Raymond-Marie Rouleau

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Raymond-Marie Rouleau
Image illustrative de l’article Raymond-Marie Rouleau
Biographie
Naissance
L'Isle-Verte (Canada)
Ordre religieux Ordre des Prêcheurs
Ordination sacerdotale
Décès (à 65 ans)
Québec (Canada)
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
par le pape Pie XI
Titre cardinalice Cardinal-prêtre
de S. Pietro in Montorio
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par
Mgr Pietro di Maria
Archevêque de Québec
Évêque de Valleyfield

Blason
Caritas veritas
Caritas veritas
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Raymond-Marie Rouleau, né le à L'Isle-Verte et décédé le à Québec, est un ecclésiastique canadien. Il fut évêque de Valleyfield, archevêque de Québec de 1927 à 1931 et cardinal.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Issu d'une modeste famille de cultivateurs catholiques, il est né à L'Isle-Verte le . Il reçoit au baptême le prénom de Félix, qui est celui de son père ; ce n'est que plus tard, à l'occasion de sa profession religieuse, qu'il y ajoute ceux de Raymond et de Marie. Son enfance s'écoule, calme et paisible. Il a un oncle prêtre, l'abbé Rouleau, chanoine et curé de la cathédrale de Rimouski, qui rend de temps en temps visite à sa famille.

À 13 ans, en , il entre au séminaire de Rimouski. C'est là qu'il fait tout son cours classique, et, à 19 ans, en , qu'il prend la soutane. On le décrit comme un élève pieux et de vive intelligence, appliqué et curieux de s'instruire.

Mais sa faiblesse de constitution et peut-être aussi son travail soutenu ont amené un dépérissement de sa santé. On le pense atteint de phtisie et la faculté elle-même s'est prononcée en ce sens. Le pâle ecclésiastique, depuis longtemps dévot et confiant à la Vierge Marie, redoubla de ferveur auprès de la bonne mère du ciel. "Sans vouloir prétendre ici divulguer en détail des archives trop intimes, a-t-on écrit dans la Revue dominicaine, disons qu'il fut arraché à la mort par celle qui le destinait à faire partie d'un ordre voué à son service et dont les membres portèrent longtemps le surnom de ûh de la Vierge . . ."

Parcours chez les Dominicains[modifier | modifier le code]

Cet ordre, c'était celui des Dominicains, établis depuis 1874 à Saint-Hyacinthe au Canada, et qui venait d'ouvrir là un noviciat le . L'abbé Rouleau s'y présenta et y reçut le saint habit blanc, des mains du Père Maricourt, le . Son noviciat terminé, il prononça ses vœux simples perpétuels le . En France, on vivait alors sous le coup de la loi des expulsions, et, au Canada, les études régulières pour les jeunes Dominicains n'étaient pas encore organisées.

Le Frère Rouleau partit en conséquence pour la Corse, et c'est au célèbre couvent de Corbara qu'il compléta sa formation intellectuelle. C'est là, également, que, le , il fit sa profession solennelle dans les mains du Père Monpeur. Le Frère Raymond-Marie Rouleau fut ordonné prêtre, en Corse, par Mgr de La Foata, évêque d'Ajaccio, le . Il continua deux ans encore, au même couvent de Corbara, ses études théologiques, qu'il couronna par l'obtention du grade de lecteur, qui équivaut, chez les Dominicains, au titre de docteur dans les autres universités. En , il revenait au Canada, étant assigné au couvent de Saint-Hyacinthe.

On lui confia d'abord, à Saint-Hyacinthe, les fonctions de maître des novices, puis celles de régent des études, de 1894 à 1900. En 1900, il passait en cette qualité de régent, à Ottawa, au couvent régulier de l'ordre, qui s'établissait, et dont il devint le prieur le de cette même année 1900. Le , après de brillants examens, il recevait le grade suprême de maître en saint Thomas. Enfin, le , le Père Rouleau était élu provincial des Dominicains pour la province du Canada. Il gouverna donc, en même temps qu'il enseignait encore, et cela avec une sagesse et une science auxquelles ses confrères ont maintes fois rendu les plus complets des hommages.

Son action de prêcheur et d'apôtre rayonnait pareillement au dehors. Il donnait des retraites dans les paroisses, dans les communautés, au clergé, partout où il était appelé, autant que ses autres occupations le lui permettaient. Il fut plusieurs années, à la curie archiépiscopale d'Ottawa, le défenseur du lien matrimonial, et il accompagna Mgr Duhamel, en qualité de théologien, au concile plénier de Québec en 1909. Il était devenu le conseiller estimé de nos délégués apostoliques, et l'on savait, parmi les initiés, que Rome le chargeait souvent dans les communautés de hautes missions de confiance. Les Canadiens français de l'Ontario, en butte à tant de tracasseries, eurent plus d'une fois recours à ses lumières, et son patriotisme discret autant qu'éclairé leur a été d'un large soutien.

