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Rina Lasnier

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Rina Lasnier
Description de l'image Rina Lasnier.jpg.
Naissance
Saint-Grégoire-d'Iberville
Décès (à 86 ans)
Saint-Jean-sur-Richelieu
Auteur
Genres
Poésie, théâtre

Œuvres principales

Images et proses (1941)
Les Fiançailles d'Anne de Nouë (1943)
Le Chant de la montée (1947)
Présence de l'absence (1956)
Mémoire sans jours (1960)

Rina Lasnier est une poétesse et écrivaine québécoise née le à Saint-Grégoire-d'Iberville et morte à Saint-Jean-sur-Richelieu le .

Animée par une foi religieuse intense, proche du mysticisme, Rina Lasnier publie ses premiers poèmes dans les années 1930. Formée en bibliothéconomie, suivant les conseils de son mentor Victor Barbeau, dès la publication de son premier recueil (Images et proses, 1941), elle renonce à une vie de fonctionnaire pour se consacrer entièrement à sa poésie. Membre fondatrice de l'Académie canadienne-française (aujourd'hui l'Académie des lettres du Québec) en 1944, malgré le prestige qui entoure son nom, Rina Lasnier se tiendra loin des cercles littéraires et des divers mouvements artistiques, politiques ou idéologiques. La poésie est pour elle à la fois une forme de création et une façon de vivre, d'exister.

Son œuvre est caractérisée par ses nombreuses références bibliques, son ton solennel et son vocabulaire sophistiqué, riche en symboles. Comptant plus d'une quarantaine de recueils, pièces de théâtre et essais à son actif, tout au long de sa carrière, Rina Lasnier a été récompensée par plusieurs prix et distinctions. Elle a notamment remporté le prix David une première fois en 1943, pour son recueil Les Fiançailles d'Anne de Noüe, puis une seconde fois en 1973, pour l'ensemble de son œuvre. Candidate pour le prix Nobel de littérature à deux reprises, elle a aussi reçu un doctorat honorifique de l'Université de Montréal en 1977 et le titre de grande officière de l'Ordre national du Québec en 1987.

Elle est considérée, avec Hector de Saint-Denys Garneau, Alain Grandbois et Anne Hébert, comme l'un des « grands aînés » de la poésie moderne québécoise.

Enfance et formation

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Rina Lasnier est la fille de Moïse Lasnier et de Laura Galipeau[1]. Elle grandit au sein d'une famille nombreuse où le talent artistique est fort présent. Son père, un commerçant prospère, propriétaire d'un petit hôtel, était un musicien autodidacte. Violoniste depuis la tendre enfance, ayant appris la musique à l'oreille, il composait des gigues dans ses temps libres[2]. Sa mère, décrite comme une femme d'une grande sensibilité et d'une « intelligence naturelle […] étayée par un jugement sans défaut », encourage ses enfants à développer leur créativité. Sa sœur aînée Alda est également une source d'influence importante. Ayant « tous les diplômes de l'époque en piano », elle était également une chanteuse talentueuse[3]. Proche de Rina, en plus de l'encourager à se mettre elle aussi au chant et à la musique (piano, violon), elle sera la première lectrice de tous ses textes[4].

Durant son enfance, Rina Lasnier déménage avec sa famille à Saint-Jean-sur-Richelieu. C'est dans cette ville qu'elle effectue son école primaire, au pensionnat de la Congrégation de Notre-Dame. Naturellement portée vers la lecture, elle devient une habituée des bibliothèques. À l'adolescence, elle se rend fréquemment chez un libraire-papetier de sa ville. Celui-ci, ne « connaissant même pas l'existence de l'Index, ou feignant de l'ignorer [...] passait n'importe quoi à des adolescentes de 12, 13 et 14 ans[5] ». C'est dans son échoppe qu'elle découvre ses premiers livres jugés scabreux, selon la morale de l'époque. Elle y trouve aussi ses premières anthologies de poésie. Elle développe aussitôt une passion pour le genre. Selon sa biographe Eva Kushner, Rina Lasnier « trouve dans la poésie son climat naturel[6] ». Un jour, à l'âge de quinze ans, elle tombe sur une section de livres défendus dans la bibliothèque de sa classe. Attirée par un recueil de poèmes érotiques hindous, elle décide de braver l'interdiction. Bien qu'elle en soit sévèrement réprimandée, elle n'en éprouvera aucun remords[3].

