Abbaye Notre-Dame de La Trappe

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Abbaye Notre-Dame de La Trappe
Image illustrative de l'article Abbaye Notre-Dame de La Trappe
Façade de l'église abbatiale

Nom local La Grande Trappe
Diocèse Diocèse de Séez
Patronage Vierge Marie
Numéro d'ordre (selon Janauschek) CCLXV (265)[1]
Fondation 1140
Début construction 1122 / 1847
Fin construction 1214 / 1890
Cistercien depuis 17 septembre 1147
Dissolution 1790-1814
Abbaye-mère Breuil-Benoît (1140-1660)
Clairvaux (1660-1790)La Trappe (1814-1898)
Cîteaux (depuis 1898)
Lignée de Clairvaux (1140-1790)
La Trappe (1814-1898)
Cîteaux (depuis 1898)
Abbayes-filles Avant 1790 :
Abbaye des Clairets
Après 1814 :
Bellefontaine (depuis 1816)
Timadeuc (depuis 1841)
Tre Fontane (depuis 1867)
Échourgnac (depuis 1852)
Congrégation Savigniens (1140-1147)
Cisterciens (1147-1660)
Trappistes (1660-1790)
Trappistes (Depuis 1814)
Période ou style
Protection Logo monument historique Classé MH (1975)[2]

Coordonnées 48° 38′ 15″ N 0° 34′ 25″ E / 48.637548933837, 0.5735654943015948° 38′ 15″ Nord 0° 34′ 25″ Est / 48.637548933837, 0.57356549430159  [3]
Pays Drapeau de la France France
Province Duché de Normandie
Région Basse-Normandie
Département Orne
Commune Soligny-la-Trappe
Site http://www.latrappe.fr

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L'abbaye Notre-Dame de La Trappe (appelée jusqu'au début du XXe siècle La Grande-Trappe) est un monastère en activité, situé à Soligny-la-Trappe (Orne, France). Né au XIe siècle dans l'éphémère congrégation de Savigny, il rejoint comme son abbaye-mère l'ordre cistercien en 1147.

Alors que l'abbaye de la Trappe est confrontée, comme la plupart des établissements monastiques en général et cisterciens en particulier, à une baisse de la ferveur monastique aux XVIe et XVIIe siècles, elle est refondée suivant une lecture plus stricte de la règle en 1660. Cette réforme, initiée par l'abbé Armand Jean Le Bouthillier de Rancé, est dite originellement « de l'étroite observance », puis « de la stricte observance », mais plus communément appelée « trappiste » en hommage à l'abbaye qui lui a donné naissance.

Fermée comme tous les autres établissements monastiques à la Révolution française, la Trappe voit partir en exil l'abbé Augustin de Lestrange avec quelques moines ; ce sont eux qui, revenant en 1814, fondent à nouveau l'ordre cistercien de la stricte observance à la Trappe, d'où il rayonne dans le monde entier. En 1898, avec la restauration de Cîteaux, abbaye originelle de l'ordre cistercien, l'abbaye de la Trappe cesse d'être la tête de l'ordre auquel elle a donné son nom.

Toponymie et situation[modifier | modifier le code]

L'abbaye de la Trappe est situé sur le cours de l'Itonne, petit affluent de rive droite de l'Iton, au pied du versant occidental du petit plateau sur lequel s'étend la forêt domaniale du Perche et de la Trappe, sur la commune de Soligny-la-Trappe. Elle est bordée à l'est et au sud par les étangs qu'ont creusé les moines (d'amont en aval étangs « Robin », « Dais », « de Chaumont » et « de Rancé »). Contrairement à l'orientation classique vers l'est des églises, elle est tournée vers le nord-est de presque soixante degrés[4].

