Révolte burkinabè

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Révolte burkinabè

Informations
Date février-juin 2011
Localisation Tout le Burkina Faso
Caractéristiques
Organisateurs Mouvement spontané des étudiants, soutenu par la population ;
puis un Collectif contre la vie chère (CCVB)[1], syndicats ANEB, UGEB, CEEB et autres syndicats et corps de métiers ;
puis relais pris par les partis de l’opposition
Participants étudiants, scolaires et catégories concernées
Revendications Poursuites judiciaires pour la mort de Justin Zongo,
puis Justice, Ordre, Justice sociale, Démocratie et départ de Blaise Compaoré
Nombre de participants plusieurs dizaines de milliers
Répression
Arrestations 93 militaires arrêtés[2]
Procès 300 militaires emprisonnés, plus de 600 radiés[3]
Blessés plus de 150 blessés,
viols[4]
Morts 20[4] à 23[5],[6]

La révolte burkinabè commence le 22 février 2011, à la suite de la mort d’un élève battu par les policiers de Koudougou au Burkina Faso. Les manifestations, demandant une enquête sur sa mort et réclamant la fin de l’impunité pour les violences policières, sont réprimées dans le sang en février, et s’amplifient en émeutes au mois de mars. En avril, de nombreuses mutineries éclatent dans les forces de l’ordre, armée et CRS. En mai, la contestation se maintient de façon diffuse.

La révolte, ou les révoltes burkinabè simultanées, ont des points communs avec les révolutions arabes[7],[8] : la mort d’un jeune comme élément déclencheur, dans un contexte de misère populaire et de pouvoir autoritaire qui ne se renouvelle pas ; le slogan « Dégage ! » ; le favoritisme qui gangrène la société[9]. Mais, au contraire des révolutions arabes, les différentes contestations restent dispersées, et ne se rassemblent pas en un mouvement unitaire[10],[7],[11], comme en témoigne la manifestation du 1er mai, les partis d’opposition étant trop faibles pour agréger ces différentes cohortes de mécontents[12].

Contexte[modifier | modifier le code]

Les violences policières et les meurtres d’opposants au président Blaise Compaoré scandent les décennies 1990 et 2000 : Dabo Boukary en 1990 ; deux étudiants en 1995 ; Flavien Nébié, 12 ans, en 2000 . Tous étaient militants ou manifestants[8]. Le Burkina connaît aussi des mouvements d’émeutes : en 1998, en 2006 avec l'arrestation de certains étudiants suite à une conférence de presse à l'université de Ouaga,en 2008 contre la vie chère[8]. Alors que le monde arabe est secoué par une vague de protestations et de révolutions, le syndicat des avocats dénonce le 3 février 2011 le laxisme de l’État face aux abus policiers[13], trois ans après la grève massive de l’université de Ouagadougou (juin 2008), qui s’était soldée par une reprise en main brutale de l’université par le pouvoir : suppression de toutes les prestations sociales étudiantes (bourses, restauration, résidences universitaires vidées en deux jours) après tirs à balles réelles sur les étudiants[14].

Régulièrement, des étudiants sont assassinés sans que leur mort soit élucidée[15]. Le Burkina Faso est très pauvre : 80 % de la population vit avec moins de 2 dollars par jour[7]. Récemment, il a encore été appauvri par le retour de 500 000 travailleurs qui travaillaient en Côte d’Ivoire et qui ont fui la guerre entre partisans d’Alassanne Ouattara et ceux de Laurent Gbagbo. Ils ne font plus de transferts de fonds et ne trouvent pas de travail au Burkina[7].

Enfin, bien que le président Compaoré soit apprécié car il assure une certaine paix civile, l’enrichissement de sa famille et la corruption entament de plus en plus sa popularité[11]. Son projet de modification de l’article 37 de la Constitution afin de lui permettre d’être réélu indéfiniment provoque également un fort mécontentement[8].

Le début de la révolte en février[modifier | modifier le code]

La mort de Justin Zongo, élève de Koudougou, apparemment lynché par les policiers dans le poste de police de Koudougou, est l’élément déclencheur de la révolte. La jeunesse se soulève à partir du 21 février, après sa mort. Cette affaire succède à plusieurs cas similaires[13],[8]. La police affirme qu’il est mort d’une méningite[13] et réprime en tirant sur les manifestants, qui incendient le gouvernorat de la province[16],[8]. Les manifestations des élèves se succèdent du 22 au 24 février[16], soutenues par les commerçants et les ouvriers[13]. Très rapidement, la répression déterminée fait sept morts[8].

