Écrevisse

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Écrevisse
Nom commun ou
nom vernaculaire ambigu :
L'expression « Écrevisse » s'applique en français à plusieurs taxons distincts. Page d'aide sur l'homonymie
Écrevisse à pattes grêles ( Astacus leptodactylus)
Écrevisse à pattes grêles ( Astacus leptodactylus)
Taxons concernés

Le terme écrevisse est un nom vernaculaire donné à certaines espèces de crustacés décapodes appartenant en général à la super-famille des Astacoidae mais dispersés dans plusieurs genres. Ces différentes espèces ont en commun d'être des animaux vivant en eau douce et ressemblant à de petits homards, dont ils sont proches.

Le terme français moderne dérive de l'ancien français escreveice. D'une sonorité proche de crevette et de crabe, l'origine du vieux français est probablement germanique. Les termes pour désigner ces animaux sont en ancien Bas francique *krebitja ou ancien haut allemand krebiz[1]. On retrouve d'ailleurs cette même origine dans l'allemand moderne Krebs pour désigner les crustacés et le néerlandais Kreeft pour désigner les Astacidea c'est-à-dire la famille qui regroupe les homards, écrevisses, langoustines...

En France c'est l'écrevisse à pattes rouges (Astacus astacus) qui est nommée traditionnellement « écrevisse » mais celle-ci est en voie de disparition.

Sommaire

[modifier] État des populations, pressions réponses

Astacidae (1ère ds 3 grandes familles d'écrevisse), Ex : Austropotamobius pallipes
Cambaridae(2nde ds 3 grandes familles d'écrevisse), Ex : Procambarus alleni
Parastacidae(3ème ds 3 grandes familles d'écrevisse), Ex : Cherax sp.

Dans le monde entier, à cause de la surpêche et/ou de la pollution et dégradation des berges, voire de l'introduction d'autres espèces qui deviennent invasives hors de leur milieu originel, les écrevisses sont en voie de régression.

En Europe.
Les écrevisses européennes (15 espèces, dont 5 autochtones, pour environ 600 espèces connues dans le monde) sont également en voie de raréfaction. Un réseau scientifique dit Craynet[2] créé en 2002 (avec 500 membres astacologistes ou gestionnaires dans 11 pays en 2006) suit ce phénomène et produit un atlas des populations[3] qui a fait grâce à des analyses génétiques un premier point sur une situation complexe en raison du fait que les espèces ont été déplacées, mélangées et parfois mal identifiées. Elles ont moins souffert sur l'amont de certaines rivières et près d'espaces mieux protégés des pesticides et de la turbidité tels que les forêts.

La France n'est pas épargnée par la régression des écrevisses, avec par exemple la quasi-disparition des écrevisses autochtones dans le nord du pays, et un effondrement de 68 % (de 1978à 2006) en région Poitou-Charentes [4].
Une espèce invasive, l'écrevisse américaine introduite au xxe siècle, tend à remplacer les espèces autochtones plus petites, moins agressives, moins fertiles, vivant moins longtemps et vulnérables à des maladies importées par l'écrevisse américaine, dont la « peste des écrevisses », affectant négativement et fortement la biodiversité des cours d'eau européens. Les spécialistes de Craynet, dont Catherine Souty-Grosset, invitent à cesser toute introduction et tout déplacement d'espèces invasives ; des réintroductions d'espèces pourraient être envisagées, mais en tenant compte de la diversité génétique, des habitats et des espèces invasives dans une gestion restauratoire des populations autochtones, ce qui demande d'améliorer la connaissance des problèmes.

[modifier] Quelques espèces appelées « écrevisse »

Note : Certains noms usuels peuvent parfois désigner une même espèce

On rencontre aussi parfois des appellations dont l'usage est plus douteux comme « écrevisse de Turquie » pour désigner l'Écrevisse turque (Astacus leptodactylus).

[modifier] Astaciculture

L'astaciculture est l'élevage des écrevisses à but commercial ou semi-commercial.

[modifier] Aspects culturels

Le mot « écrevisse » est employé pour quelques expressions populaires :

  • « rouge comme une écrevisse » fait référence à leur couleur après cuisson.
  • « aller comme les écrevisses », se dit d'affaires qui n'avancent pas mais reculent comme les écrevisses.
  • « Quand il fait doux à la Saint-Patrice, de leur trou sortent les écrevisses.», dicton du 17 mars. Les écrevisses passent l’hiver dans un trou de leur rivière; se nourrissant de cadavres, elles symbolisent la vie naissant dans le monde aquatique. En Ardennes, on prévoit la pluie si les écrevisses abandonnent les ruisseaux et se promènent à reculons (en réalité elles nagent dans l’eau près du sol, à reculons)[6].

Ouvrage :

  • Umberto Eco, À reculons comme une écrevisse. Ed. Grasset, 2006[7].

[modifier] Voir aussi

[modifier] Article connexe

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[modifier] Liens externes

[modifier] Notes et références

  1. Définitions lexicographiques et étymologiques de « écrevisse » du TLFi, sur le site du CNRTL.
  2. Craynet, Muséum/CNRS Université de Poitiers
  3. C. Souty-Grosset, D. Holdich, P. Noël, J. Reynolds et P. Haffner , Atlas of crayfish in Europe, Muséum national d'histoire naturelle, 2006, 187 p.
  4. Source : Catherine Souty-Grosset, du laboratoire « Génétique et biologie des populations de crustacés » (GBPC)2. Coordinatrice de Craynet
  5. a, b, c, d, e, f, g et h Meyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales. consulter en ligne. Montpellier, France, Cirad.
  6. Gabrielle Cosson, Almanach des dictons météorologiques, Éditions Larousse, Paris, 2003
  7. Umberto Eco, À reculons comme une écrevisse
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