Région de Taoudénit

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La région de Taoudénit est une région créée en 2016, après l'accord d'Alger. Avant les cercles la composant faisait partie de la région de Tombouctou C'est une localité du nord du Mali située à peu près à 750 km au nord de Tombouctou et dans la partie sud du désert algéro-malien du Tanezrouft, qui est la partie méridionale du Sahara. Cette localité a prospéré par l'exploitation du sel-gemme.

Cette région est composée de quatre cercles:

  • le cercle de Foum Alba comprenant les Arrondissements de Foum Alba central, Alhank, Araouane, Téghaza et Taoudéni,
  • le cercle d'Achouratt comprenant les Arrondissements de Achouratt central, Algatara, Alfagrouna, Almatala et Liraka,
  • le cercle d'Al-Ourche comprenant les Arrondissements de Al-ourche central, Djaba, Oum-Laadam, Touwal et Ziriba
  • le cercle de Boudje-Béha comprenant les Arrondissements de Boudje-Béha central, Agoni, Ereg Khal, Limgassim et Zouéiya

En 2016, la région est aux mains du MAA et d'AQMI et échappe totalement au contrôle du gouvernement malien[1].

Géographie

Le site Taoudénit n'est pas une ville à proprement parler, et actuellement ne subsistent que les ruines de l'ancien bagne abandonné il y a quelques années. Pendant longtemps cette zone était interdite. Elle est mentionnée la première fois par Es Saâdi dans son Histoire du Soudan : il rapporte que, lorsqu'en 1586, une armée chérifienne s'empara des mines de sel de Taghaza (à 150 km au nord-ouest de Taoudenni), certains des mineurs prirent la fuite vers Taoudani1. Bien plus tard, en 1906, un officier français, Édouard Cortier, parvint à rallier Taoudeni avec un escadron de méharistes : il publie la première description des mines2. À l'époque, le seul édifice en pierre était le ksar de Smida, dont les remparts ne comportaient qu'une seule porte, sur le côté ouest. Les ruines du ksar se trouvent à 600 m au nord de la prison.

Climat Taoudeni se trouve dans la moitié méridionale du Tanezrouft, au cœur du Sahara, une des régions les plus torrides de la planète, à des centaines de kilomètres du village le plus proche. Le village, exposé à un ensoleillement complet tout au long de l'année, est soumis à une version extrême du climat désertique (BWh suivant la classification de Köppen) : c'est un climat torride, et des plus arides4. Les températures maximum mensuelles dépassent 40 °C d'avril à septembre, avec un pic de 48 °C en juillet, ce qui constitue un record pour cette altitude5. Les hivers sont même chauds au regard du reste de la Terre : la moyenne des températures maximums approche de 27 °C pour le mois le plus frais. La température diurne moyenne est d'environ 29 °C. Les précipitations moyennes annuelles sont comprises entre 10 mm et 20 mm, l'essentiel des pluies survenant entre juillet et octobre6. En moyenne, Taoudenni enregistre 3 700 heures de soleil annuellement, avec 84 % de plein soleil en période diurne.


Économie

Les plaques de sel de Taoudeni, déchargées sur le port de Mopti (Mali) La région de Touadeni est, depuis des siècles, le site d'une importante exploitation des mines de sel gemme8. C'est à cet endroit que l'on confectionne les fameuses plaques de sel, qui font la réputation du site. Ce sel était transporté dans une grande partie de l'Afrique de l'Ouest, par des caravanes de dromadaires, appelés improprement au Sahara chameaux. Ces caravanes ainsi que les expéditions qu'elles forment sont appelées azalaï en langue tamasheq. Les caravanes sont formées d'une centaine ou plus de dromadaires, menées par le chef de clan. Les mineurs peuvent voyager avec l'Azalaï à condition de se débrouiller seuls. Les caravaniers se déplacent uniquement grâce au vent, aux dunes et aux étoiles et parcourent environ 40 km par journée d'environ 10 h de marche. Le chargement et le déchargement des dromadaires prend à chaque fois plusieurs heures. De plus en plus ce transport se fait par camions 4x4.

Il est actuellement dénombré environ une centaine de travailleurs exploitant le sel affleurant dans cette zone composée d'anciens fonds marins. La plupart d'entre eux travaillent pour rembourser des dettes contractées auprès des caravanes. Les « peines » vont de quelques mois à plusieurs années et malgré des conditions de travail épouvantables certains mineurs restent sur place et exploitent la mine pour nourrir leur famille, tout en étant obligés de passer par les azalaï pour vendre le sel, azalaï qui n'hésitent pas à garder les profits engendrés par les fluctuations du cours du sel et à faire payer les voyages (environ trois plaques).

Les conditions de vie des mineurs sont particulièrement éprouvantes dans cet environnement hostile. Ils sont entièrement dépendants des caravanes auxquelles ils troquent nourriture, eau, combustible… contre du sel (un litre d'huile pour trois plaques de sel par exemple, alors qu'un mineur doit extraire au moins 12 plaques par jour pour rembourser ses dettes). Les mineurs travaillent sans équipement de protection, souvent pieds nus, avec des outils rudimentaires identiques à ceux employés depuis des siècles. Les logements sont construits à l'aide de briques de terre sur place par les mineurs.

De récentes prospections ont mis en évidence des gisements pétroliers. Il s'agit probablement des mêmes gisements que ceux découverts en Mauritanie, non loin de la zone de Taoudeni. Des permis de prospection et d'exploitation ont été récemment délivrés. Un réaménagement des pistes de ce qui reste de l'aéroport est à l'étude pour permettre le développement de cette activité.

Notes et références[modifier | modifier le code]