Ses parents l'encouragent également à apprendre l'anglais. À la suite de l'invitation d'une parente religieuse en Angleterre, Rina Lasnier et sa sœur Alda vont étudier chez les Sœurs de la Présentation de Marie au couvent de Palace Gate à Exeter, en 1926. Ce passage dans cette « institution privée taillée à même le domaine du palais épiscopal protestant » et « dans la campagne romantique et pastorale du Devonshire » la marque beaucoup[7]. De retour au Québec l'année suivante, elle poursuit son cours classique au Collège Marguerite-Bourgeoys (aujourd'hui le Collège Marianopolis) à Montréal. À sa sortie du collège, suivant la voie tracée par plusieurs de ses aînés, elle se prépare à faire des études en médecine. Toutefois, elle contracte une mononucléose qui la force à se mettre au repos. Cette période sera déterminante dans son cheminement. Comme elle le raconte dans un entretien : « Pas de sortie le soir, long repos le matin. Et ce soir et ce matin devinrent pour moi un grand et profond moyen d'intériorisation. Étrange, mais je m'habituais peu à peu à beaucoup de silence sans ennui aucun, au contraire, comme un plongeur sous-marin, je découvrais non seulement l'imaginaire mais les réserves de l'âme […] Pendant cette réclusion ouverte de dix-huit à vingt-quatre mois, bien installée au lit ou dans un fauteuil de jardin, je me mis tout simplement à écrire… pour passer le temps et passer du temps au sur-temps de la création[8] ».

Se réorientant vers les lettres, elle s'inscrit dans cette discipline à l'Université de Montréal. Elle obtient un diplôme en littérature française en 1931, puis un diplôme en littérature anglaise en 1932[9],[10].

Premiers écrits

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En 1933, Rina Lasnier publie ses premiers textes dans Le Canada français. Elle commence ensuite à publier régulièrement dans Le Richelieu, un hebdomadaire de sa région, à compter de 1935[11]. Bien que ses patrons lui confient la page féminine, elle s'en tient peu aux thèmes domestiques généralement traités. Elle choisit plutôt de consacrer ses colonnes à des musiciens, des artistes et des poètes comme Charles Baudelaire, Albert Lozeau et Alfred DesRochers. Elle consacre également des textes à des auteurs interdits par le clergé tels qu'Emmanuel Kant et Alphonse de Lamartine. Elle publiera aussi des articles et des poèmes dans La Nouvelle Relève, Liaison, Les Carnets viatoriens (avec le père Gustave Lamarche), Gants du ciel et Les Cahiers de la Nouvelle-France[12].

En 1939, elle publie son premier ouvrage, Féérie indienne. Cette pièce en trois actes raconte l'histoire de l'héroïne Kateri Tekakwitha, une jeune vierge mohawk refusant d'épouser le mari qui lui est destiné afin de se réserver à Dieu. Cette première œuvre, empreinte de thèmes qui deviendront des constantes chez la poétesse (soit la présence du religieux et du sacré, avec une forme de sensualité sublimée) attire aussitôt l'attention sur l'autrice[13]. Dans une critique élogieuse de sa pièce, Alfred DesRochers trouve à Rina Lasnier des « affinités claudéliennes, non seulement dans sa manière d'écrire, qui s'approche du verset, mais dans son imagerie et son lyrisme », riches en « images somptueuses et justes comme : "Mes feuilles (c'est l'érable qui parle) teintes du sang de la Grande Ourse m'ont abandonné... comme les feuilles de l'an dernier... Déjà les derniers oiseaux ont mis leurs ailes en croix pour s'exiler[14] "».

Cette première œuvre attire l'attention de Victor Barbeau. Professeur de littérature à l'École des HEC, Barbeau y enseigne à l'un des frères de Rina Lasnier. Dans ses souvenirs, elle raconte :

« Je croyais très naïvement […] qu'un professeur de français et de littérature saurait certainement à quoi s'en tenir au sujet de Féérie indienne. Monsieur Barbeau lut mon texte, le remit à mon frère, m'écrivit un mot aimable, sans plus. Je fis une colère, je couvris monsieur Barbeau de mon "indignation" et cela l'amusa si fort qu'il me prit en mains et, cette fois, sérieusement; depuis, sa fidélité ne m'a jamais fait défaut »[15].

Afin d'améliorer sa situation, elle entreprend de nouvelles études, cette fois en bibliothéconomie. Éprouvant beaucoup de gratitude à l'égard de son nouveau mentor, à la fin de son diplôme, elle rédige une thèse sur lui. À la fin de ses études, en 1940, l'évêque de Saint-Jean, Mgr Forget, lui propose un poste de bibliothécaire. De son côté, Barbeau met en garde la jeune femme contre les dangers qu'un tel poste présente à sa liberté de poétesse. Ce conseil sera déterminant : Rina Lasnier décidera ainsi de renoncer à une carrière de fonctionnaire pour se concentrer sur sa poésie à temps plein[16].

Le Jeu de la voyagère, Images et proses et Les Fiançailles d'Anne de Noüe

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En 1941, elle publie son deuxième ouvrage, Le Jeu de la voyagère, une pièce de « théâtre choral » en trois actes sur la vie de Marguerite Bourgeoys. Suivant le récit de sa sanctification, Rina Lasnier s'en tient rigoureusement aux faits historiques, tout en évitant de verser dans le panégyrique. Néanmoins, elle explore aussi la psychologie du personnage. Elle présente sa foi comme la force qui l'aide à surmonter tous les défis que lui pose sa mission, malgré les nombreux doutes qui l'assaillent[17]. Dans le journal Le Droit, le critique Roger Duhamel salue la qualité de cette œuvre, écrivant : « Rina Lasnier est une artiste trop raffinée pour avoir cédé au démon du patriotisme sermonneur. À l'aide des documents, elle a recréé une Marguerite Bourgeoys conforme à l'histoire et digne de sa légende[18] ».

