Rite maçonnique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Un rite maçonnique est un ensemble cohérent de rituels et de pratiques définissant un cérémonial maçonnique.

Apparus avec les loges spéculatives, les « rites », du latin Ritus, ont été mis en place afin d'uniformiser et d'harmoniser les pratiques en loge maçonnique[n 1]. Il s'agit donc de la définition de l'ensemble des usages et de l'ordre dans lesquels ceux-ci doivent être exécutés au cours des diverses tenues et cérémonies. Inspirés par les traditions antiques ou opératives et par la Bible, les rites prescrivent les gestes, le langage, les déplacements et les attitudes. Toutefois, malgré un idéal similaire, les francs-maçons effectuent leurs travaux de manière plurielle. Et ce, dès la moitié du XVIIIe siècle, notamment avec la querelle des Anciens et des Moderns au sein de la franc-maçonnerie anglaise. Depuis, chaque siècle a vu apparaître différents rites. Une loge, ou un « atelier », pratique en général un seul et même rite alors qu'une obédience maçonnique peut en observer plusieurs.

Les rites sont composés de symboles, mots, gestes et signes. S'il apparaît impossible de recenser l'ensemble des rites un jour pratiqués, les auteurs[n 2] et historiens admettent communément l'existence d'une cinquantaine de rites relativement distincts. Néanmoins, seule une demi-dizaine est majoritairement pratiquée.

Double page d'un manuscrit maçonnique français datant de 1769.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le terme rite provient du latin Ritus « fixé, en ordre » et de la forme ancienne Rit. L'étude de la famille étymologique de ce mot conduit aux notions d'arrangement, de succession, de nombre — du grec arithmos — puis d'ordre — Rtam[1].

Origine des rites maçonniques[modifier | modifier le code]

2017-fr.wp-orange-source.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (juillet 2016)
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

Au XVIIe siècle, les rituels maçonniques n'étaient pas censés être écrits et n'étaient jamais imprimés. Ils ne sont plus connus de nos jours que grâce à un très petit nombre de notes manuscrites ayant échappé à la règle et au temps, ainsi que par quelques anciennes divulgations. Les plus anciens rituels maçonniques connus remontent aux toutes dernières années du XVIIe siècle et aux deux premières décennies du XVIIIe et ont une origine écossaise[2]. L'étude de ces documents montre qu'ils évoluèrent assez considérablement au fil du temps. Les cérémonies étaient très simples et fort courtes[3].

Au XVIIIe siècle, après la réorganisation des pratiques consécutive à la fondation des premières grandes loges, les Ancients et les Moderns pratiquent de nouveau des rituels assez similaires, qui ne se distinguent que par un assez petit nombre de points remarquables, tels que la place de certains éléments symboliques, la manière de transmettre les mots de passe, ou une référence plus ou moins importante à la religion chrétienne.

Cependant, dès les années 1740, on voit apparaître de nouvelles divergences, à côté des rituels traditionnels des trois premiers degrés, sous la forme de plusieurs centaines de rituels de degrés additionnels dits de « hauts grades » dont beaucoup n'étaient que des variantes les uns des autres, ou restèrent à l'état de projets, ou ne furent en réalité jamais vraiment pratiqués. Cette multiplication des rituels maçonniques aboutit à diverses initiatives visant à normaliser les pratiques et à les rassembler en ensembles cohérents et stables : les rites maçonniques.

Rites majoritaires[modifier | modifier le code]

Les rites maçonniques aujourd'hui les plus répandus à travers le monde sont :

Les autres rites ont une diffusion plus limitée, entraînant parfois, par manque de transmission, la disparition de certains d'entre eux.

