Éducation au Maroc

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le système éducatif marocain est caractérisé par la cohabitation de systèmes publics et privés, francophone et arabophones.

Le système public est géré par le Ministère marocain de l’éducation nationale alors que les systèmes privés sont gérés par entreprises privés ou des agences d'enseignement comme l'AEFE.

Les taux brut de scolarisation et taux de d’achèvement du primaire des marocains n'ont cessé d'augmenter régulièrement à tous les niveaux[1] [2]. Le taux d'alphabétisation des adultes marocains atteignait 78% en 2012 contre 52% en 2004[3].

Le système éducatif marocain doit faire face à de très fortes inégalités. Les élèves des milieux aisés et des classes moyennes envoyés dans des lycées francophones privés suivent souvent des parcours d'excellence au Maroc (Iscae, Médecine, Ingénierie, etc..) ou en France (grandes écoles, médecine, etc..).

À l'inverse le système éducatif public arabisé souffre de nombreux problèmes. Bien qu'il arrive à produire un petit nombres d’excellents élèves, ses résultats sont globalement faibles et il est régulièrement critiqué par les médias, les milieux économiques et patronaux ainsi que par toutes les organisations internationales (Banque Mondiale, UNESCO, BERD, OCDE, FMI).

Histoire du système éducatif marocain[modifier | modifier le code]

Avant la colonisation, l'enseignement était principalement principalement religieux. L'immense majorité des marocains étaient analphabètes.

La première université du Maroc, l'université Al Quaraouiyine de Fès est crée en 859.

L'école est devenue obligatoire pour tous les enfants marocains âgés de 6 à 13 ans en 1963[4].

Islamisation et arabisation[modifier | modifier le code]

Dans les années 80, le système éducatif est islamisé puis arabisé. En 1981, le ministre Azzedine Laraki interdit tous les cours de philosophie. L'école de sociologie marocaine est également interdite et les rares sociologues étrangers comme le professeur Paul Pascon sont expulsés. Le ministre annonce que la philosophie sera remplacée par les cours d'études islamiques obligatoires.

Ensuite toutes les matières sont arabisées dans les deux premières années d'école, tandis que le français est maintenu comme langue d'enseignement des mathématiques et des sciences dans les cycles du primaire et du secondaire. En 1989, l'arabisation et l'islamisation du système éducatif public est achevée. Toutefois, le français reste conservé comme langue d'enseignement des matières scientifiques dans les écoles techniques et professionnelles du secondaire, les établissements d'enseignement technique, les écoles supérieures de technologie et les universités[5].

Réformes[modifier | modifier le code]

Le gouvernement a mis en place de nombreux réformes visant à améliorer l'accès à l'éducation et à réduire les différences régionales en matière d'enseignement.

Mohammed VI a décidé d'instaurer une « Décennie de l'éducation » couvrant la période 1999-2009. Le Maroc a aussi réussi à améliorer l’accès au système éducatif de base avec l'aide de la Banque mondiale et d'autres organismes multilatéraux.

En 2006 Mohammed VI décidé de créer le Conseil Supérieur de l'Enseignement.

Le Maroc se dote ensuite d'un véritable Programme d'urgence pour l'éducation afin de rattraper le lourd retard du pays. Le PU couvre la période 2009-2012, s'appuie sur les leçons apprises au cours de la dernière décennie. Dans ce contexte, le gouvernement marocain demande à cinq bailleurs de fonds importants — Union européenne (UE), Banque européenne d'investissement (BEI), Agence française de développement (AFD), Banque africaine de développement (BAD) et la Banque mondiale — d'aider à la mise en œuvre du programme de réforme du PU[6].

Système de gestion de l'éducation au Maroc[modifier | modifier le code]

Le système d'éducation du Maroc comprend les enseignements préscolaire, primaire, secondaire et universitaire. Les efforts du gouvernement d'amélioration de la disponibilité des services d'éducation ont permis d'accroître l'accès à tous les niveaux d'enseignement. Le système éducatif du Maroc comprend un cycle primaire de six années, un cycle secondaire collégial de trois années, un cycle secondaire qualifiant de trois années et l'enseignement supérieur. Il est placé sous la tutelle du ministère de l'Éducation nationale, de l'enseignement supérieur, de la formation des cadres et de la recherche scientifique (MNE).

Le ministère de l'Éducation nationale a décentralisé ses services au niveau de régions créées en 1999, quand les 72 provinces ont été réunies en 16 entités administratives régionales. Ensuite, la responsabilité de la prestation des services d'éducation a été lentement transférée au niveau régional. Ce processus de décentralisation permettra de veiller à ce que les programmes d'éducation répondent aux besoins régionaux tout en assurant une gestion locale du budget. Chaque région dispose d'une Académie régionale d'éducation et de formation avec un directeur régional qui supervise les délégués provinciaux de la région. Les académies régionales sont également responsables de l'élaboration de 30 % du programme pour l'adapter aux besoins locaux. L'administration centrale du MNE continue de gérer les 70 % restants [7].