Le nom de « Trappe » a reçu diverses explications étymologiques, qui peuvent se compléter. Selon une étymologie latine, le nom viendrait de Trapa natans, nom latin de la Mâcre nageante. Cependant, cette plante n'est pas présente dans le Perche[5]. Une étymologie celtique rapproche ce terme de l'irlandais Treabh (« famille, clan », issu de la même racine indo-européenne que le latin tribus. Mais elle suppose un établissement humain antérieur à celui des moines, ce qui n'est pas le cas : les cisterciens, et la Trappe n'y fait pas exception, aimaient coloniser des lieux déserts et jusqu'à leur arrivée inhabitables[6]. L'étymologie germanique est donc la plus probable, Trappe étant alors à rapprocher de l'allemand Treppe (« escalier, degré ») qui a donné le sens commun en français de trappe (piège, embuscade). Ce serait donc soit à cause du relief (peu marqué), soit des pratiques de braconnage dans la forêt, que la Trappe a pris ce nom[7].

Historique[modifier | modifier le code]

Fondation savignienne[modifier | modifier le code]

Le 25 novembre 1120, la Blanche-Nef fait naufrage, emportant avec elle de nombreux nobles normands, dont Mathilde du Perche, fille illégitime d'Henri Ier d'Angleterre. En souvenir de ce naufrage, son mari, le comte Rotrou[note 1] fait bâtir un oratoire à Soligny en 1122[9].

Quelques années plus tard, il souhaite qu'un monastère s'implante en ce lieu pour que des moines prient pour le repose de l'âme de sa femme. Les moines qui viennent construire l'abbaye sont issus de l'abbaye normande du Breuil-Benoît[3]. Il s'installent à côté de l'oratoire le 10 septembre 1140[10].

Une bulle d'Eugène III vient confirmer la charte de fondation de l'abbaye en juin 1147[11]

Intégration à l'ordre cistercien[modifier | modifier le code]

Comme la totalité de la congrégation savignienne, elle rejoint en 1147 l'ordre cistercien[12].

Au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

L'abbaye est prospère sous la tutelle anglo-normande : des premiers dons lui sont faits sous l'abbatiat d'Albolde, à Moulins-la-Marche, Mélicourt, Ballon en forêt de Breteuil[13]. La période de plus grande richesse spirituelle et matérielle de l'abbaye est l'abbatiat d'Adam Gautier, troisième abbé[14]. Sous son abbatiat est d'ailleurs terminée et consacrée l'église abbatiale, le 27 avril 1214. Comme l'immense majorité des abbatiales cisterciennes (du moins françaises), elle est consacrée à Notre-Dame[15].

L'abbaye de la Trappe, à en croire Leopold Janauschek, ne fonde pas d'abbaye-fille avant 1790. Mais ce dernier ne s'intéresse qu'aux abbayes masculines. Or l'abbaye fonde un établissement cistercien féminin, l'abbaye des Clairets, dans la commune de Mâle, le 3 octobre 1215[15].

Quand survient la Guerre de Cent Ans, l'abbaye souffre de nombreuses destructions. Durant deux ans, sous l'abbatiat de Martin, donc vers 1360, les moines sont obligés de quitter leur monastère et de trouver refuge au château de Bonsmoulins[16]. L'abbé suivant voit l'abbaye incendiée et détruite à l'exception de l'église et de la salle capitulaire. Les moines ne sont plus alors qu'une quinzaine[17]. Une reconstruction intervient, mais l'abbaye est à nouveau pillée en 1434[18] et en 1469[19].

