Deux-Lions

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Deux-Lions
Deux-Lions
Vue de la Tour lumière à droite et des bâtiments administratifs d'EDF à gauche, depuis le pont du tramway.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre-Val de Loire
Ville Tours
Démographie
Population 2 113 hab. (2012[1])
Densité 2 709 hab./km2
Étapes d’urbanisation 1994 - aujourd'hui
Géographie
Coordonnées 47° 21′ 58″ nord, 0° 40′ 50″ est
Altitude 50 m
Superficie 78 ha = 0,78 km2
Localisation

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Les Deux-Lions ou 2 Lions est un quartier situé dans le sud de la ville de Tours, en France. Son développement est initié au début des années 1990 sous le dernier mandat de Jean Royer et est toujours en cours à la fin des années 2010. Il accueille au début surtout des établissements d'enseignement supérieur, Polytech'Tours et l'UFR de droit de l'Université de Tours, puis des divertissements et un important centre commercial en 2009. Les logements se développent progressivement, puis des zones sont dédiées à l'implantation d'entreprises.

L'équipe du maire Jean Royer souhaitait initialement y aménager un technopole, c'est-à-dire un territoire qui regrouperait des activités liées aux hautes technologies. Depuis l'arrivée à la mairie de Jean Germain, une volonté de mixité fonctionnelle (habitat/commerces et services/entreprises) guide l'urbanisation de ce territoire. La mise en service du tramway en août 2013 marque, d'une certaine manière, un aboutissement pour cet immense chantier entrepris 20 ans plus tôt. La fin des travaux est prévue à l'horizon 2020 alors que l'occupation complète du terrain approche. Le développement du quartier fut cela-dit laborieux alors que la fin des travaux a été repoussée par le ralentissement économique.

En 2012, le quartier accueillait environ 2 100 habitants, 2 100 salariés et 4 700 étudiants[2]. D'ici 2020, il est supposé accueillir 4 000 habitants répartis dans 2 000 logements, avec 4 000 employés et 5 500 étudiants[3].

Site et situation[modifier | modifier le code]

À l'extrême sud du territoire communal, cette extension urbaine de la ville de Tours se poursuit sur une zone de presque 80 hectares, de forme à peu près carrée. Elle occupe un site délimité au sud, par le petit Cher et le coteau marquant la limite sud du lit majeur de la vallée de la Loire et du Cher (ne faisant qu'une depuis Montlouis-sur-Loire), et au nord par le Cher lui-même. Au delà du coteau, sur le plateau, on entre dans des quartiers résidentiels de Joué-lès-Tours, et de l'autre côté du Cher, se situe le grand ensemble des Rives du Cher, sur la commune de Tours. À l'est s'étend le parc du lac de la Bergeonnerie puis le quartier des Fontaines, et à l'ouest (de l'autre côté de l'avenue de Pont-Cher reliant Tours au centre de Joué-les-Tours), la plaine de la Gloriette, encore essentiellement agricole, aujourd'hui partiellement occupée par un terrain de golf.

Fondation[modifier | modifier le code]

Le mail Ferdinand-de-Lesseps entre le département aménagement de Polytech'Tours et le site Portalis de l'université.

L'emplacement du quartier appartenait à l'origine à la commune de Joué-lès-Tours, mais il fut rattaché par Tours dans les années 1960. Le quartier des Deux-Lions doit son existence à Jean Royer, maire de Tours de 1959 à 1995, qui impulse son développement au cours de son dernier mandat.

En effet, la ville de Tours manquant cruellement de terrains à bâtir et d'espaces à consacrer au développement économique, il a été décidé de créer un nouveau quartier regroupant des activités de hautes technologies et les équipements de formation correspondants. La zone en vue pour le nouveau quartier étant très inondable car située dans le val du Cher, il était nécessaire de la remblayer. Cette opération titanesque a créé une polémique et la montée au créneau d'associations écologistes. Elle allait en effet réduire la zone d'expansion du Cher en cas de crue, participant au report des masses d'eau et du risque d’inondation en aval.

Immeubles sur l'allée Ferdinand de Lesseps.