Le 28 février, la révolte s’étend avec la mise à sac des commissariats de Koudougou, Réo et Léo[17] (dans cette dernière localité, les manifestants délaissent la gendarmerie, les gendarmes jouissant d’une certaine estime[8]). Des émeutes ont aussi lieu à Poa, Ouahigouya, et à la capitale Ouagadougou[16].

Reprise de la contestation en mars[modifier | modifier le code]

Blaise Compaoré, président du Burkina Faso depuis 1987.

Le mouvement de contestation connaît une pause début mars, avec le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco)[18] et des annonces, limogeage de responsables de la région et ouvertures d’enquête[8].

Mais dès le Fespaco achevé, les manifestations reprennent. Le 7 mars, ce sont les commissariats de Koupéla, Yako, Pouytenga, Gourcy, Dori qui sont incendiés, et des manifestations ont également lieu à Bobo-Dioulasso, Koudougou, Fada N'Gourma, Tenkodogo, , Léo et à Gaoua[17],[19], où un élève est tué[20].

Le 9 mars, la manifestation à Ouahigouya met à sac les administrations, le siège local du CDP (parti au pouvoir), la résidence du gouverneur, tous les locaux de police, le conseil régional, la mairie, la douane, le palais de Justice. Seule la prison n’est pas prise d’assaut ; à Diapaga, le commissariat et le gouvernorat sont incendiés, des affrontements ont lieu entre manifestants et policiers à Bogandé et Fada N’Gourma[17], d’autres manifestations ont lieu à Boussé, Ziniaré[17] et à Manga[19].

Les six morts sont quatre élèves, un policier lynché après la mort d’un élève, et un passant tué par la police[17].

Le syndicat étudiant, l’Association nationale des étudiants burkinabés (Aneb), tente d’organiser le mouvement contestataire[17] et appelle à une marche le 11 mars à Ouagadougou[19]. Cette manifestation a lieu dans une ville quadrillée par les forces de l’ordre et reste pacifique jusqu’à l’intervention de la police qui la disperse violemment, tuant un enfant par un tir à la tête et blessant au moins neuf manifestants. À la suite de cela, l’ANEB appelle à une grève de 72 heures[13]. La résidence du gouverneur de Ouahigouya est incendiée le 11[13].

La première déclaration du chef de l’État a lieu le 14 mars, dans laquelle il stigmatise les manifestations qui seraient manipulées par l’opposition, qui comploterait pour prendre le pouvoir par la violence, et considère l’ANEB comme irresponsable[21].

Le championnat de football national est suspendu par la Fédération burkinabé de football à partir du 19 mars, suite à ces émeutes[22].

La coalition nationale de lutte contre la vie chère lance, le 19 mars, un appel à une journée de lutte le 8 avril, pour la justice et la vérité sur l’affaire de la mort de Justin Zongo à Koudougou, sur celle de Norbert Zongo, et sur celles de bien d’autres opposants ou morts suspectes. La manifestation demandera également les libertés d’expression et de manifestation, la fin de la torture et des zones rouges. Du côté social, Tolé Sagnon exige la suppression de taxes et une hausse des revenus dépendants de l’État[23].

Dans la nuit du 22 au 23 mars 2011, des militaires mécontents d'une décision de justice, qui condamne cinq militaires à la prison pour une rixe avec des civils, prennent les armes à Ouagadougou. Ils libèrent les militaires détenus à la MACO (maison d'arrêt et de correction de Ouagadougou). Les premiers tirs débutent le 22 mars vers 20 h et se poursuivent toute la nuit. Les rafales de kalachnikovs se font entendre et les magasins et stations d'essence sont pillés par les militaires[24],[25] ; les tirs tuent une jeune fille de 15 ans[26] et font douze blessés[27]. Au réveil, le 23 mars, le calme revenu, les commerçants ouagalais, dont les boutiques ont été endommagées durant la nuit, bloquent les rues et entament des manifestations, faisant craindre un nouveau déploiement des forces militaires, notamment sur l'avenue Kwamé N'Kruma et le rond-point des Nations-Unies. Des militaires se mutinent dans tout le pays et dans la nuit du 28 au 29 mars, des militaires agressent le maire de Ouagadougou, Simon Compaoré, qui s'en tire sans grave blessure[28].