Liste des abbés religieux de la Trappe
  • Albolde (1146 à 1173)[20]
  • Gervais-Lambert (de 1173 à 1189)[21]
  • Adam Gautier (de 1189 à 1236 ou 1243)[22]
  • Jean Herbert (de 1236 ou 1243 à 1276)[23]
  • Guillaume (de 1276 à 1279)[24]
  • Robert (de 1279 à 1297)[25]
  • Nicolas (1297 à 1310)[26]
  • Richard (de 1310 à 1317)[27]
  • Robert (de 1317 à 1346)[28]
  • Michel (de 1346 à 1347)[16]
  • Martin (de 1347 à 1376)[16]
  • Richard (de 1376 à 1382)[17]
  • Jean-Olivier Parisy (de 1382 au début du XIVe siècle[note 2])
  • Guillaume (attesté vers 1403 et en 1413)[29]
  • Jean (attesté en 1417)[18]
  • Vacance probable jusqu'en 1458[18]
  • Robert Lavolle (de 1458 à 1476)[19]
  • Henri Hoart (de 1476 à 1520)[30]
  • Robert Ravey (de 1520 au 4 avril 1527)[31]
  • Julien des Noës (du 4 avril 1527 au lendemain)[note 3].

Le déclin à la Renaissance et sous l'absolutisme[modifier | modifier le code]

Le régime de la commende est imposé aux religieux contre leur volonté le 5 avril 1527 par le roi François Ier, en vertu du concordat de Bologne. Désormais, l'abbé n'est plus un religieux mais un personnage extérieurs à l'abbaye, aux débuts un ecclésiastique, mais ensuite un noble n'ayant rien à voir avec la religion[31]. Les cisterciens de la Trappe tentent de revenir à l'élection d'un abbé régulier en 1548, en élisant eux-mêmes un abbé, qui de la même manière est révoqué dès le lendemain par le roi[32].

Le premier abbé commendataire, Jean du Bellay, dirigeait au moins six abbayes en même temps : celle de la Trappe[33], celle des Écharlis[34], celle de Pontigny, celle de Fontaine-Daniel, celle de Tiron et celle de Breteuil[35].

Liste des abbés commendataires de la Trappe jusqu'à Rancé
  • Jean du Bellay (du 5 avril 1527 à 1538)[33]
  • Martin Hennequin de Savières de Blines (de 1538 au 21 janvier 1548)[36]
  • François Rousserie (du 21 janvier 1548 au lendemain)[note 4]
  • Alexandre Goevrot (du 22 janvier 1548 à 1555)[37]
  • Denis de Brédevent (de 1555 à 1573)[38]
  • Jean Bartha (élu en 1573)[38]
  • Michel de Seurre (jusqu'en 1582)[39]
  • Jacques Le Fendeur (élu en 1582)[39]
  • Denis Hurault de Vibraye (date inconnue)[39]
  • Nicolas Bourgeois (jusqu'en 1635)[40]
  • Antoine Séguier de Drancy (en 1635 et 1636)[40]
  • Dominique Séguier d’Autry (neveu du précédent, de 1636 à 1641)[41]
  • Victor Le Bouthillier de Chavigny (de 1641 à 1656)[42]
  • François Le Bouthillier de Rancé (neveu du précédent, de 1656 à 1660)[42].

La réforme de Rancé[modifier | modifier le code]

Armand Jean Le Bouthillier de Rancé, abbé commendataire, reçoit en 1660 l'abbaye de son oncle, lequel l'avait lui-même reçue d'un parent[42]. Il possède d'ailleurs l'usufruit de plusieurs autres abbayes et prieurés, mais, converti, choisit de les distribuer et de ne conserver que la Trappe[43]. Il s'y rend cette même année, ne trouve à l'abbaye que sept moines, dont les activités n'ont plus rien à voir avec la prière. Rancé leur laisse le choix de rester et de se réformer, ou de partir. Pour les remplacer, il fait venir six moines de l'abbaye de Perseigne, et demande conseil à deux abbés ayant opté pour la réforme de l'« étroite observance » (initiée par l'abbaye de la Charmoye), ceux de Barbery et de Prières[44].