Les défenseurs de l'environnement obtiennent partiellement gain de cause, puisque est abandonné l'aménagement complet de la vallée de la Gloriette qui était envisagé à l'époque. Le remblaiement débute, aux Deux Lions seulement donc, à partir de 1991. Au total, ce sont près de trois millions de mètres cubes qui sont étalés sur la zone[4], sur des hauteurs allant jusqu'à neuf mètres. Ces opérations de remblaiement se font par tranches successives, en fonction des besoins et des lancements prévus de projets immobiliers. Face à la faculté, on peut constater ce rehaussement du niveau du sol, puisque subsistent sur son sol d'origine les bâtiments de ce qui était une ferme à une époque bien antérieure à la nouvelle vie du secteur. Elle daterait en effet du XVIe siècle. Rénovée, elle est le seul bâtiment ancien du quartier et sert aujourd'hui à accueillir un centre culturel sous le nom « Les Granges-Collières »[5],[6].

Le nom du quartier proviendrait de deux statues qui seraient visibles sur le portail d'une demeure située en bordure du quartier, au pied du coteau, sur la route des Deux-Lions.

Historique du développement[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

La résidence étudiante du Technopole.

Le quartier, dénommé « Technopôle » par Jean Royer, devait initialement n'accueillir que des activités tertiaires et de hautes technologies. Mais, cette idée se révèlera infructueuse à Tours, peut être notamment du fait de sa taille, trop moyenne relativement aux grandes métropoles nationales. Malgré l'échec du technopole, un certain nombre d'équipements prévus ont été implantés, tels que l'école d'ingénieurs Polytech'Tours, l'UFR de droit, d'économie et des sciences sociales de l'Université de Tours (tous deux installés depuis 1994 et 1995), de l'Institut des Métiers et Technologies - industries pharmaceutiques et cosmétiques (IMT), accompagnés d'un restaurant universitaire. L'inauguration de la faculté a lieu en 1994 avec la présence du Premier ministre Lionel Jospin[7]. Quelques entreprises se sont également installées au même moment autour de l'avenue Marcel Dassault[4].

Après 1995 et l'alternance au conseil municipal, la vocation du site est revue avec l'ambition de créer un véritable quartier mixte accueillant en plus des activités et équipements existants, des logements et des commerces. L'objectif est la proximité et l'émancipation vis-à-vis de l'automobile. Dans la partie sud du quartier, un multiplexe de douze salles du groupe CGR, un « Espace Bowling », comprenant des pistes de bowling, des billards et un bar, un McDonald's et un centre commercial s'installaient à cette époque. Le long de la rive gauche du Cher, la construction de logements est entreprise, principalement des maisons individuelles et des immeubles de petite taille. Des logements étudiants du CROUS sont installés au sud du mail Ferdinand-de-Lesseps, nommés « résidence du Technopôle ». Elle contient 400 studios allant de 18 à 35 mètres carrés[8].

Le désenclavement du nouveau quartier des Deux-Lions est favorisé par la construction d'une passerelle (« le fil d'Ariane ») piétons/cycles sur le Cher entre les Deux-Lions et le quartier des Rives du Cher.

En 2000, la communauté d'agglomération de Tours choisit d'y installer son siège.

Expansion[modifier | modifier le code]

Le centre commercial de l'Heure tranquille.

En 2009, avec « L'Heure Tranquille », les commerces qui faisaient cruellement défaut aux habitants, arrivent enfin. Avec l'installation de cinquante boutiques sur une surface de 20 000 m2, le tout adossé à parking de 1 000 places, le quartier affirme son statut de centralité périphérique au sein de l'agglomération. Conçu par les architectes du cabinet SVZ, ce lieu se veut également un lieu de promenade avec son allée centrale couverte mais lumineuse grâce à sa toiture translucide. Le centre fait toutefois face à un problème persistant de vacances des locaux commerciaux, alors que de nombreuses fermetures ont eu lieu entre 2012 et 2014. La fréquentation du site atteint pourtant environ trois millions de personnes pour l'année 2016[9],[10].

Un espace dédié au tertiaire, « Lions-Azur », avec 12 000 m² de bureaux jouxte l'Heure Tranquille. La Caisse d’Épargne Loire Centre y installe une partie de son administration en 2012 (140 personnes). L'entreprise de services énergétiques Dalkia s'est aussi implantée sur le site.

