Odette du Puigaudeau

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Odette du Puigaudeau
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RabatVoir et modifier les données sur Wikidata
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Odette Loyen du Puigaudeau, née le à Saint-Nazaire (Loire-Inférieure) et morte le à Rabat (Maroc), est une ethnologue française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issue d'une famille de la bourgeoisie, fille du peintre de l’École de Pont-Aven Ferdinand du Puigaudeau (1864-1930) — cousin germain de l'écrivain Alphonse de Châteaubriant —, et de Blanche-Henriette-Idalie Van Den Broucke, Odette du Puigaudeau réside à partir de 1908 au Croisic (Loire-Atlantique) dans le manoir de Kervaudu. Enfant unique, elle était instruite à la maison par ses parents.

En 1920, elle s'installe à Paris pour s'inscrire à la Sorbonne au cours d'océanographie du professeur Jourdin[Qui ?] dans l'espoir d'être engagée au laboratoire marin de Carthage en Tunisie, sans succès.

Elle est ensuite dessinatrice dans les laboratoires du Collège de France, styliste chez Jeanne Lanvin, journaliste à L'Intransigeant et dans des revues féminines, et enfin ethnologue.

En 1929, elle devient l'une des premières femmes à s’embarquer sur des thoniers bretons. Elle décrit la vie dans les îles bretonnes de l’entre-deux-guerres dans son livre Grandeur des îles.

Sa candidature pour une expédition au Groenland ayant été refusée par le commandant Charcot qui n'accepte pas les femmes à bord, elle découvre par la suite d’autres grands espaces dans le désert du Sahara et jusqu'aux confins de la Mauritanie en 1933 et 1934, avec sa compagne Marion Sénones, peintre et dessinatrice qui illustrera certains de ses livres. Elle raconte son périple, illustré par Marion Sénones, et ses rencontres avec les tribus mauritaniennes dans son ouvrage Pieds nus à travers la Mauritanie[1], grand prix de l'Académie française en 1936.

Fondatrice en à Paris du Service féminin français, elle assure à partir de cette date des missions de préhistoire et d'ethnographie pour divers ministères et sociétés savantes.

Elle repart en expédition en Mauritanie et dans les pays environnants à partir de 1950 avec l’appui du ministère de la France d’Outre-mer. Cependant, du fait de ses prises de position politiques en faveur de la décolonisation, elle doit affronter l’hostilité croissante des autorités coloniales[2].

Elle s'établit à Rabat en 1961, où elle réalise pour la radio des émissions culturelles de 1961 à 1962, et est documentaliste au ministère de l'Information en 1963, et chef du bureau de préhistoire au musée archéologique de Rabat de 1970 à 1977.

Odette du Puigaudeau a écrit huit livres, de nombreux articles et un traité sur le peuple maure. Son travail ethnographique, scientifique et littéraire est un hommage aux peuples du Sahara occidental.

Ses archives, données par elle à la Société de géographie en 1987 et en 1991, sont conservées à la Bibliothèque nationale.

Hommages[modifier | modifier le code]

A l'occasion du 27e anniversaire de son décès, le Conseil national des droits de l'homme et le Centre des études sahariennes de l'Université Mohammed V ont rendu hommage à cette figure de la vie intellectuelle rabatie à l'occasion d'un cycle de conférences organisé le à la BNRM[3].

En outre, l'école française de Dakhla, affiliée au réseau scolaire de la Mission laïque française, porte le nom d'école Odette du Pigaudeau[4].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Pieds nus à travers la Mauritanie, préface du général Gouraud, Plon, 1936 ; Phébus, 1992, prix Anaïs-Ségalas de l'Académie française en 1937.
  • La grande foire aux dattes, Plon, 1937, prix la Société des gens de lettres.
  • Le sel du désert, éd. P. Tisné, 1940 ; Phébus, 2001.
  • La route de l'Ouest (Maroc-Mauritanie), éd. J. Susse, 1945, prix Lange de l’Académie française en 1946.
  • Grandeur des îles, Julliard, 1946 ; Julliard 1989 ; Payot 1996 (préface de Monique Vérité).
  • Mon ami Rachid, Guépard, Albin Michel, 1948.
  • Tagant, Julliard, 1949 ; Phébus 1993.
  • La piste Maroc-Sénégal, Plon, 1954.
  • Le passé maghrébin de la Mauritanie, Rabat, ministère d'État chargé des Affaires islamiques, 1962.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Audiovisuel[modifier | modifier le code]

  • Brigitte Chevet, Odette du Puigaudeau, de la Bretagne au désert, Aber Images, France 3 Ouest, 26 min. [année ?].

Liens externes[modifier | modifier le code]