Yubo

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Yubo
Description de l'image Yubo-app-icon.jpg.

Informations
Développé par Twelve APP
Première version Voir et modifier les données sur Wikidata
Dernière version 3.40.2 ()
Système d'exploitation IOS et AndroidVoir et modifier les données sur Wikidata
Environnement iOS & Android
Langues Anglais, Espagnol, Français, Allemand, Japonais, Néerlandais, Finnois, Suédois et Russe
Type Réseautage social
Site d'hébergement de vidéosVoir et modifier les données sur Wikidata
Politique de distribution Achats intégrés
Site web https://yubo.live

Yubo (anciennement appelé Yellow) est un réseau social destiné à des rencontres amicales créé par 3 anciens étudiants français en ingénierie dans deux grandes écoles du pôle technologique Paris-Saclay, CentraleSupélec et Télécom Paris.

Histoire[modifier | modifier le code]

Yubo, initialement nommé « Yellow », est une application mobile créée en 2015 par Sacha Lazimi, Jérémie Aouate et Arthur Patora, trois étudiants français en écoles d'ingénieur, CentraleSupélec et Télécom Paris. L'application a eu deux précurseurs : Saloon en 2012, et Twelve, en 2013[1],[2],[3],[4].

Le lancement de Yubo a lieu en sur iPhone et Android. En , l'agence spécialisée App Annie indique que Yubo est depuis « dans le top 10 des applis les plus téléchargées dans la catégorie lifestyle »[5].

En , l'entreprise réalise une levée de fonds de 11 200 000 euros auprès de ses investisseurs habituels - Alven, qui est son investisseur historique, Sweet Capital et Village Global, qui compte parmi ses investisseurs Mark Zuckerberg et Jeff Bezos - mais également auprès des fonds d'investissement Iris Capital et Idinvest Partners[6],[7],[8]. Yubo annonce plusieurs raisons à cette levée de fonds. Yubo veut améliorer la sécurité notamment en multipliant le nombre de modérateurs humains. Yubo a pour ambition de passer de 25 millions d'utilisateurs inscrits en 2019 à 250 millions en 2022 en développant de nouveaux marchés, dont le Japon et le Brésil[9],[6]. Les fonds doivent également servir à développer des nouveautés technologiques comme le partage d'écran permettant aux utilisateurs de collaborer pour les jeux ou pour faire du shopping[6].

Au printemps 2020, l’application s'enrichit de quatre jeux créés en collaboration avec ses utilisateurs[10].

En , Jacksonville, en Floride, est choisie comme siège américain de Yubo[8]. La société ouvre également un bureau à Londres[11]. En , Yubo réalise une nouvelle levée de fonds, récoltant 40 millions d'euros auprès de ses investisseurs historiques et d'un nouvel entrant, Gaia Capital Partner. L'objectif annoncé est notamment de renforcer la modération et de développer le marché asiatique[12],[13]. Par ailleurs, Jerry Murdock, investisseur commun à Twitter et Snapchat, entre au conseil d'administration de Yubo[13],[14].

Utilisateurs[modifier | modifier le code]

Yubo s'est d'abord implanté dans les pays anglo-saxons, en particulier les États-Unis, le Royaume-uni et l'Australie[6],[9]. En effet, à ses débuts, Yubo propose à ses utilisateurs de trouver de nouveaux amis grâce à Snapchat, une application elle-même très utilisée dans les pays anglo-saxons[15],[11]. Le directeur de la communication de la société affirme que les fondateurs de l'application ont créé Yubo après avoir « constaté un comportement propre à la génération Z, qui partageait sur Instagram ou Facebook leur pseudo Snapchat dans le but de se faire de nouveaux amis »[11].

La société donne les chiffres suivant : en 2017, 70% des nouveaux inscrits ont entre 13 et 17 ans[5]. Fin 2019, l'application est utilisée essentiellement par des jeunes : les 15-20 ans représentent 80 % de ses utilisateurs[9].

Par ailleurs, la société revendique en dix millions d'inscrits[5], puis, en , 500 000 utilisateurs actifs quotidiennement et 20 millions d'inscrits[16], puis, en , un million d'utilisateurs actifs quotidiennement et 25 millions d'inscrits[7]. Les États-unis représentent alors 40 % des utilisateurs, le Canada 10%, le Royaume-Uni 20%, et les pays scandinaves 20%[7]. La société déclare que les utilisateurs se sont créés 2 milliards d'amis entre 2015 et 2019, qu'ils ont échangé 10 milliards de messages et ont réalisé plus de 30 millions de discussions vidéo[17].

