanieu
  • l’église de Saint-Pierre de Bénonces
  • l’église Saint-André de Tenay
  • l’église Saint-Maurice d’Argis
  • l’église Saint-Martin d’Evosges
  • l’église Saint-Laurent d’Oncieu
  • I’église Saint-Pierre d’Arandas
  • I’église Saint-Michel de la Roche
  • I’église Saint-Maurice de Conzieu
  • I’église Saint-Hilaire de Torcieu
  • l’église Saint-Martin de Cleyzieu
  • l’église Saint-Martin de Vaux
  • I’église Saint-Maurice d’Ambutrix
  • l’église Saint-Maurice de Mergie
  • l’église Saint-André de Reigneux
  • l’église Saint-Pierre de Villieu
  • l’église Sainte-Marie l’hospitalière
  • la chapelle Sainte-Marie-Madeleine de Loyes
  • l’église du bourg Saint-Christophe
  • l’église Saint-Vincent de Faramans
  • l’église de Saint-Martin de Songieu.
Les ruines du château de Cornillon. Au second plan, les bâtiments restant de l'abbaye

La construction du château de Cornillon, sur un éperon rocheux au-dessus de la ville, permet à l'Abbaye d'assurer seule son indépendance et sa sécurité.

En 1196, l'abbé Régnier cède au comte Thomas Ier de Savoie, le château de Cornillon en échange de sa protection. Ce dernier, la même année octroi à l'abbé une charte[7].

Elle fut sécularisée en 1788[4].

Listes des abbés du monastère[modifier | modifier le code]

L'historien Samuel Guichenon[6] (1607-1664) et l'abbé Jean François Hugues du Tems[8](1745-1811) ont inventorié la liste des abbés du monastère de Saint-Rambert. Malgré quelques différences mineures de date entre leur deux textes, on peut donner la chronologie suivante:

Statue de Domitien, ancien porche de l'abside abbatiale

Notre Dame des Missions[modifier | modifier le code]

Les bâtiments actuels de l'Abbaye
L'Abbaye avant 1937

Les religieuses de Notre Dame des Missions, connues par les habitants de la vallée sous le nom de "Sœurs de l’Abbaye", sont présentes dans les bâtiments de l'Abbaye de Saint-Rambert depuis 1949[10].
L'Abbaye fut sous leur direction et pendant de nombreuses années un lieu d'hébergement et d’éducation pour des jeunes filles eurasiennes (« Les Filles de l'Abbaye »), dans le cadre de la Fédération des Œuvres de l'Enfance Française d'Indochine (FOEFI), créée en 1938[11],[12].

Protection[modifier | modifier le code]

La crypte romane Saint-Domitien et les chapiteaux et fragments d'écus réemployés dans l'église Saint-Antoine font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 7 mai 1945[13].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gallica Annales de la Société d'émulation, agriculture, lettres et arts de l'Ain -Société d'émulation de l'Ain (Bourg-1868)
  2. « La crypte Saint-Domitien à Saint-Rambert », sur www.leprogres.fr, Le Progrès,‎ 16 septembre 2011 (consulté le 20 septembre 2011).
  3. a et b Histoire hagiologique de Belley ou recueil des vies des saints
  4. a et b Bibliothèque nationale de France : l'Abbaye de Saint-Rambert-en-Bugey, Ain
  5. Google livres, Hippolyte Leymarie: "Notice historique et descriptive sur la ville et l'abbaye de Saint-Rambert-de-Joux"
  6. a et b Google livres,Samuel Guichenon: "Histoire de Bresse et de Bugey", 1650
  7. Jean Létanche, Les vieux châteaux, maisons fortes et ruines féodales du canton d'Yenne en Savoie, Le livre d'Histoire-Lorisse, 1907 (ISBN 9782843738135) p. 74.
  8. Google livres, Le clergé de France, ou tableau historique et chronologique des archevêques, évêques, abbés, abbesses et chefs des chapitres principaux du royaume, depuis la fondation des églises jusqu'à nos jours, par M. l'abbé Hugues Du Tems.
  9. Jean Létanche, op. cit., p. 74
  10. Diocèse de Belley Les Religieuses de Notre-Dame des Missions
  11. [1] : Le foyer de Saint-Rambert-en-Bugey
  12. Site de la FOEFI : photographies du foyer de Saint-Rambert-en-Bugey
  13. « Notice no PA00116564 », base Mérimée, ministère français de la Culture.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]