Lexique chronologique des rites[modifier | modifier le code]

Rites historiques[modifier | modifier le code]

  • Rite des Anciens devoirs : ce rite est mentionné ici pour mémoire, il ne s'agissait pas en effet d'un rite d'admission dans une loge de francs-maçons. C'est le nom donné par certains auteurs, tels Patrick Négrier[4] à la cérémonie d'admission dans une corporation de maçons avant le XVIIe siècle, sans transmission de mot secret. Cette pratique a aujourd'hui disparu.
Tartan Royal Stuart du Rite standard d'Écosse.
  • Rite standard d'Écosse : rite officiel proposé par la Grande Loge d’Écosse, présent pratiquement sur tous les continents. Il est de la famille des rites anglo-saxons comme le Rite émulation. Il trouve ses origines dans les premières loges écossaises comme Mary's Chapel (le plus ancien procès-verbal date de 1599). Le mot « standard » signifie « traditionnel » ou « commun » car chaque loge en Écosse a sa propre particularité. Il apparait comme le plus petit dénominateur commun.

Rites apparus au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Tablier maçonnique du Rite d'York.
  • Rite d'adoption : apparu au XVIIIe siècle en France, où il était pratiqué par les loges féminines, dites d'adoption. D'un symbolisme particulier, différent de celui des autres rites, notamment en ce qu'il ne se réfère pas à la construction du Temple de Salomon. Il a presque totalement disparu depuis la fin du Premier Empire et n'est plus conservé aujourd'hui que dans une seule loge de la Grande Loge féminine de France.
  • Rite d'York : issu de l'expansion en Amérique du Nord de la Grande Loge britannique dite des Antients, il est pratiqué par plusieurs milliers de loges, principalement aux États-Unis.
Tablier maçonnique du Rite écossais rectifié.
  • Ordre du royal secret : également nommé « Rite de Perfection », l'origine exacte de ce rite, qui revendiqua une fondation en 1762, fait aujourd'hui encore l'objet de débats entre les historiens. Ses 25 degrés furent repris en 1801 dans les 33 degrés du Rite écossais ancien et accepté. Il est aujourd'hui éteint.
  • Rite français : on peut dater la codification de ce rite entre 1783 et 1786, en France[8]. Directement issu du rite des Moderns dont il reprend la plupart des caractéristiques, il est toujours aujourd'hui le rite le plus pratiqué en France, notamment au sein du Grand Orient de France, ainsi qu'au Brésil. Il est également présent dans de nombreuses loges en Europe et à travers le monde. Il en existe différentes variantes.

Rites apparus au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Tablier maçonnique du Rite écossais ancien et accepté.
  • Rite de Misraïm : développé en France vers 1810 par les frères Bédarride[10], il est aujourd'hui l'une des composantes des rites maçonniques dits « égyptiens ».
  • Rite de Schroeder : rite en trois grades, créé par Friedrich Ludwig Schröder, il fut adopté en 1811 par la Grande Loge provinciale de Hambourg, dont Schröder était le grand maître, il était le plus démocratique de tous les rites pratiqués en Allemagne avant la deuxième guerre mondiale, ce qui fit son succès. Il est pratiqué en Allemagne, Autriche, Hongrie et Suisse[11],[12].
  • Rite émulation : codifié en Angleterre vers 1823[13], à la suite de la réunion des Ancients et des Moderns, le rite émulation ou « style émulation » est pratiqué aujourd'hui par plusieurs milliers de loges, principalement au Royaume-Uni et dans les anciennes colonies britanniques.
  • Rite canadien : nom donné par les loges canadiennes à différentes variantes du Rite émulation (voir plus haut).
  • Rite symbolique italien : rite en trois grades dont la naissance remonte au premier janvier 1862, de par la volonté de la loge « Ausonia » de Turin (fondée le 8 octobre 1859) de constituer une franc-maçonnerie nationale italienne unitaire, indépendante de toute influence étrangère et fidèle aux Constitutions d'Anderson. Il est pratiqué encore aujourd'hui par les loges de la Grande Loge symbolique d'Italie[15], au sein du Grand Orient d'Italie.

Rites modernes, du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Certains auteurs décrivent pour la fin du XVIIIe siècle une sorte d'« anarchie » des pratiques maçonniques. Il apparait nécessaire, écrit Garnier, d'y « mettre un terme ».
  2. Garnier et Ligou peuvent être cités chez les écrivains francophones. Gould et Mackey chez les maçonnologues anglophones.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Rite maçonnique.