En 2020, dans le contexte de la pandémie de covid-19, la société annonce une accélération de la croissance de son activité avec une augmentation de 350 % du temps passé dans les groupes de discussion, et 8,5 millions de nouveaux membres inscrits de janvier à septembre[11]. Selon Les Échos, l'application est « extrêmement populaire aux Etats-Unis et séduit surtout la génération les 16-21 ans »[18]. En , la société revendique 40 millions de membres[15].

Particularités[modifier | modifier le code]

Yubo permet de créer des groupes de discussion en vidéo en temps réel, avec au maximum 10 membres[17],[5],[6],[8]. L'objectif déclaré par les concepteurs de l'application est que Yubo puisse devenir un endroit familier pour les utilisateurs, qui pourront ainsi se socialiser en ligne comme dans la « vraie vie » : par exemple, les utilisateurs de Yubo peuvent rejoindre un flux vidéo en direct pour jouer de la guitare avec leurs amis, faire des concours de chant, faire leurs devoirs, ou simplement se détendre et parler de choses aléatoires[19],[17],[9],[20],[15]. Selon TechCrunch et Le Figaro, ainsi que la psychologue clinicienne Emma Levillair qui analyse l'abandon du bouton « j'aime » par Yubo[21], le modèle de réseau social développé par la société Yubo se démarque de la plupart des réseaux sociaux qui l'ont précédé, ces derniers étant plutôt basés sur le partage de contenus et l'abonnement aux comptes d'« influenceurs » ayant de très nombreux abonnés[19],[9].

Par ailleurs, Yubo vise la « génération Z », les personnes nées à la fin des années 1990. Selon Sacha Lazimi, cofondateur de l'application, il s'agit d' « une génération hyper connectée qui passe plus de temps en ligne que hors ligne », mais qui a néanmoins un « sentiment de solitude important »[6]. L'application met un accent particulier pour aider les adolescents à rencontrer de nouvelles personnes et se créer des cercles amicaux[19],[17]. L'une des fonctionnalités de Yubo permet de faire défiler des profils et d'indiquer ceux qui suscitent l'intérêt. Si l'intérêt est partagé, alors un échange privé peut commencer. Yubo permet ainsi de créer un contact selon des similitudes de profils et non selon les interactions réellement constatées entre les différents comptes, comme cela est le cas pour d'autres réseaux sociaux[9],[5].

La possibilité de faire défiler des profils et de démarrer une conversation si l'intérêt est mutuel est un principe similaire à celui de l'application de rencontre Tinder, et Yubo a souvent été surnommée par la presse « Tinder pour les adolescents »[19],[22]. La société Yubo estime inappropriée la comparaison avec Tinder : elle affirme, entre autres, que la majorité des utilisateurs ne se rencontrent jamais physiquement et que 80% d'entre eux sont situés géographiquement à un minimum de 80 km[5].

Sécurité, gestion de contenus illicites[modifier | modifier le code]

L'application est conçue pour que mineurs et majeurs ne puissent pas entrer en contact les uns avec les autres[5], Yubo ayant créé deux communautés distinctes, les 13-17 ans et les plus de 18 ans[23]. Et pour éviter que les utilisateurs fraudent sur leur âge déclaré, Yubo met en place diverses sécurités. Notamment des algorithmes analysent les conversations pour établir si l'âge déclaré à l'inscription correspond. Pour accéder à l'application, il est obligatoire de mettre une photo sur son profil, et les photos sont analysées par des algorithmes qui en déterminent l'âge. Pour lutter contre l'utilisation de fausses photos, Yubo utilise l'intelligence artificielle de Google Images pour repérer les photos qui seraient déjà présentes ailleurs sur internet. Et en cas de doute sur la véracité de la photo, l'utilisateur doit s'identifier en fournissant une pièce d'identité sur l'application partenaire Yoti[24],[6].

