Taoudeni

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Taoudeni
Prospection pétrolière autour de Taoudeni
Prospection pétrolière autour de Taoudeni
Administration
Pays Drapeau du Mali Mali
Région Région de Tombouctou
Cercle Cercle de Tombouctou
Géographie
Coordonnées 22° 37′ 54″ Nord 3° 57′ 13″ Ouest / 22.63167, -3.95361
Altitude 280 m
Localisation

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Taoudeni

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Taoudeni est une localité du nord du Mali située à peu près à 750 km au nord de Tombouctou et dans la partie sud du désert algéro-malien du Tanezrouft, qui est la partie méridionale du Sahara. Cette localité a prospéré par l'exploitation du sel-gemme.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le site[modifier | modifier le code]

Taoudeni n'est pas une ville à proprement parler, et actuellement ne subsistent que les ruines de l'ancien bagne abandonné il y a quelques années. Pendant longtemps cette zone était interdite. Elle est mentionnée la première fois par Es Saâdi dans son Histoire du Soudan : il rapporte que, lorsqu'en 1586, une armée chérifienne s'empara des mines de sel de Taghaza150 km au nord-ouest de Taoudenni), certains des mineurs prirent la fuite vers Taoudani[1]. Bien plus tard, en 1906, un officier français, Édouard Cortier, parvint à rallier Taoudeni avec un escadron de méharistes : il publie la première description des mines[2]. À l'époque, le seul édifice en pierre était le ksar de Smida, dont les remparts ne comportaient qu'une seule porte, sur le côté ouest. Les ruines du ksar se trouvent à 600 m au nord de la prison[3].

Climat[modifier | modifier le code]

Taoudeni se trouve dans la moitié méridionale du Tanezrouft, au cœur du Sahara, une des régions les plus torrides de la planète, à des centaines de kilomètres du village le plus proche. Le village, exposé à un ensoleillement complet tout au long de l'année, est soumis à une version extrême du climat désertique (BWh suivant la classification de Köppen) : c'est un climat torride, et des plus arides[4]. Les températures maximum mensuelles dépassent 40 °C d'avril à septembre, avec un pic de 48 °C en juillet, ce qui constitue un record pour cette altitude[5]. Les hivers sont même chauds au regard du reste de la Terre : la moyenne des températures maximums approche de 27 °C pour le mois le plus frais. La température diurne moyenne est d'environ 29 °C. Les précipitations moyennes annuelles sont comprises entre 10 mm et 20 mm, l'essentiel des pluies survenant entre juillet et octobre[6]. En moyenne, Taoudenni enregistre 3 700 heures de soleil annuellement, avec 84 % de plein soleil en période diurne.

Données climatiques à Taoudeni.
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température moyenne (°C) 17,6 21,1 24,7 28,1 32,3 35,5 36,9 35,8 34 29,9 23,9 18,4 28,2
Précipitations (mm) 0,5 0,1 0 0,2 0,2 0,4 3 8,5 5,4 1,6 0,5 0,4 20,8
Nombre de jours avec précipitations 0 0 0 0 0 0 0,9 1,8 0,6 0 0 0 3,3
Humidité relative (%) 33,5 29,1 25,6 23,1 23,5 28,9 35,8 43 40,4 31,4 32,3 34,2 31,7
Source : Weatherbase[7].


Économie[modifier | modifier le code]

Les plaques de sel de Taoudeni, déchargées sur le port de Mopti (Mali)

La région de Touadeni est, depuis des siècles, le site d'une importante exploitation des mines de sel gemme[8]. C'est à cet endroit que l'on confectionne les fameuses plaques de sel, qui font la réputation du site. Ce sel était transporté dans une grande partie de l'Afrique de l'Ouest, par des caravanes de dromadaires, appelés improprement au Sahara chameaux. Ces caravanes ainsi que les expéditions qu'elles forment sont appelées azalaï en langue tamasheq. Les caravanes sont formées d'une centaine ou plus de dromadaires, menées par le chef de clan. Les mineurs peuvent voyager avec l'Azalaï à condition de se débrouiller seuls. Les caravaniers se déplacent uniquement grâce au vent, aux dunes et aux étoiles et parcourent environ 40 km par journée d'environ 10 h de marche. Le chargement et le déchargement des dromadaires prend à chaque fois plusieurs heures. De plus en plus ce transport se fait par camions 4x4.

Il est actuellement dénombré environ une centaine de travailleurs exploitant le sel affleurant dans cette zone composée d'anciens fonds marins. La plupart d'entre eux travaillent pour rembourser des dettes contractées auprès des caravanes. Les « peines » vont de quelques mois à plusieurs années et malgré des conditions de travail épouvantables certains mineurs restent sur place et exploitent la mine pour nourrir leur famille, tout en étant obligés de passer par les azalaï pour vendre le sel, azalaï qui n'hésitent pas à garder les profits engendrés par les fluctuations du cours du sel et à faire payer les voyages (environ trois plaques).

Les conditions de vie des mineurs sont particulièrement éprouvantes dans cet environnement hostile. Ils sont entièrement dépendants des caravanes auxquelles ils troquent nourriture, eau, combustible… contre du sel (un litre d'huile pour trois plaques de sel par exemple, alors qu'un mineur doit extraire au moins 12 plaques par jour pour rembourser ses dettes). Les mineurs travaillent sans équipement de protection, souvent pieds nus, avec des outils rudimentaires identiques à ceux employés depuis des siècles. Les logements sont construits à l'aide de briques de terre sur place par les mineurs.

De récentes prospections ont mis en évidence des gisements pétroliers. Il s'agit probablement des mêmes gisements que ceux découverts en Mauritanie, non loin de la zone de Taoudeni. Des permis de prospection et d'exploitation ont été récemment délivrés. Un réaménagement des pistes de ce qui reste de l'aéroport est à l'étude pour permettre le développement de cette activité.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cf. Abderrahmane Es Sa'di (trad. Octave Houdas), Tarikh es-Soudan, t. 2, Paris, Ernest Leroux, , 540 p. (lire en ligne).
  2. Cortier, « De Tombouctou à Taodéni : Relation du raid accompli par la compagnie de méharistes du 2e Sénégalais commandée par le capitaine Cauvin. 28 février -17 juin 1906 », La Géographie, 14e série, no 6,‎ , p. 328-330
  3. Les ruines du ksar se trouvent par 22° 40′ 46″ N 3° 58′ 49″ O / 22.67944, -3.98028. Cortier a publié un plan du ksar dans son récit de 1906, p. 327.
  4. Jean Fabre et Nicole Petit-Maire, « Holocene climatic evolution at 22–23 ° N from two paleolakes in the Taoudenni area (Northern Mali) »,  Palaeogeography Palaeoclimatology Palaeoecology, 65e série, no 3-4,‎ , p. 133-148 (DOI 10.1016/0031-0182(88)90020-X)
  5. « La terre et les hommes dans le monde musulman », Correspondance d'Orient, no 8,‎
  6. « Climat: Tombouctou », sur Climate.data.org
  7. « Weatherbase » (consulté le 19 juin 2015)
  8. Cf. D. Meunier, « Le commerce du sel de Taoudeni », Journal des Africanistes, vol. 50, no 2,‎ , p. 133–144 (DOI 10.3406/jafr.1980.2010, lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Un film, Azalaï, la caravane de l'or blanc de Joël Calmettes, témoigne de l'azalaï de Tombouctou à Taoudeni.