Soufiane Djilali

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Soufiane Djilali
سفيان جيلالي
Fonctions
Président du Jil Jadid
En fonction depuis le
(9 ans, 3 mois et 12 jours)
Prédécesseur création
Biographie
Date de naissance (62 ans)
Lieu de naissance Blida (Algérie)
Nationalité Drapeau : Algérie Algérienne
Parti politique Jil Jadid (depuis 2012)
Entourage Abderrahmane Djilali (oncle)
Diplômé de université Pierre-et-Marie-Curie
Profession Vétérinaire

Soufiane Djilali, né le à Blida, est un homme politique algérien. Secrétaire général du Parti du renouveau algérien, il crée son propre parti Jil Jadid (« Nouvelle génération ») en 2012. Il se déclare, le , candidat à l'élection présidentielle de 2014[1],[2]. Le , il annule sa participation après la décision du président sortant de se représenter pour un 4e mandat[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Troisième de quatre enfants, il est issu d’une ancienne famille algéroise, les Djilali. Son oncle est le théologien et historien algérien Abderrahmane Djilali[4]. Il a grandi à El Anasser (ex-Ruisseau) à Alger où il fréquente durant son enfance l’école primaire du Mirabeau du Ruisseau, puis le lycée El Thaalibya à Hussein Dey. Il termine son cycle secondaire au lycée El Idrissi du Champ de Manœuvres.

Il pratique durant son adolescence les sports équestres (le saut d'obstacles) : il est champion d’Algérie en 1975 et du Maghreb à Tunis en 1978.

Il obtient son diplôme de docteur vétérinaire en 1977 à l'université d'Alger, et poursuit son doctorat en science vétérinaire à l’université Pierre-et-Marie-Curie[5], en relation avec l’Institut Pasteur de Paris. Durant ses études en France, il publie des articles de vulgarisation en tant que journaliste scientifique, dans, La Semaine vétérinaire. Il a aussi publié ses travaux de recherche dans des revues scientifiques en relation avec la biologie d’un rétrovirus, ses modes de réplication, les cellules-cibles ainsi que la mise au point de la production et la caractérisation des anticorps monoclonaux pour la définition de catégories lymphocytaires T du système immunitaire[réf. nécessaire].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Soufiane Djilali commence son parcours politique en août 1989, il s’engage au Parti du renouveau algérien (PRA). À cette époque, l’Algérie s’est vue aspirer dans le tourbillon de la crise. Il abandonne alors l’université et se consacre dès juin 1990 au secrétariat général du parti. En 1991 et 1997, il se présente aux élections législatives et locales. En 1995, il est désigné directeur de la campagne présidentielle pour le candidat du PRA.

En mars 1996, et après l'élection du président Liamine Zéroual en 1995, Soufiane Djilali est nommé au Conseil national de transition.

En , à la suite d'un désaccord avec le président du PRA, Nourddine Boukrouh, il démissionne du parti[6] avec plusieurs dizaines de cadres pour ne pas cautionner le rapprochement avec le président Abdelaziz Bouteflika.

En 2000, il fonde le Mouvement pour les libertés et le développement, mais le ministère de l’Intérieur refusa de lui octroyer l’agrément[7].

En 2001, il fonde avec des personnalités de divers horizons, le parti politique El Badil, mais encore une fois, le pouvoir refusa l’octroi des autorisations nécessaires pour organiser le Congrès[8].

En 2004, Soufiane Djilali devient membre de la direction de campagne du candidat Ali Benflis aux élections présidentielles [9]. Et en 2009, il anime un site internet, « forum-democratique.com ».

Le champ politique étant fermé[10], il se consacra à l’écriture et à la publication de contributions dans des quotidiens nationaux. Ses textes les plus importants sont regroupés et publiés sous forme d’ouvrages[11].