En 1663, Rancé devient abbé régulier, se fait novice à l'abbaye de Perseigne pour apprendre la vie religieuse[45]. Le 28 juin 1664, ce noviciat terminé, il prononce ses vœux et rentre à la Trappe, où il trouve six religieux et un novice[46]. L'introduction de la réforme amène de nombreuses vocations à l'abbaye, aussi bien de religieux lassés du peu de piété de leur abbaye que de nouveaux convertis attirés par cette radicalité[47].

Il s'oppose durant son abbatiat à Claude Vaussin puis à Jean Petit, abbés de Cîteaux, partisans des adoucissements de la règle, ce qui occasionne de nombreux voyages à Paris et à Rome. Il y rencontre de nombreux autres abbés, certains convaincus par sa réforme, d'autres scandalisés. L'abbé de Tamié est de ces derniers, mais un de ses moines, François Cornuty, décide à l'inverse de venir à la Trappe[48]. Après quelques années, Rancé l'envoie prêcher la réforme à Foucarmont[47].

Les tenants de la commune observance finissent par avoir gain de cause auprès de Louis XIV ; ils arguent du fait (réel) qu'aucune abbaye située dans les autres pays (particulièrement l'Allemagne) ne suit l'étroite observance, et donc qu'une meilleure représentation de cette dernière au sein de l'ordre cistercien serait considérée comme une exclusion de fait des abbés non-français. Or le roi tient à leur présence au sein du conseil cistercien, car il peut avoir barre sur ce dernier et ces abbés sont de puissants personnages dans les pays d'Europe centrale, avec lesquels il est régulièrement en guerre ou du moins en conflit diplomatique[49],[48].

La Trappe demeure donc seule à pratiquer la réforme ; cependant, l'abbé de Tamié, François-Nicolas de la Forest de Somont, si hostile à la réforme trappiste se rend à la Trappe ; bouleversé par ce qu'il y découvre, il se rend aux arguments de Rancé et implante la réforme dans son abbaye[50],[48]. Par ailleurs, Louis XIV autorise l'abbaye, après la mort de Rancé (27 octobre 1700), à rester régulière, avec un abbé religieux, élu par les moines, non commendataire[51].

En 1705, la réforme a suffisamment permis l'afflux de vocations nouvelles pour que le nouvel abbé, Jacques de la Court, accepte la fondation d'une trappe en Italie, dans l'abbaye San Bartolomeo di Buonsollazzo (de), cistercienne, mais en pleine décadence due à la commende ; dix-huit moines partent le 19 janvier 170de cette année : en cinquante ans, le monastère italien croît jusqu'à compter cinquante religieux[52].

Une cinquantaine d'année après, en 1767, le monastère accueille le jeune Benoît-Joseph Labre, mais qui n'est pas admis comme frère pour raisons d'âge. À la suite d'autres refus, il choisit la voie d'errance qui le rend célèbre[53]. Entre 1714 et 1790, la Trappe accueille en tout trois cents professions, (majoritairement de frères convers)

Liste des abbés réguliers depuis la réforme jusqu'à la Révolution


  • Armand Jean Le Bouthillier de Rancé (neveu du précédent, de 1660 à 1696)[42]
  • Zozime Pierre Foisil (de janvier au 3 mars 1696)[54]
  • François Armand Gervaise (du 29 mars 1696 à 1698)[55]
  • Jacques de La Court (du 7 décembre 1698 à 1713)[56]
  • Isidore-Maximilien d’Ennetières (de 1714 à 1727)[57]
  • François Auguste Gouche (de1727 à 1734)[58]
  • Zozime Hurel (de 1735 à 1747)[58]
  • Malachie Brun (de 1747 à 1766)[59]
  • Théodore Chambon (de 1766 à 1783)[60]
  • Pierre Olivier (de 1783 à 1790)[53]

La période révolutionnaire et l'exil[modifier | modifier le code]

