Manufacture d'armes de Saint-Étienne

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Manufacture d'armes de Saint-Étienne
Saint Étienne-La Manufacture d'Armes-20110111.jpg

Bâtiment de l'horloge

Présentation
Type
Construction
Destination initiale
Manufacture d'armes
Destination actuelle
Statut patrimonial
Site web
Géographie
Pays
Région
Département
Commune
Adresse
18 rue BergsonVoir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
Coordonnées

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La Manufacture d'armes de Saint-Étienne (MAS) est une ancienne entreprise française d'armement située à Saint-Étienne.

Architecture[modifier | modifier le code]

Les bâtiments actuels datent de 1864 et s'étendent sur une surface de douze hectares près de la place Carnot. Conçue dans l'esprit des architectures rationalistes du XVIIIe siècle, dans la lignée des Salines de Claude Nicolas Ledoux et du Grand-Hornu près de Mons, la manufacture est un « palais » industriel et militaire, en briques rouges et pierres blanches, une représentation prestigieuse de la puissance du second Empire. Une partie des bâtiments, dont l'hôtel des directeurs, ont été détruits pour la réalisation de la cité du design.

Historique[modifier | modifier le code]

Le début de la manufacture[modifier | modifier le code]

La ville de Saint-Étienne était réputée dès le Moyen Âge pour son artisanat de coutellerie. Près de 80 moulins produisaient des armes de guerre ou de chasse. En 1665, un magasin royal des armes alimenté par Saint-Étienne, est construit à Paris pour permettre de réaliser des stocks en cas de conflit.

La Manufacture royale d'armes est créée en 1764, avec l’approbation du roi Louis XV, sous la direction de M. de Montbéliard qui était inspecteur de la manufacture de Charleville. Elle obtient le titre de « manufacture royale » qui lui permet d’être le fournisseur officiel des troupes françaises et étrangères.

Alors située place Chavanelle, l'usine produit des armes militaires de guerre et des armes civiles. À l'approche de la Révolution, l’activité ne cesse d'augmenter avec une production supérieure à 12 000 armes par an. Cela nécessite le déménagement dans plusieurs sites dispersés dans la ville et notamment des églises désaffectées, comme le couvent des Ursulines, l'église des Pénitents ou la Grand'Église.

Dès le début de la Révolution, la fabrication des armes prend une extension telle qu'on cherche par tout moyen à accélérer les fabrications. Saint-Étienne est reconnue comme commune d'armes et surnommée Armeville.

En 1838, Messieurs Jovin frères vendent au gouvernement la manufacture dont la production annuelle à cette époque oscille entre 15 et 30 000 armes.

La nouvelle manufacture[modifier | modifier le code]

La capacité de production étant insuffisante face aux commandes du second Empire, les entrepreneurs de la manufacture décident alors la construction d'une nouvelle usine moderne utilisant l’énergie des machines à vapeur. En novembre 1862, le conseil municipal stéphanois engage l’édification d’une nouvelle manufacture. Les terrains retenus sont situés au niveau du champ de Mars entre la voie ferrée et la route de Roanne, sur une surface de 12 hectares.

Les premiers bâtiments sont construits en 1864 avec l'édification de la grande usine de 155 mètres sur 130 et d’un réservoir pouvant contenir 12 450 m3. Deux ans plus tard, elle est complétée par les bâtiments d'administration de la direction, les logements des différents directeurs et la forge.

En 1868, on achève l'usine des meules, l'atelier de précision et de réparation des machines, l'atelier de trempe des armes de sabre, le logements des officiers. Enfin les bureaux, l'atelier des monteurs de sabres baïonnettes et le bâtiment du montage sont finis en 1870.

La superficie originelle des usines est de 22 000 m2 au sol et la force motrice totale de 660 chevaux. Cette nouvelle installation permet de produire annuellement plus de 200 000 armes.

La manufacture traverse ensuite les difficultés de la guerre franco-prussienne de 1870. La commande d'armes rendue illimitée dès novembre 1870 ne peut être menée à bien compte tenu des événements politiques et de la colère des ouvriers qui ne sont plus payés.

Dans les années 1890, l’usine compte plus de 10 000 ouvriers et près de 9 000 machines ce qui permet de produire plus de 1 600 fusils par jour, ainsi que des revolvers, des carabines, des mousquetons, des épées et autres sabres-baïonnettes. En 1894, la Manufacture devient un établissement d'État dirigé par le ministère de la Guerre.

Le déclin[modifier | modifier le code]

Au XXe siècle, la fabrication des armes légères suit les époques de guerre, de paix, d'occupation, et selon les circonstances de crise, décolonisation et pacification. En 1963, la fabrication se diversifie vers trois secteurs d’activités, du matériel pour l'équipement des blindés (tourelles de véhicules blindés), la production d’armes antichars (lances roquettes, grenades et éléments de missiles) et enfin du matériel de protection (matériel de détection, et de décontamination nucléaire et chimique).

Mais la baisse permanente des commandes entraîne une diminution des effectifs passant de plus de 11 000 en 1940 à 2 200 en 1981. GIAT industries reprend les rênes de la manufacture dès 1989.

En 2001, la Manufacture d'armes de Saint-Étienne ferme définitivement ses portes[1].

Le renouveau[modifier | modifier le code]

Avec le départ de Giat, le site de 12 hectares est reconverti en différents projets :

Le bâtiment dit « de l'horloge », la grille, le portail, les jardins, les murs de soutènement, les balustres, le monument aux morts, la grande usine appelée « double H » avec sa salle des moteurs, l'ancienne usine des meules et l'atelier d'ajustage ont été inscrits au titre des monuments historiques par arrêté du 20 mars 2006[3].

Les armes produites[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Revolver réglementaire Chamelot-Delvigne Modèle 1873, par Bastié et Casanova, Éditions H&L[5], 2001
  • Connaissance du revolver français Modèle 1873, par Gérard Henrotin, Éditions H&L[5], 2011

Liens[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Manufacture d'armes de Saint-Étienne sur expansion.com
  2. « France Bleu aura une antenne locale à Saint-Étienne en 2013 » sur leprogres.fr., 4 septembre 2012
  3. « Inscription de la manufacture », base Mérimée, ministère français de la Culture, consulté le 21 juin 2012.
  4. Seuls les caissons et les glissières et freins sont réalisés à Saint-Étienne.
  5. a et b Ebook téléchargeable sur HLebooks.com