Le quartier s'étend aussi avec la construction de logements privés au nord-ouest de l'allée Ferdinand de Lesseps, sur les rues Paul Nizan et Germaine Tailleferre. D'autres implantation ont ensuite lieu sur l'avenue Marcel Mérieux.

Fin du chantier en vue[modifier | modifier le code]

Tour lumière à droite et bâtiments administratifs d'EDF à gauche.

En 2012, on dénombre 2 100 habitants pour un objectif final de 4 000 habitants. Le nouveau quartier rassemble d'ores et déjà, habitat, entreprises, espaces commerciaux et établissements d'enseignement supérieur. De nouvelles tranches de logements, avec des immeubles de grande dimension sont terminés en 2011 et 2012.

Depuis septembre 2013, le tramway de Tours traverse le quartier, en arrivant des Rives du Cher grâce à un nouveau pont qui lui est réservé, ainsi qu'aux piétons, vélos, et autobus. Ce pont, dont la construction s'est finie en 2013, reprend l'emplacement de l'ancien pont de chemin de fer dit « pont de Vendée », dans le coin nord est du quartier. Le tramway longe ensuite le lac, puis rejoint l'avenue Portalis avant la faculté de Droit, Économie et Sciences Sociales. Après un arrêt ici même, il bifurque en direction de l'Heure Tranquille via l'avenue Ferdinand-de-Lesseps, tracé dès l'origine dans les années 1990 pour pouvoir l’accueillir. Après un deuxième arrêt au niveau du centre commercial, le tramway poursuit sa route vers Joué-les-Tours sous les platanes de l'avenue de Pont-Cher.

La construction d'un vaste ensemble immobilier qui culminera à 50 mètres de haut (architecte Jacques Ferrier) a débuté en mars 2012 à l'entrée nord ouest du quartier[11],[12] (au débouché du Pont Saint Sauveur). Cette première tranche du projet, sur une dizaine d'étages, accueille à partir de 2013, la direction régionale d'EDF et ses près de 600 employés. Par ailleurs, une tour est inaugurée en 2016 entre ce bâtiment d'EDF et le Cher. Elle est baptisée « Tour Lumière » et compte seize étages, sur lesquels on trouve 89 logements dont 36 à loyers modérés[13]. Le montant total du projet est d'environ 40 millions d'euros.

Projets futurs[modifier | modifier le code]

Espace vacant sur l'avenue Marcel Dassault, avec le cinéma en arrière-plan.

Plusieurs projets sont encore à réaliser dans le quartier, alors qu'il est censé être totalement aménagé d'ici 2020[3]. Il reste en effet plusieurs espaces vacants dans les Deux-Lions, dont deux importants dans le nord. Le premier a un superficie de 14 000 m2 au niveau de l'avenue Michelin, entre la tour Lumière et le Galion. Il accueillera trois immeubles comprenant au total 101 logements collectifs privés et un immeuble de 22 appartements sociaux. Une résidence étudiante de 232 unités s'installera également sur cet emplacement. Le second espace vacant, 12 000 m2 à l'est de l'avenue de Pont-Cher, accueillera en partie des immeubles de bureaux[14].

La construction d'une école assurant le premier cycle débute en juin 2018 pour une ouverture à la rentrée 2019. Elle devrait surtout accueillir les 120 enfants du quartier dans sept classes et être installée sur des espaces vacants au nord de la rue James Watt. Les élèves sont actuellement principalement scolarisés dans les établissements du quartier des Rives du Cher, qui sont du coup saturés vu la croissance démographique des Deux-Lions[15].

En 2017, la ville annonce l'implantation future d'une nouvelle patinoire, destinée à remplacer les deux patinoires de Tours et de Joué-lès-Tours, et donc celle olympique du Palais des sports de Tours au Sanitas, vieillissante. Elle est alors envisagée sur le vaste espace laissé libre d'environ 14 000 mètres carrés sur l'avenue Marcel Dassault, et comprendrait deux pistes. Le complexe devrait aussi accueillir des commerces et bureaux[16]. Toutefois, la ville annonce l'année suivante préférer une rénovation de la patinoire existante[17].

Établissements d'enseignement supérieur[modifier | modifier le code]

La faculté de droit, d'économie et des sciences sociales.