La loi du 13 février 1790 interdit les vœux monastiques. Or les novices continuent d'affluer à la Trappe, jusqu'à trois en une journée cette même année. Le maître des novices, Augustin de Lestrange, est confronté au choix de refuser toutes les nouvelles vocations pour se plier à la loi ou, contre l'avis de son supérieur, de fuir en Suisse pour préserver l'esprit monastique[61]. La loi du 4 décembre 1790, interdisant tous les ordres religieux, le décide à partir, avec l'approbation de l'abbé de Cîteaux[62]. Le sénat de Fribourg ne l’autorise qu'à amener en Suisse vingt-quatre frères (nombre ensuite réduit à vingt-et-un), qui s'établissent avec lui en avril 1791 dans la Chartreuse de La Valsainte, vide depuis l'expulsion des Chartreux en 1778[63].

Cet établissement connaît de nombreux déboires, parmi lesquels une épidémie qui tue de nombreux moines en 1795 ; mais elle est cependant couronnée de succès, au point d'une part de fonder des abbayes-filles à Sainte-Suzanne en Espagne, près de Saragosse, à Westmalle, aux Pays-Bas, à Lulworth en Angleterre[64], et d'autre part que Lestrange doit aménager une autre refuge pour les sœurs trappistines ; il est réalisé à Saint-Brancher, également dans le Valais suisse[65]. La règle des Trappistes est proposée aux femmes, Lestrange faisant le projet de l'adoucir là où elle est considérée comme trop dure. Mais les femmes l'acceptent toutes et ont même tendance à la durcir, ce qui l'incite à donner définitivement la même règle aux femmes qu'aux hommes[66]. La Valsainte est érigée en abbaye par Pie VII le 30 septembre 1794[67].

Pendant ce temps, le monastère de la Trappe, devenu bien national, est mis en vente. L'église, le cloître, la salle capitulaire sont détruits. Tous les matériaux, pierres, mais aussi charpentes et tuiles, sont vendues aux habitants des environ. Les arbres de haute futaie, préservés par les moines des coupes régulières afin de servir de bois de charpente[68], sont également coupés[69]. Plusieurs moines sont guillotinés, les autres incarcérés ou déportés en Guyane[70].

L'occupation complète de la Suisse par les troupes françaises, en 1797, oblige Lestrange à envisager un autre établissement pour la Trappe. Il choisit la Russie, comme pays le plus lointain possible de la France. Il évacue d'abord les femmes du Valais à Constance, puis les hommes ; leur chemin passe par l'Allemagne, l'Autriche, la Pologne, pour arriver jusqu'à Terespol alors russe[71]. Les Trappistes s'installent à l'abbaye de Wistytschy (de) (en Biélorussie actuelle), fondée en 1675[72], mais dont l'abbé avait été tué par les Russes, et qui ne compte alors que six religieux et deux novices[73].

En 1800, chassés par le tsar[64], les moines reviennent jusqu'en Allemagne, s'établissant dans l'ancien monastère cistercien de Kleinburlo (de) ou « Darfeld », qui sert de base pour les éphémères fondations aux États-Unis durant le premier Empire[74]. D'autres reviennent à la Valsainte, dont Lestrange. Celui-ci doit fuir Napoléon en 1811, exil qui le mène en Allemagne, Suède, Angleterre et États-Unis[64].

La refondation trappiste[modifier | modifier le code]

En 1814, la Première Restauration signe le retour des trappistes. Mais ceux-ci se sont divisés. Certains suivant la règle instituée par Lestrange à la Valsainte ; ils s'établissent à la Trappe, Bellefontaine, Aiguebelle et Melleray. D'autres (ceux de Darfeld) ne reconnaissent que la règle de Rancé appliquée à la lettre ; on les retrouve au Gard, au Port-du-Salut, à Oelenberg et à Westmalle. Les monastères féminins créés sont ceux de La Coudre, d'Oelenberg (mixte jusqu'à la création d'Altbronn), des Gardes et de Vaise[64].

