Robert Morris (artiste)

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Robert Morris
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KingstonVoir et modifier les données sur Wikidata
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Robert Clarke Morris, né le à Kansas City (Missouri) et mort le à Kingston dans l'État de New York[1], est un artiste, plasticien et écrivain américain.

Avec Donald Judd, il est considéré comme l'un des principaux représentants et théoriciens du minimalisme, mais il a également apporté d'importantes contributions au développement des notions d'Art performance, d'Installation et de Land art.

Biographie[modifier | modifier le code]

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Robert Morris étudie à l'université du Kansas, au Kansas City Art Institute et au Reed College où il entame un double cursus ingénierie et beaux arts. Il se tourne vers l'histoire de l'art et la critique, et écrit sa thèse sur Constantin Brancusi dans le cadre d'un master au Hunter Collège à New York.

Robert Morris continue ensuite à écrire des essais critiques, dont quatre serviront d'esquisses chronologiques de son parcours : Some notes on dance en 1965, Notes on sculpture en 1968, Anti form en 1968, Aligned with Nazca en 1975.

Dans les années 1950, son travail montre l'influence de l'expressionnisme abstrait, en particulier celle de Jackson Pollock. En Californie, Morris devient également familier du travail des compositeurs La Monte Young et John Cage. L'idée que la production artistique n'est que l'enregistrement d'une performance de l'artiste, issue des photographies de Hans Namuth montrant Pollock au travail, l'amène à s'intéresser à la danse et à la chorégraphie. Avec sa femme, la danseuse et chorégraphe Simone Forti, il s'installe à New York en 1960 et prend part à un groupe de danseurs clandestins fondateurs du mouvement de danse post moderne connu sous le nom de the Judson Dance Theater, pour lequel il va chorégraphier un bon nombre de pièces dont Arizona en 1963, 21.3 en 1964, Site en 1964 et Waterman Switch en 1965. Il présente une performance basée sur l'exploration de corps dans un espace où s'effondre une colonne carrée. Il développe la même idée dans ses premières sculptures minimalistes, Two Columns (1961) et L Beams (1965).

Pendant les années 1960-1970, Robert Morris va jouer un rôle important dans le développement de trois grands mouvements artistiques de cette période : la sculpture minimaliste, le process art et l'earthwork.

Pont en bronze en Italie.

À New York, Robert Morris commence à étudier le travail de Marcel Duchamp, réalisant en écho des pièces comme Box with the Sound of its Own Making (Boîte avec le son de sa propre fabrication, 1961), Fountain (Fontaine, 1963). En 1963, ses sculptures minimalistes sont exposées à la Galerie Green de New York et commentées par Donald Judd. En 1964, Morris conçoit et réalise deux performances célèbres 21.3, coordonnée avec la lecture, déchiffrée sur les lèvres du lecteur, d'un essai d'Erwin Panofsky, et Site, avec Carolee Schneemann. Morris s'inscrit au Hunter College de New York, réalisant son mémoire de maîtrise sur le travail de Brancusi et publie à partir de 1966 dans Artforum une série d'articles remarqués. En 1967, Morris crée Steam (Vapeur), exemple précoce de Land art. Dès la fin des années 1960, son travail est présenté dans de nombreux musées américains, mais fait l'objet de critiques notamment de Clement Greenberg. Il augmente l'échelle de son travail, remplissant des galeries entières avec des séries d'unités modulaires ou des tas de terre et de feutre. En 1971, il imagine une installation à la Tate Gallery de Londres qui remplit l'ensemble de la galerie de sculptures centrale de plans inclinés et de cubes. Vers la fin des années 1970, Robert Morris évolue vers la figuration, surprenant nombre de ses partisans. Ses œuvres aux accents dramatiques et baroques sont fréquemment inspirées par la peur de l'apocalypse nucléaire.

Dans les années 1990, il s'intéresse de nouveau au travail de ses débuts, supervisant la reconstruction et l'installation de pièces perdues.

Il vit et travaille à New York.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Observatoire aux Pays-Bas.

« Le travail de Robert Morris est fondamentalement théâtral […] son théâtre est un théâtre de négation : négation du concept avant-gardiste d'originalité, négation de la logique et du rationnel, négation du désir d'assigner des significations culturelles uniformes à des phénomènes différents, négation d'une vision du monde qui se méfie de ce qui est non-familier ou non-conventionnel[2]. »

Wall Hanging[modifier | modifier le code]

Labyrinthe à Pontevedra en Galice (Espagne).

Wall Hanging est une série d'œuvres en feutre ouvrant une réflexion sur l'« antiforme »[3], article qu'il a publié.

Par exemple, Wall Hanging (Tenture), 1969-1970, Paris, musée national d'Art moderne, se compose d'un morceau de feutre industriel rectangulaire, lacéré de plusieurs entailles horizontales, et suspendu par les coins supérieurs pour que des formes naissent du poids de la matière : la pesanteur déforme le feutre et détermine la forme finale de l'œuvre. La matière détermine la forme, processus relativement contraire à l'histoire de la sculpture.

Avec ce procédé, Robert Morris accepte de s’effacer derrière la matière et se rapproche de l’œuvre de Jackson Pollock en laissant libre place à l'expression de la matière.

Les interventions dans le paysage marquent durant les années 1970 la volonté de dépasser le domaine étroit de la sculpture.

Williams Mirror[modifier | modifier le code]

Musée d'art contemporain de Lyon.

Williams Mirror est une pièce de la collection Mirror Pieces que Robert Morris va développer de 1961 à 1978.

Il s'agit de volumes composés de 12 miroirs monumentaux situé dans l'unique vide de l'espace. La seule interruption possible est alors l'image fugitive du regard du visiteur.

L’œuvre appartient au musée d'art contemporain de Lyon depuis 1995 à la suite de son exposition à la deuxième biennale de Lyon.

« La rencontre réflexive dans l'espace phénoménologique des temps stratifiés, feuilletés et reconstruits de la création de la mémoire et de l'histoire[4]. »

Hurting Horses[modifier | modifier le code]

Hurting Horses est un livre d'artiste. Il s'agit donc d'une œuvre d'art à part entière, mais qui a la particularité de prendre le format du livre comme support. Cette œuvre de Morris est une édition limitée de 1 500 exemplaires. Elle a été produite et publiée en 2005 par la maison d'édition bruxelloise mfc-michèle didier[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Ken Johnson, « Robert Morris, Sculptor and a Founder of the Minimalist School, Dies at 87 », sur The New York Times, (consulté le 29 novembre 2018)
  2. (en) « Robert Morris's work is fundamentally theatrical. […] his theater is one of negation: negation of the avant-gardist concept of originality, negation of logic and reason, negation of the desire to assign uniform cultural meanings to diverse phenomena; negation of a worldview that distrusts the unfamiliar and the unconventional. » (Maurice Berger, Labyrinths : Robert Morris, Minimalism, and the 1960s, p. 3)
  3. (en) Voir sur msu.edu.
  4. Voir sur mac-lyon.com.
  5. Voir sur mfc-michèle didier.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Catherine Grenier (dir.), Robert Morris, Paris, Éditions du Centre Pompidou, coll. « Contemporains/Monographies », 1995, 312 p. (ISBN 2-85850-825-9)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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