L'éducation préscolaire[modifier | modifier le code]

Selon la Charte nationale, l'enseignement préscolaire est obligatoire et accessible à tous les enfants de moins de six ans. Ce niveau accueille les enfants âgés de quatre à six ans. Il existe deux types d'écoles pré-primaires au Maroc : les maternelles et les écoles coraniques. Les maternelles sont des écoles privées qui dispensent un enseignement principalement dans les villes. Les écoles coraniques préparent les enfants à l'enseignement primaire en les aidant à acquérir une alphabétisation de base et des compétences en calcul. Les écoles coraniques ont le potentiel de devenir une force majeure dans la lutte contre l'analphabétisme (TIMSS). Près de 80 % des enfants fréquentent une forme d'école coranique pendant une partie de leurs années d'école [7]. En 2007, le taux brut de scolarisation (TBS) des élèves en préscolaire au Maroc était d'environ 60 %, avec le TBS des garçons atteignant 69,4 % et celui des filles 49,6 %. Le TBS des filles a augmenté au cours de ces dernières années, tandis que celui des garçons se situe à environ 69 % depuis 2003[1].

L'enseignement primaire[modifier | modifier le code]

Le cycle de l'enseignement primaire dure six ans et accueille les enfants de 6 à 12 ans. Les élèves doivent réussir un Certificat d'études primaires pour pouvoir être admis dans le cycle collégial de l'enseignement secondaire[8].

Les taux bruts de scolarisation (TBS) du niveau primaire ont augmenté régulièrement au cours des années 2000. En 2007, le TBS total au niveau primaire s'établissait à 107,4 % — 112 % pour les garçons et 101 % pour les filles. Mais l'indice de parité entre les sexes pour les TBS était à 0,89, ce qui montre que le problème de l'inégalité entre les genres persiste au niveau du primaire, sans oublier l'inégalité entre les régions avec des écoles non-équipées sans toilettes. Le taux de redoublement au niveau primaire est de 11,8 %, soit 13,7 % pour les garçons et 9,7 % pour les filles. Les taux ont baissé au cours des dernières années pour les deux sexes. Le taux d'abandon scolaire au niveau primaire est passé de 26,7 % en 2000 à 11,8 % en 2011[9]. Le taux d'abandon des filles est en outre plus élevé que celui des garçons, avec respectivement 22 et 21 %[10]. Le taux d'abandon scolaire reste un problème majeur surtout en milieu rural. Le taux d'abandon reste encore très élevé par comparaison avec d'autres pays arabes, comme l'Algérie, Oman, l'Égypte et la Tunisie[11].

Une classe à Fès

L'enseignement secondaire[modifier | modifier le code]

L'enseignement secondaire s'ouvre par un cycle d'enseignement collégial de trois ans, dénommé « Collège ». Après 9 ans d'éducation de base, les élèves s'engagent dans l'enseignement secondaire supérieur qui comprend un tronc commun d'un an. Les élèves de première année choisissent entre plusieurs options, lettres, sciences, mathématiques ou une option originelle. Les élèves en deuxième année suivent des cours de sciences naturelles, physique, agronomie, études techniques, ou suivent les filières mathématiques A ou B.

À la fin des études du cycle secondaire, les élèves sont tenus de passer un examen national sanctionnant leurs études pour obtenir le certificat du baccalauréat.

L'enseignement supérieur[modifier | modifier le code]

Le système d'enseignement supérieur comprend des établissements privés et publics. Il y a au Maroc une vingtaine d’universités publiques ou privées.

En 2007, 88 137 diplômes universitaires ont été décernés. Le taux brut de scolarisation au niveau universitaire est de 11 % et il n'a pas beaucoup varié au cours des dernières années[11].

L'admission aux universités publiques est subordonnée à l'obtention du baccalauréat, pour les écoles supérieures de technologie (EST), l'admission se fait à base d'une sélection à base des notes obtenues au baccalauréat suivie parfois d'un entretien ou d'un concours, alors que l'admission à d'autres établissements, tels que les écoles d'ingénieurs ou les écoles de commerce, se fait sur concours.

Outre les études d'ingénerie, les autres domaines d'études en forte progression sont la médecine et la gestion des affaires. Selon le ministère de l'Éducation, les inscriptions en études de gestion ont augmenté de 3,1 % en 2003-2004 par rapport à 2002-2003. Un diplôme universitaire de premier cycle exige généralement deux ou trois années d'études et il faut en moyenne deux ans pour obtenir une maîtrise [12].

