Yvonne Rainer

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Yvonne Rainer
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Yvonne Rainer (née le à San Francisco dans l'état de la Californie) est une danseuse, chorégraphe, essayiste, poétesse américaine, figure de proue de la danse postmoderniste et minimaliste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Yvonne Rainer est la fille de Joseph et Jeanette Rainer. Son père est un anarchiste italo-américain, et sa mère est une Polono-Américaine de confession juive, ses parents fréquentent les milieux radicaux et des artistes de l'avant garde[1],[2]. Après ses études secondaires à la Lowell High School (San Francisco) (en), elle est admise au City College de San Francisco[3], puis à l'université de Californie à Berkeley qu’elle quitte au bout d'une semaine en septembre 1952, mettant fin à ses études universitaires.

En 1955, elle fait la connaissance de Al Held, un peintre expressionniste abstrait, ils se marient la même année[4] et en 1956, ils emménagent à New York.

Carrière[modifier | modifier le code]

Arrivée à New York, Yvonne Rainer étudie la danse avec Martha Graham et Merce Cunningham[5], et est l'un des membres fondateurs du Judson Dance Theater en 1962[6], qui devient ensuite le centre de la danse contemporaine expérimentale new-yorkaise.

En 1965, elle publie son son manifeste de sa vision de la danse postmoderne sous le titre de No Manifesto, dans lequel elle rejette les spécificités de la danse moderne avec ses côtés spectaculaires, la mise en avant de la prouesse physique etc., pour prôner une esthétique minimaliste qu'elle illustre par sa chorégraphie Trio A (1966)[7],[8].

En 1972, Rainer commence une carrière de réalisatrice[9]. Elle réalise des longs métrages expérimentaux, dont Lives of Performers (1972), Privilege (1990), Murder and Meurtre (1996), en 2000, elle retourne à la danse avec une commande de la Baryshnikov Dance Foundation pour le White Oak Dance Project (en)[10] intitulé After Many a Summer Dies the Swan. Depuis lors, Rainer a créé diverses chorégraphies : AG Indexical, with a little help from H.M. (2006), RoS Indexical (2007), Spiraling Down (2008), Assisted Living: Good Sports 2 (2011), et Assisted Living: Do You Have Any Money? (2013[11]).

Vie privée[modifier | modifier le code]

Après son divorce d'avec Al Held, elle vit, à partir des années 1960, avec l'artiste minimaliste Robert Morris, jusqu'en 1971, dont la rupture fut douloureuse, la conduisant à une tentative de suicide[12],[13].

Influences[modifier | modifier le code]

Le travail d'Yvonne Rainer a influencé de nombreux chorégraphes américains et européens qui ont fréquenté l'école new-yorkaise, notamment dans l'entourage de la Merce Cunningham Dance Company, tel que Jean-Claude Gallotta[14] qui lui rend nommément hommage sur scène dans son ballet Ulysse (version 1993)[réf. nécessaire].

Regards sur son œuvre[modifier | modifier le code]

Avec les artistes de la contre-culture new-yorkaise, elle est considérée comme la chorégraphe postmoderne la plus iconoclaste, engageant une critique systématique des conventions esthétiques, notamment en édictant en 1964 un No Manifesto sur les conditions radicales de son approche théorique de la danse et de ses représentation dont la traduction peut être :

« NON au spectacle non à la virtuosité non aux transformations et au merveilleux et au trompe-l'œil non à la fascination et à la transcendance de l'image de la star non à l'héroïque non à l'anti-héroïque non aux images de pacotille non à l'engagement du performer ou du spectateur non au style non au maniéré non à la séduction du spectateur par les artifices de l'interprète non à l'excentricité non à l'émouvant et à l'ému[8]. »