Les règles de Yubo interdisent la nudité, les drogues, les armes, les propos racistes, homophobes ou haineux[6],[25]. Pour faire respecter ses règles, Yubo utilise des algorithmes bannissant l'usage de certains termes sur l'application[6], notamment ceux véhiculant des insultes, des humiliations, ou des demandes d'images dénudées[5]. Chaque message est analysé en temps réel pour détecter s'il comporte des problèmes[26].

En 2018, les utilisateurs de Yubo peuvent désactiver les données de localisation[27].

En 2020, Yubo affirme intervenir en direct sur les discussions filmées, en prenant une photo toutes les deux secondes de chaque flux vidéo des groupes de discussion. Des algorithmes sont chargés de détecter sur ces photos la nudité, la drogue, la violence, etc, et peuvent alors interrompre le flux vidéo si nécessaire[24],[7],[8]. En au Royaume-Uni[28], le rapport indépendant IICSA (Independent inquiry into child sexual abuse) sur les abus sexuels d'enfants estime que « la valeur de la modération humaine est évidente dans le succès obtenu par le réseau social Yubo, dont les modérateurs interrompent les diffusions en direct pour dire aux utilisateurs mineurs de mettre leurs vêtements »[29].

En France, Yubo adhère en 2020 à la plateforme Point de Contact qui permet de signaler des contenus illicites en ligne[22],[30]. Yubo collabore également avec l'association e-Enfance, qui lutte contre les cyber-violences[22]. La société a établi des partenariats dans plusieurs pays avec des associations engagées dans la lutte contre le harcèlement en ligne et la protection de l'enfance[6].

En , Yubo annonce un partenariat avec la National Center for Missing & Exploited Children (NCMEC), une ONG américaine de recherche des enfants disparus : Yubo partagera des données en cas de « suspicion d’activité illégale concernant des mineurs ». Et le NCMEC participe au « Safety Board » du réseau social, un comité d'une dizaine d'experts internationaux de la cybersécurité et de la protection de l’enfance[31],[6]. A la même période, Yubo met en place un système de sécurité qui consiste à envoyer un message d'avertissement aux utilisateurs qui seraient sur le point de transmettre des coordonnées personnelles ( numéro de téléphone, adresse email, adresse postale)[31].

Critiques[modifier | modifier le code]

A partir de 2016, Yubo est critiqué par la presse, des associations et des spécialistes de la protection de l'enfance qui soulèvent différents problèmes : risque de prédation sexuelle des jeunes par des adultes, envois de photos de nudité et cas de harcèlement[32],[5],[6],[23],[33],[34]. Au fil du temps, la société Yubo met en place diverses améliorations des systèmes de sécurité[5],[6],[22] et fin 2019, Yubo assure que ses problèmes de modération relèvent du passé[6]. Les experts en sécurité reconnaissent l'engagement et les progrès de Yubo en la matière[32],[24],[22],[6],[27],[29] mais estiment que ni Yubo ni les réseaux sociaux en général ne peuvent parvenir à un risque nul pour leurs utilisateurs[6],[22],[26],[24].

Modèle économique et données financières[modifier | modifier le code]