La même année, elle publie son premier recueil de poésie : Images et proses. Ce recueil comprend une série de poèmes d'inspiration religieuse, accompagnés de photographies de l'artiste Tavi. Écrits dans un style naïf, ses poèmes livrent l'objet des rêves, des douleurs et des joies de l'autrice. Ses textes se concentrent sur les éléments de la nature, présentés comme des symboles de beauté pure. L'image de l'arbre en particulier (qui revient dans toute l'œuvre de la poétesse) prend des dimensions métaphysiques et spirituelles, agissant comme un lien vivant entre le monde terrestre et le monde céleste. Le recueil comprend également une série sur le chemin de croix du Christ, chaque station étant marquée par un poème sous la forme d'une prière.

La critique lui réserve un accueil enthousiaste. Dans Le Droit, Guy Sylvestre écrit :

« La naissance d'un poète authentique est chose si rare qu'il faut la signaler à grands cris [...] Nelligan un jour immergea, mais on sait son destin; plus tard [Alfred] DesRochers naissait, suivi de quelques autres qui ont donné plus d'espoirs que de fruits; tout près de nous, un Saint-Denys Garneau et un François Hertel trouvent des accents nouveaux et émouvants. Aujourd'hui, la Muse visite une femme et Rina Lasnier nous donne ses Images et proses [...]

S'il y a chez elle par moments, une fantaisie magnifique [...] le plus souvent la voix est grave et la moindre promenade est quelque chose de sérieux [...] C'est que "le poète n'a pas choisi de chanter" et qu'il chante simplement parce qu'il vit et qu'il est lourd de paroles. Pour avoir tout aimé dans la vie - et l'herbe et la neige, et la rose et la rosée, et "l'air spirituel du matin" et l'opulence des midis, et l'ombre et la boue, et "les sueurs promises à la fécondité" et "la souffrance brusque comme la sauterelle et la joie douce comme la rondeur du fruit", il lui aura été donné de n'être pas stérile. C'est de la plénitude que naît le chant, le poème est débordement de joie communicative. Rina Lasnier nous enseigne à regarder autour de nous avant d'aller chercher au loin d'impossibles chimères [...] et elle n'a pas besoin de rien pour chanter sinon de "la moindre des choses" »[19].

Victor Barbeau, également élogieux, écrit de son côté : « Mademoiselle Lasnier n'est pas une élève, pas davantage un disciple. Ses moyens lui permettent de suivre la route de son choix, de sa vocation [...] et, depuis Féérie indienne, c'en est une insoupçonnée de tous qu'elle s'est joyeusement et sereinement tracée. Ni par la qualité de sa langue [...] ni par sa technique audacieuse, elle ne révèle rien de typiquement canadien. Rien, non plus, chez elle de colonialement français. Elle est un poète complet, personnel. Que dire d'autre[20]? »

Puis, en 1943, elle publie Les Fiançailles d'Anne de Noüe, autre pièce de théâtre. Cette fois, le drame raconte la mort étrange du missionnaire Anne de Noüe qui, perdu dans une forêt de la Nouvelle-France, finit par mourir de froid. En combinant la foi du personnage principal avec les descriptions poétiques intenses de la nature, cette mort se transforme en sorte d'épiphanie, d'expérience mystique. Cette œuvre permet à Rina Lasnier de remporter le prix David, sa première récompense[21].

Fondation de l'Académie canadienne-française

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En 1944, Rina Lasnier publie Madones canadiennes. Similaire à Images et proses, ce recueil comprend des poèmes accompagnés de photos servant à accompagner le propos, sinon à indiquer l'origine de l'inspiration. Ces photos, choisies en collaboration avec Marius Barbeau, montrent des statues, des tableaux et d'autres œuvres d'art québécoises consacrées à la Sainte Vierge[22]. Loin d'un rapport de soumission dogmatique, pénitentielle et doloriste, comme le voulait une certaine mentalité dominante à cette époque, Rina Lasnier laisse ici parler son amour de Dieu et de sa création avec force, comme l'écrit le critique Guy Sylvestre : « Son œuvre légère, féminine sans mollesse, pleine de dureté, est humaine avant tout; elle exprime une inquiétude, une joie, une douleur à la mesure de ce qu'il y a de meilleur en nous. C'est pourquoi elle s'élève facilement vers la Charité. Mais, comme Péguy, Rina Lasnier sait que la surnature ne détruit pas la nature [...] C'est avec son cœur de chair qu'elle chante Dieu et ses œuvres[23] ».

La même année, à l'invitation de Victor Barbeau, elle est admise à la nouvelle Académie canadienne-française. Elle fait ainsi partie des membres fondateurs de cette institution, siégeant aux côtés de personnalités prestigieuses de l'époque comme Alain Grandbois, Guy Frégault et Lionel Groulx[24],[25].