Extension des mouvements en avril[modifier | modifier le code]

Le 30 mars, un couvre-feu est décrété de 21 à 6 heures du matin, qui permet de ramener le calme[29], même si le 31 mars à Tenkodogo, les étudiants incendient Haut-Gouvernorat, le siège du Congrès pour la démocratie et le progrès, parti au pouvoir, et les résidences de deux ministres, Alain Bédouma Yoda et Marie-Odile Bonkoungou[30].

La contestation militaire est désamorcée par la libération des condamnés, ce qui provoque les protestations de la magistrature, en grève du 24 mars[31] au 10 avril[32],[33]. Le couvre-feu est levé le 3, même si l'opposition continue à réclamer le départ du président Blaise Compaoré[29] et qu’entre 10 000[34] et des dizaines de milliers de personnes manifestent contre la vie chère et pour la justice dans l’affaire Justin Zongo le 8 avril[35],[36],[37].

Le 13 avril, une grève éclate dans l’enseignement, à l’appel du Syndicat national des enseignants du secondaire et du supérieur (SNESS) et le Syndicat national des travailleurs de l’éducation et de la recherche (Synter), pour obtenir des augmentations de salaire promises depuis cinq ans. Elle est très suivie[34],[33].

Une nouvelle mutinerie éclate jeudi 14 avril : ce sont les soldats du régiment de la garde présidentielle qui réclament le paiement d’indemnités non-versées et le départ de leur commandant[34]. Les soldats mettent à sac le logement de Gilbert Diendiéré, chef d'état-major particulier du président[38]. Puis, rejoints par des soldats de trois casernes de Ouagadougou, ils pillent des commerces en centre-ville[38]. Le président Blaise Campaoré prend la fuite dans la nuit, d’abord dans l’ancien palais présidentiel à Ouagadougou[38], puis à Ziniaré[34],[38]. Les négociations entamées le lendemain, vendredi 15 avril, permettent de satisfaire les revendications des soldats[38]. Dans la soirée du 15 avril, le chef d’état-major général des armées et le chef de la garde présidentielle sont changés, et le gouvernement Tertius Zongo est dissous[39].

Malgré ces mesures, l’agitation perdure : les 16 et 17 avril, de nouvelles mutineries éclatent à Pô et Tenkodogo, puis à Kaya le 17[40]. Les militaires pillent des commerces à Kaya, et saccagent les domiciles des officiers chef de corps et de région militaire[41]. En riposte aux pillages de leurs boutiques par les militaires, les commerçants de Ouagadougou pillent eux aussi des bâtiments publics de la capitale, le samedi 16 avril[42]. Si le calme revient dans les casernes de province le matin du lundi 18, les étudiants de Koudougou relancent leur mouvement et, lors d'une manifestation, brûlent le siège du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), la résidence de l’ex-Premier ministre[40] et d’autres bâtiments. Dans la nuit, c’est la résidence d’un chef du parti d’opposition, l’UNDD, qui est visée par des incendiaires du parti au pouvoir[43]. Le même jour, une autre mutinerie éclate à Ouagadougou[40]. Le bilan humain du week-end est de 45 blessés au moins[42]. Un couvre-feu est imposé, de 19 heures à 6 heures du matin[44].

Nouveau gouvernement, nouvelles manifestations[modifier | modifier le code]

Le 18 avril, le président Compaoré nomme Beyon Luc-Adolphe Tiao premier ministre[45]. Le gouvernement Luc-Adolphe Tiao, formé le 21 avril, est constitué de fidèles du régime : seize des vingt-neuf ministres étaient déjà membres du précédent cabinet, et plusieurs autres avaient déjà été ministres sous Compaoré[46]. Conséquence des mutineries, le président, qui s’attribue le ministère de la Défense, renouvelle toute la chaîne de commandement au sein de l’armée[47]. Le gouvernement baisse quelques taxes ou subventionne des produits de consommation courante (à partir du 9 mai et pour trois mois[12]), et promet que justice sera rendue rapidement dans les dossiers de Justin Zongo et des élèves tués pendant les manifestations récentes (Koudougou, Gaoua) ou plus anciennes (Piéla)[33],[20]. Des grèves dans les mines d'or de Taparko et d'Inata, puis à Kalsaka[1].