Yubo ne met pas de publicité sur son application et affirme ne pas monétiser les données de ses utilisateurs. La société déclare que sa seule source de revenu est la vente de fonctionnalités supplémentaires[7],[6]. Par exemple, les utilisateurs peuvent payer pour que la visibilité de leur profil augmente et ainsi obtenir plus d'interactions sociales. La société a déclaré un chiffre d'affaires de 10 000 000 dollars en 2019 (8 900 000 euros)[6],[35].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Sacha Lazimi (Yubo) : la social discovery à la française », sur Planete Business, (consulté le 12 novembre 2020)
  2. « Entrepreneuriat étudiant - En 2015 », sur Université Paris-Saclay, (consulté le 12 novembre 2020)
  3. « Yubo, l'application pour ados qui inquiète les parents », sur www.cnews.fr (consulté le 5 février 2020)
  4. « Yubo lève 11 millions pour développer sa plateforme pour la génération Z », sur Challenges (consulté le 5 février 2020)
  5. a b c d e f g h i et j Boris Manenti, « Yellow, le "Tinder" des ados qui inquiète les parents », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  6. a b c d e f g h i j k l m n o p q et r Benjamin Hue, « Yubo ne veut plus qu'on l'appelle "le Tinder des adolescents" », RTL,‎ (lire en ligne)
  7. a b c d et e Deborah Loye, « Yubo se rêve en leader européen des applications sociales », sur Les Echos Executives, (consulté le 5 février 2020)
  8. a b c et d (en) « French social media app Yubo sets up U.S. headquarters in Jacksonville », sur Jacksonville Business Journal, (consulté le 2 octobre 2020)
  9. a b c d e et f « Yubo espère atteindre 250 millions d'utilisateurs en 2022 », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  10. « Yubo lance quatre nouveaux jeux alors que l’activité de l’application monte en flèche pendant le confinement », sur Toute-lactu.com, (consulté le 13 mai 2020)
  11. a b c et d Léna Guihéneuf, « Le réseau social français Yubo s’implante à Londres », sur French Morning London, (consulté le 14 novembre 2020)
  12. « Yubo, le réseau social de la génération Z, lève 40 millions d’euros », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 27 novembre 2020)
  13. a et b Nicolas Rauline, « Yubo, le réseau social qui concurrence les Américains sur leur terrain », sur Les Echos Executives, (consulté le 27 novembre 2020)
  14. « Yubo : le nouveau grand réseau social français tendance chez les jeunes ? », sur Siècle Digital, (consulté le 27 novembre 2020)
  15. a b et c « Sacha Lazimi : « La cible de Yubo, c’est la génération Z ! » », sur Le Petit Journal, (consulté le 14 novembre 2020)
  16. « EP.60 - Yubo : Atteindre 20M d'utilisateurs, avec Sacha Lazimi, CEO », sur GrowthMakers, (consulté le 5 février 2020)
  17. a b c et d (en-US) « Yubo raises $12.3 million for its social app for teens », sur TechCrunch, (consulté le 14 novembre 2020)
  18. « Yubo, le réseau social français qui cartonne à l'étranger », sur Les Echos, (consulté le 14 novembre 2020)
  19. a b c et d (en-US) « Yubo is a social network about socializing », sur TechCrunch, (consulté le 14 novembre 2020)
  20. (en) Igor Bosilkovski, « Social Platform For Teens Yubo Triples Its Daily New Users Amid The Coronavirus Crisis », sur Forbes, (consulté le 14 novembre 2020)
  21. Emma Levillair, « Les Réseaux Sociaux, De Machines A Complexes A Médias Emancipateurs », sur Forbes France, (consulté le 14 novembre 2020)
  22. a b c d e et f « « C'est l’un des réseaux sociaux les plus safe » C'est quoi Yubo ? », sur www.20minutes.fr, (consulté le 15 novembre 2020)
  23. a et b Perrine Signoret, « On a testé Yubo, l'appli française de rencontres « amicales » utilisée par 25 millions de jeunes », sur Numerama, (consulté le 15 novembre 2020)
  24. a b c et d « TikTok déjà ringarde ? Hoop, Yubo, Twitch, Discord, HouseParty, les "nouvelles" applis des ados », sur CNET France, (consulté le 13 novembre 2020)
  25. « Comprendre Yubo, le nouveau réseau social des ados », sur Magicmaman.com, (consulté le 13 novembre 2020)
  26. a et b Katherine Bindley, « Don’t Talk to Strangers? These Apps Encourage It. », sur wsj.com,
  27. a et b (en) « Roblox and Yubo join Australian efforts to tackle cyberbullying », www.esafety.gov.au, (consulté le 8 mars 2018)
  28. (en) « Written statements - Written questions, answers and statements - UK Parliament », sur questions-statements.parliament.uk, (consulté le 15 novembre 2020)
  29. a et b (en-GB) Owen Bowcott Legal affairs correspondent, « Inquiry calls for web pre-screening to end UK child abuse 'explosion' », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 15 novembre 2020)
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  31. a et b Tiana, « Yubo s’associe à l’ONG NCMEC pour renforcer la sécurité de ses utilisateurs », sur TechGuru, (consulté le 13 mai 2020)
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  34. (en-US) « Yellow App: Connects not Only Young but Also Children with Strangers! », sur Lhe.io, (consulté le 15 novembre 2020)
  35. Cédric Mialaret, « La jeune pousse parisienne Yubo lève 12,3 millions de dollars | | Le Diligent », (consulté le 5 février 2020)