SimulacreS

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SimulacreS, le jeu de rôle élémentaire est un jeu de rôle créé par Pierre Rosenthal[1]. Il s'agit d'un système minimaliste, destiné à être joué rapidement, y compris par des débutants, dans n'importe quel univers (c'est un jeu dit générique). Il a été édité initialement à compte d'auteur, puis dans le journal Casus Belli. Il a également été édité sous le titre La Fleur de l'Asiamar en annexe de la bande dessinée Le Roi borgne d'Arno et Jodorowsky (1986, éd. Les Humanoïdes Associés). Une édition en italien a été publiée en 1993 par Nexus sous le titre de Simulacri, Il gioco di ruolo poliedrico.

Initialement, il a été conçu pour être un système pour livre-jeu, destiné à faire découvrir le domaine et à servir de passerelle vers le jeu de rôle[2].

Le système de jeu[modifier | modifier le code]

SimulacreS est un système dont on peut choisir la complexité.

Les capacités personnage joueur (PJ) sont définies par trois séries de caractéristiques chiffrées :

  • les composantes (dont les valeurs vont de 3 à 6) qui sont les « matériaux qui composent les individus » : corps, instinct, cœur et esprit ;
  • les moyens (de 0 à 4) qui désignent la manière dont les composantes sont mises en œuvre : perception, action, désir et résistance ;
  • les règnes (de 0 à 2) qui sont les objets des actions, ce sur quoi on agit : minéral, végétal, animal, humain et mécanique.

Pour entreprendre une action, le joueur doit se demander : de quelle manière vais-je m’y prendre. Il choisit ainsi une composante et un moyen, applique le règne correspondant et additionne les trois valeurs choisies (la somme allant donc de 3 à 12) ; par exemple pour comprendre le fonctionnement d’un mécanisme, il additionnera esprit + perception + mécanique. La difficulté intrinsèque de l’action est cotée par un nombre allant de –4 à +4. Le personnage réussit l’action s’il fait moins que la somme de toutes ces valeur avec deux dés à six faces :

2d6 ≤ composante + moyen + règne + difficulté.

Le personnage dispose également d’énergies (valant entre 0 et 2) qui sont des moyens de se dépasser : puissance, rapidité et précision. Si le joueur décide de mettre en œuvre 1 ou 2 points d'une énergie, il augmente ses chances de réussite en ajoutant ces points à son total ; en échange, il s’épuise en dépensant des points de souffle ou d’énergie psychique.

Dans les versions 2 à 7 du jeu, la définition du personnage comporte donc quatre composantes et quatre moyens. Initialement, Pierre Rosenthal utilisait un matrice 3 × 3 mais Alejandro Jodorowsky l’a convaincu d’utiliser le chiffre 4[3]. Il regrette ce choix et revient à son idée initiale dans la version 8 : corps, cœur, esprit et perception, action, résistance. Dans cette même version, les règnes deviennent optionnels. Ils sont rebaptisés cibles et sont au nombre de quatre : humain, nature, artificiel et surnaturel. Le jeu comporte maintenant quatre énergies « normales » — puissance, rapidité, précision et héroïsme — et deux énergies extraordinaires — magie et pouvoirs spéciaux.

Pour paramétrer plus finement le personnage, on lui adjoint un métier, un hobby et des talents qui permettent de réussir plus facilement les actions.

L’état du personnage est défini par trois jauges qui diminuent au fil des efforts et des agressions :

  • les points de vie (valant au départ de 4 à 6) indiquent son état de santé, les dégâts qu’il peut encaisser avant de mourir ;
  • les points de souffle (valant au départ 4) qui indiquent son état de vigilance et de fatigue ;
  • les points d’équilibre psychique (valant au départ 4) qui indiquent la maîtrise de soi ou la dérive vers la folie.