Mais ces annonces ne résolvent pas le malaise social. Le 27 avril, les commerçants de Koudougou manifestent contre la fermeture d’une cinquantaine de boutiques ayant de trop grands arriérés de taxes locales. Rejointe par les jeunes de la ville, la manifestation incendie la maison du maire et le commissariat de police municipale[48]. Une coalition des 34 partis d’opposition appellent à manifester le samedi 30 avril[49].

Le soir du 27 avril, ce sont les Compagnies républicaines de sécurité qui se mutinent à Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Fada N’Gourma, Pô, Manga et Dédougou[48],[50]. Des tirs en l'air reprennent jeudi matin au camp des CRS de Ouagadougou, au commissariat central de la capitale[51], et dans d’autres villes. Plusieurs personnes sont blessées par ces tirs : une jeune fille est blessée à Manga et le maire de Binde[52].

Le 29 avril, les négociations avec les militaires réussissent[53]. Mais le front social reste ouvert, avec une manifestation de plusieurs centaines de jeunes devant le commissariat de Manga, en solidarité avec la jeune fille blessée la veille. Les tirs de la police font dix blessés, le commissariat est incendié[52],[54],[5]. Dès le vendredi midi, le gouvernement fait couper les services d’envoi de SMS en prévision de la manifestation du lendemain[5].

Le lendemain, la manifestation à Ouagadougou contre la vie chère et le régime de Compaoré[52] rassemble quelques centaines de personnes[55]. Elle se déroule sans incidents, la police s’étant retirée[54]. Le lendemain 1er mai, la manifestation prévue a été annulée, les syndicats se contentant de remettre une liste de revendications au gouvernement[56],[57].

Un début de satisfaction est apporté aux jeunes scolaires, avec la dissolution de la police spéciale des universités[58],[1]. La contestation des scolaires se maintient cependant à un niveau assez important pour des manifestations et des grèves, le 5 mai, à Ouagadougou et Ouahigouya[59]. Une manifestation de milliers de femmes a lieu le 14 mai à Ouagadougou[60].

Les enseignants du ministère de l’Éducation nationale émettent des revendications (salaires, effectifs des classes) et se mettent en grève illimitée à partir du lundi 23 mai. Le mouvement est soutenu par les élèves et les étudiants, qui s’attaquent au ministère de l’Éducation nationale le 23 mai. Le lendemain, des affrontements violents entre grévistes et non-grévistes, et à Gaoua, où les élèves incendient le siège du CDP et la villa de Blaise Compaoré, et saccagent la direction régionale de l'enseignement secondaire[61]. Cette grève s’interrompt le 27 mai, les négociations ayant abouti à l’octroi d’une prime pour les enseignants ruraux, et les cours reprennent le 30 mai[62]. Enfin, le 27 mai également, l’enquête sur la mort de Justin Zongo aboutit à l’inculpation de huit personnes, dont cinq sont emprisonnées[63].

Les boulangers annoncent une grève générale de 48 heures à partir du 2 juin, pour des revendications salariales et sur les conditions de travail[64].

La contestation des militaires continue en sourdine jusqu'au début du mois de juin : de multiples mutineries, marquées par des tirs nocturnes au sein des casernes, éclatent : au centre commando de Pô le 15 mai, les militaires n’ayant pas perçu les primes promises le mois précédent[65] ; puis la Garde nationale de Ouagadougou entre en « mutinerie » le 23 mai au soir[61] ; les militaires de Kaya, Tenkodogo et Dori le 29 mai[66], rejoints par ceux de Dédougou et Koupéla et les gendarmes de Tenkodogo, Bagré et Garango le 30 mai, faisant quatre nouveaux blessés[67]. À Bobo Dioulasso la révolte des militaires du camp Ouezzin Coulibaly dure du 31 mai au 3 juin. Les engagés, rejoints par des soldats d'autres unités ou retraités[1], tirent au canon, pillent des commerces[68],[69] et blessent plusieurs personnes[70]) provoque une manifestation des commerçants qui saccagent la mairie le 2 juin[71]. Le régiment de sécurité présidentielle (RSP), le Régiment para-commando de Dédougou (RPC) et des éléments de la Gendarmerie nationale interviennent pour mater la mutinerie[72] et six soldats sont tués[73]. Chez les civils, la semaine de mutinerie a tué une jeune fille est tuée et blessé vingt-cinq civils[6].

