Renato Calligaro

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Renato Calligaro
Naissance (91 ans)
Buja Drapeau de l'Italie Italie
Nationalité Italien
Profession

Renato Calligaro, (né le à Buja) est un peintre, graphiste et dessinateur de bande dessinée italien. Il a travaillé pour le quotidien Le Monde, et le théoricien de la bande dessinée Thierry Groensteen lui a consacré divers écrits.

Biographie[modifier | modifier le code]

Renato Calligaro a passé son enfance entre l'Italie et Buenos Aires, où sa famille s'est installée en 1929. De 1937 à 1946 il vit au Frioul puis retourne à Buenos Aires où il termine le lycée et s'inscrit à la faculté d'architecture. Puis il s'établit à Sao Paolo au Brésil où il exerce l'activité de graphiste et d'illustrateur publicitaire, en tant que seconde profession afin de pouvoir s'adonner à la peinture avec une entière liberté créative. Suite à des séjours prolongés à Rome et à Buenos Aires, il retourne au Brésil, désormais sa seconde patrie, mais le coup d'état militaire de 1964 le pousse à quitter le pays et dès lors il vit à Buja, son village natal.

Pensées en matière artistique[modifier | modifier le code]

Pour Calligaro l'art est fondamentalement « narration ». Il s'agit d'une conviction profonde arrivée à maturité au fil des années par une approche de l'art davantage anthropologique que philosophique et très probablement due à l'influence de la culture latino-américaine. La conscience de la relativité et des limites du rationalisme eurocentrique a permis à Calligaro d'inventer de nouvelles structures narratives – les quadri sequenza dans la peinture et les poemi per immagini dans la bande dessinée – dans lesquelles, dans un nouveau rapport de valeurs expressives et formelles, si le texte produit des images (selon le mode traditionnel), réciproquement les images produisent du texte, des histoires, dans un langage nouveau[1]. Il s'agit d'un retour au « mythe » (« au commencement était la narration ») pour pouvoir parcourir à nouveau, dans la formation de l'œuvre, la genèse de l'opération artistique, au cours d'une évolution par sélection naturelle ; et de proposer enfin un fondement anthropologique de la démarche artistique par un dépassement du relativisme actuel radical qui a pour corollaire la mort de l'art.

Une dialectique de parité entre les divers langages permet le développement d'une narration imprévisible quant à sa liberté et ses inventions stylistiques, qu'il s'agisse des images ou du texte. La polyvalence des techniques et des styles se mue en véritable « histoire » qui se conte, telle une aventure du langage. Au plan théorique Calligaro, qui affirme une claire distinction entre les concepts d'esthétique et d'art, parvient à une hypothèse bio-anthropologique de la démarche artistique en tant que tempo fermo[2] (« temps arrêté »). Il parvient également à un agencement de l'art contemporain en quatre phases – traditionaliste, moderniste, avant-gardiste et postmoderniste – où est mise en évidence la profonde différence entre le modernisme et l'avant-gardisme[3],[4].

Calligaro a fondé et dirigé une revue intitulée Tempofermo, sortie en 2003 chez l'éditeur Campanotto. Il a publié le livre Le pagine del tempo, Mimesis Edizioni, en 2013.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Dessins et bandes dessinées[modifier | modifier le code]

Outre ses quadri sequenza mesurant en général 242 x 60 cm, les œuvres de Calligaro comprennent les poemi per immagini en bande dessinée: Montagne (1978), La favola di Orfeo (1978), Casanova/Henriette (1978/79), Oltreporto (1980), Deserto (1980), Lirica 4 (1980), Zeppelin (1984), Poema Barocco (1988), et le film vidéo en DVD Le streghe di Germania (ED. Kappavu, 1992).

Dès 1967 Calligaro dessine des images et des bandes dessinées de satire politique pour les revues et quotidiens italiens Confronto, ABC, Linus, Alterlinus, Arcibraccio, Vie nuove, Manifesto, Lotta Continua, Reporter, Panorama, L'Espresso, Satiricon (La Repubblica), Tango, Cuore (L'Unità), et pour le journal français Le Monde[5].

Écrits[modifier | modifier le code]

pour des revues
  • « Alter/arte », in Alterlinus, janvier/février 1985
  • « Frontiere del fumetto », in Alfabeta n° 91, 1986
  • « L'arte del fumetto », in Test. n° 1, 1988
  • « Arte e mutazione antropologica », in MicroMega n° 2/2001
  • « Tempo fermo », in TempoFermo n° 1, 2003
  • « Procedimenti tradizionalista e modernista », in TempoFermo n° 2, 2003
  • « Procedimento avanguardista », in TempoFermo n° 3, 2004
  • « La perdita della forma come l'Altro », in TempoFermo n° 4, 2005
  • « Appunti per una discussione », in TempoFermo n° 5, 2006
  • « Il tramonto della forma », in Arte o spettacolo, a cura di Danila Bertasio,2006
  • « Simbolo artistico e allegoria concettuale », in TempoFermo n° 6, 2008.
  • « L'opera d'arte in musica », in Risonanze 2013, Ed. Leonardo 2013
livres
  • Rosso e No, Savelli, 1972
  • Cambia o non cambia, Feltrinelli, 1975
  • Ridateci il nemico, Feltrinelli, 1977
  • Il meglio di Donna Celeste, Rizzoli, 1992
  • Le pagine del tempo, Mimesis Edizioni, 2013

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gillo Dorfles
  2. Renato Calligaro, "Arte e mutazione antropologica", in MicroMega n. 2/2001
  3. Renato Calligaro, "Procedimenti tradizionalista e modernista", in TempoFermo n° 2, 2003
  4. Renato Calligaro, "Procedimento avanguardista", in TempoFermo n° 3, 2004.
  5. Giancarlo Pauletto, Angelo Bertani, Ofelia Tassan Caser, Calligaro, vignette per "Le Monde", Pordenone: Biblioteca Civica, collana Segni e disegni, 2002

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Tommaso Trini, "Tabula arsa, interfacce tra fumetto e pittura", in Deserto, Ed. della Periferia, 1982
  • Tommaso Trini, "La norma trasgressiva", in Presentazione, catalogo per la mostra a Ca' Pesaro, 1983
  • Gillo Dorfles, "Interviene Gillo Dorfles", in Alterlinus, gennaio/febbraio 1985
  • Thierry Groensteen, "Calligaro Renato", in La bande dessinée depuis 1975, MA Editions,1985
  • Vanja Strukelj, "Renato Calligaro con e senza cornice", in Quaderno 66, Centro Studi e Archivio della comunicazione, Università di Parma, 1985
  • Thierry Groensteen, "Calligaro et le texte pictural", in Les cahiers de la bande dessinée n° 71, p. 58-61, 1986
  • Renata Mecchia, "Perché guardi e non vedi?", in Test. n° 1, 1988
  • Giulio Montenero, "Calligaro e la storia", in Il Territorio n° 24, 1988
  • Silvano Mezzavilla, "Calligaro, nel segno dell'avanguardia", in Mode e tendenze, Ed. del Grifo, 1989
  • Licio Damiani, "Renato Calligaro", in Udine Economica n° 7, 1991
  • Gillo Dorfles, "Calligaro: parole e immagini", in Preferenze critiche, Dedalo, 1993
  • Giancarlo Pauletto, Angelo Bertani, Ofelia Tassan Caser, Calligaro, vignette per "Le Monde", Pordenone: Biblioteca Civica, collana Segni e disegni, 2002

Liens externes[modifier | modifier le code]