Le Parti Jil Jadid (« Nouvelle Génération »)[modifier | modifier le code]

Sous l’effet de la pression du printemps arabe, le pouvoir rouvre le champ politique[12]. Soufiane Djilali en profite pour réactiver dès la fin de l'année 2010, son réseau d’amis politiques, dont Smail Saidani et Zoheir Rouis et entame la préparation de la fondation d’un nouveau parti politique dénommé Jil Jadid. La réunion fondatrice s’est déroulée dans un “ hangar ” à Mektaa Kheira (Koléa, W de Tipaza) le 11 mars 2011.

Le 13 avril 2011, la création du parti était rendue publique. Jil Jadid organise son congrès constitutif le et élit Soufiane Djilali en tant que président.

Le , il lance, avec l'ancien chef de gouvernement Ahmed Benbitour et Ahmed Mechati, un appel pour une alliance stratégique entre les forces du changement pour dire non à un quatrième mandat du président Bouteflika, non à l’allongement de son mandat, non à la révision de la Constitution et non à la manipulation des résultats des élections présidentielles[13],[14].

Le , il est désigné par son parti Jil Jadid pour se porter candidat à l'élection présidentielle de 2014, avant d'annuler sa participation à la suite de la présentation de la candidature de Abdelaziz Bouteflika pour un quatrième mandat.

Soufiane Djilali participe au lancement le à Zéralda de la Coordination nationale pour les libertés et la transition démocratique (CNLTD), une alliance large de partis politiques islamistes, laïcs, berbères et nationalistes qui appelle à une transition démocratique[15],[16]. En 2016 lors du retrait de Jil Jadid de la CNLTD, Soufiane Djilali le justifie par des rapprochements de la CNLTD avec le système de pouvoir[17].

Mouvement Mouwatana[modifier | modifier le code]

Le 26 mai 2018, Soufiane Djilali, avec plusieurs acteurs politiques et de la société civile demande publiquement à M. Bouteflika de ne pas se présenter à un 5ème mandat et le 10 juin, il annonce, avec plusieurs partis, associations et militants de la société civile et des droits de l’homme, la création d’un mouvement citoyen « Démocratie-Citoyenneté », « Mouwatana » (citoyenneté) destiné à « hâter le départ du régime et à préparer les véritables conditions d’une transition politique pacifique » et contre le 5e mandat d'Abdelaziz Bouteflika[18],[19]. Mouwatana a organisé dans plusieurs villes des sorties destinées à briser le mur de la peur et proposé le 13 octobre une feuille de route destinée à sortir le pays de la crise.

Hirak[modifier | modifier le code]

Dès le lancement du mouvement populaire du 22 février 2019, Soufiane Djilali le rejoint naturellement et affirme qu'un changement de Constitution est absolument nécessaire, « cela peut se faire à travers une conférence nationale animée par un président légitime pour arbitrer les points les plus délicats »[20] et préconise d'aller rapidement vers une élection présidentielle de transition, avec un nouveau président qui s'engagerait à lancer dès son élection un processus constituant[21].

Le 2 juin 2019, puis le 6 juillet devant le Forum national du dialogue organisé par l’opposition, puis le 22 août au Panel de la médiation et enfin le 24 août 2019 lors de la rencontre de la société civile, partis et syndicats, Soufiane Djilali propose une sortie de crise par l’organisation d’une élection présidentielle digne de ce nom couplée à un processus constituant pour aboutir à une Constitution de la nouvelle Algérie, tout en réitérant les préalables du parti relatifs à la libération des détenus d’opinion et à la libéralisation des espaces d’expression et de manifestations.

Le l’ONG Pomed (Projet pour la démocratie au Moyen orient) décerne, à Washington, son prix international « Leaders de la démocratie » à sept personnalités, dont le président de Jil Jadid, Soufiane Djilali, en raison de son action en faveur de la citoyenneté et la démocratie en Algérie. Prix dédié par Soufiane Djilali au mouvement populaire « Hirak »[22].