Elle illustre ces principes fondamentaux avec Terrain, présenté à partir du [15],[16],[17]. Ce spectacle de 90 minutes est divisé en cinq parties, jouées par six danseurs. Le hasard détermine l'ordre des deux premières. Les danseurs, au cours de solos, créent des mouvements mémorisés, ou nés également du hasard. S'ils ne dansent pas, les interprètes se rassemblent autour d'une barrière. Elle expliquait ainsi sa position : « Le défi pourrait être défini comme la question de savoir comment se mouvoir dans l'espace, entre la bouffissure théâtrale, avec son fardeau de Signification psychologique dramatique - et - les images et les effets d'ambiance du théâtre non dramatique, non-verbal (c'est-à-dire la danse et certains happenings) - et - le théâtre de la participation et/ou de l'agression du spectateur. »

Principales chorégraphies[modifier | modifier le code]

  • 1961 : Three Satie Spoons
  • 1961 : Three Seascapes
  • 1962 : Ordinary Dance
  • 1963 : Terrain
  • 1963 : We Shall Run
  • 1965 : Parts of Some Sextets[18]
  • 1966 : Trio A[19]
  • 1969 : Continuous Project-Altered Daily
  • 1970 : War
  • 1973 : This Is the Story of a Woman Who…
  • 2010 : Spiraling Down ,
  • 2013 : Assisted Living: Do You Have Any Money? (2013),

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • 1972 : Lives of Performers
  • 1974 : Films about a Woman Who[20]
  • 1976 : Kristina Talking Pictures
  • 1980 : Journey from Berlin/1971
  • 1985 : The Man Who Envied Woman
  • 1990 : Privilege[21]
  • 1996 : Murder and Murder

