Samuel Pisar

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Samuel Pisar, né le à Białystok (Pologne) et mort le à New York aux États-Unis, déporté à 13 ans, libéré à 16 ans, était l'un des plus jeunes survivants de la Shoah.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Né dans une famille aisée de Pologne - David et Helaina (née Suchowolski) Pisar sont ses parents - . au sein de laquelle on parle l'anglais, le polonais, le yiddish, le russe et le français. Paris l'amuse, anagramme de son nom est un jeu à la maison, une partie de sa famille est à Paris et a fait des études à la Sorbonne. En 1939, alors que la partie de la Pologne où il habite est occupée par l'URSS, il va à l'école russe.

Pendant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En 1941, lors de l'occupation par les Allemands, David Pisar, son père est arrêté et exécuté, tandis que sa mère et sa petite sœur Frida sont dirigées vers Treblinka. Lui-même est déporté au camp d'extermination de Majdanek, à Auschwitz puis à Dachau. Il évoque cette période comme un enfer : « J'étais si jeune dans l'enfer que je n'avais pas grand chose à transformer. Ma colonne vertébrale intellectuelle et psychique était si souple qu'elle ne s'est pas brisée. »

Formation et carrière[modifier | modifier le code]

La guerre terminée, il est retrouvé par son oncle Léo Sauvage et sa femme Barbara qui l'accueillent en France. Il s'installe en Australie chez deux oncles où il commence à étudier, puis aux États-Unis et à nouveau en France. Il obtient deux doctorats des universités Harvard et de la Sorbonne, un diplôme d'avocat de l'université de Melbourne, ainsi que de hautes distinctions académiques dans d'autres universités.

En 1961, il devient citoyen américain par vote du Congrès des États-Unis, pour avoir joué un rôle important dans l'équipe du président John F. Kennedy : conseiller en économie étrangère, auprès du Département d'État des États-Unis et autres comités du Sénat et de la Chambre des représentants. Il s'implique dans des institutions publiques telles que la Brookings Institution de Washington.

Il se spécialise comme avocat international dans les relations Est-Ouest et publie Les Armes de la Paix en 1970 : dans ce livre, il soutient la thèse que l'intensification des relations économiques entre l'Union soviétique et l'Occident diminue les risques de conflit. Raymond Aron qualifie alors cette théorie de « radicalement fausse » dans son livre Le Spectateur Engagé.

Mémoire de la Shoah[modifier | modifier le code]

Samuel Pisar participe à plusieurs actions commémorant les victimes de la Shoah.

« Aujourd'hui, survivant des survivants, je ressens une obligation de transmettre les quelques vérités que j'ai apprises lors de mon passage dans les bas-fonds de la condition humaine, puis sur quelques-uns de ses sommets. Personne ne peut vivre ce que j'ai vécu sans ressentir le besoin d'alerter les nouvelles générations sur les dangers qui peuvent détruire leur univers, comme ils ont jadis détruit le mien[1]. »

Ses mémoires autobiographiques, Le sang de l'espoir (Of Blood and Hope) furent plébiscitées.

En 1995, lors du 50e anniversaire de la victoire des Alliés en Europe, l'histoire de Samuel Pisar fut relatée par Bill Clinton, pendant que Jacques Chirac le citait dans un discours historique traduisant la volonté de la France d'assumer sa responsabilité dans les crimes de Vichy à l'encontre du peuple Juif.

En 2007, Samuel Pisar a présidé la cérémonie officielle de commémoration de Yom HaShoah à Paris.

Sa fille Leah Pisar épouse le haut fonctionnaire français Jérôme Haas[2].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Samuel Pisar se marie en premières noces le avec Norma Marmorston qui donne naissance à deux filles, Helaina et Alexandra, puis en secondes noces, le , à Judith Frehm avec laquelle il a une autre fille, Leah, qui fut conseillère et directrice de la communication au Conseil de sécurité nationale pendant la présidence de Bill Clinton[3]. Par son épouse Judith Frehm, Samuel Pisar devient par ailleurs le beau-père[4] d’Antony Blinken, né en 1962 du premier mariage de sa mère ; Blinken est devenu en janvier 2021 le secrétaire d'État américain dans l'administration du président Joe Biden.

Samuel Pisar meurt d'une pneumonie le lundi à New York[5],[6].

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Samuel Pisar a reçu de nombreuses distinctions. Il est entre autres :

Samuel Pisar est membre honoraire de The International Raoul Wallenberg Foundation[7].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Les armes de la paix, Paris, Denoël, 1970.
  • Transaction entre l'Est et l'Ouest, Paris, Dunod, 1972.
  • Le sang de l'espoir, Paris, Robert Laffont, 1979. Réédition, Paris, Robert Laffont, 2003.
  • La ressource humaine, Paris, Jean-Claude Lattès, 1983. Éd. poche, Paris, Hachette, coll. « Le Livre de poche », no 5937.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Revue du MJLF, avril 2007
  2. « Jérôme Haas (1963-2014), l'élan brisé d'un haut-fonctionnaire flamboyant », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  3. « Leah Pisar, de la Maison-Blanche au Projet Aladin », sur lepetitjournal.com, (consulté le )
  4. « Tony Blinken », sur www.jewishvirtuallibrary.org (consulté le )
  5. Thierry Clermont, « Samuel Pisar, rescapé de la Shoah, est mort », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  6. « Mort de Samuel Pisar, l'un des plus jeunes rescapés d'Auschwitz », sur lejdd.fr, (consulté le ).
  7. (en) The International Raoul Wallenberg Foundation

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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