En , Soufiane Djilali annonce le rejet de Jil Jadid de l’élection présidentielle du 12 décembre 2019 en raison de l’absence de garanties de transparence, de refus de tout dialogue avec l’opposition et de rejet de ses préalables.

Le 17 décembre, Soufiane Djiali considère l'élection du 12 décembre, bien que massivement rejetée, s’impose de fait comme un repère nouveau pour l’ensemble des protagonistes de la crise politique. Tout en rappelant que Jil Jadid est aligné, sans ambiguïté, sur la volonté populaire, il a indiqué que conscient de la complexité de la situation que traverse le pays, il interagira avec responsabilité avec le Président de la République, qu’il prendra position en toute indépendance sur les différents sujets et qu’il jugera, au fur et à mesure, des actes concrets que déciderons les autorités en fonction des objectifs du mouvement populaire.  Il indiquera attendre des gestes forts, avec une libération immédiate des détenus d’opinion, la libération des champs médiatiques et politique avant l’entame d’un dialogue inclusif, sincère et sérieux pour formaliser dans un accord global la volonté populaire. Il ajoutera que désormais le Hirak doit donner naissance à un véritable travail et à un engagement pour transformer la conscience du Hirak en action politique organisée.

Le , il est reçu par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune dans le cadre d'un dialogue politique et après que plusieurs détenus du Hirak aient été libérés. [23],[24] Lors de cette entrevue, Soufiane Djilali demande une ouverture des médias et la libération de « l’ensemble des détenus d’opinion, en citant les cas de Karim Tabbou, Fodhil Boumala, Samir Belarbi et Abdelwahab Fersaoui, ainsi que tout autre détenu du Hirak », et auquel lui répond le président qu’« il suivait de près ces questions et que le processus judiciaire en cours permettra une libération rapide de celles et ceux qui sont en détention pour raison d’opinion»[25].

Le , dans un débat télévisé sur la chaîne nationale algérienne numéro 3, Soufiane Djilali déclare que les objectifs du Hirak sont un changement réel et profond de gouvernance et l'instauration d'un État de droit, et il estime que la nouvelle constitution est une première étape vers ce but. Il précise que le plus important sera cette fois l'application de cette nouvelle constitution. Il ajoute que la constitution doit organiser les institutions de l'État selon un équilibre des pouvoirs, qu'elle est un contrat social entre les gouvernants et les gouvernés. Il affirme que l'ancienne constitution donnait les pleins pouvoirs au président (« zaïm ») et qu'il fallait que cela change. Selon lui, les propositions de l'avant-projet font évoluer la constitution (comme la nomination du chef du gouvernement issu d’une majorité parlementaire) et évitent ainsi l'existence d'un pouvoir dictatorial incarné par un seul homme. Partisan du changement progressif et réaliste, Soufiane Djilali met en garde contre l'anéantissement de l'État comme en Libye et au Yémen, et critique les positionnements politiques radicaux et nihilistes qui refusent de négocier avec le pouvoir en place.

Le , dans une interview accordée à Sky News Arabia, Soufiane Djilali estime que l'ancien système algérien corrompu a relativement changé avec la mise à l'écart ou l'emprisonnement de figures politiques telles qu'Abdelaziz Bouteflika et son frère Saïd ainsi que plusieurs hauts officiers de l'armée, et de nombreux ex-ministres et oligarques.

Le 2 juin 2020, Soufiane Djilali annonce qu'en réponse à la requête portée auprès de lui, le président Tebboune, a accepté lors de l'audience qu'il lui avait accordé le 27 mais, de libérer Karim Tabbou et Samir Benlarbi.

Publications[modifier | modifier le code]

En 1993,il publie Que veut le PRA ? : histoire d'une démocratie refusée[26].

En 2002, il publia un essai : L’Algérie : une nation en chantier, et en 2010, son dernier ouvrage intitulé L’Algérie en question.