À la Trappe même, à la suite d'un conflit entre Lestrange et l'évêque du lieu, la vie monastique est temporairement impossible ; la communauté est exilée à Bellefontaine et ne se réinstalle à Soligny qu'en 1827, à la mort de l'abbé[64].

Liste des abbés depuis 1814
  • Augustin de Lestrange (de 1815 à 1827)
  • Joseph-Pierre-Marie Hercelin (de 1827 à 1855)
  • Timothée Gruyer (de 1855 à 1881)
  • Étienne Salasc (de 1881 à 1892)
  • Vacance entre 1892 et 1912
  • Bernard-François-Louis Chevalier (de 1912 à 1924)
  • Jean-Marie Clerc (de 1924 à 1940)
  • Raymond Praneuf (de 1940 à 1944)
  • Vacance entre 1944 et 1945
  • Étienne Chenevière (de 1945 à 1949)
  • Eugène Delamare (de 1949 à 1965)
  • Gérard Guérout (de 1965 à 1975)
  • Vacance entre 1975 et 1976
  • Gérard Dubois (de 1976 à 2003)
  • Guerric Reitz-Séjotte (depuis2003)

L'abbaye[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Suivant des théories anciennes, Rotrou aurait été présent sur la Blanche-Nef, et aurait été rescapé du naufrage. Les théories plus récentes réfutent cette hypothèse[8].
  2. La plupart des sources anciennes, dont la Gallia Christiana, font durer l'abbatiat de Jean-Olivier Parisy jusqu'en 1458, soit 76 ans. Outre le peu de crédibilité de cette affirmation, des sources prouvent qu'en 1403, il a déjà trouvé un successeur[29].
  3. Julien des Noës est élu abbé régulier de la Trappe par les autres moines. Mais François Ier annule son élection et nomme à sa place le premier abbé commendataire[31].
  4. François Rousserie, ou Rouseric, est élu abbé régulier de la Trappe par les autres moines. Mais Henri II annule son élection et nomme à sa place un abbé commendataire[32].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (la) Leopold Janauschek, Originum Cisterciensium : in quo, praemissis congregationum domiciliis adjectisque tabulis chronologico-genealogicis, veterum abbatiarum a monachis habitatarum fundationes ad fidem antiquissimorum fontium primus descripsit, t. I, Vienne,‎ 1877, 491 p. (lire en ligne), p. 198 & 199.
  2. « Notice no PA00110953 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. a et b (it) « Trappe (Notre Dame de la) », sur http://www.cistercensi.info, Ordre cistercien (consulté le 13 mars 2014).
  4. Carte IGN 1816 ET sur Géoportail. Consulté le 13 mars 2014..
  5. Hyacinthe de Charencey 1896, Livre premier, chapitre Ier, « Période préliminaire », p. 46.
  6. Hyacinthe de Charencey 1896, Livre premier, chapitre Ier, « Période préliminaire », p. 47.
  7. Hyacinthe de Charencey 1896, Livre premier, chapitre Ier, « Période préliminaire », p. 49.
  8. Louis Joseph Fret, Antiquités et chroniques percheronnes : recherches sur l'histoire civile, religieuse, monumentale, politique et littéraire de l'ancienne province du Perche, et pays limitrophes, vol. 3, Glaçon,‎ 1840, 567 p. (OCLC 9282670, lire en ligne), p. 357.
  9. Bernadette Barrière et Marie-Élisabeth Montulet-Henneau, Cîteaux et les femmes : architectures et occupation de l'espace dans les monastères féminins : modalités d'intégration et de contrôle des femmes dans l'Ordre : les moniales cisterciennes aujourd'hui, Paris, Éditions Créaphis,‎ 2001, 353 p. (ISBN 9782907150996, lire en ligne), p. 154.
  10. Grégoire-Jacques Lange, Éphémérides normandes, ou, Recueil chronologique, historique et monumental sur la Normandie, t. 2, Caen, Bonneserre, Mancel, Trébutien et Manoury (lire en ligne), p. 151.
