Quartier Saint-Symphorien de Tours

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Saint-Symphorien
L'avenue de la Tranchée marque l'entrée sud du quartier Saint-Symphorien
L'avenue de la Tranchée marque l'entrée sud du quartier Saint-Symphorien
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre-Val de Loire
Ville Blason tours 37.svg Tours
Démographie
Population 13 432 hab. (2012[1])
Géographie
Coordonnées 47° 24′ 43″ nord, 0° 41′ 05″ est
Localisation

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Saint-Symphorien

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Saint-Symphorien

Saint-Symphorien est une ancienne commune d'Indre-et-Loire devenue un quartier de la ville de Tours en 1964. Situé dans le nord de la ville, le quartier compte près de 13 400 habitants en 2012 contre environ 11 400 lors de sa fusion avec la ville de Tours[2]. Cette intégration s'inscrit dans une volonté de la commune de s'étendre afin de loger une population grandissante. Elle permet ensuite la création par la ville de Tours du quartier Europe, limitrophe au nord. Le quartier Saint-Symphorien est également encastré entre le quartier Paul-Bert au sud, le quartier Sainte-Radegonde à l'est et la commune de Saint-Cyr-sur-Loire à l'ouest.

Habitée depuis près de mille ans en périphérie de la ville de Tours grâce à l'installation du pont médiéval d'Eudes, la zone s'est surtout développée à partir du début du XXe siècle. Le développement du quartier Europe entre les années 1960 et 1970 modifie la périphérie de Saint-Symphorien, de même que la création du quartier Monconseil en 2009, contribuant à y déplacer les activités de Tours-Nord. Tous ces bouleversements ont entamé la cohérence du quartier Saint-Symphorien, qui ne compte pas de centre attractif clairement identifiable.

Histoire[modifier | modifier le code]

Commune de Saint-Symphorien[modifier | modifier le code]

L'église du Christ Roi, située dans le cœur du quartier.

Saint-Symphorien est une ancienne commune d'Indre-et-Loire. C'est aussi l'ancien nom du quartier Paul-Bert jusqu'en 1908. Il s'appelait le faubourg Saint-Symphorien jusqu'à cette date. Il s'est développé, surtout après l'ouverture du pont médiéval d'Eudes en 1034, qui aboutissait dans ce faubourg.

Cette situation apparemment complexe, provient de la division de l'ancienne paroisse en deux parties au moment de la réforme administrative de 1789. La partie rurale de la paroisse est devenue la commune de Saint-Symphorien hors les murs. Le faubourg, partie urbaine de la paroisse qui a conservé l'église éponyme, a été rattaché à la commune de Tours. On a donc eu pendant plus d'un siècle, deux territoires distincts portant le même nom. Par procès-verbal de délimitation et arrêté préfectoral du 21 germinal an 9 (11 avril 1801), Saint-Symphorien céda à Sainte-Radegonde-en-Touraine 19 hectares et reçut 86 hectares en échange, sans habitation. La délimitation de Saint-Symphorien d’avec Sainte-Radegonde-en-Touraine fut réalisée en 1808 (A.N.-F 2 II Indre-et-Loire 3).

Le faubourg Saint-Symphorien-des-Ponts de Tours fut en outre, le , le théâtre d'un sanglant combat opposant des troupes du duc de Mayenne, alors devenu le chef de la Ligue, à celles conjointes d'Henri III et Henri de Navarre qui venaient de signer un traité d'alliance au château de Plessis-lès-Tours[3],[4].

Au cours de la Révolution française, le faubourg porta provisoirement le nom de La Réunion-du-Nord[5].

Fusion et transformation en quartier tourangeau[modifier | modifier le code]

La grange Colombier dans nord-est du quartier.

En 1964, la commune de Saint-Symphorien vote son rattachement à Tours dont elle devient alors un quartier. La commune voisine de Sainte-Radegonde-en-Touraine effectue le même mouvement la même année. Ces décisions ont lieu alors que la ville de Tours cherche à s'étendre et à poursuivre ses grands travaux afin de loger la population grandissante dans le contexte des Trente Glorieuses. La pression pour intégrer ses communes s'accentue donc, d'autant que la ville de Tours est limité par la Loire au nord et le Cher au sud. De plus, la ville commence à manquer d'espace après avoir engagé la construction du Sanitas dans le centre en 1958 et l'aménagement des Rives du Cher au sud alors en projet[6].

Le cœur du quartier Saint-Symphorien étant d'urbanisation relativement ancienne, sa morphologie a peu changé depuis sa fusion avec la commune de Tours. En revanche, les travaux à sa périphérie l'a impacté de façon importante. La construction entre 1966 et 1972 du quartier Europe[7], composé de grands ensembles et de résidences pavillonnaires, a modifié le centre d'attraction de Tours-Nord. C'est en effet plus au nord, à l'intersection entre l'avenue de l'Europe et la rue de Jemmapes, que sont installés la mairie annexe et la médiathèque François Mitterand. Depuis lors, l'identité du quartier Saint-Symphorien peine à s'affirmer et son aménagement à trouver une cohérence. Le quartier Europe est parfois considéré comme un « sous-quartier » de Saint-Symphorien, mais le découpage de l'Insee le considère comme un quartier à part entière.