Toujours pour calmer la contestation, Blaise Compaoré renvoie l'ensemble des gouverneurs des treize régions, ainsi que le directeur de la compagnie cotonnière nationale, la Sofitex[74]. Sur les treize gouverneurs, seuls deux conservent un poste, mais changent de région ; trois des nouveaux gouverneurs sont des femmes (contre une précédemment)[75]. Plusieurs autres mesures influant sur le pouvoir d'achat sont prises : les prix des intrants utilisés dans la culture du coton ont baissé, la taxe de développement communal est supprimé, l'impôt sur le revenu baisse, l'avancement des fonctionnaires doit reprendre, les prix des produits alimentaires de base baissent[1]. Enfin, des procès pour corruption ont lieu à Ouagadougou à la mi-juin[1].

Le 17 juin, deux policiers ont été jugés coupables de la mort d'un étudiant, survenue à Gaoua en juillet 2010 dans des circonstances semblables à celle de Norbert Zongo, en février 2011 à Koudougou. Deux personnes avaient été tuées dans les manifestations qui avaient suivi pendant plusieurs jours[76].

Le 30 juin, l’ancien ministre Ablassé Ouedraogo annonce la formation d’un nouveau parti, le Faso Autrement[77].

Nouveautés de ce mouvement[modifier | modifier le code]