  11. Hyacinthe de Charencey 1896, Livre premier, chapitre Ier, « Période préliminaire », p. 60.
  12. Nicole Bouter, Unanimité et diversité cisterciennes : filiations, réseaux, relectures du XIIe au XVIIe siècle : actes du quatrième Colloque international du C.E.R.C.O.R., Dijon, 23-25 septembre 1998, Université de Saint-Étienne,‎ 2000, 715 p. (ISBN 9782862721774, lire en ligne), p. 71.
  13. Hyacinthe de Charencey 1896, Livre premier, chapitre II, « Débuts de la Trappe », p. 67 à 70.
  14. Hyacinthe de Charencey 1896, Livre premier, chapitre III, « Apogée de l'ancienne Trappe », p. 78 à 82.
  15. a et b Hyacinthe de Charencey 1896, Livre premier, chapitre III, « Apogée de l'ancienne Trappe », p. 90.
  16. a, b et c Hyacinthe de Charencey 1896, Livre premier, chapitre V, « Période de la Guerre de Cent Ans et époque suivante », p. 128.
  17. a et b Hyacinthe de Charencey 1896, Livre premier, chapitre V, « Période de la Guerre de Cent Ans et époque suivante », p. 131.
  18. a, b et c Hyacinthe de Charencey 1896, Livre premier, chapitre V, « Période de la Guerre de Cent Ans et époque suivante », p. 135.
  19. a et b Hyacinthe de Charencey 1896, Livre premier, chapitre V, « Période de la Guerre de Cent Ans et époque suivante », p. 136.
  20. Hyacinthe de Charencey 1896, Livre premier, chapitre II, « Débuts de la Trappe », p. 59.
  21. Hyacinthe de Charencey 1896, Livre premier, chapitre II, « Débuts de la Trappe », p. 71.
  22. Hyacinthe de Charencey 1896, Livre premier, chapitre III, « Apogée de l'ancienne Trappe », p. 73.
  23. Hyacinthe de Charencey 1896, Livre premier, chapitre IV, « Période intermédiaire », p. 94.
  24. Hyacinthe de Charencey 1896, Livre premier, chapitre IV, « Période intermédiaire », p. 106.
  25. Hyacinthe de Charencey 1896, Livre premier, chapitre IV, « Période intermédiaire », p. 110.
  26. Hyacinthe de Charencey 1896, Livre premier, chapitre IV, « Période intermédiaire », p. 113.
  27. Hyacinthe de Charencey 1896, Livre premier, chapitre IV, « Période intermédiaire », p. 114.
  28. Hyacinthe de Charencey 1896, Livre premier, chapitre V, « Période de la Guerre de Cent Ans et époque suivante », p. 126 & 127.
  29. a et b Hyacinthe de Charencey 1896, Livre premier, chapitre V, « Période de la Guerre de Cent Ans et époque suivante », p. 134.
  30. Hyacinthe de Charencey 1896, Livre premier, chapitre V, « Période de la Guerre de Cent Ans et époque suivante », p. 138.
  31. a, b et c Hyacinthe de Charencey 1896, Livre premier, chapitre V, « Période de la Guerre de Cent Ans et époque suivante », p. 140.
  32. a et b Philippe-Irénée Boistel d' Exauvillez, Histoire de l'Abbé de Rancé : réformateur de la Trappe, Debécourt,‎ 1842 (notice BnF no FRBNFbpt6k63513012, lire en ligne).
  33. a et b Hyacinthe de Charencey 1896, Livre premier, chapitre VI, « Période des commendes et décadence », p. 144.
  34. Edmond Régnier, « Histoire de l’abbaye des Écharlis », Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l’Yonne, no 67,‎ 1913, p. 277-279 (ISSN 0181-0588, lire en ligne).
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  36. Hyacinthe de Charencey 1896, Livre premier, chapitre VI, « Période des commendes et décadence », p. 149.
  37. Hyacinthe de Charencey 1896, Livre premier, chapitre VI, « Période des commendes et décadence », p. 150.