Les personnages non-joueurs, appelés « personnages incarnés par le meneur de jeu » (PMJ), sont décrits de manière plus simple (à l’exception des acteurs majeurs de l’aventure qui sont décrits comme les PJ). On se content d’une catégorie — faible, moyen, fort, exceptionnel — qui détermine un score de test unique (cela remplace la somme composante + moyen + règne), ses valeurs de jauges et s’il dispose d’un métier, de hobbies, de talents et d’énergies.

Les différentes éditions[modifier | modifier le code]

Historiques des versions du système de jeu[modifier | modifier le code]

Selon la note de bas de page située p. 3 du Casus Belli hors-série n°10 (intitulée Note pour les futurs historiens du jeu de rôle) :

  • version 1 : Publication à compte d'auteur — 1986 ;
  • version 2 : La Fleur de l'Asiamar1986 ;
  • version 5 : Casus Belli — hors-série n°1, 4e trimeste 1988 ;
  • version 7 : Casus Belli — hors-série n°10, mars 1994 ;
  • version 8 : en travail depuis 2014[4], la première publication professionnelle aura lieu en 2020[5].

Jeux Descartes[modifier | modifier le code]

Les éditions par Jeux Descartes se présentent sous la forme d'un petit livret comprenant des règles, la description d'un univers et un scénario, le tout dans une couverture cartonnée pouvant servir de paravent. Quatre univers/scénarios ont ainsi été édités :

Casus Belli[modifier | modifier le code]

Les éditions par Casus Belli se présentent sous la forme d'un numéro hors-série, présentant les règles et un ou plusieurs univers, notamment :

De nombreux auteurs amateurs ont utilisé les règles de SimulacreS pour développer leur propre univers de jeu. Le premier jeu qui a ouvert la voie à plus d'une trentaine d'autres est Bernard & Jean, initialement publié en 1991, permettant de jouer dans le cadre d'une gendarmerie nationale parodique. Parmi les jeux amateurs publiés on peut citer Pour 1000$ au soleil.

Suite éditoriale[modifier | modifier le code]

Pierre Rosenthal continue à faire évoluer son jeu et publie des versions sur le groupe Facebook dédié[6] ; en 2019-2020, il développe la version 8 du jeu. Une réédition de Capitaine Vaudou est prévue pour 2020 avec un lancement d'une campagne de financement en mai[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. marque déposée à l'INPI le 27 octobre 1999 no 99 820 283, voir « BOPI 00/02 NL - VOL. I », sur INPI.fr (consulté le 30 juin 2016) ; dépôt électronique le 8 août 2014 no 14 4 112 284, voir « Simulacres — Notice complète », sur INPI.fr (consulté le 30 juin 2016).
  2. « Paris est ludique — le jeu de rôle », sur Cendrones, podcast, intervention de Pierre Rosenthal de 26 min 11 à 29 min 42.
  3. Rosenthal 2014.
  4. « Entretien avec Pierre Rosenthal », sur Discord, (consulté le 16 avril 2020).
  5. a et b « [CASUS BELLI] #33 : dernière preview, mise à dispo du PDF et fin des abos », sur Black Book Éditions, (consulté le 11 avril 2020).
  6. « Simulacres - Le jeu de rôle élémentaire », sur Facebook (consulté le 11 avril 2020), groupe public.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • roliste.free.fr, site de l'auteur Pierre Rosenthal, où celui-ci permet le téléchargement gratuit des règles (sous droit d'auteur)
  • [Rosenthal 2014] Pierre Rosenthal, « Les 5 trucs : SimulacreS », sur Lapin Marteau, (consulté le 11 avril 2020)
  • Groupe de discussion consacré à « SimulacreS : le jeu de rôles élémentaire » [1]
  • Site communautaire consacré à SimulacreS [2]
  • Liste des jeux utilisant le système Simulacres [3]
  • Site consacré au jeu de rôle élémentaire SimulacreS [4]
  • Site consacré au jeu de rôle élémentaire SimulacreS (assez complet mais n'est plus mis à jour) [5]