En 2017, il publie un autre essai intitulé : La société algérienne, choc de la modernité, crise des valeurs et des croyances[27].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Soufiane Djilali, « Discours de candidature », sur lematindz.net,
  2. Hadjer Guenanfa, « Soufiane Djilali officiellement candidat à la présidentielle de 2014 », sur Tout sur l'Algérie,
  3. http://www.leconews.com/fr/actualites/nationale/politique/sofiane-djilali-se-retire-de-la-course-22-02-2014-167787_363.php
  4. Abdou Semmar, « Soufiane Djilali : "Si je suis élu Président, en deux ans, je donnerai à l’Algérie un nouveau visage" », sur algerie-focus.com,
  5. Notice de la thèse dans le catalogue du Sudoc
  6. Brahim Taouchichet, « Soufiane Djilali, coordinateur de Jil Jadid : "Le pouvoir actuel est usé jusqu’à la corde" », sur Le Soir d'Algérie
  7. « Fiche biographique », sur algerie-livres.com
  8. « http://dzairinfos.com/article/conference-d-el-badil-nous-denoncons-l-abus-de-pouvoir-de-bouteflika »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  9. S. H., Liberté, « Présidentielle 2004: Les candidats préparent leur campagne », Quotidien Liberté,‎ (lire en ligne)
  10. Arezki Aït-Larbi, « Algérie : Abdelaziz Bouteflika ferme le jeu », sur Ouest-France,
  11. Abdelkrim Sais, « L'Algerie, une nation en chantier de Soufiane Djilali », sur ecrivainsmaghrebins.blogspot.fr,
  12. « Ould Kablia autorise 10 nouveaux partis à organiser leur congrès », sur lematindz.net,
  13. « Conférence d'Ahmed Benbitour et de Sofiane Djilali : "Non à un 4e mandat pour Bouteflika" », sur lesoirdalgerie.com
  14. « Soufiane Djilali, président du parti Jil Jadid, répond à "Mon Journal" », sur jiljadidbejaia.unblog.fr,
  15. « FFS, CNLTD, MSP, FCE, pouvoir, Une floraison d'initiatives » [archive du ], Algérie 360/L'Expression, (consulté le 8 janvier 2020)
  16. « La CNLTD trace son programme d’actions » [archive du ], Liberté, (consulté le 8 janvier 2020)
  17. Abla Cherif, « Entretien avec M. Soufiane Djillali, président de jil jadid : «Le pays est bloqué» » [archive du ], Le Soir d'Algérie, (consulté le 8 janvier 2020)
  18. Karim Kebir, « DANS LE PROLONGEMENT DE L’APPEL À BOUTEFLIKA À RENONCER AU 5E MANDAT Naissance du mouvement “Mouwatana », sur Liberté,
  19. Adlène Meddi, « Algérie - Bouteflika : un cinquième mandat loin de faire l'unanimité », sur Le Point,
  20. Neila Latrous, « Algérie – Soufiane Djilali : « Un changement de Constitution est absolument nécessaire » », sur Jeune Afrique,
  21. Djalal Larabi, « Soufiane Djilali : Pour un mandat présidentiel de transition », sur https://www.lematindalgerie.com,
  22. « POMED’s 2019 Leaders for Democracy Award Reception - POMED », sur pomed.org (consulté le 16 décembre 2019)
  23. « Tebboune reçoit Sofiane Djilali »
  24. « Ce que se sont dit Tebboune et Djilali Sofiane »
  25. MOKRANE AIT OUARABI, « Soufiane Djilali reçu hier : «Le Président promet de libérer les détenus d’opinion» », sur El Watan,
  26. « http://www.cca-paris-biblio.com/index.php?lvl=author_see&id=2810e8776c&biw=1280&bih=619 »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  27. Soufiane Djilali, La société algérienne, choc de la modernité, crise des valeurs et des croyances., Blida, Jil Jadid Editions, , 206 pages p. (ISBN 9789931938705)

Liens externes[modifier | modifier le code]