  38. a et b Hyacinthe de Charencey 1896, Livre premier, chapitre VI, « Période des commendes et décadence », p. 151.
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  40. a et b Hyacinthe de Charencey 1896, Livre premier, chapitre VI, « Période des commendes et décadence », p. 153.
  41. Hyacinthe de Charencey 1896, Livre premier, chapitre VI, « Période des commendes et décadence », p. 154.
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  43. Hyacinthe de Charencey 1896, Livre deuxième, chapitre II, « Conversion de Rancé », p. 193.
  44. Hyacinthe de Charencey 1896, Livre deuxième, chapitre II, « Conversion de Rancé », p. 195.
  45. Hyacinthe de Charencey 1896, Livre deuxième, chapitre II, « Conversion de Rancé », p. 197.
  46. Hyacinthe de Charencey 1896, Livre deuxième, chapitre II, « Conversion de Rancé », p. 200.
  47. a et b Hyacinthe de Charencey 1896, Livre deuxième, chapitre III, « Rancé et la commune observance », p. 214.
  48. a, b et c Christian Regat, « Les cisterciens en Savoie : Tamié de 1132 à 1701 », Mémoires et documents publiés par l’Académie salésienne, vol. 104,‎ 1998, p. 18 (ISSN 1157-0644, lire en ligne).
  49. Hyacinthe de Charencey 1896, Livre deuxième, chapitre III, « Rancé et la commune observance », p. 224 à 226.
  50. Hyacinthe de Charencey 1896, Livre deuxième, chapitre IV, « Rancé et les jansénistes », p. 233.
  51. Hyacinthe de Charencey 1896, Livre deuxième, chapitre IV, « Rancé et les jansénistes », p. 249.
  52. Hyacinthe de Charencey 1896, Livre deuxième, chapitre VIII, « Les successeurs immédiats de Rancé », p. 351.
  53. a et b Hyacinthe de Charencey 1896, Livre deuxième, chapitre IX, « La Trappe au XVIIIe siècle », p. 359 & 360.
  54. Hyacinthe de Charencey 1896, Livre deuxième, chapitre VIII, « Les successeurs immédiats de Rancé », p. 309.
  55. Hyacinthe de Charencey 1896, Livre deuxième, chapitre VIII, « Les successeurs immédiats de Rancé », p. 311.
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  57. Hyacinthe de Charencey 1896, Livre deuxième, chapitre IX, « La Trappe au XVIIIe siècle », p. 353.
  58. a et b Hyacinthe de Charencey 1896, Livre deuxième, chapitre IX, « La Trappe au XVIIIe siècle », p. 355.
  59. Hyacinthe de Charencey 1896, Livre deuxième, chapitre IX, « La Trappe au XVIIIe siècle », p. 356.
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  61. Hyacinthe de Charencey 1896, Livre troisième, chapitre I, « Persécution et début de l'exode », p. 386.
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  68. Louis Dubois, Histoire de l'abbaye de Morimond : diocèse de Langres, 4e fille de Citeaux, qui comptait dans sa filiation environ sept cents monastères des deux sexes, avec les principaux ordres militaires d'Espagne et de Portugal : ouvrage où l'on compare les merveilles de l'association cénobitique aux utopies socialistes de nos jours, Dijon, Loireau-Feuchot,‎ 1852, 578 p. (lire en ligne), chap. XXIV (« Économie forestière des moines »), p. 242.
  69. Hyacinthe de Charencey 1896, Livre troisième, chapitre III, « Les Trappistes en France pendant la Révolution », p. 421.
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  72. (it) « Vistic », sur http://www.cistercensi.info, Ordre cistercien (consulté le 14 mars 2014).
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Bibliographie[modifier | modifier le code]