Le Chant de la montée et Escales

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En 1947, elle publie la pièce Notre-Dame du pain — une œuvre de circonstance produite pour le Congrès marial d'Ottawa de cette année-là , ainsi que son recueil Le Chant de la Montée. Ce nouveau recueil comprend une série de chants centrés sur la figure biblique de Rachel, épouse infertile de Jacob. Tout en demeurant fidèle au texte biblique et en gardant un ton solennel, l'autrice s'approprie le récit par le thème de la fécondité. Comme dans le Cantique des cantiques et les Psaumes, sa poésie est riche en images charnelles, chargées de sensualité, mais aussi du Verbe incarné. L'amour de Rachel devient ainsi un don, un geste pur et gratuit. En venant lentement à accepter son inutilité, après s'être « couchée sous Sa parole », l'épouse de Jacob peut enfin engendrer un enfant, un fils[26].

Le Chant de la montée marque une évolution dans le travail de Rina Lasnier. Il donne une tournure plus personnelle à son penchant pour le symbolisme religieux et poétique. Cette évolution se poursuit dans Escales, autre recueil paru en 1950. Délaissant les sujets plastiques ou historiques, la poétesse se lance dans des recherches esthétiques en multipliant les formes et les symboles. Comme l'indique son titre, Escales parle d'une forme de pèlerinage, d'une âme naviguant sur la mer de l'existence, visitant une île après l'autre. Franchissant la mer avec un désir d'amour et une sorte de douleur mystérieuse, cette âme vagabonde explore le monde avec des mots simples et accessibles, sans toutefois trouver de réponse définitive à ses questions. La soif d'exister, la richesse de l'expérience humaine et la quête de sens qui en résulte à travers cet univers énigmatique constituent le thème central de ce recueil[27].

Présence de l'absence

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En 1953, Rina Lasnier obtient une bourse de création de la Société Royale du Canada. Elle décide alors de s'installer en France. Elle y tisse des liens avec plusieurs personnalités littéraires, dont Gaston Picard, président du comité de sélection du prix Renaudot, ainsi que Roger Lucas, animateur de soirées littéraires parisiennes et ami de la poésie québécoise. Elle y demeure jusqu'en 1954. Revenue au Québec, elle continue son exploration poétique avec ses recueils Présence de l'absence (1956), Mémoire sans jours et Miroirs (1960). Selon sa biographe Eva Kushner, le titre même de Présence de l'absence exprime par le paradoxe de l'intention de l'autrice : « L'absence y devient une réalité présente, accueillie dans la nostalgie et dans l'expectative. Les thèmes déjà familiers de la nature, de l'amour et de la mort s'y expriment avec la profondeur d'un personnalisme déchiré[28] ».

Partant d'une émotion personnelle, chacun des poèmes de Présence de l'absence transforme la charge émotive, la faisant dépasser son expérience personnelle. Elle lui donne une signification très large dans une sorte d'universalisation du sentiment sublimé. La poétesse se présente alors comme plus qu'une personne ou qu'un individu en particulier; elle devient celle qui transforme l'ordinaire en extraordinaire, le banal en œuvre d'art. Elle le transforme, non pas pour sa propre vanité, mais pour le donner à voir aux autres. Comme l'explique Eva Kushner : « Dès lors, quand le poète dit "je", c'est de tout être humain qu'il s'agit [...] Car celle qui cherche, et trouve, un but à son "inutilité" n'est pas seulement femme, elle est poète [...] En vertu de la gratuité du beau, [le poète] transforme en objet d'art l'inutile[29] ».

En 1957, Rina Lasnier reçoit pour l'ensemble de son œuvre poétique et dramatique le prix Ludger-Duvernay de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal. Lors de son discours de réception du prix, pour une rare fois, elle se livre à des réflexions sur la condition de la poésie au Québec à cette époque. Pour elle, la poésie est une forme de quête de transcendance, dans un esprit de fidélité à l'essence particulière du Québec. C'est par là que passe à ses yeux le chemin du salut de l'Amérique française :

« La poésie chez nous, c'est cette fille douée, cette faiseuse de musique dont on tire parfois quelque vanité tout en se défiant de son inutilité. Or, sa seule gloire, c'est d'être inutile… Enfin, depuis quelques années, c'est une adolescence gâtée, mais non choyée […] Nous ne comprenons plus les poètes, direz-vous après tant d'autres. Mais l'homme d'aujourd'hui se comprend-il lui-même? Et nous, en particulier, n'avons-nous pas laissé s'élargir, s'aggraver le divorce entre nos aspirations les plus authentiques et l'orientation première de notre destin national? »[30]

Mémoire sans jours et Miroirs

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Dans Mémoire sans jours, l'être et le monde inconscient se confrontent de façon singulière dans une suite poétique intitulée « La Malemer ». Ce poème ambitieux, rappelant Le Tombeau des rois d'Anne Hébert, raconte la descente du poète en soi-même dans une série de versets au ton grave et solennel. Le mot « malemer », invention de l'autrice, peut être interprété de différentes manières : il s'agit du malheur de « l'eau fautive » du péché originel, la mer séparée des autres éléments (symbolisée par la foudre ou l'aile) et condamnée à l'obscurité stérile. La « malemer » peut aussi être accueillante pour celui qui court le risque d'y plonger son regard sans dire mot, d'accepter simplement ce qu'elle lui offre[31].

