Talisman de Charlemagne

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Talisman de Charlemagne 6032.JPG

Le talisman de Charlemagne est un reliquaire portatif ou encolpion du IXe siècle. Il fait partie du trésor de la cathédrale de Reims conservé au Palais du Tau.

L'histoire tumultueuse du reliquaire[modifier | modifier le code]

Ce reliquaire serait un cadeau du calife Haroun ar-Rachid à Charlemagne lors d'une ambassade de 801. Il aurait fait partie d'un ensemble comprenant les clés du Saint-Sépulcre, le drapeau de Jérusalem, un cor de chasse d'ivoire et un cimeterre damascène[1].

Le Talisman aurait été trouvé lors de l'exhumation du corps de Charlemagne par l’empereur Frédéric Barberousse le 8 janvier 1166, mais de nombreux doutes subsistent sur cette origine présumée[2],[3]. Il aurait été alors gardé ensuite dans le trésor d'Aix-la-Chapelle depuis cette époque mais là encore de nombreux doutes existent, car un médaillon contenant les cheveux de la vierge n'est mentionné qu'au XIIe siècle[4]. Le reliquaire ne fut ensuite rattaché à Charlemagne qu'à partir de 1620[5].

Des reliques comprenant le talisman et un fragment d'os du bras droit de Charlemagne fut offert à Joséphine de Beauharnais par l'évêque de la ville Monseigneur Berdolet lors de la procession du Corpus Christi, le 9 décembre 1804, afin de remercier Napoléon d'avoir rendu à la cathédrale d'Aix-la-Chapelle les reliques qui lui avaient été confisquées lors de la Révolution française. Elle le donnera par la suite à sa fille Hortense, qui elle-même le transmit à son fils, Louis Napoléon Bonaparte, qui deviendra Napoléon III. À la chute du Second Empire, Eugénie de Montijo, l'épouse de Napoléon III, confia le talisman au docteur Conneau qui le cacha dans un mur de sa maison et le rendit à l'impératrice en Angleterre. Finalement, Eugénie l’offrira au trésor de la cathédrale de Reims en 1919[2],[6].

Description[modifier | modifier le code]

Talisman de Charlemagne Tau.jpg

Du côté face, un cabochon en verre issu d’une substitution ayant certainement eu lieu au XIXe siècle, à travers lequel une relique de la Vraie Croix est visible en transparence, et de l’autre côté, un saphir d’environ 190 carats, opaque et d’une taille assez grossière [7]. L’or est travaillé en filigranes, en granulations et l’ensemble des pierres précieuses sont montées en bâte. On reconnaît des perles, des grenats et des émeraudes placées aux quatre points cardinaux ornant l’ensemble du bijou sur ses deux faces ainsi que la tranche. Les gemmes sont polies en cabochons mettant ainsi plus en évidence leur couleur que leur éclat. La disposition des 53 pierres et perles en fonction de leur forme et de leur couleur est harmonieuse et confère à ce travail une rare qualité pour une œuvre impériale carolingienne[2].

Selon Jean Taralon, la relique, qui était à l’origine des cheveux et du lait de la Vierge, fut changée en 1804 pour un bout de la croix et la pierre fut substituée après 1870[8]. Néanmoins cette théorie est en contradiction avec l'attestation remise le 23 Thermidor An XII par Marc Antoine Berdolet, évêque d'Aix la Chapelle, à Napoléon 1er qui attesta sous peine d'excommunication que "le reliquaire (...) renferme une petite croix faite du bois de la sainte croix, trouvé au cou de saint Charlemagne lorsque son corps a été exhumé de son sépulcre en 1166" ( journal l'illustration de novembre 1844 N°240), ce qui exclut toute substitution de la relique. Jean Taralon fait référence à un autre reliquaire contenant les cheveux de la vierge apparaissant sur une gravure de W Hollar représentant une partie du trésor d'Aix la Chapelle au 17ème siècle (numéro 15 British Museum inventaire n° Q,5,375), le Talisman de Charlemagne ne faisant pas partie pour sa part de l'inventaire du trésor d'Aix la Chapelle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de)http://stoessel.wordpress.com/talisman-karls-des-grossen/
  2. a b et c [PDF] « Le talisman de Charlemagne », sur Centre national de documentation pédagogique (consulté le 3 septembre 2012).
  3. Fernand de Mély, « Le tombeau de Charlemagne à Aix-la-Chapelle », Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 59, no 5,‎ , p. 343-362 (lire en ligne).
  4. http://www.alphilrevues.ch/d/revue/1/6/29
  5. Blaise de Montesquiou-Fezensac, "Le Talisman de Charlemagne", Art de France. Revue annuelle de l’art ancien et moderne, II (1962), p. 69
  6. Catherine Granger, L'Empereur et les arts: la liste civile de Napoléon III, Droz, (lire en ligne), p. 381.
  7. The Talisman of Charlemagne: New Historical and Gemological Discoveries. Gems & Gemology, Spring 2019, Vol. 55, No. 1
  8. Jean Taralon, "Note technique sur le "Talisman de Charlemagne", dans Les Monuments historiques de la France, 1966, no 1-2, p. 24-43.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrick Demouy, Reims. Le palais du Tau et le trésor de Notre-Dame, Éditions du patrimoine, Centre des monuments nationaux, (ISBN 978-2-85822-203-2).
  • Patrick Demouy, « Le trésor de la cathédrale », Arts sacrés, no 1 (Hors série),‎ , p. 48-53 (ISSN 2105-1429).
  • Catherine Granger, "L'Empereur et les arts: la liste civile de Napoléon III", Droz, 2005, p. 381
  • Blaise de Montesquiou-Fezensac, "Le Talisman de Charlemagne", Art de France. Revue annuelle de l’art ancien et moderne, II (1962), p. 66-76
  • Jean Taralon, "Note technique sur le "Talisman de Charlemagne", dans Les Monuments historiques de la France, 1966, n°1-2, p. 24-43.
  • Laurence Terrier, "Se souvenir de Charlemagne au XIIe siècle", dans Thesis : cahier d'histoire des collections, Neuchâtel, 2004-2005, 7-29

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]