Développements récents[modifier | modifier le code]

Le tramway sur la place de la Tranchée, avec l'ancienne mairie de Saint-Symphorien en arrière-plan.

À partir de 2009, le développement du « sous-quartier » écologique Monconseil comble des espaces laissés vacants au nord du quartier Saint-Symphorien avec la création de plus de mille logements[8]. Dans le même temps, l'inauguration du tramway de Tours en 2013 permet de mieux desservir Saint-Symphorien, celui-ci y marquant six arrêts. Son terminus s'arrête aux pieds du lycée Vaucanson et du futur « Forum Méliès ». Ce dernier reprend l'emplacement d'un distributeur Metro qui a quitté la zone en 2012. Les travaux qui ont commencé en 2017 prévoient un cinéma de neuf salles, près de 200 logements et des commerces[9].

En septembre 2017, la mairie annonce la refonte du nord de la place de la Tranchée avant 2025. Les travaux incluent la destruction et reconstruction à proximité du complexe scolaire Victor Hugo, vieillissant. Le sort de la mairie de l'ancienne commune de Saint-Symphorien n'est pas encore fixé, entre destruction et rénovation. Un parking sera également réduit de taille grâce à la construction d'un nouveau sur plusieurs niveaux. Les terrains dégagés seront principalement destinés à la construction de logements[10].

Démographie[modifier | modifier le code]

Logements collectifs sur la rue Beauverger.

La commune de Saint-Symphorien a vu sa population croitre de manière régulière, sous l'influence de la dynamique de la ville de Tours voisine. C'est surtout durant le XXe siècle que la population de la commune explose, passant de 3 536 habitants en 1906 à 11 437 en 1962, date de la disparition de la commune[11]. Depuis cette date, la population du quartier continue d'augmenter étant donné les nombreux projets immobiliers menés, s'établissant à 13 080 habitants en 2009 et 13 432 en 2012[1],[12].

Évolution de la population
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 060 702 998 1 122 1 365 1 471 1 795 2 052 2 334
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 547 2 579 2 536 2 652 3 139 3 180 3 338 3 288 3 579
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 585 3 536 3 830 4 810 5 321 6 370 7 196 7 371 9 318
1962 - - - - - - - -
11 437 - - - - - - - -
(Sources : Cassini - ehess[11])

Conditions de vie[modifier | modifier le code]

La place du président Coty.

Le quartier Saint-Symphorien est relativement aisé et se situe globalement dans la moyenne de de la ville de Tours. Les revenus moyens des ménages se situent en effet à 24 200 euros par an, soit en moyenne 2 017 euros par mois et par ménage. La moitié des salariés du quartier sont des cadres et l'autre moitié des employés et ouvriers, à l'instar de la commune dans son ensemble. Quelque 24 % de la population est retraitée et 10 % sont au chômage, en 2009, contre 14 % pour la ville de Tours. Environ 44 % des habitants sont propriété de leur logement, contre seulement 32 % pour la commune en moyenne. Enfin, environ 19 % des logements sont des baux sociaux, soit un peu moins que la moyenne communale[12].

Le quartier a été le théâtre d'un conflit social remarqué par les médias locaux et nationaux. Les locataires de la résidence liberté, qui contient 51 studettes à caractère social, se sont trouvés privés d'électricité après la décision de coupure du courant par Électricité de France (EDF) suite à des impayés de la part du propriétaire de l'immeuble, une société civile immobilière. Cette dernière conteste le comptage effectué par le fournisseur d'électricité. La coupure de courant pose des problèmes d’hygiène et de sécurité, mais la justice saisie estime cette coupure légale, malgré le paiement régulier des loyers par un certain nombre de locataires. Les plaignants n'ont pas réussi à convaincre le Tribunal de grande instance de Tours de l'existence de « dommage imminent » pour les 120 locataires. Ces derniers, qui n'ont pas été prévenus de la coupure au préalable, se plaignent notamment de l'impossibilité de cuisiner ou d'accès à l'eau chaude, l'immeuble étant équipé en tout-électrique[13],[14],[15].

Infrastructures[modifier | modifier le code]

Le stade des Tourettes.

On trouve plusieurs infrastructures sportives dans le quartier, notamment la piscine et le stade des Tourettes, sur la rue du Pas-Notre-Dame. Ce dernier fait l'objet de projet de la ville visant à l'équiper d'un terrain synthétique en gazon pour 648 000 euros. Il pourrait alors prendre le nom d'un donateur[16]. Fondé en 1949, le club Saint-Symphorien y siège et compte environ de 250 licenciés[17].