Comme rappelé en introduction, les différents éléments de cette révolte ne sont pas nouveaux au Burkina Faso : meurtre d’un étudiant par la police, manifestations, émeutes, répression, etc. Cependant, des éléments nouveaux se font jour : jamais il n’y avait eu autant de commissariats brûlés ; les étudiants ont ouvert les prisons (à Yako, Ouagadougou et Koupéla) et libèrent les prisonniers[8]. Enfin, bien que certains syndicats participent au mouvement, ils ne l’encadrent pas et ne le contrôlent pas non plus : le mouvement de révolte a eu lieu en l’absence de toute organisation formelle[8].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Rami Carayol, « La manière forte contre les mutins suffira-t-elle ? », Jeune Afrique, publié le 20 juin 2011, consulté le 28 juin
  2. RFI, « Bobo Dioulasso entre soulagement et mécontentement après la mutinerie », Radio France internationale, publié le 7 juin
  3. RFI, « Au Burkina Faso, l’armée fait l’impasse sur son 51e anniversaire », Radio France internationale, publié le 1er novembre 2011, consulté le 29 novembre
  4. a et b Michel Nana, « 102 jours de crise au Burkina », Bendré, publié le 15 juin 2011
  5. a, b et c Désiré T. Sawadogo, « Mort de l’élève Amadou Maïga : "Les auteurs seront traduits en justice" », Fasozine, 30 avril 2011
  6. a et b « Burkina Faso : retour au calme à Bobo Dialousso », Radio France internationale, publié le 6 juin 2011
  7. a, b, c et d Philippe Bernard, « La colère de l’armée et l’ire de la jeunesse montent contre le président burkinabé », Le Monde, 23 avril 2011, p. 8
  8. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Lila Chouli, « Contestations populaires au Burkina Faso : Le régime de Campaoré aux abois », Africavenir, publié le 31 mars 2011, consulté le 5 octobre 2012
  9. Clotilde Cadu, « Cela fait bien longtemps qu’on sentait venir la crise », Marianne, publié le 4 mai 2011
  10. Interview de Damien Glez, « Au Burkina Faso, "un soulèvement populaire est peu probable" », Le Journal du Mali.com, publié le 1er mai 2011, consulté le 4 mai 2011
  11. a et b Hélène Quenot-Suarez, « Crise burkinabè : le divorce du peuple et du pouvoir ? », IFRI, publié le 9 mai 2011, consulté le15 mai 2011
  12. a et b Christophe Châtelot, « Le président du Burkina Faso fragilisé par une vague de contestation », Le Monde, 12 mai 2011
  13. a, b, c, d, e et f Compilation de sources, « Burkina-Faso : Heurts à Ouagadougou », Jura libertaire, 12 mars 2011, consulté le 22 mars 2011
  14. Lila Chouli, « La domestication des étudiants du campus de Ouagadougou : la crise de 2008 », Journal of Higher Education in Africa/Revue des études supérieures en Afrique, Vol. 7, No. 3, 2009, p. 10
  15. Interview de Francis Nikiema par Clotilde Cadu, « Burkina Faso : les crimes ne sont jamais punis », Marianne, publié le 4 mai 2011
  16. a, b et c Harana Pare, « Burkina-Faso : La jeunesse se soulève », Jura libertaire, 6 mars 2011, consulté le 22 mars 2011
  17. a, b, c, d, e et f Compilation de sources, « Burkina Faso : Les élèves sur les sentiers de la liberté », Jura libertaire, 10 mars 2011, consulté le 22 mars 2011
  18. Burkina Faso : l’embrasement généralisé
  19. a, b et c Compilation de sources, « Le Burkina-Faso existe-t-il ? », Jura libertaire, 11 mars 2011, consulté le 22 mars 2011
  20. a et b Jacques Théodore Balima, « Burkina Faso: Luc Adolphe Tiao annonce des mesures sociales urgentes », Fasozine, publié le 28 avril 2011, consulté le 1er mai 2011
  21. P. Boureima Salouka, « Nouveaux heurts entre étudiants et gendarmes à Ouagadougou », Afrik.com, 14 mars 2011, consulté le 22 mars 2011
  22. RFI, « Burkina Faso : Le championnat national suspendu à cause des manifestations », RFI, 21 mars 2011, consulté le 22 mars
  23. Jacques Théodore Balima, « Contre l'impunité et la vie chère, des syndicats appellent à une grève le 8 avril 2011 », Allafrica.com, publié le 19 mars 2011, consulté le 22 février 2011
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  26. Manifestation des militaires : la petite Madina est décédée
  27. ICG, CrisisWatch Database, 1er avril 2011
  28. « Burkina Faso: le président Compaoré condamne l’action des militaires », RFI, 30 mars 2011, consulté le 10 avril 2011
  29. a et b P. Boureima Salouka, « Burkina Faso : en attendant la prochaine crise... », Afrik.com, publié le 4 avril 2011, consulté le 10 avril
  30. « La furie incendiaire se poursuit au Burkina-Faso », Afrik.com, publié le 31 mars 2011, consulté le 10 avril
  31. P. Boureima Salouka, « Burkina Faso : Blaise Compaoré entre le marteau et l’enclume », Afrik.com, publié le 1er avril 2011, consulté le 10 avril
  32. Burkina-Faso : les activités juridictionnelles reprennent lundi
  33. a, b et c « Le premier ministre burkinabè à la recherche de l’état de grâce », RFI, publié le 29 avril 2011, consulté le 30 avril
  34. a, b, c et d Victor Guilbert, « Burkina Faso, pays des hommes en colère », Afrik.com, 15 avril 2011