Recueil de contes religieux avec des références autobiographiques, Miroirs est un ouvrage riche en visions symboliques et en personnages fictifs incarnant des vertus chrétiennes. Ces récits, qui ne se limitent pas à de la simple prédication, donnent un corps et une âme aux personnages à travers leurs gestes et leurs paroles. On le voit par exemple dans La croix et l'oiseau. Ce récit raconte la Crucifixion. Jésus, condamné à mort, traîne sa croix sur une route poussiéreuse, sous le soleil ardent de la Palestine. En étant en contact avec sa souffrance, la croix devient submergée par la compassion pour le Christ et par le désir de lui venir en aide à tout prix. À trois reprises, elle tente d'alléger sa peine. Elle demande à une fourmi d'appeler d'autres fourmis afin de ronger le bois de l'intérieur, et ainsi d'alléger le poids supporté par Jésus. La fourmi refuse, craignant d'être écrasée par les soldats romains. La croix demande ensuite à la mousse de former un coussin entre elle et l'épaule de Jésus. Celle-ci refuse, avec la « lâcheté des parasitaires ». La croix demande enfin au soleil de la réduire elle-même en cendres. Le soleil accepte de se retirer seulement, afin que l'obscurité permette à la croix et au Christ de s'échapper. Un oiseau vient ensuite se poser sur la croix, comme lorsqu'elle était encore un arbre de la forêt, et se met à chanter. Décrivant le chant de cet oiseau, la poétesse se livre alors à une réflexion : « L'oiseau appartient au chant et le chant ne fait point de différence entre la vie et la mort. Ou plutôt le chant arrache à la mort un essor qu'elle jalouse toujours ». Le Christ bénit alors le chant afin d'apaiser le cœur en peine de la croix. Cette bénédiction s'applique non pas au seul chant de l'oiseau, mais au chant de tous ceux qui chantent; aux poètes[32].

Les Gisants

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La réflexion sur le rôle du poète et sur le thème de la mort se retrouve également dans Les Gisants, autre recueil paru en 1963. Son premier poème, « Le vase étrusque », parle d'un joueur de flûte et d'une danseuse peints sur des vases servant à recueillir les cendres d'un disparu. La création artistique y est décrite comme une « frivolité sérieuse ». Selon Michel Biron, François Dumont et Élisabeth Nardou-Lafarge : « Plus descriptifs, précédés d'un argument qui en fixe le sens, les poèmes de ce recueil se sont libérés de leur violence, mais au prix d'une certaine intensité. C'est surtout par leur exotisme classique et par leur virtuosité que ces poèmes se distinguent[31] ».

Autres recueils et consécration

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Les recueils suivants s'éloignent des longues suites personnelles au profit de poèmes plus modestes en apparence, mais tout aussi riches en images. Les Quatrains quotidiens (1963) et L'Arbre blanc (1966) accordent une large place à la nature, notamment, encore une fois, à la figure de l'arbre. Rina Lasnier continue à publier dans les années 1970 et 1980, en demeurant fidèle au sens du sacré qui caractérisait ses premiers recueils. Elle demeurera aussi peu influencée par les courants et les modes littéraires, donnant à sa poésie un caractère classique et intemporel.

En 1964, elle remporte le prix Mgr-Camille-Roy. Dans les années 1970, c'est la consécration : on lui décerne le Prix Molson (1971), le Prix A.J. Smith de l'Université du Michigan (1972), le Prix Athanase-David (1974), le Prix France-Canada (1974) et le Prix et la Médaille de la Société royale du Canada (1974). En 1977, elle reçoit un doctorat honorifique de l'Université de Montréal. La même année, elle en reçoit un deuxième de l'Institut Gracian, une académie internationale dont elle était membre. En 1978, elle est décorée de la Médaille commémorative de la Reine. Elle est également nommée membre d'honneur de l'Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ), et elle remporte le prix Edgar Poe de la Maison de la poésie en France[33].

Candidate au Prix Nobel de littérature

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En 1975, la Société des poètes canadiens-français et l'Académie canadienne-française présentent Rina Lasnier comme candidate pour le prix Nobel de littérature. C'est toutefois l'écrivain italien Eugenio Montale qui remportera le prix. Sa candidature est de nouveau proposée au premier ministre Robert Bourassa pour le prix Nobel de littérature en 1986. La récompense reviendra finalement à l'écrivain nigérian Wole Soyinka[33].

Dernières années et mort

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Elle habite pendant plusieurs années à Joliette. En 1992, elle revient s'établir à Saint-Jean-sur-Richelieu. Elle y meurt le 9 mai 1997, à l'âge de 86 ans. Elle était alors la dernière des membres fondateurs de l'Académie canadienne-française (devenue l'Académie des lettres du Québec)[34].