Les universités marocaines ont également commencé à intégrer l'utilisation des technologies de l'information et de la communication. Un certain nombre d'universités ont commencé à offrir des cours de génie logiciel et d'ingénierie du matériel. Ce secteur universitaire produit 2 000 diplômés par an dans le domaine des technologies de l'information et de la communication[13]. Les établissements d'enseignement marocains ont également établi des partenariats avec des établissements d'enseignement d'Europe et du Canada et offrent des programmes d'études communs dans divers domaines permettant d'obtenir un diplôme dans des universités réputées[12]

Dans le cadre du renforcement de la responsabilisation publique, les universités marocaines sont soumises à une évaluation depuis 2000, avec l'intention de mettre ses résultats à la disposition de toutes les parties prenantes, y compris les parents et les étudiants[5].

Défis du Maroc dans le secteur de l'éducation publique[modifier | modifier le code]

En moins d'un demi-siècle, le Maroc réussit à crée plusieurs universités dans les grandes villes du Royaume, à alphabétiser une partie importante de sa population, et il atteint en 2015 la scolarisation quasi-totale des enfants. Il reste néanmoins confronté à de nombreux défis si il souhaite améliorer son système d'éducation publique afin de pouvoir se développer.

Qualification inadéquate du personnel[modifier | modifier le code]

La qualification du personne éducatif marocain est souvent considéré comme inadéquate. De nombreux enseignants du système public ont étudié le droit islamique et pas la pédagogie. Les enseignants reproduisent des logiques qui consistent à apprendre sans réfléchir et comprendre, à absorber et mémoriser sans jamais mettre en relief.

Absence d'esprit critique[modifier | modifier le code]

Pour Moulay Ismaïl Alaoui, ancien ministre marocain l’éducation, l'école marocaine ne développe pas l'esprit critique : "Le problème c'est qu'on fabrique des têtes bien remplies à défaut de produire des têtes qui sont bien faites [14]"

Abandons et redoublement[modifier | modifier le code]

L'efficience du système marocain est également faible avec des taux élevés d'abandon et de redoublement. Il existe aussi une demande croissante non satisfaite d'écoles collégiales correspondant aux taux d'accès élevés à l'enseignement primaire[15]. Le problème est plus aigu dans les écoles rurales en raison de l'inadéquation de l'offre et de la qualité du matériel didactique.

Langue parlée a la maison[modifier | modifier le code]

La mauvaise qualité de l'éducation devient un problème encore plus aigu en raison des problèmes liés à la langue arabo-berbère et a la darija.

En effet, les marocains ne parlent pas l'arabe en famille mais plutôt le berbère, le français ou la darija. Or l'arabe classique est langue d'enseignement dans les écoles[7].

Persistance de l’analphabétisme[modifier | modifier le code]

Au Maroc, le taux d'analphabétisme des adultes se maintient à un niveau très élevé, à environ 40 % en 2007, malgré les efforts importants déployés depuis l'indépendance en 1956 pour réduire le taux d'analphabétisme qui atteignait à cette époque 87 %. Dans les zones rurales et pour le sexe féminin, le problème est encore plus préoccupant. Selon un rapport du haut commissariat au plan en 2014, environ 53% des femmes marocaines sont analphabètes [16].

Fuite des cerveaux[modifier | modifier le code]

En outre, le taux d'émigration des travailleurs qualifiés a été élevé : le chiffre total des expatriés hautement qualifiés par rapport au chiffre total des personnes diplômées autochtones est élevé). Le Maroc perd ainsi une quantité substantielle de main-d'œuvre qualifiée expatriée vers des pays étrangers, les marocains représentent la plus forte communauté d'Afrique du Nord ayant migré en Europe[17].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b UNESCO Institute of Statistics, 2008
  2. UNESCO à travers le site Edstats, accédé le 1er novembre 2013
  3. (en) « World Bank 2009.Edstats » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  4. Diyen,Hayat 2004,”reform of secondary education in Morocco: Challenges and Prospects.” Prospects, vol XXXIV.no.2,pp212
  5. a et b (en) « World Bank 2008,MENA Flagship Report.”The Road Not Travelled: Education Reforms in MENA.”World Bank,Washington,DC »
  6. (en) « EEP »
  7. a, b et c (en) « USAID2004.Stregthening Education in the Muslim World: Country Profile and Analysis.pp18 »
  8. TIMSS encyclopedia 2007
  9. UNESCO, à travers le site Edstats, accédé le 1er novembre 2013
  10. UNESCO Institute of Statistics|date=2008
  11. a et b (en) « World Bank 2009.Edstats »
  12. a et b Driouchi,Ahmed.2006.A Global Guide to Management Education
  13. (en) « Hamdy,Amr (June 2007).Survey of ICT and Education in Africa: Egypt Country Report.ICT in Education in Morocco »
  14. Education. Pourquoi l’école marocaine est nulle, Tel Quel
  15. (en) « World Bank 2005. “Basic Education Reform Support Program.” Project Appraisal Document. World Bank, Washington,DC »
  16. « Au Maroc, une femme sur deux est analphabète », sur Le Figaro,‎ 2014
  17. (en) « World Bank 2008,MENA Flagship Report.”The Road Not Travelled: Education Reforms in MENA.”pp254.World Bank,Washington,DC »