  35. Burkina Faso : grande marche contre la vie chère
  36. Jacques Théodore Balima, Marche-meeting de la CCVC: «Non à l’impunité et à la vie chère», Fasozine, 8 avril 2011
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  38. a, b, c, d et e RFI, « Mutinerie au Burkina Faso : chronologie des évènements », RFI, 15 avril 2011
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  40. a, b et c RFI, « Au Burkina Faso, le mouvement de protestation gagne du terrain », RFI, 18 avril 2011, consulté le 19 avril 2011
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  42. a et b « La colère se propage au Burkina Faso », Ouest-France, 17 avril 2011, consulté le 19 avril 2011
  43. Les partis politiques s'en mêlent
  44. L’heure devrait être repoussée aujourd’hui
  45. « Un gouvernement d’ouverture resserré », L’observateur Paalga, 20 avril 2011
  46. « Au Burkina Faso, le gouvernement ne réalise pas l’ouverture attendue », RFI, publié le 22 avril, consulté le 28 avril 2011
  47. « Général Honoré Traoré, nouveau chef d’état-major des armées du Burkina-Faso », RFI, publié le 23 avril, consulté le 28 avril 2011
  48. a et b « : Burkina Faso : mutinerie au sein des Compagnies républicaines de sécurité », RFI, publié le 28 avril 2011
  49. « Appel à la mobilisation par l'opposition burkinabè pour la journée du 30 avril », RFI, publié le 24 avril, modifié le 25 avril et consulté le 28 avril 2011
  50. « Après les mutineries dans les casernes de CRS, retour au calme au Burkina Faso », publié le 28 avril 2011
  51. « Burkina Faso : mutinerie dans plusieurs villes
  52. a, b et c « Burkina Faso : les militaires promettent le retour au calme, mais les violences continuent », RFI, publié le 30 avril 2011
  53. Ali Attar, « Burkina Faso, les militaires s’apaisent mais les manifestations continuent », Afrik.com, publié le 30 avril 2011
  54. a et b « Burkina Faso : nouvelle manifestation à Ouagadougou », RFI, publié le 30 avril 2011
  55. AFP, « Des centaines de Burkinabè pour la "grande mobilisation" contre Compaoré », Jeune Afrique, publié le 1er mai 2011, consulté le 4 mai 2011
  56. Jacques Théodore Balima, « Burkina Faso : les revendications des syndicats traitées avec le plus grand intérêt », Fasozine, publié le 4 mai 2011
  57. « Pas de manifestation pour le 1er mai à Ouagadougou », publié le 1er mai 2011, consulté le 2 mai
  58. Bark Biiga, « Vie chère au Burkina : en attendant la baisse des prix », Fasozine, publié le 4 mai 2011
  59. « Burkina Faso : nouvelles manifestations d'élèves à Ouagadougou et Ouahigouya », Jeune Afrique, publié le 5 mai, consulté le 12 mai
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  61. a et b « Grève des enseignants au Burkina Faso : la colère monte d’un cran », publié le 25 mai, consulté le 26 mai 2011
  62. « Grève des enseignants du secondaire : un accord a été trouvé », publié le 27 mai, consulté le 30 mai 2011
  63. Michelle Nougoum, « Burkina Faso : les responsables de la mort de Justin Zongo inculpés », Afrik.com, publié le 27 mai 2011, consulté le 30 mai 2011
  64. Elsa Sandrine Sawadogo, « Y aura-t-il grève du pain ? », Fasozine, publié le 31 mai 2011
  65. « Burkina Faso : les tirs des militaires reprennent à Pô », RFI, publié le 14 mai 2011, consulté le 15 mai 2011
  66. « Au Burkina Faso, les mutineries des militaires ont repris », Radio France internationale, publié le 30 mai 2011
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  68. RFI, « Nouvelle nuit de mutinerie au Burkina Faso », Radio France internationale, publié le 1er juin 2011, consulté le 6 juin
  69. RFI, « Bobo-Dioulasso, théâtre d’un nouveau soulèvement militaire », Radio France internationale, publié le 1er juin 2011, modifié le 3 juin, consulté le 6 juin
  70. RFI, « Burkina Faso, la situation est toujours très tendue à Bobo-Dioulasso », Radio France internationale, publié le 3 juin, consulté le 6 juin
  71. RFI, « Nouveaux tirs de militaires à Bobo-Dioulasso, colère des commerçants », Radio France internationale, publié le 2 juin 2011, consulté le 6 juin
  72. Adama Ouédraogo Damiss, « La justice va-t-elle passer partout ? », L'Observateur Paalga, publié le 7 juin 2011
  73. RFI, « Burkina Faso : Bobo Dioulasso panse ses plaies », Radio France internationale, publié le 5 juin 2011, consulté le 6 juin
  74. RFI, « Burkina Faso : le gouvernement veut renouveler les gouverneurs de treize régions », Radio France internationale, 9 juin 2011
  75. Bark Biiga, « Crise sociale au Burkina : des gouverneurs neufs », Fasozine, publié le 17 juin 2011, consulté le 28 juin
  76. « : Burkina Faso : cinq ans de prison pour deux policiers après la mort d'un jeune homme », Radio France internationale, publié le 18 juin 2011, consulté le 20 juin
  77. RFI, « Un nouveau parti devrait voir le jour au Burkina Faso », Radio France internationale, publié le 1er juillet 2011