Le quartier Saint-Symphorien est relativement bien desservi par les transports, surtout depuis l'inauguration du tramway de Tours le 31 août 2013. Ce dernier marque un total de six arrêts dans le quartier, ce qui en fait en théorie de le quartier de la ville le plus desservi. Cependant, le tramway ne traverse pas la totalité du quartier, marquant un détour pour rejoindre le quartier populaire de l'Europe. Arrivant du Tours par le sud, le tramway marque d'abord quatre arrêts, dont trois sur l'avenue de la Tranchée : place Choiseul, Charles Barrier, Tranchée puis Christ-Roi. Le bout de la ligne dessert ensuite la partie nord-ouest du quartier, avec les arrêts Monconseil (sur l'extrémité du « sous-quartier » Monconseil) et enfin l'arrêt Vaucanson, le dernier de la ligne.

Éducation[modifier | modifier le code]

Le lycée Vaucanson.

Le quartier Saint-Symphorien est relativement riche en écoles et institutions éducatives. Le plus connu est le lycée général et technologique Jacques de Vaucanson qui se situe à la limite nord-ouest du quartier. Construit en 1990, il compte près de mille élèves. Il est surtout notoire pour ses offres de formations post-bac. Le lycée propose en effet cinq classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) dans les filières scientifiques : deux « physique, chimie, sciences de l'ingénieur » (PCSI), deux « physique et technologie » (PT) et une « physique et sciences de l'ingénieur » (PSI). On y trouve aussi deux BTS : « conception et industrialisation en microtechniques » et « systèmes photoniques »[18],[19].

On trouve également non loin du lycée Vaucanson le collège Pierre de Ronsard qui compte près de 500 élèves, dont plus d'une centaine intégrés à des sections d'enseignement général et professionnel adapté (Segpa). Il contient également des unités localisées pour l'inclusion scolaire (Ulis)[20]. L'établissement a été inauguré le 30 janvier 1968 sous le nom « collège d'enseignement secondaire mixte Saint-Symphorien » et a été rénové en 2002[21].

Le quartier compte enfin plusieurs établissements élémentaires et pré-élémentaires. Les écoles maternelle et élémentaire Victor Hugo comptent au total 200 élèves, sur la place de la Tranchée[22],[23]. L'école élémentaire Saint-Exupéry, sur la rue du même nom, compte elle près de 200 élèves en 2016. Enfin, l'école maternelle du Croix Pasquier compte un peu plus d'une centaine d'élèves[24].

Personnalités liées à l'ancienne commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Nombre d'habitants sur sig.ville.gouv.fr
  2. Code INSEE : 37239
  3. Cf. notamment Pierre de L'Estoile (dir.), Registre-journal du règne de Henri III : 1588-1589, vol. VI, Droz, , p. 180-182 et Jacques-Auguste de Thou, Historiæ sui temporis. Ab anno Domini 1543 usque ad annum 1607, Genève, Henri Scheuleer, (réimpr. 1740), qui est la source primaire.
  4. François Caillou, « L’essor et l’échec de la Ligue à Tours (1576-1589) », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, vol. 115, no 4,‎ , pages 31 à 43 (DOI 10.4000/abpo.215, lire en ligne)
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale - Saint-Symphorien », sur EHESS, École des hautes études en sciences sociales (consulté le 16 décembre 2012)
  6. Michel Lussault, Approche comparée de trois grands ensembles tourangeaux, Norois, , 559-577 p. (lire en ligne)
  7. Quartier Europe - Chateaubriand Tours sur agglo-tours.fr
  8. Saint-Symphorien : un quartier en quête d'identité sur La Nouvelle République du Centre-Ouest, le 28 avril 2013
  9. Forum Méliès : la magie d’un nouveau quartier sur agglo-tours.fr
  10. A Tours, la Tranchée va changer de visage à partir de 2020 sur info-tours.fr, le 15 septembre 2017
  11. a et b Saint-Symphorien - Notice communale sur cassini.ehess.fr
  12. a et b Tours - Saint-Symphorien sur kelquartier.com
  13. Tours: Après un litige du propriétaire avec EDF, 120 locataires se retrouvent privés d’électricité sur 20 minutes, le 1er août 2016
  14. La justice autorise EDF à couper l'électricité dans un immeuble de Tours où vivent 120 personnes sur 20 minutes, le 3 août 2016
  15. Une centaine de locataires sans électricité depuis vendredi sur La Nouvelle République du Centre-Ouest, le 2 août 2016
  16. Un terrain synthétique aux Tourettes sur La Nouvelle République du Centre-Ouest, le 10 février 2017
  17. Stade des Tourettes : le foot dans la gadoue sur La Nouvelle République du Centre-Ouest, le 10 janvier 2014
  18. TOURS Lycée Vaucanson : coup de froid à l'internat sur La Nouvelle République du Centre-Ouest, le 5 février 2016
  19. Lycée Jacques-de-Vaucanson sur L'Étudiant
  20. Collège Pierre de Ronsard sur L'Étudiant
  21. Collège Pierre-de-Ronsard : quinqua et fier de l'être ! sur La Nouvelle République du Centre-Ouest, le 18 mai 2017
  22. École maternelle publique Hugo (Victor) sur education.gouv.fr
  23. École élémentaire publique Hugo (Victor) sur education.gouv.fr
  24. École maternelle publique Croix Pasquier sur education.gouv.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]