En 2000, l'Association des auteurs de la Montérégie a créé le prix Rina-Lasnier. Une plaque commémorative et informative en l'honneur de Rina Lasnier est située devant la maison dans laquelle elle a demeuré à Saint-Jean-sur-Richelieu[35]. La bibliothèque intermunicipale de la Ville de Joliette et de Saint-Charles-Borromée porte le nom de Rina-Lasnier, en l'honneur de l'écrivaine[36]. Le circuit Sur les pas de Rina Lasnier, dans le Vieux-Saint-Jean, permet de marcher dans les lieux qui ont inspiré la poète.

Ses poèmes ont été traduits en anglais, en espagnol, en italien, en hongrois, en polonais et en russe[37]. Elle a entretenu une correspondance soutenue avec plusieurs poètes et écrivains, dont René Pageau, poète et Clerc de Saint-Viateur, entre 1961 et 1989, correspondance qui a fait l'objet d'une édition en livre en 2014[38].

Le fonds d'archives de Rina Lasnier est conservé au centre d'archives de Montréal de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec[39].

  • Images et proses, illustré de 24 photographies dont 23 de Tavi, Saint-Jean, Les éditions du Richelieu, 1941, 118 p./réédition aux mêmes éditions en 1970.
  • La modestie chrétienne, Montréal, Le Messager canadien, coll. Vivre, no 9, 1942, 16 p./réédition en 1945.
  • Madonnes canadiennes, avec Marius Barbeau, Montréal, Éditions Beauchemin, 1944, 289 p.
  • Le chant de la montée, Montréal, Beauchemin, 1947, 120 p.
  • Escales, Trois-Rivières, s.n., 1950, 149 p.
  • Présence de l'absence, Montréal, L'Hexagone, 1956, 67 p./réédition, avec une préface de Jean-Pierre Issenhuth, Montréal, L'Hexagone, coll. Typo, 1992, 84 p. (ISBN 2892950732)
  • Mémoire sans jours, Montréal, Les éditions de l'Atelier, 1960, 138 p. (ISBN 2-89406-118-8)
  • Miroirs, Montréal, Les éditions de l'Atelier, 1960, 127 p.
  • Les gisants, Montréal, Les éditions de l'Atelier, 1963, 109 p.
  • L'arbre blanc, Montréal, L'Hexagone, 1966, 84 p.
  • La part du feu, Préface de Guy Robert, Montréal, Éditions du songe, 1970.
  • La salle des rêves, Montréal, HMH, coll. Sur parole, 1971, 113 p.
  • L'invisible, avec des eaux-fortes originales de Marie-Anastasie, Montréal, Éditions du Grainier, 1969-1971. De ces poèmes inédits de Rina Lasnier a été tiré: 50 exemplaires, numérotés de 1 à 50 et signés; 15 exemplaires, contenant en plus des burins originaux de Janine Leroux et des aquarelles de Denyse Gadbois, numérotés de I à XV, et signés.
  • Poèmes, avant-dire de l'auteure, Fides, coll. du nénuphar, 37-38, vol. 1972, reprise de la plupart de ses recueils en deux volumes. Sommaire: v.1: Images et proses (1941). Madones canadiennes (1944). Le chant de la montée (1947). Escales (1950). Présence de l'absence (1956). (DL 72-1494).-v.2: Mémoire sans jours (1960). Les gisants (1963). L'arbre blanc (1966). Poèmes anglais. (DL 72-1495) (ISBN 077550565X)
  • Le rêve du quart jour, ill. de Gille Tibo, Saint-Jean, Éditions du Richelieu, 1973, 72 p.
