Coupe des Ptolémées

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La coupe avant le vol de 1804.

La coupe des Ptolémées est un canthare (ancien vase à doubles poignées) constitué d'un camée monolithe de sardonyx, conservé au Cabinet des Médailles de la Bibliothèque nationale de France à Paris. Jusqu'en septembre 1791, la coupe des Ptolémées faisait partie du trésor de Saint-Denis[1]. Elle fut volée le 17 février 1804, retrouvée enfoui dans un jardin du bourg de Rozoy-sur-Serre le 14 novembre 1804 mais sans ses ornements carolingiens en or et pierres serties[2].

La coupe, est, avec la Tasse Farnèse de Naples et le Vase Rubens de Baltimore, un chefs-d'œuvre de la taille et de la gravure de pierre de l'Antiquité. Elle est décorée avec des vignettes représentant la préparation d'une cérémonie en l'honneur de Dionysos et réalisée probablement à Alexandrie entre le Ier siècle avant et le Ier siècle après Jésus-Christ[3]. Elle a acquis son association avec les Ptolémées après sa description faite par Jean Tristan de Saint-Amant qui croyait qu'elle avait été confectionnée sur commande de Ptolémée II, pharaon de la dynastie lagide[4].

En 1634, elle était estimée à 25 000 livres (pour comparaison, le calice de Suger était évalué à 1 200 livres à la même époque)[5].

Au début du Moyen Âge, la coupe fut utilisée comme calice. Durant l'ère carolingienne, son pied fut orné de grosses perles, saphirs, émeraudes et rubis, désormais disparus et connus seulement par une gravure qu'en fit Michel Félibien[6]. Cette monture portait l'inscription suivante gravée dans l'or :

« HOC VAS XPE TIBI MENTE DICAVIT ; TERTIUS IN FRANCOS REGMINE KARLUS »

soit en français :

« Avec son esprit, ce vase a été dédié à toi, Christ, par Charles, troisième du royaume des Francs »

Erwin Panofsky a démontré que cette épigraphe désigne le roi des Francs Charles le Chauve, qui a offert cet objet à l'abbaye de Saint-Denis[7]. La coupe des Ptolémées faisait partie de la cérémonie du sacre des rois de France et peut donc être considérée comme l'un des regalia. Selon S.G. Millet, durant la cérémonie, la reine « faisait ses ablutions avec ce calice, après la divine communion »[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  1. Seymour de Ricci, « Un calice du trésor de Saint-Denis », Comptes-rendus des séances, Académie des inscriptions et belles-lettres, vol. 67, no 4,‎ , p. 335-339 (DOI 10.3406/crai.1923.74807).
  2. Isidore Philoxime Mien, Le canton de Rozoy sur Serre, Autremencourt, Le livre d'histoire-Lorisse éditeur, , 498 p. (ISBN 978-2-7586-0400-6), p.115
  3. Danielle Gaborit-Chopin et Daniel Alcouffe, Le Trésor de Saint-Denis : [exposition] Musée du Louvre, Paris, 12 mars - 17 juin, 1991, Paris, Réunion des musées nationaux, , 379 p. (ISBN 2-7118-2350-4, OCLC 24038980, lire en ligne), p. 83-87
  4. Jean Tristan de Saint-Amant, Commentaires historiques, contenans l’histoire générale des empereurs, impératrices, caesars et tyrans de l’Empire romain, Paris, Denys Moreau, (lire en ligne), vol., 2, p. 605-606
  5. http://www.medart.pitt.edu/image/france/st-denis/felebien/felepl4/PlateIV-f.html
  6. Michel Félibien, Histoire de l’abbaye royale de Saint-Denys en France […], Paris, Frédéric Léonard, (lire en ligne), p. 544-545
  7. (en) Erwin Panofsky, Abbot Suger on the Abbey Church of Saint-Denis and its Art Treasures, Princeton, Princeton University Press, , p. 217-218.
  8. S. G. Millet, Le Trésor sacré de Sainct-Denis, Paris, , 4e éd., p. 109.