Le campus Portalis, ou des Deux-Lions, comprend de nombreux établissements d'enseignement supérieur :

Sur les quelque 5 000 étudiants inscrits dans les établissements d'enseignement supérieur, 3 800 sont à l'UFR de Droit, Économie et Sciences sociales[18] et environ 900 pour Polytech'Tours. Ce dernier est réparti sur trois sites relativement éloignés : l'un est dédié à l'informatique, un autre à l'aménagement et le dernier à l’électronique et la mécanique.

Transports[modifier | modifier le code]

Le tramway sortant du quartier par le pont de Vendée

Avec l'inauguration de la première ligne du tramway de Tours le 31 août 2013, le quartier des Deux-Lions est particulièrement bien desservi par les transports en commun. Le tramway entre dans le quartier par le nord et le pont de Vendée, qui a été construit pour l'occasion. Il vient donc du quartier populaire des Rives du Cher, puis marque deux arrêts dans le quartier : « Fac 2 Lions » aux pieds de l'UFR de droit de l'Université de Tours puis « L'Heure Tranquille » en face de la sortie nord du centre commercial. Il quitte ensuite le quartier en empruntant l'avenue de Pont-Cher puis rejoint la commune de Joué-lès-Tours.

De plus, les lignes de bus 5 et 32 du réseau Fil bleu connectent le quartier au reste de l'agglomération.

Critiques[modifier | modifier le code]

Le quartier est ciblé par certaines critiques des habitants, qui se plaignent surtout du manque de commerces de proximité, du manque d'activités et aussi du manque des grands logements, qui pousse les familles à quitter le quartier. La construction de logements s'est en effet beaucoup centrée sur les studios et petits à moyens appartements, souvent inférieurs aux F5. Le centre commercial de l'Heure tranquille peine de plus à attirer des commerçants, et fait face à des fermetures fréquentes et à un grand nombre de pas-de-porte vacants. Les liens avec le quartier populaire voisin des Rives du Cher sont également faibles, malgré la construction du fil d’Ariane, pont piéton au-dessus du Cher[7],[19].

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. Nombre d'habitants sur sig.ville.gouv.fr
  2. Un quartier sort ses griffes, Tours.fr. Consulté le 7 février 2011.
  3. a et b Deux-Lions : 30 ans de travaux pour voir naître un quartier sur La Nouvelle République, le 20 décembre 2014
  4. a et b Sur une prairie inondable se sont bâtis Les Deux-Lions sur La Nouvelle République, le 20 octobre 2016
  5. Les Granges-Collières : une ancienne ferme au coeur du quartier sur La Nouvelle République, le 20 décembre 2014
  6. Les Granges Collières ont ouvert leurs portes sur La Nouvelle République, le 10 juin 2017
  7. a et b Tours : mais que manque-t-il au quartier des Deux-Lions ? sur La Nouvelle République, le 25 juin 2016
  8. Technopôle - Informations pratiques sur crous-orleans-tours.fr
  9. Deux-Lions : L'Heure tranquille prend (enfin) son envol sur La Nouvelle République, le 21 octobre 2016
  10. Le renouveau de l'Heure Tranquille se confirme sur La Nouvelle République, le 17 décembre 2016
  11. Site officiel de l'architecte Jacques Ferrier (actualité du 14 avril 2011) Consulté le 22 avril 2011.
  12. Le Galion, future porte d'entrée des Deux-Lions sur La Nouvelle République, le 31 mars 2012.
  13. La tour Lumière sort enfin de l'ombre sur La Nouvelle République, le 27 mai 2016
  14. On construit encore dans le quartier des Deux-Lions sur La Nouvelle République, le 25 novembre 2017
  15. On en sait plus sur la future école des Deux-Lions sur info-tours.fr, le 20 juin 2016
  16. Le futur complexe patinoire implanté aux Deux-Lions sur La Nouvelle République, le 2 août 2017
  17. La future patinoire et l'Arena aux oubliettes ? sur info-tours.fr
  18. (fr) La faculté de droit est déjà à l'étroit !, La Nouvelle République. Le 8 octobre 2010. Consulté le 7 février 2011.
  19. " Les Deux-Lions sont devenus un quartier normal " sur La Nouvelle République, le 22 octobre 2016

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]