Évêque de Valleyfield[modifier | modifier le code]

On s'est étonné parfois qu'il ait pu suffire pendant plus de vingt ans à tant de besognes diverses. À Rome, on voit les hommes et les choses de haut et de loin, mais on les voit d'un coup d'œil pénétrant et sûr. Le , le Père Raymond-Marie Rouleau, provincial des Dominicains, était élu évêque de Valleyfield, où il succédait à Mgr Emard promu à l'archevêché d'Ottawa. Il fut sacré, dans sa cathédrale de Valleyfield, par le délégué papal du temps, Mgr di Maria, le suivant. Ce n'était qu'une étape. Trois ans plus tard, le , Mgr Rouleau était appelé à aller occuper, à Québec, le vénérable siège de Mgr de Laval, que les morts rapprochées du cardinal Bégin et de son successeur immédiat l'archevêque Paul-Eugène Roy avaient laissé vacant.

Archevêque de Québec[modifier | modifier le code]

Intronisé à Québec le , le nouvel archevêque fut décoré du pallium le . Ce n'était encore qu'un acheminement. En effet, au consistoire du , Mgr Rouleau était créé cardinal de la sainte Église, du titre de Saint-Pierre de Montorio. Son ascension avait été rapide, qui l'avait mené, en moins de cinq ans, de sa cellule de moine, au sommet de la hiérarchie canadienne et à la pourpre romaine. Le , après moins de quatre ans, le cardinal mourait à Québec, dans son palais archiépiscopal, foudroyé par une crise d'angine. Il avait 65 ans d'âge, 45 de vie religieuse, 43 de sacerdoce, 8 d'épiscopat et pas tout à fait 4 de cardinalat[1].

Devenu évêque à Salaberry-de-Valleyfield, puis archevêque et cardinal à Québec, il garda son habit blanc de moine, mais dut y ajouter des insignes violets ou pourpres.

Du point de vue intellectuel ou moral, on savait que Mgr Rouleau, après trente-sept ans de vie dominicaine, consacrée surtout à l'enseignement, était resté un homme d'étude et que c'était un érudit et un savant en toutes sortes de connaissances. Il semble que cela se voyait, jusqu'à un certain point, dans sa manière d'être et dans ses allures.

Il portait quand même allègrement le fardeau des grandeurs. Mais il se plaisait encore davantage à s'élever vers les hautes considérations de la pensée. Il n'était jamais plus lui-même, a-t-on dit justement, que lorsqu'il prononçait quelqu'important discours en présence de son clergé ou devant le personnel universitaire, ou écrivait l'une de ces lettres pastorales, si fortes de substance et si lumineuses d'expression, comme il en produisit tant. C'est que, s'il s'entendait parfaitement dans les choses de l'administration et des affaires, ce qui était nécessaire à l'accomplissement des devoirs de sa charge d'évêque et de premier pasteur, le cardinal restait avant tout un homme de doctrine et un "prêcheur" dans le plus beau sens du terme.

Ses discours et ses écrits témoignèrent constamment de sa haute science, de sa vaste érudition, de sa connaissance supérieure des hommes et des choses. C'était d'abord un docteur — il était maître en saint Thomas — dont la valeur intellectuelle, tout autant que les belles qualités morales, assurait l'autorité et fortifiait l'ascendant qu'il prenait si vite sur tous ceux qui venaient en relation avec lui. Et c'est ce pourquoi, semble-t-il, plus que pour toute autre raison, le cardinal Rouleau a été, comme tout naturellement, un si grand chef dans l'Église de Dieu.

Dans les diverses charges qu'il a occupées chez les Dominicains, puis à la tête des diocèses qu'il a dirigés, il a su, certes, gouverner sans faiblesse, avec autant de fermeté que de sagesse et de prudence. Quand il revint de Rome, revêtu de la pourpre, en , l'un de ses anciens condisciples dominicains lui en rendait le témoignage. "Il sait attendre, écrivait-il, et il sait prévoir. Il sait donner des directions qui assurent le succès, comme il sait réprimer les excès qui compromettent une direction."

Nemo tam pater ! Toujours sa bonté de cœur sut tempérer ce que le maniement de l'autorité a nécessairement d'un peu rude et sévère. À cause de cela, non seulement on lui obéissait, mais encore on aimait à lui obéir, ce qui vaut mieux en plus d'un sens. En somme, le cardinal Raymond-Marie Rouleau, de l'ordre des Frères Prêcheurs, deuxième évêque de Valleyfield, puis dix-neuvième évêque et septième archevêque de Québec, aura été un grand citoyen de son pays et un magnifique pasteur des âmes. C'est l'un des hommes d'Église, au Canada, qui a fait le plus honneur à son pays.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Raymond-Marie Rouleau », sur Touslesdeces.com (consulté le 18 mars 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]