  • L'échelle des anges, Montréal, Fides, 1975, 119 p. (ISBN 077550565X)
  • Amour, gravure de Lyne Rivard, Lacolle, Éd. M.Nantel, 1975, 72 p.
  • Les signes, Montréal, Hurtubise HMH, coll. Sur parole, 1976, 130 p. (ISBN 0775800686)
  • Femmes plurielles, France, s.n., 1979, 95 p. (ISBN 0-7709-0067-4)
  • Entendre l'ombre: poèmes vol. 1, Ville LaSalle, Hurtubise HMH, coll. sur parole, 1981, 84 p. (ISBN 2890454916)
  • Voir la nuit, Ville LaSalle, Hurtubise HMH, coll. Parole/Hurtubise HMH, 1981, 165 p. (ISBN 2890454924)
  • Chant perdu, Trois-Rivières, Écrits des forges, coll. Radar, 1983, 93 p. (ISBN 2890460525)
  • Études et rencontres, Joliette, Éditions de la parabole, 1984, 81 p.
  • L’ombre jetée (1987-1988), Trois-Rivières, Écrits des forges, coll. Radar, vol. vol. 1 : LaSalle des rêves ; Les Signes ; Matin d'oiseaux ; Paliers de paroles,  (ISBN 2890461173) vol. 2 : Entendre l'ombre ; Voir la nuit ; Chant perdu ; Brisées (ISBN 2890461440)
  • Mémoire sans jours, présentation de Marie-Claire Blais, Saint-Laurent, BQ, 1995, 142 p. (ISBN 2-89406-118-8)
  • Le sang du regard, avec acryliques de Louise Vandière, Trois-Rivières, Écrits des forges, 2004, 57 p. (ISBN 2-89046-877-1)
  • L'Épanouissement de l'ombre, poèmes choisis, choix et présentations de Jocelyne Felx, Montréal, Éditions du Noroît, 2011, 183 p. (ISBN 9782890186873)
  • On dansait sur un volcan, choix de textes et présentation de Diane Boudreau, St-Jean-sur-Richelieu, Musée du Haut-Richelieu, 2016, 145 p. (ISBN 9782981600707)
  • Féérie indienne - Kateri Tekakwitha , Saint-Jean-sur-Richelieu, Les éditions du Richelieu, 1939, 71 p.
  • Les fiançailles d'Anne de Noüe, préface du R.P. Gustave Lamarche, Montréal, Secrétariat de la L.M.E., 1943.
  • Notre-Dame du pain, Joliette, Les Paraboliers du Roi, 1947.
  • Le jeu de la voyagère (sur la vie de Marguerite Bourgeoys), Montréal, Éditions de la Société des écrivains canadiens, 1941, 137 p./réédition, Montréal, Les éditions de la congrégation de Notre-Dame, 1950.
  • Le soleil noir – Le soleil dans la muraille : nocturne de la sainte tête de Jean le Baptiste, drame poétique, Joliette, Éditions de la Parabole, 1981, 92 p./réédition, Charlesbourg, Presses laurentiennes, 1987, 92 p. (ISBN 2890150577)
  • La mère de nos mères, Montréal, Bureau de propagande : Le Messager canadien, coll. des Fondateurs, no 6, 1943, 31 p.
  • La Grande dame des pauvres - la bienheureuse Marguerite d'Youville fondatrice et première supérieure des sœurs de la charité, sœurs grises, béatifiée par Sa Sainteté le pape Jean XXIII le , Montréal, s.n., 1959, 15 p.
  • Le choix de Rina Lasnier dans l'œuvre de Rina Lasnier, Notre-Dame des Laurentides, Les Presses Laurentiennes, coll. le choix de, 1981, 78 p. (ISBN 2890150259)
  • L'âme sauvage, Rina Lasnier : correspondances, édité par Paul-Henri Girard, Tokyo, 2002.
  • Lettres de Rina Lasnier à un ami, correspondances compilées par René Pageau, Paris, Médiaspaul, 2014, 161 p. (ISBN 9782894209615)

