Revolver modèle 1892 8 mm

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Revolver d'ordonnance modèle 1892
Image illustrative de l'article Revolver modèle 1892 8 mm
Revolver Mle 1892 dans un musée aux États-Unis.
Présentation
Pays d'origine Drapeau de la France France
Type Revolver d'ordonnance
Batailles Guerre du Rif
Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
Guerre civile espagnole
Guerre d'Indochine
Guerre d'Algérie
Utilisateur(s) Drapeau de la France France
Drapeau de la Belgique Belgique
Drapeau de l'Espagne Espagne
Drapeau de la Tchécoslovaquie Tchécoslovaquie
Munitions 8 mm/92 - '"`UNIQ--nowiki-00000004-QINU`"'1'"`UNIQ--nowiki-00000005-QINU`"'
Concepteur Manufacture d'armes de Saint-Étienne
Fabricant Manufacture d'armes de Saint-Étienne
Durée de service 1892 - 1962
Production 350 000 exemplaires environ (entre 1893 et 1924)
Poids et dimensions
Masse (non chargé) 840 g[1]
Masse (chargé) 915 g [1]
Longueur(s) 11,7 cm
Longueur du canon 24 cm
Caractéristiques techniques
Mode d'action Double et simple action
Cadence de tir 12-18 coups par minute
Vitesse initiale 225 m/s
Capacité Barillet de 6 cartouches [1]
Viseur Guidon fixe en demi-lune et cran de mire fixe

Précédé par Revolver MAS Mle 1873[1]
Suivi de Pistolet automatique MAS Mle 1935
Pistolet automatique MAC Mle 1950.

Le revolver d'ordonnance modèle 1892 fut fabriqué par la Manufacture d'armes de Saint-Étienne[1]. Il fut l'arme de poing réglementaire de l'Armée française jusqu'à son remplacement par les pistolets semi-automatiques MAS 1935 et MAC 1950.

Technique[modifier | modifier le code]

De calibre 8 × 27 mm, c'est un revolver fonctionnant à double et simple action. Le barillet bascule à droite[1] sur demande de la cavalerie qui l'utilisait de la main gauche. Le canon doté de quatre rayures à gauche a été fabriqué avec les mêmes machines-outils que celui du fusil Lebel. L'arme dispose d'un guidon fixe en demi-lune et d'un cran de mire fixe. Les plaquettes de crosse sont quadrillées. Bien que ce revolver fut eprouvé à la nouvelle poudre sans fumée dès le début du XXème siècle, la munition resta longtemps à poudre noire dans l'armée française, contrairement à une idée reçue ( manuel des munitions du ministère de la guerre de 1932, ou il est spécifié poudre noire spéciale). On lui reprocha la faiblesse de sa munition.

Munitions[modifier | modifier le code]

Ce revolver permet l'utilisation de deux sortes de cartouches :

  • Cartouche à balle d'un poids total de 12 grammes comprenant une balle constituée d'un noyau en plomb durci et chemise en cuivre d'un poids de 8 grammes et un étui à bourrelet comprenant 0,75 gramme de poudre noire spéciale[1].
  • Cartouche à blanc avec une "fausse balle" en papier [1].

Production et diffusion[modifier | modifier le code]

Issus de prototypes essayé en 1885 et 1887, le Mle 1892 a été produit à Saint-Étienne entre 1893 et 1924 à plus de 350 000 exemplaires, mais aussi en Belgique et en Espagne. Il existe en version civile, sans le marquage « Manufacture d'armes de Saint-Étienne ».

Utilisation[modifier | modifier le code]

Il a été distribué à l’Armée de terre, à la Marine nationale, la Gendarmerie nationale et à la Police nationale jusqu’en 1962. Il arma aussi la Banque de France, les FFI, les harkis et l’ONF. Il a ainsi connu le feu durant la conquête du Second espace colonial français, la Grande Guerre, la Seconde Guerre mondiale, la Guerre d'Indochine et la Guerre d'Algérie (usage limité lors de ces deux derniers conflits).

Cette arme a été utilisée par le terroriste islamiste et auteur de l'attaque du 11 décembre 2018 à Strasbourg à proximité du marché de Noël.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Au cinéma :

  • C'est ce revolver que porte le colonel Dax, interprété par l'acteur Kirk Douglas, dans Les Sentiers de la gloire (1957).
  • Cette arme est complaisamment montrée au début du film À bout de souffle (1959). Le héros, Poiccard (joué par J.P. Belmondo) tire en roulant deux balles par la fenêtre de sa voiture volée, contre le soleil. Puis, quelque temps plus tard, il s'en sert pour abattre un motard de la police qui le poursuivait.
  • Il arma aussi des résistants français dans Le Vieux Fusil (1975) ;
  • Il est aussi présent dans Coup de torchon de Bertrand Tavernier dans les mains de Philippe Noiret et Isabelle Huppert ;
  • Il est aussi présent dans le film Joyeux Noël, dans les mains de Guillaume Canet.
  • Hippolyte Girardot qui joue un médecin militaire, se suicide avec dans "Fort Saganne" d'Alain Corneau.

Dans la BD :

À la TV :

Dans les jeux vidéo : Il peut être choisi par le joueur dans :

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h et i Le livre du gradé d'artillerie, Berger Levrault, 1914-1915, 930 p..

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J. Huon & E. Medlin, Les Armes de Poing de L'Armee française 1858-2004, Éditions Crepin Leblond, avril 2005.
  • Daniel Casanova, Revolvers & pistolets automatiques français, Etai, septembre 2015.
  • Martin J. Dougherty, Armes à feu : encyclopédie visuelle, Elcy éditions, 304 p. (ISBN 9782753205215), p. 67.