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en-GB) Sanjoy Roy, « Step-by-step guide to dance: Yvonne Rainer », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 30 mars 2020).
  2. (en-US) Erin Brannigan, « Rainer, Yvonne », sur Senses of Cinema, (consulté le 30 mars 2020).
  3. a et b (en-US) « Yvonne Rainer - MacArthur Foundation », sur www.macfound.org (consulté le 30 mars 2020).
  4. (en-GB) Michael McNay, « Obituary: Al Held », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 30 mars 2020).
  5. (en) « Yvonne Rainer », Encyclopædia Britannica (consulté le 30 mars 2020).
  6. Encyclopædia Universalis, « Yvonne Rainer », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 30 mars 2020).
  7. (en) « Yvonne Rainer: Ushering in postmodern dance », sur Dance Teacher, (consulté le 30 mars 2020).
  8. a et b (en-US) « Yvonne Rainer: No Manifesto – Manifesto » (consulté le 30 mars 2020)
  9. (en-US) « United States Artists » Yvonne Rainer » (consulté le 30 mars 2020).
  10. (en-US) Wendy Perron, « An Improbable Pair on a Quest Into the Past », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 30 mars 2020).
  11. (en-US) « Yvonne Rainer :: Foundation for Contemporary Arts », sur www.foundationforcontemporaryarts.org (consulté le 30 mars 2020).
  12. (en-US) Sasha Anawalt, « Minimalist movement », Los Angeles Times, (consulté le 30 mars 2020).
  13. (en-US) Review by John Rockwell, « A Dancer's Turbulent Steps Through Life », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 30 mars 2020).
  14. « Jean-Claude Gallotta - Groupe Emile Dubois », sur www.gallotta-danse.com (consulté le 30 mars 2020)
  15. (en) « Yvonne Rainer (biography) », sur www.fondation-langlois.org (consulté le 30 mars 2020)
  16. (en-US) « Yvonne Rainer. Terrain. 1963 | MoMA », sur www.moma.org (consulté le 30 mars 2020)
  17. (en-GB) Judith Mackrell, « Yvonne Rainer: Dance Works review – funny, anarchic and oddly moving », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 30 mars 2020)
  18. (en-US) Gia Kourlas, « Yvonne Rainer Revives Her ‘Mattress Monster’ Dance », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 30 mars 2020)
  19. (en-US) Alastair Macaulay, « Review: The Humanity of Yvonne Rainer’s Natural and Peculiar Dances », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 30 mars 2020)
  20. (en-US) « Film About a Woman Who…, 1974 », sur Strictly Film School, (consulté le 30 mars 2020)
  21. (en-US) « Privilege, 1990 », sur Strictly Film School, (consulté le 30 mars 2020)
  22. a et b (en-US) « John Simon Guggenheim Foundation | Yvonne Rainer » (consulté le 30 mars 2020)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Work, 1961-1973, New York (N.Y.), Primary Information, (réimpr. 14 février 2020), 344 p. (ISBN 978-1-7320986-3-3 et 1-7320986-3-8),
  • (en) The Films of Yvonne Rainer, Indiana University Press, , 236 p. (ISBN 978-0-253-20542-1),
  • (en) Yvonne Rainer et Martha Rosler, If You Lived Here : The City in Art, Theory, and Social Activism : A Project, Bay Press,U.S., (ISBN 978-0-941920-18-6),
  • (en) A Woman Who... : Essays, Interviews, Scripts, Johns Hopkins University Press, , 440 p. (ISBN 978-0-8018-6078-2),
  • (en) Radical Juxtapositions 1961-2002, University of the Arts, , 151 p. (ISBN 978-0-9627916-5-9),
  • (en) Feelings Are Facts : A Life, MIT Press, , 473 p. (ISBN 978-0-262-18251-5)
  • (en) Yvonne Rainer et Catherine Wood, The Mind Is a Muscle, Londres, Afterall Books, , 118 p. (ISBN 978-1-84638-037-2),
  • (en) Poems (préf. Tim Griffin), Badlands Unlimited, (réimpr. 31 août 2012) (1re éd. 24 juillet 2011), 71 p. (ISBN 978-1-936440-10-8),
  • (en) Moving and Being Moved, Roma Publications, , 128 p. (ISBN 978-94-91843-88-4),
  • (en) Ann Sargent-Wooster, « Yvonne Rainer's "Journeys from Berlin/1971" », The Drama Review: TDR, Vol. 24, No. 2,‎ , p. 101-118 (lire en ligne).
  • (de) B. Ruby Rich & Noll Brinckmann, « Yvonne Rainer », Frauen und Film, No. 37,‎ , p. 6-34 (lire en ligne).
  • (en) Shelley Green, Radical Juxtaposition The Films of Yvonne Rainer Edition, Scarecrow Press, , 182 p. (ISBN 978-0-8108-2863-6, lire en ligne),
  • (en-US) Carrie Lambert, « Moving Still: Mediating Yvonne Rainer's "Trio A" », October, Vol. 89,‎ , p. 87-112 (lire en ligne).
  • (en-US) Gwen Raaberg, « Views from "The Other Side": Theorizing Age and Difference in Yvonne Rainer's "Privilege" », Women's Studies Quarterly, Vol. 30, No. 1/2,‎ , p. 120-130 (lire en ligne).
  • Yvonne Rainer, Christophe Wavelet, Véronique Fabbri et Catherine Delaruelle, « Danse publique et communauté : Trio A et autres pièces ou films d'Yvonne Rainer », Rue Descartes, No. 44,‎ , p. 80-93 (lire en ligne).
  • (en) Douglas Crimp, « Yvonne Rainer, Muciz Lover », Grey Room, No. 22,‎ , p. 48-67 (lire en ligne).
  • Carrie Lambert, Catherine Lord et Yvonne Rainer. (trad. de l'anglais), Une femme qui... – Ecrits, entretiens, essais critiques, Dijon/Zurich, les presses du réel, , 272 p. (ISBN 978-2-84066-262-4)
  • (en) Philip Glahn, « Brechtian Journeys: Yvonne Rainer's Film as Counterpublic Art », Art Journal, Vol. 68, No. 2,‎ , p. 76-93 (lire en ligne).
  • (en) Ryan Platt, « The Ambulatory Aesthetics of Yvonne Rainer's "Trio A" », Dance Research Journal, Vol. 46, No. 1,‎ , p. 41-60 (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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