Beaux livres

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  • Ces visages qui ont un pays, Montréal, Éditions de l'O.N.F., 1968, 240 p.

Prix et honneurs

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Décorations

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Notes et références

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  1. Diane Boudreau, Rina Lasnier. La joie créatrice, Musée du Haut-Richelieu, 2016, p. 16.
  2. Joseph Bonenfant, Richard Giguère, « Est-il chose plus belle qu'une orange? Rencontre avec Rina Lasnier », Voix et images, vol. IV, no 1, septembre 1978, p. 4 et 6.
  3. a et b Joseph Bonenfant, Richard Giguère, « Est-il chose plus belle qu'une orange? Rencontre avec Rina Lasnier », Voix et images, vol. IV, no 1, septembre 1978, p. 4.
  4. Eva Kushner, Rina Lasnier, Fides, 1964, p. 21-22.
  5. Joseph Bonenfant, Richard Giguère, « Est-il chose plus belle qu'une orange? Rencontre avec Rina Lasnier », Voix et images, vol. IV, no 1, septembre 1978, p. 3.
  6. Eva Kushner, Rina Lasnier, Fides, 1964, p. 11.
  7. Joseph Bonenfant, Richard Giguère, « Est-il chose plus belle qu'une orange? Rencontre avec Rina Lasnier », Voix et images, vol. IV, no 1, septembre 1978, p. 5.
  8. Joseph Bonenfant, Richard Giguère, « Est-il chose plus belle qu'une orange? Rencontre avec Rina Lasnier », Voix et images, vol. IV, no 1, septembre 1978, p. 9.
  9. Eva Kushner, Rina Lasnier, Fides, 1964, p. 24-26.
  10. Conrad Bernier, « Rina Lasnier : 40 ans consacrés à la poésie », La Presse, 18 décembre 1976, cahier C, p. 2. Consulté le 4 novembre 2025.
  11. Yvan Lajoie, « Essai de bibliographie des œuvres de Rina Lasnier », Liberté, novembre-décembre 1976, vol. 18, no 6, p. 143-153.
  12. Axel Maugey, Poésie et société au Québec (1937-1970), Presses de l'Université Laval, 1972, p. 70.
  13. Réginald Martel, « La poétesse Rina Lasnier est morte », La Presse, 12 mai 1997, cahier A, p. 8. Consulté le 18 octobre 2025.
  14. Alfred DesRochers, « Trois vrais poètes », La Tribune, 22 avril 1939, p. 6. Consulté le 5 novembre 2025.
  15. Eva Kushner, Rina Lasnier, Fides, 1964, p. 27.
  16. « Lasnier, Rina », Répertoire du patrimoine culturel du Québec, Gouvernement du Québec, 2024. Consulté le 19 août 2025.
  17. Eva Kushner, Rina Lasnier, Fides, 1964, p. 27-28.
  18. Roger Duhamel, « Le Jeu de la Voyagère », Le Droit, 11 avril 1942, p. 18. Consulté le 6 novembre 2025.
  19. Guy Sylveste, « Rina Lasnier, poétesse charnelle », Le Droit, 11 octobre 1941, p. 2. Consulté le 6 novembre 2025.
  20. Victor Barbeau, « Images et proses de Rina Lasnier », L'Action nationale, avril 1941, vol. 17, no 4, p. 338. Consulté le 5 novembre 2025.
  21. Eva Kushner, Rina Lasnier, Fides, 1964, p. 29.
  22. Eva Kushner, Rina Lasnier, Fides, 1964, p. 29-30.
  23. Guy Sylvestre, « Madones canadiennes », Le Droit, 23 décembre 1944, p. 6. Consulté le 6 novembre 2025.
  24. (fr-CA) « Rina Lasnier, poète de l’essentiel », sur Le Canada Français, (consulté le )
  25. Presse canadienne, « Rina Lasnier n'est plus », Le Droit,‎ , p.27
  26. Michel Biron, François Dumont, Élisabeth Nardou-Lafarge, Histoire de la littérature québécoise, Éditions du Boréal, 2010, p. 306.
  27. Eva Kushner, Rina Lasnier, Fides, 1964, p. 30-32.
  28. Eva Kushner, Rina Lasnier, Fides, 1964, p. 34.
  29. Eva Kushner, Rina Lasnier, Fides, 1964, p. 36.
  30. Eva Kushner, Rina Lasnier, Fides, 1964, p. 37.
  31. a et b Michel Biron, François Dumont, Élisabeth Nardou-Lafarge, Histoire de la littérature québécoise, Éditions du Boréal, 2010, p. 308.
  32. Eva Kushner, Rina Lasnier, Fides, 1964, p. 38-39.
  33. a et b Diane Boudreau, Rina Lasnier. La joie créatrice, Musée du Haut-Richelieu, 2016, p. 60.
  34. Jean Royer, « La poétesse Rina Lasnier est décédée », Le Devoir, 12 mai 1997, cahier B, p. 8. Consulté le 18 octobre 2025.
  35. Louise Bédard, « Une plaque commémorera la mémoire de Rina Lasnier », Le Canada français,‎ , c-5
  36. Saint-Charles-Borromée, « Bibliothèque Rina-Lasnier », sur Ville de Saint-Charles-Borromée (consulté le )
  37. (fr-CA) Diane Boudreau, « Rina Lasnier, poétesse, dramaturge et journaliste (1910-1997) », (consulté le )
  38. Louis Cornellier, « Lettres de Rina Lasnier à un ami », sur ledevoir.com, (consulté le )
  39. BAnQ numérique, « Fonds Rina Lasnier », sur numerique.banq.qc.ca (consulté le )
  40. a b et c Ministère de la culture du Québec, « Rina Lasnier-Prix du Québec Athanase-David », sur prixduquebec.gouv.qc.ca, ? (consulté le )
  41. « Le prix Ludger-Duvernay (littérature) », sur Société Saint-Jean-Baptiste, (consulté le )
  42. a b et c « Rina Lasnier », sur Académie des lettres du Québec (consulté le )
  43. Fonds Armour Landry (photogr. Armour Landry), « Remise du prix France-Canada, devenu le prix Québec-Paris, à la poète et dramaturge Rina Lasnier, au cours d'une cérémonie organisée en son honneur par l'Association France-Canada », sur numerique.banq.qc.ca, (consulté le )
  44. Université de Montréal, « Liste des doctorats honorifiques - 1920-2018 » Accès libre [PDF],
  45. Angèle Dagenais, « Union des écrivains québécois. Les premiers membres d'honneur », Le Devoir,‎ , p. 13 (lire en ligne [PDF])

Bibliographie

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  • Joseph Bonenfant et Richard Giguère, « Est-il chose plus belle qu’une orange ? Rencontre avec Rina Lasnier », Voix et Images, vol. 4, no 1, 1978, p. 3-32.
  • Eva Kushner, Rina Lasnier, Montréal et Paris, Fides, 1964, 191 p./réédition en PDF (ISBN 9782232131325)
  • Le langage des sources, collectif, Trois-Rivières, Écrits des forges, 1988, 87 p.
  • René Pageau, Rina Lasnier, poète de l'essentiel, Montréal, Lidec, coll. « Célébrités », 2012, 62 p.

Articles connexes

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Liens externes

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